Billets

  • Écrit par Bruegel de Bois
  • Catégorie : Billets

Chronique du confinement

J’aime pas ça la gueule de bois, surtout quand elle n’a d’autre origine que l’ambiance de la catastrophe. Je ne vais pas mentir, c’est pas la première fois que la nausée me prend, comme ça, comme si l’actualité du monde s’invitait dans mon estomac après avoir forcé le passage de mon œsophage.

  • Écrit par Lille43000
  • Catégorie : Billets

Il faut savoir commencer une grève pour savoir la terminer

• À l’École Néogonzo de Lille (ENL), la grève c’est une histoire de famille. Depuis sa fondation, cette si prestigieuse école a connu un nombre incalculable de débrayages, blocages, insurrections et putschs. À vrai dire, on y a vécu plus de perturbations en tout genre que de normalisations. Seulement là, alors que le pays est en grève, un silence inquiétant régnait à l’ENL. On y verra sans doute la manifestation de notre foi absolue en la prophétie du Nouveau Monde© ou, c’est selon, de notre inébranlable couardise face à l’adversité. Quoi qu’il en soit, ce qu’il nous reste de conscience professionnelle nous pousse à dresser le constat amer de notre échec : nous avons manqué à nos devoirs journalistiques.

Le temps est donc venu de… remettre une pièce. L’ENL se met en grève. Non pas tant à cause des remous intestinaux que provoque en nous chacune des paroles lumineuses prononcées par les adeptes de la Prophétie, mais surtout parce qu’Édouard Philippe, boxeur, romancier et Ministre Number One, a trouvé les mots pour nous convaincre. Des mots fameux : « Il faut savoir terminer une grève ». Complètement en accord avec cette sentence, les membres de l’ENL ‒ évidemment aux ordres ‒ se sont réunis en assemblée générale pour la mettre en application. Le problème, qui n’a pas manqué de soulever d’interminables débats, était que nous ne faisions point la grève. De fait, nous n’étions pas en mesure de voter la fin de la grève. Logique.

Par conséquent, plusieurs heures ont été nécessaires pour parvenir à un consensus. Pour « savoir terminer une grève », il n’y avait pas 36 solutions : il fallait savoir la commencer. Aussi, nous avons l’honneur de vous transmettre notre déclaration commune qu’un stagiaire a bien sûr été chargé de rédiger :

Déclaration commune des élèves et personnels de l’École Néogonzo de Lille (ENL), réunis en assemblée générale et souveraine, sous la bienveillance de la Direction, lundi 13 janvier 2020

Nous, membres de la plus prestigieuse école de journalisme au nord de Paris,

Élèves, stagiaires, journalistes, professeurs, techniciens de surface et numériques, etc., etc.,

Considérant juste le principe « Il faut savoir terminer une grève »,

Considérant sa mise en œuvre tributaire d’une grève dure et observant l’absence de grévistes parmi nous,

Déclarons avoir décidé, en âme et conscience et à l’unanimité, de nous mettre en grève,

Ajoutons pour une durée illimitée, c’est-à-dire jusqu’au jour où nous saurons enfin terminer une grève,

Précisant que c’est une autre histoire.

IL FAUT SAVOIR COMMENCER UNE GRÈVE POUR SAVOIR LA TERMINER !

  • Écrit par Jack de L'Error
  • Catégorie : Billets

Violette Spillebout ne marche pas, elle chevauche

Bordel je me sens vieux. Je suppose que c’est un passage obligatoire. Le moment où, alors que rien ne change fondamentalement, tout semble nous échapper. Voilà où j’en suis aujourd’hui, pour de multiples raisons dont le récit vous sera épargné. Disons, le plus simplement du monde, qu’il m’arrive de ressentir le besoin impérieux de me barrer. De me retirer, de mettre un terme à ma carrière qui, comme chacun sait, n’a jamais vraiment commencé. C’est ce que je ferais je le jure si les dernières recrues du 43000 ne s’employaient pas à me plonger dans leurs obscures paranoïas. Et si le Nouveau Monde© ne s’apprêtait pas à frapper Lille, en la personne de Violette Spillebout… une Valkyrie bel et bien macroniste.

  • Écrit par Lille43000
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Ce qu'il s'est passé vendredi 15 décembre à la cité Saint-Maurice à Fives

Nous relayons ci-dessous un texte publié ce matin par le C.R.I.M.E revenant sur l’affaire des jeunes happés par un train vendredi dernier à Lille, dont deux y sont restés. Alors que le parquet contredit formellement la mise en cause de la police, les survivants racontent comment ils ont couru justement pour lui échapper. Leur témoignage est accablant et rappelle la mort de Zyed et Bouna survenue il y a douze ans.

  • Écrit par Jack de L'Error
  • Catégorie : Billets

Comment j’ai vomi, violemment, lors du discours de Macron

Depuis 2012, j’ai l’habitude de passer les soirées électorales avec des proches, souvent les mêmes, devant la télé, pour descendre quelques binches, bouffer de la pizza et déblatérer nos commentaires acerbes sur le spectacle et ses acteurs. C’est donc de cette façon que je comptais occuper la soirée du dimanche 23 avril, pour le premier tour des présidentielles dont le scénario, cette année, était particulièrement chiadé. Seulement, cette fois-ci, mon corps m’a fait comprendre, dans la douleur, qu’il en avait assez.