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Stéradian publié initialement le 24 novembre 2012

Delépern et Kervine

Depardiew / Adjani / Moreau / Lanners / Godin / Siné / Hosmalin / Annegarn / Poelvoorde / Miss Ming... [avec un remerciement aux « acteurs de complément » (figure-toi) ; un Gérard « premier assistant » réa, et une Cécile, non pas première assistante, mais « deuxième assistant » réa (wow)]

Ça faisait longtemps que je voulais voir ce film. Parce que la fine équipe de Groland, parce que la moto, parce que Depardiew, parce que. Pour voir, en somme. Et j'ai bien fait, d'attendre, avant de l'insulter trop pour sa vie, envers pas si étroit, de son œuvre, à ce gros bourge. Le Gérard, celui de mes Fugitifs, de mes Blier, et de tant, tant, tant d'autres joies. Car, en pleine contradiction de son image éternellement ressassée, celle 'publico-médiatico-Michel-Drucker', celle de sa présence dans la campagne de Sarko, ou entre deux ouvertures clinquantes de ses restaurants, bah au cinéma, par contre, il vieillit, le bougre, et nous le raconte. Il est gros, mais c'est pas ça qui est nouveau. Nouveau, ce sont ses cheveux longs, qui ont poussé, depuis la découverte du nouveau monde de Ridley Scott et le départ d'une renommée « internationale », en 1992. Nouveau, c'est Yolande Moreau, qui récolte ses Je t'aime, pas une Adjani. Pas la Bouquet de chez Chanel, si compatible avec une renommée « internationale ». Nouveau, c'est ce film qu'on croirait écrit pour un hommage, en mode dernier tour de table. Comme un enterrement, mais vivant, libre, et poétique. Beau, en un mot. Beau comme cet écran, entre le travail de cinéma, et la vie, hélas, plus vraie.

L'idée, bien que pas nouvelle, est simple, et pas con du tout, sur l'époque.

Un type un peu bête, qui n'a pas vu passer l'ère internet, doit retrouver, pour sa retraite, ses anciens boulots, çà et là, pour en récupérer les dernières fiches de paye, histoire de la toucher « à taux plein ». Pas con pour au moins deux raisons. La première est de nous foutre le nez dans la merde dans laquelle on est, tous-se-s, chaque jour, à différents degrés, pour faire valoir le moindre papier, dans cette époque formidable qui commence d'ailleurs à vieillir, elle...

Du coup, ce Mammuth épais et tendre, il va y aller comme à la main, et oui, carrément, sur les traces de nos vertes années, les 2000, les 90, les 80, les 70. En vrac. Pas à pas, sur une moto encore plus vieille que ça. Et vu les rencontres, ça vaut le coup de s'arrêter, et de flâner un peu, en effet, pour ce joli film, énième réussite de nos 2 barges anars, pour qui aussi, la vie est trop courte pour être trop con.

Ensuite, c'est que y aurait deux façons d'interpréter la réponse, à rétorquer à cette époque de tous contre tous. Comment on fait, quand ça va pas ? Ou bien c'est chacun pour sa gueule (le chercheur d'or, le recruteur, le forain, la voleuse, le vigneron, le poissonnier, l'épouse), ou bien on s'arrête, une seconde, on respire, on ouvre les yeux, on ouvre les narines, on ouvre les bras, on ouvre le cul (l'épouse, la nièce, le cousin, dont on passera sur le plaisir de filmer un Depardiew en pleine branlette, le fossoyeur, le motard). Devinez dans quelle bande on préfèrera se trouver ? Peut-être que quand on y est, ou sera, qu'on s'en foutrait, de laisser gagner l'autre bande.

C'était celle-là, la deuxième raison. Tout ça sur des images très maitrisées, d'une séquence à l'autre, d'une narration en proie aux doutes et aux rêves, à celle d'un passage bucolique travellingant. La musique rythme gentiment cette photo granuleuse, saccadée comme une super 8 de vacances, et nous plonge dans ce bain dont on sort, en effet, comme révélés : oui, on l'avait connu autrement, le monde, qu'en LCD, en boites d'intérim, en rocades, en sms, en faillite des acquis, non seulement sociaux, mais moraux, professionnels, familiaux.

Et on compte bien le rappeler, aux yuppies fachos qui accouchèrent de l'ère Reagan-Sarko. À coups de films, s'il le faut, de films en pleine gueule. Parce que les Depardiew, ça décongèle après les ères glaciaires. Mais ça crèvera pas.

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