Brèves

La Métropole européenne de Lille (MEL) va financer intégralement « Euraflandres », « pièce maîtresse du vaste projet Euralille3000 ». Un euraménagement – un de plus – dans le secteur des euragares. De quoi émoustiller l’euraprésident de la MEL Damien Castelain : « Nous devons être sur ce quartier une référence, une marque de fabrique et un véritable showroom du reste de la métropole ». Le coût : 13 euramillions d’euros. Pas de doute, les quelque 200 000 eurapauvres du « reste de la métropole » y trouveront leur euracompte.

À 84 ans, Bruno Bonduelle n’a rien perdu de ses rêves d’enfant. Tout excité par la vente du siège de la Métropole européenne de Lille (MEL) et « la libération des terrains de la rue du Ballon », il félicite son fidèle compagnon à la tête de la collectivité : « Bravo Président Castelain pour ce coup double ! Difficile d’imaginer plus bel emplacement pour vous permettre d’entrer dans l’Histoire de Lille si vous faites preuve d’audace avec une œuvre architecturale dont toute l’Europe parlera » (Éco121, 03/18). Au passage, il envisage que « nos arrière petits-enfants se décideront peut-être à désaffecter » le cimetière de l’Est « pour en faire un petit Central Park » – les « seuls voisins susceptibles de faire un recours reposent au cimetière »… À l’École Néogonzo de Lille (ENL), cette chimère nous inquiète : que va-t-il advenir de la tombe de Pierre Mauroy, illustre prédécesseur de Damien Castelain ? Aussi, pour anticiper d’éventuels « recours » et faire parler « toute l’Europe », nous proposons de construire à la place de la MEL et de la nécropole, non pas un building ou un « Central Park » ringards, mais un Mausolée de Mauroy. Oh oui ! Plus haut que le beffroi et à la gloire du patronal-socialisme.

Pour Stanislas Dendievel, la mobilisation d’associations et d’habitants lillois contre le projet d’aménagement de la friche Saint-Sauveur constitue « une opposition radicale, orchestrée par une minorité ». Et le conseiller municipal délégué à l’urbanisme sait de quoi il parle. En 2014, la liste « orchestrée » par Martine Aubry dont il faisait partie, a accédé au second tour des municipales grâce à 16% des inscrits. En somme, une minorité radicalisée, fidèle au règne de Madame la Maire, qui vient de fêter sa dix-septième année au pouvoir.

La centrale nucléaire de Gravelines a 37 ans. L’an dernier, le site a enregistré 80 événements significatifs de sûreté – dont 11 de niveau 1 – et 12 accidents professionnels – dont 5 qui ont fait l’objet d’une inspection du travail. À ce titre, l’Autorité de sûreté nucléaire vient de rendre un avis soulignant certaines faiblesses de l’usine. Or, dans quelques semaines, son périmètre de sécurité va passer de 10 à 20km, pour englober 52 communes contre 14 aujourd’hui. Et les nouveaux habitants concernés vont bien devoir s’y faire, car EDF compte prolonger l’exploitation des réacteurs jusqu’à 60 ans. Heureusement, ils peuvent  d'ores et déjà choper des pastilles d’iode gratuitement en pharmacie et, en cas d’accident, ils se rassureront en 1) restant chez eux et 2) allumant la radio.

Ils avaient chaud, hier, les CRS. Plusieurs milliers de personnes ont défilé dans les rues de Lille, sous un magnifique soleil et par 25°C. Y’avait de la fanfare, y’avait de la banderole, y’avait du chant antifasciste, et du jeune et du vieux. Seulement voilà : les flics avaient trop chaud. Sous leurs armures, ils suaient, ils étaient rouges. Alors, quand ils ont reçu des œufs sur leurs boucliers et un pétard à leurs pieds, ils ont répliqué à coups proportionnels de lacrymo. Rue Faidherbe, rue Nationale, l’hyper-centre lillois était asphyxié, le cortège coupé en deux. À la fin, sur la place de la République, la BAC a percé le rassemblement, matraques au clair, pour arrêter quelqu’un. Mais la manifestation ne voulait pas partir : elle était trop chaude.

Samedi 14 avril, c’était la « fête à Macron ». Partant de la gare Lille-Flandres, plusieurs centaines de personnes sont venues poser du bruit, des chansons et des slogans, en passant par la rue Nationale puis la rue de Béthune. Et du slogan, y’en avait partout. Du nostalgique du printemps 68 : « Lorsque l'injustice devient la loi, la révolution devient une obligation ». Du référencé : « Macron m'a tuer ». Du antivieux : « Macron cogne sur les jeunes. Honteux ». Du gauchiste philosophe : « ZAD or not ZAD, telle est la question ». Ou encore du vieux communiste qui n’a pas encore tout à fait choisi : « La France est une Zone À Défendre ». À l'École Néogonzo de Lille (ENL), notre verdict est sans appel. Le prix Thompson du meilleur slogan est attribué à cette invitation sans concession à l'ivresse contre la hiérarchie : « Macron c'est ta fête ! Tu es viré ».

Rendez-vous compte : trois ou quatre cents étudiants ont manifesté mardi 10 avril dans les rues lilloises (!), appelant tous azimuts au refus de la sélection dans les facs. Ce chiffre hallucinant a mis bien évidemment les policiers en alerte et chaque djeun’ avec un peu trop de cheveux, de barbe, de noir et de sacs à dos était fouillé. Comme ça, pour voir, sous l’œil mi-étonné, mi-résigné des badauds passant aux abords de la place de la République, qui porte décidément mal son nom.

Mardi 10 avril, à Lille, les militants de Survie Nord et quelques dizaines d'autres personnes ont lancé une campagne contre Louis Faidherbe, le général colonialiste dont la statue orne la place de la République à Lille. Une statue donc, mais aussi une rue centrale et un lycée : la ville de naissance du « pacificateur » ne fait pas les choses à moitié ! La preuve : la mairie de Lille vient de lancer la rénovation de la statue ! Par ailleurs, sur le compte twitter d'une des adjointes, on peut voir une belle photo du pont Faidherbe à Saint-Louis, avec cette belle notice : « Le pont Faidherbe à Saint Louis du Sénégal, porte d’entrée de notre ville jumelle : 40 ans de #cooperation cette année avec @lillefrance» Et si cette « porte d’entrée » devenait une porte de sortie de la mémoire coloniale ?

Il était pas peu fier, Didier Droart, le 15 mars dernier. Le maire de Tourcoing recevait alors la Légion d’honneur. Et pas des mains de n’importe qui ! En effet, Nicolas Sarkozy a fait le déplacement pour lui remettre la décoration. Un ancien président dans lequel Droart perçoit « une part de de Gaulle ». Un ancien président qui, une semaine plus tard, allait être mis en examen pour « corruption passive », « financement illégal de campagne électorale » et « recel de fonds publics libyens »… Du de Gaulle tout craché !

La direction de l’université de Lille 2 en a assez de la triche. « Les antisèches, les téléphones, j’ai même attrapé un étudiant qui avait écrit l’intégralité de son cours de procédure pénale sur son avant-bras ! Cette situation ne pouvait plus durer ! », nous a confié un contact dans l’administration, qui préfère garder l’anonymat. Les grands moyens ont donc été employés. Profitant de la grève des enseignants qui ont décidé de ne pas surveiller les examens ce matin, la direction a fait appel à la préfecture qui n’a pas eu de mal à trouver des remplaçants. En effet, des policiers sont arrivés dans la nuit, lourdement armés, pour envahir la fac. Et notre contact de conclure : « Les mitraillettes devraient leur faire passer l’envie de frauder. Les examens peuvent maintenant se dérouler en toute sérénité ».

Reçu dans notre boîte mail dans la nuit... : « En plein mouvement social, le gouvernement annonce des expulsions ciblées mais massives sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes à grand renfort de bleusaille (2500 gendarmes annoncés). Si nous avons gagné tou-tes ensemble l'abandon du projet d'aéroport, les centaines de personnes qui sont venues engager leur vie en occupant l'espace et en renouvelant le contexte politique, y auront contribué pour une part décisive. Maintenant, c'est à dire à partir de lundi matin 6 heures, le gouvernement prétend faire un tri parmi les habitants selon des critères de radicalité difficiles à établir. Invoquant le retour à l'État de droit, il balaie notre revendication de gestion collective du foncier étayée pourtant juridiquement (à l'exemple du Larzac) et rejette même le droit en défense dans sa procédure d'expulsion des habitants. Nous avons nous même engagé notre vie et notre famille dans cette aventure, parce que ici nous pourrions déployer en vrai, notre rêve de paysannerie engagée dans la société autant qu'en prise avec l'environnement au-delà des limites de nos champs. Ce serait non seulement trahir les autres mais aussi se renier que de laisser vider ce territoire de sa substantifique moelle, les gens qui l'ont défendu.
Il n'est pas même évident que nous échappions à la vague d'expulsion tant les contacts avec la préfecture sont pauvres. En pleine campagne de destruction sociale, le gouvernement prétend venir jouer ici un rôle d'arbitre utile pour résoudre des conflits qu'il entretient lui-même (circulation sur la D81, mutisme sur nos propositions, choix de partenaires de discussion étrangers à la lutte pour la préservation de ce territoire).
Nous appelons donc à venir nombreux-ses protester contre ces opérations sur l'ensemble du territoire. » Dès ce soir, à Lille, rendez-vous est donné à 18H, Grand'Place.

Alors que les gares ont été désertées mardi – donc calmes –, les lévriers de Cnews ont jugé bon de comparer, en une et sans sourciller, la grève des cheminots à « la pagaille » voire, en page 5, à « une interminable galère » (04/04). Certes, ce journal « gratuit » anti-gréviste fait un bon départ. Mais pour remporter la « Laisse d’or », la concurrence est plus rude que jamais.

Y’a comme un printemps qui vient. Même si sous nos latitudes, il pleut et fait froid – rien d’anormal –, ce qui ressemble à un début de mouvement social fait très doucement monter le thermomètre. Ni une, ni deux, La Voix du Nord appelle donc à la « So-li-da-ri-té » (sic) et crée, en bon chien de garde, un groupe Facebook « on s’entraide dans le 59 et le 62 ».  Les gens « en difficulté » à cause des grèves pourront y partager leurs « galères » et leurs « solutions ». Heureusement, pour tous les autres, le journal La Brique se propose d'alimenter un fil d’infos en continu – « La grève générale arrive » – rapportant les différentes « mobilisations dans la métropole de Lille ». Des piquets, des blocages, des AG.

En 2010, la MEL avait lâché plus de 20 millions d’euros pour installer la billettique sans contact dans les stations de métro. Aujourd’hui, elle compte en débourser trois fois plus pour les équiper de portiques « anti-fraude » d’ici 2020. Un paquet de fric nécessaire pour Gérald Darmanin, toujours vice-président de la MEL, qui considère qu’à cause de la fraude « le prix du billet doit augmenter ou il doit y avoir plus de contribution public à ce transport ». Une fraude qui, en 2014 lorsque son taux était au plus haut, représentait un manque à gagner de 14 millions d’euros. D’où les portiques à… 60 millions. C’est quoi déjà qui fait augmenter le prix du billet ?

Il y avait des airs de carnaval toute la semaine dernière à Fives. Du carnaval contre la fin de la trêve hivernale. Des manifs et des instruments à vents, de la danse et gens en lutte, des troubadours, de l'Atelier populaire d'urbanisme, de la beuverie du son de la fête de la révolte et des personnages ivres : Brueghel l'Ancien s'y serait plu. Tout comme lui aurait plu, certainement, le grand graffiti en mémoire de « Selom et Matisse » qui bave sur les locaux de France 3, boulevard de la Liberté...

Le Défenseur des droits a rendu sa décision relative aux 53 arrestations du 15 janvier 2011 au Centre culturel libertaire de Lille. Coïncidence, nous l’avons reçue peu de temps après avoir publié un texte qui déplorait le silence de cette autorité, et en particulier de Jacques Toubon que nous avions rencontré en novembre. Quoi qu’il en soit, le Défenseur des droits confirme ce que nous avions rapporté ici-même. Les flics ont par exemple « utilisé leurs aérosols de défense pour saturer l’air et contraindre les occupants du local à en sortir, ce qui est exclusivement réservé aux unités spécialisées d’intervention » : manquement à la déontologie et manque de discernement. Ou ils ont aussi privé de repas les gardés à vue, enfermés « en moyenne une quinzaine d’heures » : manquement au « respect de la dignité des personnes ». Ou encore ils ont rédigé « de nombreux procès-verbaux [qui] contiennent des mentions fallacieuses » : faute professionnelle, manquement à leur obligation de loyauté, portant « atteinte à la crédibilité des personnes assermentées ». Enfin, le Défenseur constate qu’une « mesure privative de liberté a été […] maintenue en dehors de tout cadre légal »… Pourquoi le Défenseur des droits a-t-il mis aussi longtemps à rendre cette décision évidente ? La réponse se trouve peut-être dans cette précision « liminaire » : « les investigations […] ont été freinées par la communication tardive par le parquet de l’ensemble des pièces demandées » et « l’identification de tous les fonctionnaires de police présents lors des faits a été empêchée par l’impossibilité invoquée par la DGPN de transmettre un trombinoscope de ses agents ». Les flics ont donc été protégés par leur hiérarchie. À laquelle le Défenseur des droits ne recommande que de simples rappels au règlement.

Fermez les yeux. Cap sur une élection d’importance. Un jour de vote, un jour de pluie. 83% d’abstention. La démocratie niée. La suite est l’état d’urgence à l’état pur et social. Comme seule la Nation en est capable. Et comme José Saramago le décrit dans son roman La lucidité.

François Kinget, en son nom élu de l’opposition municipale, un mec de droite qu’on connaît pas vraiment, a dit : « Malheureusement, Lille n’est pas équipée de caméras de vidéosurveillance sur la voie publique ». Affirmation tellement grotesque que La Voix du Nord qui la rapporte, se sent obligée de rajouter cette note de la rédaction (NDLR) : « sauf dans le secteur de la rue Jules-Guesde ». Kinget ne peut pas l’ignorer, car Martine Aubry a reconnu il y a peu de temps « l’absence d’efficacité probante de la vidéosurveillance sur le secteur de la rue Jules-Guesde ». Mais de ces caméras et des centaines d’autres recensées par Lille Sous-surveillance, Kinget  s’en tape. Il veut juste faire croire qu’il n’est pas en accord avec la politique d’Aubry, pourtant à peu près autant sécuritaire que celle qu’il prône.

Samedi 1er juillet, fin d’après-midi, la balade « urbaine » est passée par l’îlot pépinière, énième victime de l’urbanisation si chère à l’ancien directeur de l’ENL. Une fanfare de lutte s’est installée. À Fives, près de la place Degeyter.  Le soleil réapparaissait enfin.  Sur un lit de mousse familiale, Bruegel de Bois a débarqué pour la fête de l’APU-Fives et pour la conférence de presse. C’est alors que les instruments ont entonné à tous vents « L’Estaca ». L’enquête a viré en cache-cache et lancers de pétards sous les roues passantes des voitures.  De retour dans les locaux de l’ENL, Bruegel n’a pas su expliquer ce qu’il s’était dit lors de la conférence de presse. Mais la vérité est ailleurs, et elle tombe souvent  sur le twitter de l’APU.

