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Calais : les vivants et les murs par Bruegel de Bois
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« Mes frères sont en prison parce que nous cherchons justice et vérité pour Adama » par Bruegel de Bois

Stéradian publié initialement le 25 juillet 2012

Glasgow, de nos jours. Machine est une de ces fliques qui voient sans être vue, tous les jours, et les nuits. Elle analyse et guette les écrans qui renvoient la ville, exposée aux mille et une caméras de vidéosurveillance. Zoome, quadrille, alerte, fausse alerte... Et elle a plutôt l'air d'aimer son boulot, dans cette ville de merde, dans sa vie amoureuse et familiale de merde, dans ce monde sans écran, qui ne porte pas bonheur quand on marche dedans des deux pieds. Elle ne rêvasse pas trop, mais les plans de ce petit film nous la rapprochent, elle est appliquée, intelligente. Elle devrait, en toute logique, se retrouver vite et bien fait à avoir très mal. Car le monde est comme les images d'écran, pour ça : cruel. Aussi, vient vite la question de l'évaluation de la peine, du châtiment : comment vivre avec l'idée de quelqu'un qui a « purgé », et qu'on estime encore (éternellement ?) redevable ? Quid de la question du « laxisme », chère aux victimes, et importante aux « témoins » ? Je m'explique : un type est sorti de taule, notre big sister l'a aperçu, et reconnu. Humaine et traumatisée, pas besoin de la doter de système à reconnaissance biomaitrisée et faciale : elle connait ce visage. Et effectivement, il est libre, bonne conduite, etc. Du coup, elle le file, invisible. Elle est la seule à « savoir », et nous, à la mater mater, et on sent comme une complicité pas voulue, tantôt avec elle, voire, tantôt avec lui. Ok, il a la dégaine du criminel pur (en l'occurrence précaire et sorti de taule, mais l'empathie suggérée par les plans rapprochés de son regard de femme, nous font admettre que ça ne peut être que le dernier des enculés), elle, celle de la flique idéaliste et humble. On est loin de Clint Eastwood. Mais tout de même, les Anglais et leurs pourtours, depuis ce Tottenham, et récemment ce vengeur masqué de M. Caine, dans Harry Brown : ils sont chauds de la guerre civile les premiers ? En tout cas, après le cyber-journalisme-google, la vie secrète des geeks et autres télé-freaks, voici un bon docu sur l'enquête via vidéo. Où se situerait, là-dedans, le spectateur lambda, çui-qui-va-voir-un-film ? En tous cas, y a longtemps que j'ai pas pleuré comme ça devant une histoire triste... deux jours, au moins.

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