Christophe Itier, notable macroniste lillois qui souhaite en finir avec l’État-providence, a été battu dans la première circonscription du Nord. Le soir du premier tour, il assurait pourtant à ses soutiens : « On se retrouve ici la semaine prochaine pour fêter la victoire ». Ceci explique sans doute le fou rire général qui a saisi les élèves de l’École Néogonzo de Lille (ENL), hier, lors de l’annonce des résultats. Après avoir perdu aux côtés de Pierre de Saintignon – patronal-socialiste –, il perd à nouveau aux côtés d’Emmanuel Macron, son actuel business manager. Vers qui se tournera-t-il pour perdre les prochaines élections ? On ne préfère pas y penser, et on compatit plutôt avec les salariés de la Sauvegarde du Nord qui, pour beaucoup, voyaient en ce scrutin l’occasion rêvée de se débarrasser de leur directeur.

« Lille 2004 nous a fait gagner dix ans. » C’est à partir de ces propos, prononcés par Martine Aubry en 2012, que des chercheurs lillois ont tenté de détricoter « la reconversion de l’agglomération lilloise » dont les louanges sont chantées par les élites économiques et politiques. À croire ces dernières, l’agglomération aurait été sauvée de la désindustrialisation par la « bifurcation tertiaire » propre à la métropolisation. Seulement, ce n’est pas exactement l’avis des universitaires qui, réunis en un Collectif Degeyter, viennent de publier leurs travaux dans une indispensable Sociologie de Lille (La Découverte, 10 balles) : « cinquante ans après ses prémices, et sans nier les dynamiques économiques et culturelles nouvelles, la "bifurcation tertiaire" est loin de tenir ses promesses. [Elle] a plutôt réactivé et approfondi la structure divisée et inégalitaire héritée de la ville industrielle. Parmi les agglomérations françaises de plus de 250 000 habitants, hors région parisienne, celle de Lille est aujourd’hui la plus ségrégée. […] Les politiques publiques ont été au mieux impuissantes, au pire complices de ces évolutions ». La fête est finie, Madame Aubry.

Une manifestation est organisée samedi 27 mai pour réclamer « la vérité pour Johnny ». Ce dernier est un animateur du secteur Winston Churchill dans le Vieux-Lille. Il a 27 ans, et se trouve dans le coma aujourd’hui. Pourquoi ? Accident de moto, dit la Police – relayée très consciencieusement par La Voix du Nord –, une moto « non homologuée », pilotée par « un jeune homme sans casque », sans doute impliqué dans « un rodéo ». En somme, Johnny est présumé coupable. La version semble trop simpliste et, surtout, passe sous silence un élément important : l’accident s’est produit alors que les flics intervenaient, de façon « démesurée ». L’affaire est d’autant plus troublante qu’elle fait écho à des dizaines et des dizaines d’autres affaires de ce genre. On se souvient d’Hakim Djelassi, aussi un jeune de Winston Churchill, mort en 2009 après un trajet en fourgon de police. La Voix s’était alors empressée d’expliquer qu’il était suicidaire et s’auto-mutilait… Bref, pour réclamer la vérité, aux côtés de la famille et des soutiens de Johnny, la manifestation partira samedi à 14h30 de la rue Paul Ramadier.

Le 8 mai 2017, La Voix du Nord pose une question… cruciale : « Mais où croiser Emmanuel Macron au Touquet ? ». Le journal a donc suivi Sa Majesté sur la baie de Canche où elle « adore se promener », dans sa brasserie préférée où elle a l’habitude de manger une  « une petite assiette de crevettes grises », à son club de tennis – « Il est bon en revers » –, etc. La Voix est en marche, nul doute que cet article intéressera le million de pauvres vivant dans la région. Des fois qu’ils aient envie de faire voler des œufs.

« L’"ancien Nixon" n’avait pas marché. Pas plus que les précédents modèles du "nouveau Nixon". Alors on nous propose maintenant "Nixon version IV", et en tant que journaliste je suppose que l’honnêteté m’oblige à dire que ce dernier modèle pourrait être différent et peut-être même meilleur par certains côtés. Mais en tant que consommateur, je n’y toucherais pas – sauf avec un très long aiguillon à bestiaux. »

Hunter S. Thompson, 1968

« Nous savons, et nous le savons au prix d’une amère expérience, qu’aucun appel au droit, à la justice, à l’humanité, ne pourra jamais vous émouvoir. Vos cœurs sont aussi durs que les talons avec lesquels vous marchez sur la figure des pauvres. Aussi nous avons entrepris la conquête du pouvoir. Et par le pouvoir de nos votes au jour des élections, nous vous enlèverons votre gouvernement.

– Et quand même vous obtiendriez la majorité, une majorité écrasante, aux élections, l’interrompit Mr Wickson, supposez que nous refusions de vous remettre ce pouvoir capturé dans les urnes ?

– Cela aussi, nous l’avons prévu, répliqua Ernest, et nous vous répondrons avec du plomb. »

Jack London, Le Talon de fer, 1908 (traduction des éditons Phébus, 2003)

Les éditions Nada viennent de publier Gonzo, une « biographie graphique de Hunter S. Thompson ». C’est une adaptation française de la bande dessinée de Will Bingley et Anthony Hope-Smith, sortie en 2010 et préfacée par l’éditeur de Thompson, Alan Rizler. Les pages ont de la gueule et se lisent à grande vitesse. Peut-être un peu trop, d’ailleurs, parce qu’on en voudrait plus. Qu’importe, l’essentiel est dit, sans vraiment en faire un mythe. Juste l’histoire d’un personnage, un journaliste, un mec bizarre, qui maniait la machine à écrire avec talent, et qui s’est retrouvé là où il fallait, quand il fallait. Son histoire, mais aussi celle d’une époque, les années 60 et 70 aux États-Unis, à sa marge et en son cœur. Entre nous, ça vaut le coup d’œil.

Samedi 4 mars, le Collectif des Olieux organise une journée de soutien aux jeunes mineurs isolés. Ça se passera à la Bourse du travail à Fives à partir de 14h. Le programme est chargé et donne déjà l’envie de se lever, et de se bouger : projection de films, lectures, expositions, sérigraphie, tables de presse, spectacles, bouffe, concerts et, bien sûr, « grande BOUM ». Enfin, pour se mettre en jambe avant samedi, y’a moyen d’écouter, ou de réécouter, l’émission du Collectif diffusée le 20 février sur Radio Campus – dont le discours de la boxeuse Adeline prononcé avec grande classe devant Martine Aubry. Chapeau.

Le Conseil départemental du Nord, présidé par le droitiste Jean-René Lecerf, a inauguré la chasse aux pauvres il y a quelques mois. En juin dernier, il a obtenu l’autorisation de la CNIL pour croiser ses fichiers RSA avec ceux de la CAF et de Pôle emploi. Objectif ? Vérifier que les 80 000 allocataires du RSA socle qui avaient été envoyés vers Pôle emploi pour « rechercher activement » du taf, y soient bien allés. Surveillance en bonne et due forme qui a permis au Conseil départemental de débusquer 45 000 non-inscrits. Et, bien sûr, de les menacer d’une sanction. Depuis, 7500 allocataires ont vu leur aide réduite de 100 euros. Et 436 vont en être privés intégralement pendant quatre mois. Pour Olivier Henno, vice-président du Conseil départemental en charge de l’insertion, « ça peut faire 2 millions d’euros d’économie ». D’autant que pour les 436 personnes qui n’auront bientôt plus une thune pour vivre, ça sera vachement plus facile de « rechercher activement » du travail. Le ventre vide et les chaussures trouées, les conditions sont optimales.

Au moins 500 personnes ont défilé hier à Lille, de République à République, en passant par la rue Jules Guesde. Pétards, slogans, cris de rage et solidarité étaient au rendez-vous pour réclamer « justice pour Théo ». Par chez nous, dans les contrées nordistes, on ne manquera pas non plus de réclamer, encore et toujours, justice pour Riad Hamlaoui, Hakim Djelassi et Lahoucine Aït Omghar.

C’est le titre du manifeste signé en janvier par plus de 350 organisations militantes : « Avec l’instauration de l’état d’urgence, et dans le contexte baptisé "crise migratoire", on assiste à une recrudescence de poursuites visant à empêcher l’expression de la solidarité envers migrants, réfugiés, Roms, sans-papiers... » Du 8 au 10 février, plusieurs rassemblements ont lieu. À Lille, rendez-vous est donné demain sur la Grand-Place à 12h30. L’idée est de se rendre au Tribunal de Grande Instance à 14h, où un conseiller municipal va se défendre contre les accusations à son encontre. Il est poursuivi pour « violences à agent dépositaire de l’autorité publique avec arme par destination ». En l’occurrence son vélo.

Le journal La Brique organise son traditionnel apéro au café L'Écart, rue Jeanne d'Arc à Lille, samedi 4 février à partir de 18h30. Ça sera l’occasion de discuter de son dernier numéro qui traite notamment de l'espace public. On peut y lire par exemple, dans l'excellent entretien avec Édith Maruéjouls, que « dans la cour de récréation, quand 20% des enfants – les garçons – occupent 80% de l'espace, cela interroge la capacité à négocier à égalité l'espace ». Et dans la cour de récréation des adultes, ça donne quoi ?

Audrey Linkenheld, vous connaissez ? C’est une socialiste lilloise, longtemps protégée d’Aubry. D’abord directrice de son cabinet, puis adjointe à la mairie en charge du logement, elle est désormais députée du Nord et siège à l’Assemblée nationale. Carrément. Eh bien Audrey a proposé un amendement à la loi égalité et citoyenneté en décembre dernier. Son objet ? Autoriser les bailleurs à rompre le bail de location et expulser du logement le locataire et sa famille, lorsque l’un des occupants fait l’objet d’une condamnation pour trafic, achat, vente, ou usage de cannabis. C’est vrai que les bailleurs n’expulsent pas assez, il n’y a eu que 14 363 expulsions avec concours de la force publique en 2015. Et Linkenheld a pu s’en rendre compte dans son département d’élection où, en 2014, seules 409 décisions de justice ont accordé le soutien de la police pour expulser…

Au nom de « la sauvegarde de la compétitivité » (sic), La Voix du Nordqui ne manque pourtant pas de fric – va supprimer un quart de ses effectifs ! Alors, à vous qui allez perdre votre emploi, nous vous conseillons de voir le bon côté des choses : les faits divers glauques, les hagiographies de Mulliez ou Bonduelle, la promotion de Miss France, les coups de fil au commico, les insultes dans les manif’, les horaires de bâtards sous-payés, etc., etc., eh bien tout ça c’est fini ! Et quand vous serez au chômage, vous repenserez (en ricanant, on l’espère) à cette devise inscrite sur la façade  de l’immeuble de votre ancien exploiteur : « Défendre le travail dans la région du Nord ».

La maison ouverte rue de Fontenoy par le Collectif des Olieux a été expulsée quelques jours avant 2017. Elle n’aura même pas tenu deux semaines. Les jeunes qui y avaient trouvé refuge sont à nouveau à la rue, et ça caille sévère. Le jeudi 5 janvier, la boxeuse Adeline Bouchet, afin de soutenir la cause des jeunes mineurs exilés, a refusé la médaille d'or que Martine Aubry souhaitait lui remettre. Et la maire de Lille de déclarer, après avoir demandé d’« arrêter de filmer » : « Je ne peux pas accueillir des migrants isolés, ce n'est pas dans mes compétences, c'est dans les compétences du Conseil général ». En revanche, on ne sait pas ce qu’Aubry a sorti comme justification pour murer L'Insoumise. En effet, après l'incendie de la semaine dernière, la municipalité a récupéré les lieux. Cette fois ça y est : c’est l’hiver, et tout le monde déteste ça – ou presque. Alors, pour celles et ceux qui auraient besoin de se réchauffer, un « rassemblement contre les expulsions » aura lieu samedi 14 janvier, à 18 heures, au métro Rihour.

Lille Sous-surveillance vient de publier un petit bilan des « communes qui se sont mises à la vidéosurveillance en 2016 » dans la région. C’est savoureux, on y apprend entre autres que la ville de Denain prévoit de surveiller ses 20 000 habitants avec 400 caméras : « Et puis, comme le dit la maire (socialiste) de Denain, Anne-Lise Dufour, la vidéosurveillance, ça n’est "ni de droite, ni de gauche". Exactement comme la connerie, en fait. »

Lundi, rue d’Arras à Lille, y’a eu de quoi flipper : L’Insoumise a pris feu. Ouverte illégalement depuis septembre 2012, cette « bouquinerie occupée » – et/ou « espace autonome » – a bien failli y passer. Heureusement, il n’y a pas de blessé grave, et le rez-de-chaussée est épargné. En revanche, L’Insoumise a une sale gueule. Elle lance donc cet appel à renaître de ses cendres : « Dès jeudi 14h, on se donne RDV pour redonner vie à ce lieu. Venez filer un coup de main, vos savoir-faire, bonne humeur, bonnes idées, outils, et camions seront les bienvenus en ces temps assombris. »

Ce samedi 10 décembre, le collectif des Olieux a décidé d’occuper une maison vide au 32 rue de Fontenoy dans le quartier Moulins à Lille. Le besoin était urgent depuis l’expulsion du parc des Olieux le 23 novembre dernier. Comme le précise leur communiqué : « Ce n'est pas parce que des grilles ont remplacé des tentes que les jeunes ont disparu et avec eux leurs revendications... ils ont toujours autant besoin de soutien, d'un logement, de bouffe, de cours, d'aide à la scolarisation, de voir leur avocate, de pouvoir se soigner, de se retrouver, de faire des activités, de causer avec les riverains, d'avoir un endroit où se poser et se reposer. » Le lieu doit être investi pour tenir et faire face à une expulsion éventuelle. Un besoin humain et matériel. De l’eau, des matelas, des couvertures, de la bouffe ou du matériel de cuisine, de la présence. Bref, de la solidarité.

« Jurgis fut quelque peu effaré la première fois qu’il se rendit compte qu’en fait, les employés de l’usine haïssaient leur métier. C’était étrange, voire effrayant, de découvrir que ce sentiment était unanimement partagé. Mais telle était pourtant la réalité : ils haïssaient leur travail. Ils haïssaient les petits chefs et les patrons ; ils haïssaient l’usine toute entière, le quartier tout entier, la ville toute entière même, et d’une haine universelle, farouche. Les femmes et les enfants aussi maudissaient leur sort. Tout était pourri, tout : leur vie était un enfer. Quand Jurgis voulait savoir ce qu’ils entendaient par là exactement, ses collègues se contentaient de lui répondre, en le regardant d’un air méfiant : "Oh ! Rien. Tu verras bien par toi-même, si tu restes." »

Upton Sinclair, La Jungle, 1906.

On savait déjà que les personnes migrantes bloquées à Calais vivaient la galère permanente et qu’il était difficile d’informer sans accréditation. C’est ce qu’a appris le journaliste anglais Richard Parry – pourtant accrédité par la préfecture ! – en foulant le sol français. Avec d’autres collègues, il a découvert les joies de la garde à vue et du contrôle policier, la faute à un masque à gaz dans leurs affaires : « Ce qu’il y a de choquant c’est qu’à 20km de là, il y a l’Angleterre. Et en Angleterre je connais la Police, parce que je fais ça depuis des années, ils n’agissent pas comme cela… Mais ici j’ai l’impression d’être dans un pays du tiers monde ! J’ai l’impression d’être de retour en Tchétchénie, en Afghanistan ! Littéralement, de toutes les guerres et de toutes les régions difficiles que j’ai couvertes : c’est l’un des pires moments que j’ai eu à passer avec la police. En vingt cinq ans de reportages. » Refoulé du territoire français, son traducteur Kais Laabidi a été enfermé en Centre de Rétention Administrative, n’ayant pas la chance d’être d’« ici » (il est Tunisien). Jusqu’ici, tout va bien… et ça risque de continuer : Manuel Valls vient d’annoncer une « probable » prolongation de l’état d’urgence.

La mairie de Lille n’a pas le monopole des attaques contre la liberté d’informer, qu’on se le dise ! Dans ce Middle West qui nous tient tant à cœur, c’est le jeune canard sauvage L’Empaillé qui se trouve dans la ligne de mire de la gendarmerie. Deux numéros et déjà chez les militaires ! Suite à un article sur l’usine de Goutrens, deux plaintes ont été déposées. Diffamation qu’elles disent. Ces personnes en ont le droit. La suite est délectable et heureusement nous pouvons la dire : les bleus en ont profité pour convoquer les deux auteurs et leur demander empreintes et photos sur le champ. Refus des deux personnes, qui sont reparties, elles, dans les champs. Libres.

La Brique vient d’être relaxée, et la mairie de Lille se tape la honte. Pour rappel, le journal « sans pub et sans pitié » avait refusé de payer un PV, dressé par la police municipale, en vertu de l’article 43 du règlement des marchés, qui en interdit l’accès « aux véhicules publicitaires, cortèges, vendeurs et distributeurs de journaux,  de tracts de toute nature et de prospectus à caractère publicitaire, organisateurs de loterie », etc. L’impayé avait valu à son directeur de publication d’être cité à comparaître devant le juge de proximité. Et ça, c’était vraiment taré. Car le règlement municipal est contraire à la loi – c’est un fait. Plusieurs responsables de la mairie en ont été mis au courant, comme Jacques Mutez ou Xavier Bonnet. Mais de la liberté de la presse, dont ils se targuent, ils n’ont eu cure. À l’instar de la responsable de la police des marchés, qui exige « une autorisation du cabinet du maire pour faire un reportage »… rien que ça. Aujourd’hui, le juge de proximité s’est donc prononcé : le règlement n’est pas assez « motivé » pour ce qui concerne les « vendeurs et distributeurs de journaux ». En d’autres termes, la liberté de la presse prévaut sur son article 43. Un article qu’il faudra bien modifier, car La Brique ne compte pas arrêter de crier.

C’était en juin 1996. Treize familles étrangères s’unissaient contre les lois Pasqua et obtenaient leur régularisation. C’était deux mois avant les coups de hache de l’église Saint-Bernard à Paris. La question des sans-papiers devenait visible. Les sans-papiers sortaient de l’ombre. À Lille, le Comité des Sans Papiers 59 choisissait le 23 août 1996 comme date de création. Un symbole. Des milliers de régularisations plus tard, les sans-papiers sont toujours en lutte, battant le pavé chaque mercredi sur la place de la République. Du lundi 14 au mercredi 16 novembre, le Comité des Sans Papiers 59, est accueilli par le théâtre de La Verrière (28, rue Alphonse Mercier - Lille) pour cet anniversaire des 20 ans de la lutte pour la régularisation de tous les sans papiers. Au programme : rencontres, échanges, spectacles. Le tout à prix libre.

Début 2012, lors de ses vœux à la presse, Martine Aubry lançait aux journalistes présents : « Les entraves à votre travail, dans le monde, se sont particulièrement multipliées ». Et déplorait : « Je dois dire aussi que les droits des journalistes y compris dans notre pays ne sont plus totalement protégés […]. Notre pays a perdu 33 places en 10 ans dans le classement de la liberté de la presse [...]. C'est quand même pas glorieux pour la France, la France des droits de l'Homme, la République ». C’est bien ce qu’on pense aussi. D’ailleurs, le journal La Brique vient de passer devant le tribunal. La raison ? Son équipe vend ses numéros à la criée sur les marchés, et c’est interdit. Pourquoi ? Parce que c’est le règlement des marchés lillois – article 43, ça ne s’invente pas – qui le dit. Et d’où sort ce règlement ? D’un arrêté municipal adopté en 2004, sous le premier mandat de… Martine Aubry. Un arrêté municipal en parfaite contradiction avec les textes fondateurs et les lois de « la République ». Alors on peut le dire : entraver la liberté de la presse, « c’est quand même pas glorieux ».

« Les flics. Je hais les flics, les porteurs, les liftiers, qui me le rendent bien. Je déteste les croquemorts, les pompes funèbres, les chaussures douloureuses, les rideaux, les valets de chambre. Je ne sais jamais ce qu'ils vont m'apporter. » Rien que pour ça, il est bon d'écouter cette émission de France cul consacrée au dernier de la Beat generation

« Jeudi, un groupe de migrants a envahi l’A16 face à la Linière pour arrêter le trafic et monter dans les camions. L’un des auteurs du caillassage qui a blessé un CRS a été condamné, ce lundi après-midi. » Maintenant relisez, et dites vous que ce chapô d’article, titré sur les huit mois de prison ferme pour une personne migrante, a été écrit sur le site internet de La Voix du Nord. Envahissement. Violence.  Les mots ont un sens, les journalistes devraient parfois y penser…

L’ami DJ dirty Berlin (membre du crew Metapuchka) a sorti une mixtape il y a peu. Le site Reaphit en fait une chronique élogieuse : « Boucles lumineuses ou sonorités sinistres, couplets de club ou sortant tout droit de la rue, tout est savamment choisi. » Vous pouvez l’écouter en suivant ce lien.

Attention ça bouge au Parti Socialiste ! Le shérif Roger Vicot, maire de Lomme, a présenté le « collectif Réussir 59 ». Attention ce n’est pas une « écurie présidentielle » destinée à Martine Aubry. Selon les mots du porte-parole, il s’agit de remettre au centre des « discussions de fond qui s’appuient sur les valeurs de justice et de protection sociale ». C’est marrant tout de même, à toutes les veilles d’élections, il y a des socialistes pour se souvenir ce que voulait dire socialiste. Le but n’est pas de concurrencer la Fédération du parti, mais bien d’agir « contre une force d’inertie générale ». Roger Vicot n’a pas dû s’informer beaucoup ces derniers temps. Avec des centaines de milliers de gens dans la rue, des grèves, des blocages et on en passe, on se demande encore pourquoi les socialistes ne regardent toujours pas vers ce qui se passe en bas…

Son 47ème numéro est dans les bacs. Le collectif de La Brique organise une rencontre au café L’Écart histoire de discuter de cet opus consacré aux luttes sociales et politiques des derniers mois. Ça se passera le jeudi 23 juin à partir de 20H.

Des Britanniques se sont mobilisés pour organiser un convoi humanitaire vers Calais. Deux cent cinquante véhicules prêts à partir faire vivre la solidarité internationale. C’était sans compter sur les autorités françaises qui ont décidé de bloquer le convoi à la frontière. C’est pas comme si 700 enfants étaient bloqués dans les camps et bidonvilles de la frontière Schengen… Par contre, les supporters débiles qui viennent s’amuser à jeter des pièces aux Roms dans le centre de Lille, eux, n’ont pas eu le moindre souci pour passer. Deux poids, deux mesures.

Vous l’avez peut-être zappée, mais l’anecdote vaut le détour : le 6 juin dernier, la police montée de la métropole s’est rendue à Chéreng pour faire... bénir ses chevaux. Ce (saint) moment s’est passé à l’occasion de la (sainte) fête de (Saint-) François d’Assise, qui, rappelons-le, avait fait vœu de pauvreté au XIIIe siècle. Quand on observe le rôle des forces de l’Ordre pour protéger les espaces de richesses, il n’est plus qu’à espérer que l’eau bénite leur ordonnera de ne pas s’attaquer au peuple. L’important, c’est d’y croire…

En voici une bonne idée. Ce mardi 21 juin (19H), le documentaire Le vent de la révolte, de l’ami Alèssi Dell’Umbria sera projeté au Centre Culturel Libertaire de Lille. L’occasion de découvrir la résistance des communautés indigènes de la région de l’isthme de Tehuantepec au Mexique. Ou quand les multinationales des éoliennes viennent déposséder les paysans de leurs terres et de leurs lagunes. Une bonne claque dans la gueule du capitalisme vert !

« Ce sera une trace indélébile, loin de la folie numérique et ses milliards de flux, comme autant d’étoiles qui meurent sans cesse. Ce sera inerte, à moins que des lecteurs ne s’en saisissent. Et L’Empaillé le sera d’autant qu’on s’empaillera entre nous, avec vous, et avec tous nos détracteurs. Avec vigueur et sans chichis. » Voilà comment s’ouvre le premier essai de L’Empaillé, un foutu nouveau journal en Aveyron – le Middle-West, les petites routes de campagne, et maintenant une « presse libre ». Une chose est sûre : qu’on vive en Aveyron ou ici ou ailleurs, ce truc est à lire, clairement. Ça se lit avec du ratafia (mais le bon) dans la main, et ça balance pas mal en termes de critique sociale. Et de luttes.  Franchement ça vaut le coup.

La sixième édition du cabaret d’actualités « En attendant le Grand Soir… », proposé par la compagnie de La Vache bleue, en collaboration avec le Théâtre de la Découverte et Spoutnik Theater cie, aura lieu le lundi 2 mai à 19h30, au Théâtre de la Verrière. L’APU Fives se joint à la fête en organisant une discussion à propos des évolutions sociales et urbaines de l'agglomération lilloise, et des perspectives de lutte dans les quartiers populaires. Bim ! Des habitants, des acteurs, des militants diront ce qu’ils en pensent, mais aussi deux sociologues chevronnés : Cécile Vignal et Julien Talpin – auteur de cet article fameux sur la façon dont « les élus étouffent les mobilisations dans les quartiers populaires ». De quoi s’armer, et bouffer, et boire.

Depuis quelques mois, La Maison des Migrants de Bruxelles sort son propre JT. Ok, ça passe pas à la TV, mais c’est tant mieux. Parlons donc plutôt d’un « web journal ». Un format d’environ vingt minutes, qui reprend et détourne les codes du journalisme style « 20h pendant qu’on bouffe avec papa et maman ». Un présentateur, sur un « plateau palettes », annonce les différents sujets. Du micro-trottoir au reportage dans la jungle de Calais, en passant par des témoignages de sans-papiers, et des petites mises en scènes ironiques qui descendent l’autre extrémiste flamand, Theo Francken, membre de la N-VA et secrétaire d’Etat à l’Asile et aux Migrations – ça ne s’invente pas. Les journaux sont conçus et réalisés par des migrants, avec le soutien d’Européens. D’ici, on trouve que ça claque et on tient à le faire partager. La Maison des Migrants a déjà sorti six numéros. Et on espère en voir bien plus. Le dernier en date : ici !

La dernière trouvaille de l’Administration Pénitentiaire pour prévenir les suicides en prison, six fois plus nombreux que dans la population en liberté, n’est autre que « le contrôle sous vidéoprotection » des prisonniers « dont l’état apparaît incompatible avec leur placement ou leur maintien en cellule ordinaire, en raison d’un risque de passage à l’acte suicidaire imminent ou lors d’une crise aiguë. » Dispositif que l’Observatoire International des prisons (OIP) définit comme « monstrueux » : « En filmant des détenus en détresse, on ne traite qu’en surface le fléau du suicide: on ne fait, au fond, que les contraindre à ne pas mourir. » Encore une fois, on ne traite que la conséquence sans s’attarder sur les causes de ces passages à l’acte, entre surpopulation carcérale et rupture des liens affectifs. Des choses, parmi d’autres, dont vous pourrez discuter ce samedi 10 janvier (16h) à L’Insoumise, où sera projeté le court-métrage « Communiqué clandestin de trois prisonniers de la Centrale d’Arles. » S’en suivra une présentation de la Caisse d’aide aux prisonniers.

Voici un message clair et définitif pour les promoteurs immobiliers de la Zone de l'Union entre Tourcoing, Roubaix et Wattrelos : « Chez Salah », le café résistant à l'aménagement tout azimuts de l'ancien site industriel, va continuer de vivre, et ce même après la disparition de son tenancier. En effet, celui-ci vient d'annoncer que son fils reprendra l'affaire. Si les ouvriers ont disparu de cette vaste zone, une partie de leur mémoire continuera donc de défier le béton bio des urbanistes patentés !

C’est avec beaucoup de retard que nous relayons cette joyeuse nouvelle : la tempête calaisienne du 27 décembre dernier a eu raison d’une partie des barrières anti-migrants installées à Calais. Il se dit même, dans les milieux autorisés, qu’à la connaissance de cet affaissement symbolique, le Directeur de l’École Néogonzo de Lille (ENL) aurait poussé un « héhéhéhé » du plus bel effet.

Les Belges sont appelés à signer une pétition revendiquant l’inscription de la frite au patrimoine de l’UNESCO. Du coup, Grand Lille TV a traversé la frontière pour comprendre le phénomène en interrogeant un… lycéen : « Je mange plus ou moins euh… une fois par semaine des frites, souvent aussi le midi pendant les pauses scolaires. Et c’que j’préfère binh… feuh… j’aime prendre, allez un peu de variétééés… beaucoup d’euhhh… finh ça dépend quoi, des menus. […] On a nos propres sauces et tout, rien qu’à nous. Genre chez nous y’a plus genre les bickys et tout… feuh feuh… fin on a beaucoup de variétés quoi, qu’on trouve partout. […] La frite belge, ça reste pareil, c’est… feuh… c’est meilleur. » On l’aura compris, la frite est un vrai sujet de société – d’ailleurs le Capitaine Cœur-de-Bœuf en sait quelque chose.

En 2013, La Mouette Enragée expliquait comment, à quelques mois des élections municipales, la vidéosurveillance s’était imposée « au cœur du sérail politique local » : « L'espionnage de rue y a déclenché une empoignade verbale entre têtes de liste aux prochaines municipales, sans égard pour le citoyen candide qui escomptait proprement un débat contradictoire. Mais voilà, de débat, il n'y aura pas. Du Front National jusqu'à la femme de paille du ministre des transports, mairesse par intérim, tous ont clamé et revendiqué à l'unisson la paternité du contrôle de la population par les écrans. Signifiante unanimité. » La gauche boulonnaise au pouvoir avait d’ailleurs anticipé cette « empoignade verbale » en installant huit caméras en ville. Et aujourd’hui, toujours au pouvoir, elle a décidé d’en installer dix de plus… De quoi satisfaire le FN qui, en 2012, lançait une pétition « pour l’instauration de la vidéosurveillance à Boulogne ».

« Y’a pas que les Lillois qui ont droit de s’amuser ! » Voici, en substance, le nouveau mot d’ordre du MEDEF Douaisis. En effet, ses adhérents ont fait savoir qu’ils comptaient bien, eux aussi, avoir leur club de poker. Et comme les patrons de la métropole lilloise ont appelé le leur « Comité Grand Lille », celui du Douaisis sera le « Comité Grand Douai ». Selon toute apparence, les deux feront la paire.

« Ce qui se fait à Euratechnologies est si pertinent que ce site sert de source d'inspiration aux politiques les plus innovantes. » (La Voix, 15/12/2014) C'est sûr, l'enthousiasme de la classe politique pour toutes les nouveautés qui finissent par « tech » ou « lab » est contagieux et reçoit le soutien des médias, qui relayent à tout va l'opportunité historique de cette marche forcée vers toujours plus de technologies. Lille sera la nouvelle Mecque du tech', ou ne sera pas. Dans ce contexte, peu ou pas de résistance face à l'idéal du Progrès, armé de multinationales, de start-up et de djeun's cools et chébran. Peu ne veut pas dire pas du tout, et on saluera la parution du premier numéro papier de Hors-sol, qu'on connaissait déjà sous forme numérique. Dans ce journal, que vous trouverez par-ci par-là (la liste est sur leur site), un reportage vient clarifier le projet Euratechnologies à Bois-Blancs, entre place nette faite aux investisseurs, café e-écolo et relégation sociale, notamment pour « les "Aviateurs", construits au bout de l'île des Bois-Blancs pour y loger des délogés du quartier Saint-Sauveur. » Ne se limitant pas « à une critique spécialisée des technologies », Hors-sol « proposera une critique du capitalisme présent, dont la technologie conditionne plus que jamais l'expansion. » Bref, comme l'annonce l'éditorial, faire en sorte de mettre « un coup d'arrêt au progrès ».

Dimanche 21 décembre, La Voix a consacré une page aux « sentinelles invisibles de la police » qui opèrent actuellement dans les rues commerçantes de Lille. Puis, pensant sans doute que les lecteurs n’avaient pas compris la première fois – mais aussi parce qu’elle devait manquer cruellement de gratte-papiers –, la rédaction a décidé de republier une version réduite de cet article dans l’édition d’aujourd’hui. À La Voix du Nord, on recycle les déchets.

Un élu communiste d’Hénin-Beaumont vient d’être relaxé dans le procès pour injures et diffamation que lui intentait le maire FN Steeve Briois. Le premier avait traité le second de « super-menteur » sur le web. Et rappelé que le dit « super-menteur » avait lui-même traité, selon le réalisateur Edouard Mills-Affif, les habitants de la Cité Darcy de… « bœufs ».  Dans cette affaire, il n’y a finalement que ces derniers qui ont été injuriés.

La résidence « Pix’L » à Lille-Sud, dont on vous parlait le mois dernier, n’était, semble-t-il, pas assez sécurisée. Selon La Voix, les nouveaux habitants, la plupart « actifs d’une trentaine d’années », se sont plaints de l’insécurité causée par certains anciens habitants – « des dealers » à ce qu’il paraît : « Rodéos, intimidations, intrusion dans le parking avec jets de pétards sur une voiture, tentative d’effraction d’une entrée… » Or les promoteurs et les pouvoirs publics n’ont pas tardé à se mobiliser, comme jamais dans ce quartier, pour régler le problème. Désormais « ils sont aux petits oignons avec nous », explique une propriétaire de « Pix’L » : la police patrouille régulièrement devant, le préfet pense sérieusement à couvrir le quartier de vidéosurveillance, la mairie fait le point avec les nouveaux habitants deux fois par semaine et, surtout, a demandé au promoteur d’installer des… clôtures plus hautes. Comme le dit Martine Aubry elle-même, « Pix’L est un bel exemple de ce que nous faisons à Lille-Sud depuis plusieurs années, dans le cadre de l’ANRU, pour transformer le quartier et introduire plus de mixité ». Une mixité qui sépare les populations solvables des autres par des clôtures, y’a que des socialistes pour sortir un truc pareil.

Après l’annonce du parachutage de François Lamy, proche d’Aubry, à Lille, La Voix consacre une double page à ce député de l’Essonne (18/12). Seulement, on a beau avoir cherché, lu entre les lignes voire passé le papier au microscope, impossible de savoir exactement ce que Lamy va bien pouvoir foutre de sa vie ici. « Je vais vivre et militer à Lille », expliquait-il le mois dernier à la presse. C’est donc ça ! En ce cas, aidons ce professionnel de la politique à réaliser son projet en lui indiquant les meilleures adresses : par exemple La Laiterie à Lambersart, L’Huitrière à Lille ou, resto chouchou d’Aubry, La Terrasse des Remparts. De quoi militer à la sauce socialiste.

Jeudi dernier, la rédaction de La Voix de Roubaix raconte à ses lecteurs qu’elle est sollicitée par des agences de communication souhaitant un papier pour la promotion d’une bière ou d’un café, « sans rapport avec Roubaix ». Bien sûr c’est non : à La Voix « on aime bien le café », « on adore la bière », mais « on n’est pas encore à vendre ». En tout cas pas avec tout le monde, car c’est bien à Carrefour, dont la publicité de noël occupe une pleine page un peu plus loin dans le journal, que ce numéro et son lectorat ont été vendus. Hé ! Pour faire preuve d’éthique journalistique, il y a du pognon dont on ne saurait se passer.

Annonce solennelle d’Éco121 (12/14) : « L’infatigable Jeremy Rifkin, père et prophète de la troisième révolution industrielle, est revenu à Lille ». Oui, notre sauveur d’Amérique était de retour en terre sainte le 20 novembre dernier. D’abord pour le suivi de son master plan régional, mais aussi pour aller prêcher l’évangile du Monstre Intelligent devant les élus et technocrates de la communauté urbaine de Lille. C’est qu’il y a du fric à se faire : LMCU candidate à l’appel à projet du ministère de l’Industrie pour devenir un territoire de « réseaux électriques intelligents », et ainsi toucher une dotation spécifique de 100 millions d’euros. Nul n’est peut-être prophète dans son pays, mais le moins qu’on puisse dire c’est qu’un prophète qui facture un rapport de 300 pages à 375 000 euros, n’a pas pour habitude de perdre le nord.

« C’est la première fois que je viens ici, mais ça ne va pas être la dernière ! » En octobre dernier le nouveau président de LMCU, Damien Castelain, s’est rendu à Entreprises & Cités pour le vingtième anniversaire du Comité Grand Lille, le club de poker des patrons de la métropole. Il y a, entres autres, « manifesté une très grande communauté de pensée » avec ses nouveaux conseillers spéciaux, les big boss Bruno Bonduelle, Philippe Vasseur et Jean-François Dutilleul. Contenant difficilement sa joie de se faire photographier bras dessus bras dessous avec ces illustres capitalistes, Castelain a finalement lâché : « Je peux vous dire que j’ai la banane et c’est un grand moment de bonheur ! » Voici le début d’une grande histoire d’amitié.

« Everything you can », c’est la réponse d’un migrant à la question que se posait une personne lors de la discussion sur la situation calaisienne qui a eu lieu samedi dernier à L’Insoumise : « Que peut-on faire ou donner pour vous aider concrètement ? » Dans cette idée, et dans le cadre d’une semaine de mobilisation avec pour point d’orgue la manifestation à Calais (jeudi 18 décembre, 10h30) contre le « mur de la honte », une collecte est organisée et un camion partira pour amener nourriture, sacs de couchage, chaussures, vêtements, vélos, matériel de réparation de vélos, casseroles, poêles, récipients, ustensiles de cuisine, tentes, bâches, bois de chauffe, réchauds, savons, dictionnaires, stylos, outils, clous, vis, bidons, corde, téléphones, appareils photos, caméras. Comme tout manque là-bas et que tout peut donc être utile, n’hésitez pas à vous rendre jeudi 18 décembre entre 19h et 21h à l'Insoumise 10 rue d'Arras à Lille. Le camion passera à 21h.

« Nous sommes environ 200 personnes à vivre sur l’aire d’accueil d’Hellemmes-Ronchin qui existe depuis 8 ans. A moins de 30 mètres, une usine de béton, une concasserie de cailloux, un champ aspergé de pesticides, une sortie de camions qui passent à grande vitesse. » Face la surdité des pouvoirs publics et des institutions, le Collectif des femmes de l’aire d’accueil des Gens du voyage d’Hellemmes-Ronchin revendique un autre terrain pour « quitter cet environnement le plus vite possible. Nous réclamons de meilleures conditions de vie auprès de LMCU et du Syndicat Mixte des Gens Du Voyage qui ne répondent pas à nos inquiétudes et nous laissent crever là. » Devant les discriminations, souffrances, préjugés et insultes, le Collectif a décidé d’organiser une manifestation (une première depuis 22 ans !) qui aura lieu le jeudi 18 décembre à 10h devant LMCU car : « Au bout de plusieurs années de combat, sans résultats, nous ne pouvons plus subir en silence. »

C’était pas faute d’avoir prévenu. Depuis quelques années, vidéosurveillance, mise sous écoute des rames, automatisation de la billettique et opérations de contrôle spectaculaires ont dessiné le virage sécuritaire opéré par Transpole. Il y a une semaine, pour alourdir les charges contre une femme jugée pour « violences légères contre des agents de Transpole », l’avocat Christophe Everaere a cru bon de sortir de sa manche une pièce relatant les amendes  et les défauts de paiement de la prévenue depuis 2009. Écartée par le président, la dite-pièce vient prouver de fait que Transpole s’est constitué un fichier, illégal, de mauvais clients et des fausses identités. Un syndicaliste CGT renchérit : « Ce que je sais, c’est que des personnes qui ont postulé chez nous n’ont pas eu leur place car elles figuraient sur cette liste. » Plus que vers Transpole, dont les pratiques n’étonneront que les plus naïfs, c’est assurément aux élus de venir justifier le fait qu’on laisse à une entreprise délégataire de service public la possibilité de ficher des citoyens. Mais qui a pu laisser pareilles dérives se mettre en place ? « Allez qui c’est les plus forts ? Évidemment c’est les Verts ! » Monsieur Quiquet était effectivement Vice-président de la Communauté urbaine de Lille chargé de la commission Transports Urbains à la fin des années 2000. Aujourd’hui, son successeur Gérald Darmanin, toujours prêt à sortir la matraque, doit se réjouir de tout ce travail préparatoire.

« Le numéro 76 de la rue du Faubourg de Roubaix vient d’être muré. Voilà comment Euralille et LMCU opèrent depuis 20 ans : après un rachat à bas coût et l’expulsion des habitants, le temps et les intempéries pourrissent les maisons. Après démolition, les bétonneuses bétonnent : les deux derniers hectares de bois restant dans cette ville seront remplacés par 250 logements et des centaines de voitures. » Des habitants de Saint-Maurice, l’A.P.U. Fives, et leurs soutiens n’en démordent pas, la mobilisation autour de l’îlot Pépinière continuera. Pour cela, une auberge espagnole et une ballade sur la Place du Triangle Désirée Boucher ont lieu ce dimanche 14 décembre à midi.

De squat expulsé en maison évacuée, de l’hôtel à une salle paroissiale, le calvaire des Roms de la famille Stoïca continue. Devant l’incapacité de la préfecture à trouver une solution d’hébergement, c’est l’association Aréas qui a dû assurer l’hôtel pendant trois jours. La dernière solution en date laisse franchement de marbre : dix-sept personnes (femmes et enfants) sur vingt-quatre ont été dirigées vers… Louvroil. Voyage offert par la préfecture ! Voilà des familles séparées qu’on prend en charge pour quitter la ville ! Quant aux hommes, pour l’instant, ils n’ont qu’à se démerder.

À Bruxelles, on peut se demander où débusquer un espace de rencontre « destiné à aiguiser nos connaissances et à trouver des bases solides pour affronter la domination », et on tombera sur Acrata, rue de la Grande Île. C’est une bibliothèque, dont les rayons et les archives sont emplis des « idées et des histoires qui offrent des expériences et des perspectives de lutte et exhortent à la révolte ». Le concert de MeTaPuchKa samedi au CCL en soutien à Acrata dont on vous a déjà parlé sera précédé d’une discussion sur ce local bruxellois à 17 heures. Et le tout passera sur Radio Campus. En live – enfin c’est pas une raison pour rester chez soi à écouter la radio.

Il est beau le petit journal édité par l'association APU-Fives ! C'est déjà le numéro deux, et on y cause rénovations urbaines, histoires du quartier et lutte des classes. Et on y apprend pleins de trucs qui passent dans l'oubli quand on ne les raconte pas, comme l'expulsion d'une famille rue du Long-Pot, à Fives, la veille de la trêve hivernale. Huissier, serrurier et policiers, qui pêle-mêle, embarquent le père au commissariat pour défaut de papiers et vident l'appartement : « Tout y passe : fringues, bouquins, affaires d'école, guitare, etc. La vie d'une famille qui passe sous nos yeux. » Ce qui n'empêchera pas les militants d'aider le reste de la famille à se reloger, dans l'urgence et la débrouille. Et de prévenir le commissaire qui s'inquiète du monde amassé devant le logement : « Ce sera toujours comme ça à Fives. On ne vient pas pour participer aux expulsions. Mettre une famille à la rue avant l'hiver on trouve ça dégueulasse. Par contre, on va aider la famille à trouver un autre logement. » Des emmerdes avec un bailleur/propriétaire à Fives ? N'hésitez pas : l'association tient des permanences collectives chaque vendredi et samedi au 118 rue Jean Bart à Hellemmes (métro Marbrerie).

Quelques résidents de L'Epine, à Hellemmes, ne décolèrent pas. Après un « chantier catastrophique », mené par Norpac et sous-traité largement, les 132 logements sociaux du bailleur ICF (filiale de la SNCF) présentent des malfaçons, des portes d'entrée et de garage mal posées et déjà des traces d'humidité dans une vingtaine de maisons. D'autant plus que les travaux réalisés dans le quartier « sans concertation avec la population » se cumulent avec « la suppression du bus qui conduisait directement les habitants de l'Epine au centre d'Hellemmes. » Ou quand la réhabilitation amène à l’exclusion sociale.

Le site Basta ! a besoin d'aide. Ce média est indépendant, c'est-à-dire qu'il ne puise pas ses ressources dans la publicité ni dans les groupes industriels. Six journalistes et des contributeurs rémunérés participent à cette aventure dont le but est de « donner une visibilité aux enjeux écologiques, aux actions citoyennes, aux revendications sociales, aux mouvements de solidarité et aux alternatives mises en œuvre ».

40 000 migrants décédés depuis 2000 sur les frontières européennes, plus de 3000 entre janvier et septembre 2014, la frontière européenne n’est pas un repoussoir, mais bien une machine de guerre. Pour en discuter, le collectif Plancton organise une projection-débat sur les luttes contre les frontières à travers l’Europe (Centre culturel libertaire, 13 décembre, 14h30). Deux documentaires sur la situation en Grèce sont au menu, avec la présence d’une des réalisatrices du collectif Tracing Movements et d’activistes de Noborder Maroc (Tanger).

Clément Golka, voilà un nom inconnu au bataillon. Du moins jusqu'à la semaine dernière quand le colistier de Gérard Dallongeville s'est retrouvé à remplacer l'ancien maire véreux au conseil municipal. Apparenté « divers gauche », cet homme a fait campagne à Hénin-Beaumont au début de l’année : « Moi, ce que je ne veux surtout pas, c’est que cette ville soit gagnée par le FN. C’est pour ça que j’ai une grande confiance en Gérard Dalongeville ! » (La Voix, février 2014). Suite à la défection de l’inéligible Dallongeville, cet ancien président de la section locale de l’Union fédérale des anciens combattants va donc siéger aux côtés… du FN. Un glissement surprenant à première vue, mais qui doit bien alerter sur les liens entre le FN et les autres élus forcément attirés par le pouvoir... et ses strapontins. En effet, Clément Galka espère « une délégation d’adjoint aux anciens combattants ». Arrivisme quand tu nous tiens…

« Je ne crois pas à l'excuse sociale, ce n'est pas parce qu'on est fils d'ouvriers ou d'immigrés qu'on a moins de chances de réussir ». Dans le portrait que lui consacre Le Canard cette semaine, Gérald Darmanin apparaît comme un homme aux dents longues et acérées, en bon miroir de celui à qui il sert désormais la soupe. C'est sûrement par goût du mimétisme, et parce que l'ancien proche de l'homophobe Vanneste ne croit pas « à l'excuse sociale », qu'il multiplie les plans sécurité dans sa ville, et particulièrement vers les quartiers populaires.

Le 25 novembre dernier, l'encellulement individuel devenait la règle. Tout était prévu, et la loi de 2009 s'était laissée cinq ans pour y parvenir. Mais bon, comme il y a toujours autant de prisonniers dans ce foutu pays, la loi ne pouvait bien sûr pas être appliquée. Voilà pourquoi Christiane Taubira a présenté mercredi un amendement repoussant au 31 décembre 2019 le principe de l'encellulement individuel. 24 mesures, présentées par la Commission des lois de l'Assemblée, qui se projette à l'horizon 2022 pour y parvenir. Bref, prisonnier, prisonnière, c'est pas demain la veille qu'une loi censée améliorer le quotidien carcéral sera appliquée.

Le 30 novembre, le journaliste Lakhdar Belaïd a réussi l’incroyable performance de signer sept papiers et cinq brèves sur quatre thèmes différents dans les pages de La Voix du Nord/Nord Éclair. Bonhomme ! Ça en impose, et ça a le mérite de montrer l’exemple aux jeunes gratte-papiers de la rédaction qui doivent produire plus…tout en étant moins. Ainsi La Voix a-t-elle trouvé son journaliste de « choc », sa légende, son Alekseï Stakhanov. Et dans cette presse quotidienne régionale en crise, le belaïdisme a de l’avenir.

Il fait froid en ce moment vous trouvez pas ? C’est sûrement la réflexion qui a effleuré l’esprit des policiers qui sont venus expulser, mardi, une quarantaine de caravanes du parking C5 de la Cité scientifique. Six fourgons de police ont été mobilisés pour virer « les nomades », comme les appellent La Voix. Le tout « dans le calme »… presque ni vu, ni connu. Les automobilistes peuvent souffler, les places de parking sont libérées.

Plafonds qui s’effritent, plaques de rouille dans les douches, verrous et portes délabrés, eau chaude au petit bonheur la chance, le constat dressé par une asso étudiante (FERUL) est sans appel : les logements étudiants de la résidence Camus (Cité scientifique) sont dans un état pitoyable. Qui réside dans ces chambres de 9m2 ? Essentiellement des boursiers et des étudiants étrangers… Une certaine idée de l’égalité des chances ! Le dossier constitué par l’asso a eu le mérite de faire sursauter le CROUS, qui s'est engagé à changer des verrous et des portes de douches, installer des rideaux… Le reste (à savoir une étude sur la présence d’amiante dans  le bâtiment) attendra fin décembre et un rapport d’experts. Attendre, toujours attendre… Assez pour poser cette question : cette attente pourrait-elle justifier une grève des loyers ?

 

Les onze Soudanais, raflés mercredi 26 novembre et emmenés aux geôles périphériques de Roissy, ont été libérés. Bonne nouvelle, qui fait suite à la demande du préfet du Pas-de-Calais, Denis Robin, de ne pas prolonger leur rétention. Une question se pose : pourquoi ? À quoi ça sert d’arrêter des gens, de les trimballer à 200 bornes pour les enfermer cinq jours avant de les libérer ? La préfecture, en agissant de la sorte, empêche le Juge des Libertés et de la Détention de se prononcer sur la légalité de l’arrestation et du placement en rétention, avouant donc l’illégalité de cette procédure. Ça fait cher le coup de com’ médiatique.

Il y a quelques heures, au tribunal correctionnel de Lille, un prévenu se présente en audience les mains menottées dans le dos. Il a déjà été condamné début août à six mois de taule pour des vols et comparaît aujourd’hui pour des faits similaires. Pauvre, il a déclaré à l’époque qu’il revendait ce qu’il volait « pour pouvoir vivre ». Le président, qui ne se souvient plus de la peine qu’il lui avait réservée la première fois, se rappelle néanmoins de l’aspect physique du prévenu avant son incarcération à Sequedin : « Vous avez pris combien de kilos depuis que vous êtes incarcéré… ? Parce que la dernière fois qu’on s’est vus vous étiez beaucoup plus maigre… » Et, se tournant vers le public, d’en conclure : « C’est la preuve qu’ils sont bien nourris à Sequedin ». Cynisme ? Humour mal placé ? Un peu plus tard on apprendra que le prévenu, détenu depuis quatre mois, a eu un suivi psychologique… parce qu’il s’est automutilé dans sa cellule. La prison ne nourrit pas, c’est elle qui se nourrit. De vies humaines.

Ils étaient treize. Treize personnes. Treize Soudanais, parmi lesquels certains avaient manifesté quotidiennement pour interpeller les autorités et dénoncer la situation au Darfour. N’y voyons pas forcément un lien : ces treize personnes ont été arrêtées à Calais dans la nuit de mercredi 26 novembre. Onze d’entre eux ont pris la direction du centre de rétention du Mesnil Amelot, avec OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) dans les bagages. Ce centre de rétention est situé juste à côté de l’aéroport de Roissy. La machine à expulser dans toute sa splendeur. Ils étaient treize. Treize personnes. Treize Soudanais de plus victimes de la politique barbelé de la France qui renvoient des gens dans un pays où ils risquent la mort. Ça peut sembler banal, et c’est sûrement ça le pire.

Les premiers travaux du futur quartier de la Zone de l’Union, entre Tourcoing, Roubaix et Wattrelos, font frémir d’impatience les agents immobiliers. La Zone de l’Union, c’est cette ancienne friche industrielle qui a vocation à devenir un « éco-quartier dynamique et exemplaire » et un « pôle d’excellence ». Du développement durable dans l’urbain. Du vert, de la réhabilitation, mais surtout, du social nous dit-on. Et si des logements sociaux sont effectivement prévus, la réalité pourrait devenir différente. C’est un agent immobilier qui le dit à propos de ses clients lillois : « Ils sont obligés de quitter Lille où les prix sont devenus fous. Et je vous le dis, demain l’Union ce sera le Vieux-Lille ! » Ce que disait déjà il y a un an et demi Jean-Pierre Garnier, à sa manière : « On assiste à un processus de recyclage des anciens quartiers populaires en nouveaux quartiers. Recyclage, c’est quoi ? […] L’objectif est le suivant : faire du blé sur les friches, soit en les transformant en quartiers pour classes aisées ou soit en y faisant venir des activités dites de pointe. » Dit comme ça, on comprend mieux l’intense frémissement des agents immobiliers.

Estelle Rodes est présidente du conseil de quartier de Lille-Moulins depuis le printemps dernier. Certains avaient même osé parler de parachutage pour qualifier l'arrivée de cette ancienne première secrétaire fédérale du PS dans les Yvelines. Mais celle qui a fait ses études à la fac de droit moulinoise n'en démord pas : « Un coup de cœur et non un plan de carrière », confie-t-elle à La Voix. Dans un quartier où Bernard Roman va laisser sa place, on pourrait penser le contraire. Du coup, pour bien faire passer son message d'amour, Rodes insiste sur le « lien social », cœur de son action politique. Mais se révèle incapable de parler du nombre de logements prévus. Par contre, sur la propreté (« fil rouge du quartier en 2015 »), le trafic et la sécurité, les réponses fusent. Attention au coup de matraque ! Vous le savez bien, quand on aime, on ne compte pas.

On ne l'arrête plus Frédéric Marchand. Non content de rappeler à la loi les auteurs d'incivilités, le maire d'Hellemmes a convaincu la mairie lilloise d'installer des caméras de vidéosurveillance en centre-ville. L’installation est prévue pour le premier trimestre 2015. « Cela participera d'un sentiment de sécurité et permettra d'identifier plus facilement les auteurs de délit », se pavane le maire. À défaut de s'attaquer à l'insécurité économique et sociale, le maire socialiste en traite les conséquences. Une question de point de vue.

Le Comité Grand Lille – le club des patrons de la métropole – publie une vidéo comique de son fondateur Bruno Bonduelle alias « Le Gouverneur du Nord ». Ce dernier tenait à faire un petit truc à l’occasion des vingt ans du comité. Juste une petite blague, entre copains, un film de 4 minutes 52 genre Deschiens, dans lequel Bonduelle se projette « 20 ans plus tard, en 2034, pour féliciter le Président de Lille Métropole de tout le chemin parcouru. Du grand Bonduelle ! » Un grand jeu de rôle en effet, car à 81 ans, notre acteur fait très bien le centenaire qu’il sera, précisément, dans vingt ans. Il baisse les yeux, lit son texte, faiblard, feint de se souvenir. Parfois il bégaie, surtout vers la fin, cherche ses mots, face caméra, ses yeux bleus, son regard, tout semble perdu. C’est presque émouvant, mais vers la troisième minute ça devient, en réalité, carrément chiant. Enfin pas pour le président de LMCU, Damien Castelain, dont le destin que lui promet ce prophète affaibli est exceptionnel. Hé ! C’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire des grimaces.

Jeudi 20 novembre, rapporte Grand Lille TV, des gendarmes sont venus au collège Notre Dame de la Providence d’Orchies « pour échanger avec les jeunes » sur les dangers de la drogue. Ces derniers ont eu droit à une démonstration grandeur nature des « équipes cynophiles » et de leurs toutous traqueurs de stupéfiants. Un gendarme d’expliquer à la caméra : « L’aspect intervention canine représente la partie ludique du message préventif, hein, permet également à tous les scolaires de s’aérer l’esprit en voyant concrètement comment se passent nos actions sur le terrain, hein […]. Le message préventif est passé, on est maintenant dans la vraie vie, on s’expose à des sanctions pénales, on s’expose à des sanctions judiciaires, on s’expose à une interpellation, et, euh, et la drogue engendre bien évidemment la violence ». Vraisemblablement ce bahut catholique qui dispense des cours de catéchisme afin de « proposer Jésus Christ et l’Église », ne manque pas d’esprit pour que ses élèves aient le leur bien… aéré.

Ils sont beaux, ils sont presque jeunes, ils rappent comme ils respirent, envoyant des gros sons ici et des paroles rageuses ailleurs. Il paraît même que les mouettes se déplacent pour les entendre hurler colère à la nuit tombante. Eux, c’est MeTaPuchKa, et vous pourrez les voir et les écouter ce vendredi 28 novembre dans le cadre du festival Culture Bars-Bars (au Musical à Fives). Le 12 décembre, ils remettront le couvert au Centre Culturel libertaire, en soutien à la bibliothèque bruxelloise Acrata.

Alors que le projet de reconstruction d’une ligne à très haute tension (THT) entre Avelin et Gavrelle, en Pévèle, est contesté et que plusieurs médias y voient une nouvelle « zone à défendre », le journal patronal Autrement dit (14/11) s’insurge : « Il devient quasi impossible, aujourd’hui en France, de lancer un grand équipement public ou collectif sans rencontrer l’opposition de riverains ou d’associations […] dont le fonctionnement est, parfois, loin d’être démocratique ». Pourtant, pour le maire de Tourmignies, démocratiquement élu lui, dont la commune serait concernée par le tracé de la ligne THT, c’est le Réseau de transport et d’électricité qui essaye de « faire passer son projet en force ». Autrement dit un projet qui – comme beaucoup de « grands équipements » polluant, détruisant le paysage ou augmentant la consommation énergétique – semble se passer, largement, de démocratie.

Selon Howard Zinn (Une histoire populaire des États-Unis), 43000 soldats américains ont refusé de se battre pendant la Seconde Guerre mondiale. Décidément y’a un truc avec ce nombre.

Les semaines sociales de France, impulsées par l'Eglise catholique qui y trouve une partie de sa doctrine sociale, se sont tenues la semaine dernière à Lille. Au programme : visite d'Euratechnologies, et de tout ce que la métropole peut offrir de techno-sciences. Denis Vinckier, ancien MoDem et président des « SSF », veut envisager l'avenir avec de l'éthique : « Les robots intelligents sont de plus en plus évoquésCe seront peut être eux qui tiendront compagnie aux personnes âgées. » Si on comprend bien, en 2043, les messes seront assurées par des robots multifonctions qui prépareront l’hostie et assureront la température du vin. Mais qui a donc osé traité les cathos d’obscurantistes ?

Les records s'accumulent dans notre belle région : une étude de l'INSEE pour l'année 2011 fait de la région Nord-Pas de Calais la plus pauvre et une des plus inégalitaires de France. Un habitant sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté, fixé à 977 euros par mois. Et entre les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres, l'écart va de 1 à 3,5. Le NPDC, ou l'histoire  d'un territoire qui tombe d'un immeuble de 50 étages. Pendant sa chute, il ne cesse de se répéter : « Jusqu'ici tout va bien... Jusqu'ici tout va bien... » Vous connaissez la suite.

Le conseil communal hellemmois en a « bouleversé » son ordre du jour, c'est dire si ça urgeait. L'objet ? La signature d'une convention entre commune et parquet afin d'envoyer un rappel à la loi (une fois, pas deux) aux auteurs d'incivilités, autrement dit, selon La Voix, aux « fouteurs de merde prépubères ». Frédéric Marchand, le maire socialiste, se vante de savoir à qui il enverra la prochaine missive. Sa rivale UMP applaudit de ses deux matraques : « C'est une mesure qui figurait dans mon programme communal. » Une décision qui se rapproche de celle de Robert Ménard à Béziers. Y a pas à dire, dès qu’on parle sécurité, le consensus politique est de mise.

À l’heure où Grenoble bannit la publicité de ses rues, deux militants déboulonneurs sont convoqués devant le délégué du procureur, au Tribunal de Grande Instance à Lille. Leurs torts ? Le refus du prélèvement ADN suite à une de leurs (71ème pour être précis) actions de barbouillage contre les panneaux publicitaires en mai dernier. Ils risquent 100 € d'amende pour dégradation et 200 autres pour le refus du coton dans la bouche. « Sereins » et « déterminés », ils refuseront de s'acquitter n'ayant même pas peur d'un procès. Ils appellent au soutien ce mardi 25 novembre dès 8H30 avenue du peuple belge. Et si c'est trop tôt pour vous, vous pouvez les rejoindre le soir-même, vers 19H30, même adresse, pour une nouvelle opération d'assainissement de l'espace public.

Le 25 novembre 2014, l’encellulement individuel devient la règle. Si si c’est la loi du 24 novembre 2009 qui le dit ! Ça tombe bien pourrait-on dire… En effet, chaque jour, ou plutôt chaque nuit, ce sont 1065 prisonniers qui dorment sur un matelas, à même le sol, dans les prisons françaises. Et puis, c’est pas comme si les détenus en surnombre (surpopulation apparente + places inoccupées) manquaient, ils ne sont, au final, que 12 087…

Une vingtaine de personnes ont été arrêtées dans le quartier de Wazemmes ce vendredi 21 novembre. Placées en garde à vue, leurs amis n’avaient « aucune nouvelle » le samedi en fin d’après-midi. Pendant une partie de cette soirée, le quartier a été investi par la police qui a utilisé gazeuses et matraques devant les badauds hallucinés. La cause de ces mesures contre-insurrectionnelles ? L’occupation d’un lieu vide, expulsé depuis. Aujourd'hui, une manifestation contre les violences policières, en mémoire de Rémi Fraisse (et de tous les autres), était organisée. De nouvelles arrestations ont eu lieu. Au moins, jusqu'ici, aucun mort n’est à déplorer.

Les difficiles conditions de vie que subissent les migrants à Calais ne les empêchent pas de rester attentifs à la situation de leurs pays d’origine. C’est le cas des Soudanais qui ont organisé une manifestation afin de dénoncer les crimes perpétrés au Darfour. Par ailleurs, ça fait quinze jours consécutifs que les Syriens manifestent : « Eux aussi veulent écarter la violence, celle des conditions de vie qui leur sont faites, de la police qui les harcèle, des moyens qu’ils doivent utiliser pour franchir la frontière illégalement. Ils revendiquent un droit, celui d’aller légalement déposer leur demande d’asile au Royaume-Uni, parce qu’ils sont des réfugiés au sens de la Convention de Genève, parce qu’ils ont de meilleures chances d’intégration dans ce pays, parce qu’ils sont confrontés à la politique de non-accueil de la France. » Une réponse claire aux murailles de la honte érigées par l’État dans le port de Calais.

Pendant une heure, c’est une cinquantaine de personnes qui ont occupé les marches de l'opéra lillois hier, avec une banderole claire : « La transphobie tue ». Chaque 20 novembre a lieu le T-Dor (« transgender day of remembrance »). L'occasion de rappeler qu’au moins 226 personnes trans’ ont été assassinées dans les douze derniers mois : « Cela fait une personne toutes les 32 heures », souligne Flore Tollier, présidente de l’association En-trans (La Voix du Nord). Derrière cette transphobie, ce sont les institutions qui ne font rien pour que les choses changent : « La transition des personnes trans (le changement de sexe) est toujours un moment chaotique. Beaucoup de ces moments chaotiques sont dus à l’État. Nous sommes hors du droit social et juridique. En France, il n’y a pas de loi sur la trans-identité. » La gratuité du changement de genre est une des voies possibles pour combattre ces difficultés.

45 377 personnes emprisonnées, 51 844 expulsions dont 44 458 retour forcés, des milliers d'enfants en centre de rétention (notamment à Mayotte), record de citoyens européens enfermés (pour la majorité des Roumains), recul de l'accès à la justice (la moitié des personnes expulsées le sont sans qu'un juge judiciaire ait pu contrôler le respect de leurs droits par la police ou l'administration), le rapport 2013 des associations présentes en centre de rétention administrative est sans concession : la politique migratoire française continue, chaque année, à bâtir ce mur du refus. Ce que dénonçaient ces associations dans une lettre au candidat Hollande en 2012 (« Le recours à la rétention administrative n'est plus « l'exception », il reste un instrument banal de procédure ») est donc toujours d’actualité dans la « patrie des droits de l’homme ».

Au commencement ils étaient quatre à faire le constat d'un manque de littérature dans les spectacles de rue. Alors ils se sont réunis, se sont proposé des lectures, chez l'une chez l'autre, pour découvrir des auteurs autour d'un thème. C'est ainsi que le GLUE (comprenez Groupe Littéraire, Urbain, Ephémère), à travers des clameurs et des narrations solitaires, vous plonge dans des textes qui sentent bon le refus de la soumission, l'échange et la rencontre. Ou comment réunir Damasio, Saint John Perse, Vian et les Béru, le tout saupoudré de productions personnelles. Un délicieux potage de rue. « Un vers dans la soupe » est à déguster ce samedi 22 novembre, à 15h30 au pied de la passerelle face au Colysée de Lambersart. C'est gratos et c'est bon.

Ça va chauffer samedi 22 novembre dans le quartier lillois de Fives. Pour son « bistrotour » annuel, la compagnie « tout terrain et tout public » « La roulotte ruche » s’associe au jeune Atelier populaire d’urbanisme fivois, décidément au taquet depuis sa naissance… Les deux assos vous donnent rendez-vous pour un méga « PUnk Tour » dès midi, rue de Flers. Au programme, barbec’ à l’ancienne, balade militante, luttes urbaines, concerts du « Arsène Lupunk Trio » et des « Slugs » dans cinq bars différents. Quoi ? Vous ne pourrez pas être là à midi pile ? Pas de blème, vous trouverez dans le programme les différents horaires et lieux de passage de la troupe déjantée. N’oubliez pas de ramener votre grillade, vos convictions et votre… crête !

La prison de Loos sera reconstruite d’ici 2022. Pour Alain Jégo, directeur interrégional de l’administration pénitentiaire, « c’est une bonne nouvelle pour les personnes détenues de la région. La surpopulation est importante ». Satisfait, aussi, Stéphane Lecerf, de FO-Pénitentiaire : « Quand on connaît la surpopulation carcérale, c’est bien ». Et la maire de Loos, Anne Voituriez, enchantée aussi ? « Oui, bien sûr. Lors de notre précédent entretien, je m’étais déjà félicitée que l’ancienne prison de Loos, qui n’était plus aux normes, soit reconstruite ». C’est dingue ce que la construction d’une nouvelle taule peut rendre ces personnes enthousiastes. Il ne faudrait surtout pas qu’elles tombent sur un autocollant présent dans les rues de Lille, criant « Feu aux prisons ! » Se reconnaîtraient-elles en y lisant : « Ceux qui parlent de surpopulation dans les prisons sont ceux-là même qui les ont remplies à craquer » ? Non, bien sûr que non. Ça serait admettre qu’« il ne s'agit pas de construire d'autres prisons mais de vider celles qui existent déjà ». Et ça c’est impossible, même si ça serait vraiment « une bonne nouvelle pour les personnes détenues ».

Le 25 novembre, c’est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Bien, mais pourquoi attendre ? Ça tombe bien, L’Univers, cinéma associatif du quartier Moulins à Lille, est là pour vous servir ! Et ce, dès ce mercredi 19 novembre avec la projection de « Sexe, mensonges et harcèlement » de Clarisse Feletin. Le lendemain, jeudi 20 novembre, L’échappée (collectif de lutte contre les violences sexistes et sexuelles) et CheZ VioleTTe proposent une soirée autour du sexisme dans l’espace public. Y sera projeté « Consignes de nuit » d’Aurore Lemat et d’Eya Diuz. Cinq témoignages de vie nocturne dans les espaces publics. De quoi questionner l’ordinaire du sexisme. Dans la foulée, « Nyctalope », étape de travail d’un spectacle produit par La Générale d'Imaginaire, sera présentée.

Steeve Briois et Sébastien Leprêtre font des émules. Gaëtan Jeanne, le maire de Lys-lez-Lannoy, a reconduit un arrêté anti-mendicité qui prendra effet en mars 2015. Police municipale et édile chantent en chœur les vertus de cette loi liberticide, ici pour « sauver » un commerçant, là pour chasser un mendiant qui faisait du porte-à-porte. L’opposant sans étiquette Stéphane Vanderschaeve est plutôt critique : « Jamais à Lys-lez-Lannoy, une personne ne m’a demandé un euro. Jamais. C’est juste de la com’ pour rassurer une partie de la population. » Quand bien même une personne demanderait un euro, cela suffirait-il à la considérer comme illégale ?

Difficile de louper l'événement de la semaine dernière en NPDC. Non, nous ne parlons pas de la qualification de Lille Sud au 8ème tour de la Coupe de France de foot mais bien de l'inauguration de l'Anneau de mémoire sur le site de Notre-Dame de Lorette. Pour l’occase, La Voix du 11 novembre a sorti le grand jeu : interview d'Hollande et de Daniel Percheron. Le président du Conseil régional s'est donc essayé, comme à son habitude, à l'éloge de la mémoire. Quoi de plus normal pour un ancien prof d'histoire ? Ainsi, quand on l'interroge sur la présence d'une quarantaine de noms extra-européens, la réponse est claire : « Rappelons-nous quand Clémenceau déclara que nous avions tellement donné qu'il fallait mettre les coloniaux en première ligne. Ils ont quitté leur pays, certains seulement pour voir la France [sic] et en échange du statut de citoyen français. Mais ils n'imaginaient pas l'horreur. Ça devait être terrible. Ils sont morts pour la France. » En tant qu’ancien prof d'histoire, Percheron aurait pu préciser que la promesse de citoyenneté (en échange de l’engagement militaire) alors portée par Blaise Diagne, premier député africain, ne fut pas tenue par l'Etat français. C'est toujours mieux en le disant.

Nous sommes au milieu du mois. Alors en vieil habitué, on va acheter son mensuel de critique et d'expérimentation sociales... Et puis voilà, on l'avait déjà oublié mais CQFD sort désormais en début de mois ! Rien de grave, il vous reste une bonne dizaine de jours pour faire votre bonne action à 2,80 euros pour la presse qui mord. Au menu, Iguala, Kobanê, Fessenheim... et surtout, un gros dossier d'enquêtes sur la mort (et une superbe couverture) décliné autour du numérique, du deuil, du service réanimation, du cimetière ou encore des pompes funèbres. Alors pour mourir moins bête, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

Des Roubaisiens vont être sélectionnés comme « citoyens vigilants ». Leur mission consistera à « signaler ce qui leur paraît suspect » à la police. Prise par la mairie UMPiste pour « contrecarrer la montée des cambriolages », cette mesure ne concernera évidemment qu’un secteur bien précis, à l’est du parc Barbieux, autrement dit la partie la plus riche de Roubaix. Pour protéger ses notables, la ville veut-elle retrouver ses Chevaliers ?

Le port de Calais sera bientôt encerclé par quatre kilomètres de barrières de plus de quatre mètres de haut. Le tout surmonté de  barbelés. Les États français et britannique espèrent ainsi, nous dit La Voix (14/11), « repousser les migrants ». De quoi compléter l’effroyable histoire du fil barbelé inventé en 1874. Une histoire éminemment politique : « En moins d’un siècle et demi, il a tour à tour servi à enclore les terres des Indiens d’Amérique, à enfermer des populations entières lors de la guerre d’indépendance de Cuba (1895-1898) ou de la seconde guerre des Boers en Afrique du Sud (1899-1902) ; il a garni les tranchées de la première guerre mondiale, ou encore fourni la clôture incandescente des camps de concentration et d’extermination nazis » (Le Monde diplomatique, août 2013). Un mur de plus, donc, à Calais, qui ressemblera peut-être un jour à celui de Melilla, cité portuaire espagnole au Maroc verrouillée par un dispositif meurtrier où, « les yeux rivés sur la double barrière, tu tentes d’imaginer ce qu’une telle tentative peut représenter – le courage et le désespoir des saute-murailles. Difficile. Au soleil, dispositifs au repos, elle semble presque anodine. Leurre. Plus tard, tu verras les corps déchirés des « ghettos » de Gourougou – à quelques encablures du mur –, les chairs en lambeaux et les fractures ouvertes ; la faute aux barbelés, aux chutes, aux matraques espagnoles et marocaines » (Article11, mars 2013). Et La Voix du Nord de se demander : « Suffisant ou pas ? » C’est à la mesure du sang qui sera versé que nous pourrons y répondre.

Elle fait mal la « une » de La Voix du Nord aujourd’hui. Titre énorme, façon Hara-Kiri : « Agressions chez des personnes âgées : un mort ». On sait pas si on doit se poiler ou, comme les nombreuses personnes âgées que compte le lectorat du quotidien nordiste, carrément flipper. Un peu des deux, sans doute.

On vous en avait parlé, Jean-Pierre Legrand, conseiller municipal FN de Roubaix, ne sait vraiment pas ce qu’il dit. Nouvel exemple avec sa proposition de reconvertir une ancienne église en mosquée. C’est qu’à part ne pas savoir ce qu’il débite, il ne sait pas – ou plus – à quel parti il appartient. A-t-il oublié que ce dernier est islamophobe ? En tout cas il vient de retirer sa proposition. Sans doute a-t-il compris, au regard de l’hostilité qu’il a soulevée dans son camp, qu’au FN, on ne fait pas de cadeau aux musulmans.

Perceptio Media, une entreprise de la Plaine Images de Tourcoing, propose de maximiser l’impact des publicités sur les cerveaux humains. Présenté par le magazine patronal Éco121 (novembre 2014) comme « le business des sciences cognitives », son principe consiste à vendre « une méthode non invasive de mesure des émotions » des consommateurs : « "Eye tracking", variation pupillaire, clignement des yeux, micro sudation des doigts, perception auditive, une batterie de test, dite analyse combinatoire, permet de mesurer les émotions au-dessous du seuil de conscience » devant une publicité ou un site web. Heureusement que cette méthode est « non invasive », et qu’elle garantit « une approche éthique du traitement des données ». Parce que sans ça, on se dirait – naïvement – qu’il s’agit juste d’une terrifiante méthode de manipulation mentale réduisant l’humanité à un gigantesque troupeau de bétail…

Le Grand Projet Urbain continue de transformer Lille-Sud. Une nouvelle résidence commercialisée par Vinci, « Pix’L », a fait son apparition rue de l’Arbrisseau et a attiré de nouveaux habitants. Comme pour le « Carré Orchestra », il s’agit d’une résidence fermée : « Chaque hall d’entrée est sécurisé par un vidéophone. VINCI Immobilier a installé des portes palières blindées anti-effraction. Un investissement immobilier prometteur ! » Au moins les nouveaux résidents de ce quartier populaire, qui ont eu le fric pour y investir, ne risquent pas d’être importunés par les anciens qui, eux, n’en auront bientôt plus assez pour y rester.

Dans une tribune publiée dans Marianne, le député PS Bernard Roman apporte son soutien au pouvoir exécutif qu’il remercie au passage : « Merci, François, merci, Jean-Marc, merci, Manuel ». Selon une rumeur malveillante qu’on ne peut vraiment pas prendre au sérieux, un changement dans son régime alimentaire serait à l’origine de cette prise de position quelque peu déconnectée de la réalité. Trop de lipides pour certains, de glucides pour d’autres, ou carrément à cause d’une substance étrange administrée par un obscur docteur brésilien pour les mauvaises langues les plus farfelues… la rumeur semble, à l’évidence, sans fondement. Quoi qu’il en soit, celui qui connaît des « milliers de gens pauvres qui sont formidables » n’en démord plus : devenu « croyant », il affirme que Hollande et Valls ont « une vision élevée de la politique » (La Voix, 09/11). De l’élévation, en effet, il en faut pour avoir foi en une politique de droite quand on se dit de gauche.

En 2007, disputant la présidence de la communauté urbaine, le maire de Lambersart Marc-Philippe Daubresse déclarait qu’avec lui, contrairement à Martine Aubry, il n’y aurait pas « d'exercice sectaire et solitaire du pouvoir ». En 2010, il la traitait de « tsarine ». Enfin en 2011, Daubresse continuait de la fustiger à la télé : « Aubry, c'est une grande menteuse, elle ment comme elle respire ». Ainsi, dans le domaine de la politique, tout comme son compère lambersartois et selon lui, la maire de Lille a toutes les qualités nécessaires pour tenir son rang. Or, comme ces deux-là craignent de le perdre un jour à la faveur du Front national, ils seraient prêts, selon Le Point et La Voix, à un rapprochement PS/UMP lors des prochaines élections régionales. De quoi faire barrage au FN, certes, mais aussi et surtout de dérouter, voire de dégoûter, bon nombre d’électeurs. À la guerre comme à la guerre.

Ni sa condamnation pour détournement de fonds publics, ni sa défaite aux élections municipales ne l’ont fait plier. C’est qu’après 37 ans à la tête de la mairie de Wasquehal, Gérard Vignoble a mis du temps à réaliser. Mais voilà, ce baron de la métropole lilloise, passé de la gauche à la droite depuis 1977, vient de démissionner du conseil municipal. « Le vieux lion », s’emporte La Voix, « a finalement tiré sa révérence » (09/11). Qu’est-ce qui l’a décidé ? Passe encore le fait d’être condamné ou désavoué par les électeurs. En revanche l’homme-lion « n’a pas supporté longtemps le rôle d’élu d’opposition ». Question de fierté.

Parfois, on enchaîne les brèves comme un nageur enchaîne les bouffées d'oxygène pour mieux replonger. Telle ou telle info, il faut la relayer. Et puis, parfois, l'air vient à manquer, les coulées sont plus difficiles, le corps et l'âme plus lourds que de raison. Le bassin du nageur se fait plus grand, l'air se fait plus rare. Et puis on apprend que le maire UMP de La Madeleine a pris un arrêté anti-prostitution « considérant que le fait de circuler dans une tenue indécente constitue un risque d'atteinte à la tranquillité publique ». Et puis c'est au tour de Marine Le Pen et de ses partisans les plus extrémistes de venir défiler à Calais. Calais justement, que le ministre de l'Intérieur veut sécuriser : « Les Calaisiens ont droit à la tranquillité. Ma première préoccupation est d'assurer leur sécurité. Nous mettons donc le maximum de moyens. 350 policiers sont déjà mobilisés [...]. J'ai décidé de renforcer encore ces effectifs [...] par l'envoi de 100 policiers et gendarmes supplémentaires, dont 70 en permanence 24h/24 pour sécuriser le port, et 30 autres pour sécuriser le centre-ville ». Ce qui fait 450 policiers et gendarmes mobilisés pour 37 000 personnes (soit un « policier » pour 80 personnes). Et puis ce samedi, c'est en marge d'un concert antifasciste que des échauffourées éclatent. Interpellations, liens pas clairs entre police et certains fachos notoires. Et puis ce dimanche, voilà Rémi Fraisse, 21 ans, qui perd la vie au cours d’affrontements avec la police au Testet. Cette brève est à la fois trop courte et trop longue. Trop courte comme la vie de Rémi. Trop longue comme l’inspiration qu’il nous faut prendre en ce lundi de merde. L’air manque, et il est de plus en plus malsain. L'air manque et il nous faudra bientôt choisir entre continuer à patauger ou sortir la tête de l’eau.

Après quelques mois de silence, La Brique fait son retour dans les kiosques. Au programme, un sujet ambitieux : le papier. Des libraires à la presse alternative, de l'histoire de la presse locale aux ateliers d'écriture, de l'écriture comme « outil d'expression à la fois libérateur et critique », de l'édition indépendante au bouclage de La Brique, le journal de critique sociale mérite qu'on s'y attarde.

Philippe Vasseur n’aime pas Alain Minc, et encore moins Jacques Attali. En 2010 le créateur du World Forum Lille « responsible economy » s’en amusait : « C’est sans doute le seul forum en France où l'on ne croisera pas Alain Minc et Jacques Attali » (La Voix, 01/10/10). Puis en 2013, il expliquait ne pas vouloir pour son forum de « people que je réserve à Jacques Attali » (La Voix, 15/10/13). Enfin, récemment, à l’approche de sa 8e édition, il a répété : « Le World Forum c’est le seul endroit où vous ne verrez ni Jacques Attali, ni Alain Minc » (Éco121, octobre 2014). Que ça soit clair, donc, ces deux-là n’ont pas leur place dans le Grand Festival du Capitalisme de Lille. En revanche, depuis 2007, on y a vu, entre autres, Gérard, Arnaud et Vianney Mulliez, Jeremy Rifkin, Daniel Percheron, Martine Aubry, Pierre de Saintignon… C’est que Lille, en termes de capitalisme, a ses propres vedettes.

Cette semaine, ça va dépoter au cinéma associatif L'Univers. Chauffez-vous les coudes car ça risque de s'attrouper jeudi soir pour l’excellent Bains-Douches, qui retrace le quotidien d'un lieu populaire du quartier – encore – populaire de Fives. Un portrait de l'intime et de la marge coréalisé par Thomas Dumont et Alice Lemoine.

On ne bouffe pas que du béton dans Lille et ses alentours. On respire aussi de la merde, la qualité de l’air étant plus que souvent critique. Aujourd'hui, au Nouveau Siècle, se réunit un colloque de scientifiques qui pourront comparer les dernières recherches sur les plantes. L’idée, à travers les stations de mesure biologique (comme à Hellemmes), part du constat suivant : certaines plantes, comme le lichen ou le tabac, réagissent mal aux pollutions, à l'azote notamment. Derrière les micros de Grand Lille TV, un scientifique explique : « Il est bien évident que ce que qu'on observe sur une plante ne peut pas directement être transposé sur les effets sur l'homme, c'est plus compliqué. C'est toujours pareil, ce sont des cellules qui réagissent, c'est un être vivant. Mais bon, ça donne des indications qu'il faut compléter par des approches sur l'homme et ça permet d'évaluer un risque, c'est très complémentaire des mesures physiques. » Sinon, on ne peut pas juste se contenter d’arrêter de bétonner ou d’interdire les bagnoles ?

« Nous sommes alertés depuis plusieurs semaines mais nous avons le plus grand mal à obtenir des informations. » La députée européenne Marie-Christine Vergiat résume en une phrase l'impuissance des parlementaires européens face aux politiques migratoires. Plus généralement, c'est bien d'opacité dont il s'agit quand on veut en savoir plus sur cette opération policière qui répond aux doux nom de « Mos Maiorum » : « Du 13 au 26 octobre en effet, une opération coordonnée des polices européennes – on parle de 18 000 fonctionnaires impliqués – aura pour mission d’appréhender les migrants en situation irrégulière, d’identifier et de poursuivre les passeurs, de renforcer la sécurité aux frontières, dans une double logique de répression et de renseignement. » Alors, amis migrants, amis d'amis migrants, connaissances et passants, faîtes passer le mot. Évitez les gares, les lieux de passage… Et quant à ceux qui rétorqueront que cette opération a pour but d'arrêter les passeurs, qu'ils se souviennent que les dernières opérations du même type n'ont abouti qu'à l'arrestation-expulsion des sans-papiers !

Le 8 septembre dernier, une jeune intérimaire fait ses premiers pas en entreprise, à Toyota Onnaing pour être plus précis. Une semaine plus tard, le 17, son agence d'intérim lui signifie de ne pas se rendre au travail. Période d'essai rompue. Quelques heures plus tôt, elle faisait un malaise et confiait à son chef, qui l'a autorisé à rentrer chez elle, qu'elle était enceinte. Logiquement, la CGT demande des comptes à la direction, qui s'enferme dans le silence. Pourtant, la jeune femme précise : « Le 15, 16, 17 septembre, la grande porte qui sépare l'atelier était en panne... et on a respiré des mauvaises odeurs, des émanations de solvants qui venaient de l'atelier plastique. On a été plusieurs à en être malades. » Début octobre, RTL venait faire l’apologie de l’entreprise. Interpellée sur cette histoire, la radio n’en a pas fait la moindre allusion, préférant se focaliser sur ce « site exemplaire en matière d’écologie. » En attendant, le syndicat s'est dit prêt à soutenir l'intérimaire dans ses démarches juridiques. Affaire à suivre.

La friche Saint-Sauveur est un des grands chantiers de la mairie lilloise. 23 hectares d'aménagement qui viennent de rentrer dans la phase « concertation » : pour cela, les habitants sont invités jusqu'au 2 novembre à « libérer leur créativité sous le regard des urbanistes » d’après La Voix, qui ne tarit pas d’éloges sur ce projet urbanistique plein de « maturité ». 2500 logements,1,5 ha d'espaces verts, pépinières d'entreprises, école et « ADN culturel » en novlangue techno-municipale. Tout cela mâtiné, donc, de démocratie participative à base de Lego, ce qui permet au conseiller municipal Stanislas Dendievel d’assurer que « la population dispose de larges espaces d'expression. » Attention quand même à pas se prendre un lego dans la gueule…

On l'a déjà dit, LMCU va débourser 500 000 balles pour « aider » la Fédération Française de Tennis qui accueille la finale de la Coupe Davis. Le projet a fait grincer les dents de certains élus communautaires, qui craignent que cette pratique d'aide financière ne devienne la règle. Rudy Elegeest craint ainsi « la jurisprudence de 500 000 euros. Si on se met à ajouter ponctuellement des participations aux événements, cela change nos relations financières avec Elisa. » Pour l'Euro de basket (2015), la même somme sera déboursée. Crainte justifiée donc… Ce qui n'a pas empêché que les prix pour la finale restent les mêmes (au minimum 30 euros), et surtout, que la délibération aie été adoptée à l'unanimité : c'est ça la magie du consensus métropolitain. Ça râle, ça s’oppose, ça déclare mais au final tout le monde tire dans le même sens.

« Voilà la grande ambition que nous pouvons avoir, la découverte, la conquête de la mer, comme nous avons conquis l'espace. Nous sommes le deuxième territoire maritime du monde nous les Français. » Il y a deux ans, Jean-Luc Mélenchon annonçait que les espaces maritimes étaient la prochaine étape de l’exploitation des ressources naturelles du monde. En attendant, il peut toujours compter sur ses lieutenants terriens : « Je n'oppose pas les énergies, je les additionne. Et je constate que notre région compte 377 000 demandeurs d'emplois. » Bertrand Péricaud ne désarme pas. Revenant sur le gaz de houille, le conseiller régional PCF a encore sorti son étendard pro-énergies pour sauver l’emploi. Quand il ne restera qu’un bout de forêt, vous trouverez encore certains communistes pour l’exploiter.

Lutte contre l’islamophobie, consentement, chatte à mouler, système pénal, chorale et sport de combat... Aujourd’hui est la première des neuf journées du festival féministe « Et BiiiM ! » « Prends ton cerveau. Laisse tes potes relou-es à la maison. » L'École Néogonzo de Lille (ENL), composée à 80% de gars cisgenres hétéronormés, y trouvera peut-être l'occasion de s'interroger sur sa propre condition… Et vous ?

Retour de l'édito et de l'apéro de sortie, un plan de thématiques sur l'année... Le journal de critique et d'expérimentation sociales fait son retour en fanfare ! CQFD, toujours sans pub, revient sur la ZAD du Testet où « le conseil général du Tarn a décidé de raser toute une forêt pour offrir une réserve de flotte aux agriculteurs locaux » et sur le rôle de La Dépêche du Midi, relativement neutre puis carrément dans la « propagande en faveur du barrage ». Le dossier du mois s'occupe du travail, du chômage et de « cette bonne vieille pression sur l'éternel assisté », le tout accompagné des bons traits de Tanxxx. Tout ça pour... 2,80 euros : oué, ça fait cher la critique sociale mais que voulez-vous, c’est la crise…

À partir du 1er janvier 2015, et ce pour deux ans, le stationnement dans le centre-ville d'Arras sera gratuit pour les véhicules propres (gaz, GPL...). Les autres véhicules seront abattus sur le champ.

Samedi 27 septembre, des migrants se font refouler d'un Leader Price à Calais. L'avantage, si l'on peut dire, c'est que les migrants sont visibles, sinon par leur état de fatigue, du moins par leur couleur de peau : cela s'appelle tout bonnement de la discrimination. Et c'est – encore  illégal. Des militants No Border ont filmé la scène tandis que le responsable se justifie : « Je vous remonte les infos, c’est les clients qui ont peur quand ils achètent. » La Voix en profite pour prendre le pouls des autres commerçants ou encore d’autres clients, comme Dominique, à l’aise dans ses rangers : « J’ai peur d’attraper des maladies ou de les donner à mes enfants. » Peurs, fantasmes et raccourcis, à Calais, la bêtise semble contagieuse.

Auchan vient de retirer de ses rayons un fusil mitrailleur factice (« existe aussi en pistolet cow-boy ») décoré d’un croissant et d'une étoile. Pas la peine de chercher la référence… Sinon, l’entreprise autroproclamée de « responsabilité sociale » n’a-t-elle jamais pensé à arrêter de vendre des armes aux enfants ?

Vendin-le-Vieil a enfin sa prison, commandée sous Sarkozy en 2009. Les premiers prisonniers arriveront en mars 2015 dans l'enceinte construite par Bouygues et sa filiale Norpac qui, tout en édifiant des centres de rétention, des collèges et des lycées, continuent leur travail au service de l'enfermement. Une manière bien ironique d’honorer leur slogan : « Bâtir une vie meilleure. »

Il s’appelle Patrick, est lycéen et son expulsion sera examinée demain au Tribunal Administratif de Lille. Le Réseau Éducation Sans Frontières appelle au soutien. Rendez-vous à 9h30.

« La France est capable d'accueillir les Jeux olympiques en 2024, c'est une évidence. » Patrick Kanner, ministre des sports, voit loin. Par contre, il n’est pas sûr qu'en 2024 on se souvienne qui était Patrick Kanner. 

Bernard Baude est maire de Méricourt et conseiller régional. Un homme qui vante la démocratie participative et qui sait mettre le pied à l'étrier. Alerté sur un propriétaire véreux, il écoute… puis agit : « Il y avait à nouveau des locataires. On s'est calé sur un moment où les habitants quittaient la maison [définitivement] et on a débarqué avec un fourgon, des sacs de ciment et on a muré. Maintenant c'est une boulangerie. Ce que j'ai fait est illégal. J'ai dit au propriétaire : "Mettez moi au tribunal, je paierai l'amende mais la presse sera là et vous expliquerez dans quelles conditions vous gagnez de l'argent." » Faut pas le faire chier Bernard !

« Qu'est-ce je découvre ? Une semaine sans brève ! C'est quoi ce bordel ?! Vous vous croyez en vacances ou quoi ? » Voici le message qu'ont reçu les élèves dans leur boîte mail ce matin. L'auteur, par erreur, n'a pas décliné son identité mais la Commune libre de l'École n'a aucun doute sur celle-ci. Le Directeur de l'ENL devrait s'inspirer plutôt de Bertrand Péricaud, membre Front de Gauche de la commission du développement économique du Conseil régional : « Je pense que la région doit s'engager dès maintenant dans le développement de grandes infrastructures et soutenir les projets Arena de Dunkerque, celui du zoo de Maubeuge, le canal Seine-Nord ou encore la liaison directe et rapide en train, entre Lille et le bassin minier. En période de crise, il est toujours efficace pour l'emploi de relancer des grands travaux. » Divertir, enfermer, bétonner pour mieux bosser, les projets cités par Monsieur Péricaud, qui milite également pour l'exploitation du gaz de schiste, nous promettent vraiment un avenir radieux.

Valls est venu. Il les a convaincus. Percheron, Kanner, Dagbert, Cuvillier, Vasseur et Alain Sur (Président de la Fédération régionale des travaux publics), tous ont fait part de leur soulagement : enfin ( !), le Canal Seine-Nord va voir le jour ! Tous ont les yeux pleins d’étoiles devant ce serpent d’eau douce et ses milliers d’emplois directs et indirects. Ce que résume Martine Aubry : « C'est un grand projet qui voit le jour. […] Je pense à l'enjeu économique et aux créations d'emplois qui découleront de cet immense chantier, dans une logique de développement durable. » Bah oui, pour faire passer la pilule de cet - énième - aménagement coûteux en terme écologique, qui va continuer à artificialiser ce qui reste de « nature » dans une région déjà laminée par l’industrie, il faut bien brandir l’étendard durable. Argument imparable : une méga-péniche (4 400 tonnes pour 185 mètres de long) équivaut à 100 camions, ce qui désengorgera l’autoroute A1. Alors, elle est pas poubelle comme ça la vie ?

On vous disait bien qu’on reparlerait rapidement de Tourcoing. Il n’a pas fallu attendre longtemps : la municipalité vient en effet de renouveler jusqu’au 1er janvier ses arrêtés anti-rassemblement dans quatre quartiers : au Clinquet, à la Bourgogne, aux Phalempins et dans le centre-ville. Interdiction de se regrouper de 13h à 20h ! Monsieur le maire veut lutter contre les « apprentis délinquants» et les «trublions qui pourrissent quotidiennement la vie des citoyens ». On comprend mieux certaines références du porte-parole de Sarkozy : « La droite c'est aussi une droite populaire. La droite bonapartiste, gaulliste, séguiniste, a toujours été proche des plus faibles. » Pour être toujours plus « proche des plus faibles », Darnanin « le petit » a donc décidé d’étendre le dispositif à deux autres quartiers: la Croix-Rouge et le Blanc-Seau. La droite populaire aime le peuple d’une jalousie maladive, quitte à le punir, quitte à le surveiller. Et quand on aime, on ne compte pas.

C’est en ces termes, selon la presse ultra-locale, que certains élèves de l’École Néogonzo de Lille (ENL) auraient quitté le grand rassemblement des amateurs de bière de Sainte-Marie-Cappel. En effet, ce week-end, Jean Mouline et Bruegel de Bois se sont rendus sous une chaleur estivale au Festival International de la Bière Artisanale, accompagnés d’une femme complètement shootée à la codéine. Garants de l’esprit de corps et de solidarité si caractéristique de la prestigieuse institution, les reporters venaient supporter un jeune stagiaire, Pif, qui présentait pour l’occasion une bière ambrée au concours de bière amateur. Malheureusement, leur favori, qui était « là pour gagner », n’a pas recueilli les faveurs du jury. C’est alors que Jean Mouline s’en est pris à un marchand de frites à l’ancienne dont le cône de frites lui semblait trop peu chargé en rapport au tarif appliqué ; et que Bruegel de Bois s’est mis à danser frénétiquement sur de la musique complètement pourrie. Sortis par la sécurité en raison de l’arrivée imminente du ministre Patrick Kanner, nos amis sont rentrés sains et saufs de leur périple des Flandres. C'est déjà ça. 

« Dunkerque ne va pas bien, on perd 1.000 habitants au niveau de l'agglo, on est la ville de France qui perd le plus d'habitants », soulignait en mars le vainqueur des élections municipales, Patrick Vergriete. Depuis l’homme du « renouveau » cherche de nouvelles solutions… pas bien originales. Ainsi apprend-on que la municipalité va débourser 500 000 euros « au maximum » pour installer une vingtaine de caméras dans le centre-ville. Une décision de gauche comme on les aime.

Le sarkozyste Gérald Darmanin jubile : « Enfin on parle de Tourcoing pour son député-maire et pas pour un foyer de terroristes potentiels ou de la misère. » Question terrorisme et misère, l’homme qui se réclame de Bonaparte (« le petit ») se charge de tout : la police municipale de Tourcoing est réorganisée. Désormais disponibles de 7h à 1h30 de la mat’, les policiers voient le renfort d’une brigade motocycliste et surtout, un bel équipement tout neuf composé de flashballs et de caméras pour faire des selfies au cours de leurs interventions. Dans un avenir proche, il est à craindre qu’on parle de Tourcoing pour autre chose que son député-maire.

Vous l’avez peut-être loupée mais le week-end dernier, c’était jour d’ouverture de chasse pour les 55 000 chasseurs de la région. Excitation non contenue du côté de Carvin, où la société Saint-Hubert se réclame d’une « chasse exemplaire ». Tellement exemplaire que son président ne peut s’empêcher d’ajouter que « l’image de la chasse pour macho évolue petit à petit. » La preuve ? 5% des effectifs nationaux sont féminins. Si on juge aux 1 224 000 détenteurs du permis (en 2012), ça nous fait 61 000 femmes avec un fusil. Pas encore assez pour se débarrasser du patriarcat.

Dans la nuit de vendredi à samedi, quatre jeunes n’ont rien trouvé de mieux à faire qu’attaquer le « squat des Égyptiens » à Calais : « Quand les cocktails Molotov ont été lancés, certains d’entre nous sont sortis. Les jeunes étaient en voiture, et un camarade a été percuté et blessé à la jambe. » Rattrapés par la police, on n’a pas très envie de savoir les motivations de cette jeunesse aux idées vieilles. Dans le même « ordre d’idées », l’adjoint au maire de Calais, Philippe Mignonet, a annoncé sa volonté de porter plainte contre ces migrants qui viennent jouer au foot le dimanche sur un terrain municipal. Par contre, les bras tendus lors de la dernière manif' du 7 septembre n'ont visiblement pas trop dérangé. Le collectif raciste « Sauvons Calais », visé par plusieurs plaintes d'un député socialiste et d'associations la semaine dernière, doit apprécier. Nous, pas du tout.

En pleine campagne de recrutement de surveillants, l’Administration pénitentiaire peut compter sur La Voix qui titre sa page quatre : « Mille cinq cents emplois à pourvoir dans les prisons » (20/09). Puis qui explique, sans déconner : « Crise oblige, travailler en prison, donc avoir un emploi stable, fait rêver beaucoup de Français »… Et ouais, on ne se doute pas à quel point les gens qui rêvent de surveiller et punir sont nombreux. Comme ce maton interrogé qui répond sans ambages – lui non plus n’a pas du tout l’air de déconner : « J’aime ce que je fais ». « Par contre, précise-t-il, je ne conseillerais à personne d’être surveillant, c’est un monde violent ». Qu’à cela ne tienne, les journaleux, experts pour vendre un cauchemar comme s’il agissait d’un rêve, sont là pour ça.

Une revue volumineuse, un site internet, une création sonore, bienvenue à Jef Klak qui s’aventure dans les chemins sinueux mais non moins glorieux de la critique sociale, bien accompagnée d’expériences littéraires. Il aura fallu deux ans « de rencontres, d’idées farfelues, d’envies folles et de ricochets »  pour sortir ce premier pavé qui répond au doux nom de « Marabout » (les suivants suivront la comptine des Trois p’tits chats, « Bouts de ficelle » « Selle de cheval » etc.). 300 pages qui naviguent tambour battant entre anarchisme alcoolique et cumbia, entre tarantolata et Gérard Majax. « Se moquer du vrai pour préférer l’intense », voilà qui nous parle à l’École Néogonzo de Lille (ENL). Le bébé vous attend sagement au Bateau Livre, Aux quatre chemins, à la Librairie Meura et même, quelle surprise, au Centre culturel Libertaire. Jef Klak, qui semble faire fi des frontières, sera même disponible du côté de Liège. On dit ça comme ça, hein, au cas où des Liégeois s’égareraient sur notre site…

« Il y a déjà tellement d'étudiants dans  la misère », témoigne une étudiante lilloise en galère de logement. Et elle n'est pas la seule. À Lille, il faut compter entre 400 et 500 euros pour un 20m2, plus ou moins en bon état. Tout cela dans une académie qui bat les records de boursiers (59 937 en 2013), soit un tiers des étudiants inscrits. Et ça ne risque pas de s'arrêter, le marché des marchands de sommeil étudiant étant une sale habitude des métropoles universitaires. Sur le site internet du CROUS, Lokaviz, on trouve ainsi un particulier qui propose six chambres à la même adresse. Ou encore, dans le privé, une chambre avec salle de bains à 474 euros. Le propriétaire en loue sept dans sa maison. De quoi envisager l’avenir sereinement.

Vous ne connaissez sûrement pas Alain Bézirard. Normal, ce monsieur est maire d’une bourgade de 4500 habitants, Erquinghem-Lys. Alain Bézirard, c’est la garantie de cette bonne vieille mentalité paysanne, de celui qui n’aime pas qu’on le fasse chier. Suite à l’installation d’un camp de gens du voyage, Monsieur le maire, aidé de « ses » agriculteurs, menace donc de déverser du lisier dans les caravanes. « Tant pis. Ça peut dégénérer, on en est conscients », explique-t-il avant de se justifier : « Ici il y a des jeunes qui sont chauds, on voudrait éviter que cela dégénère. » Droit dans ses bottes (de bouseux), au chaud dans son esprit (de bouseux), il se murmure que Madame Tussaud est déjà sur le coup pour immortaliser Alain Bézirard, l’homme qui incarne cette bonne vieille mentalité paysanne. Une juste récompense !

On s’refait pas comme ça. Une vingtaine de publicités, dont une offre de télésurveillance sur la une du journal, un supplément publicitaire de huit pages spéciales « Printemps de Lille » ; y'a pas à dire, la nouvelle formule de La Voix du Nord, c’est toujours plus de temps de cerveau disponible.

500 000 euros, c’est la somme mise sur la table par LMCU pour obtenir la finale de Coupe Davis. Idem pour l’Eurobasket en 2015. Cette décision a été prise par la « commission rayonnement » de LMCU. Grâce à la taxe sur les spectacles et ses 350 000 euros rapportés par la coupe Davis, l’aide (et la perte) se chiffrerait à 150 000 euros. Une broutille, donc, par rapport aux 8,5 millions d’euros versés chaque année à Elisa pour le stade Mauroy. L’important étant de justifier la construction de cette enceinte et de faire parler de Lille. LMCU, toujours plus proche des gens, a vraiment le sens des priorités.

Luc Monnet, ancien UMP et maire de Templeuve, le crie haut et fort : il lui faut des caméras de vidéosurveillance sur le pôle d'échanges de la gare de Templeuve. Quelques dégradations et vols de vélos lui auront suffi pour bétonner son argumentaire. Seul problème : la SNCF, la Communauté de communes du Pévèle-Carembault (CCPC) et la commune se partagent la gestion du lieu. Lucky Luc déplore un manque de réactivité pour ce « projet » à 150 000 euros. Ah ces pauvres libéraux empêchés d’avancer par des problèmes administratifs !

733% d’augmentation ! Les lycéens du Douaisis vont devoir raquer cent euros par an (au lieu de 12) pour leur transport scolaire. Des syndicats, des parents et des lycéens ont manifesté le 11 septembre à Douai. 700 personnes, une pétition et une nouvelle date (le 24 septembre) pour faire fléchir le SMTD (Syndicat mixte des transports du Douaisis) et Evéole, réseau de bus de l’agglomération. Avec ce genre de décision, il ne vaut mieux pas être pauvre et habiter loin de la ville pour étudier. Ah oui, c’était déjà le cas.

Elle n'en peut plus, Monique. Et le fait savoir. Elle se sent « harcelée », la tenancière du Cheval blanc, à Wazemmes. Passages répétés de la police, procès-verbaux... Le déferlement éthylo-populaire des dimanches après-midi ne plaît visiblement pas à tout le monde. Dans ce quartier en cours de gentrification, la cohabitation avec les pratiques populaires passe de plus en plus mal. La guerre des classes n'est plus loin, surtout quand on touche à un monument de la culture populaire. Un des clients lâchera même au journaliste de La Voix : « C'est un combat idéologique qui s'engage. » Punks à chien(s) contre bobos à chat ? Le combat s’annonce prometteur.

Les ministres belges de la Défense et des Affaires étrangères sont chauds de payer à leur pays des avions de guerre flambants neufs. La facture pourrait s’élever à 6 milliards d’euros, ce qui, selon un sénateur, représente le double du budget annuel de la Défense. En tout cas, son ministre penche sérieusement pour le F-35 fabriqué par l’Américain Lockheed Martin à 100 millions pièce. Plus précisément pour une cinquantaine de F-35 qui assureront la « crédibilité » de la Belgique au sein de l’OTAN… Putain, ça fait cher la crédibilité.

« On a un problème majeur en France, c’est l’incapacité à imaginer autre chose qu’une certaine lutte des classes. » Didier Leroy, président et CEO de Toyota Motor Europe, en a ras-le-bol du « discours permanent consistant à dire que les salariés se font avoir » et souhaite que les politiques réforment le pays, comme ailleurs en Europe, « sans s’affoler parce qu’il y [a] trois manifestations ou une grève quelque part… » (Éco121, 09/14) Ce patron ne voit donc pas les choses comme Warren Buffett, un des hommes d’affaires les plus riches de la planète, qui déclarait en 2006 : « Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner. » Lequel de ces capitalistes est-il le plus crédible ?

« Si je manifestais, je serais plutôt avec les migrants. Les initiatives de « Sauvons Calais », ça me fait peur. A cause du climat de tension, mon mari, dont le père est Tunisien, n’ose quasiment plus sortir de la maison ». Ce témoignage d’une Calaisienne a été publié dans le Liberté Hebdo de cette semaine. Le petit canard rouge revient sur les rêves des migrants et leurs difficultés, entre solitudes, sentiments d’abandon et harcèlement. À lire d’urgence.

Mardi dernier, La Voix du Nord a sorti sa nouvelle formule. « Bientôt ça sera un mouchoir de poche », nous a lancé notre marchand de journaux à ce propos. Eh oui, car, une fois de plus, le format est réduit, les articles raccourcis. Comme l’explique le chef Bretonnier, « le changement de maquette saute aux yeux. Plus de blanc, de plus grandes photos, des titres plus forts, un rythme dynamique ». Pour le dire autrement, un journal de plus en plus vide. Qu’on se rassure, l’info sera « de qualité, exclusive, indépendante, connectée à la vraie vie ». De plus, cette nouvelle formule, selon le rédac’chef adjoint, a été intimée par des lecteurs, reprochant de voir « trop de cravates dans le journal » ou conseillant d’écrire « pour les lecteurs, pas pour vos interlocuteurs ». C’est bien pourquoi ce premier numéro nous a proposé un joli papier sur le capitaliste Pierre de Saintignon en page 3 (avec une photo de lui… sans cravate !), plus de 22 publicités dont une spéciale double page centrale dédiée entièrement à Toyota et un Yannick Boucher, chef des pages économie (Grand ami du Grand capital), en très grande forme… Si avec tout ça La Voix réussit au moins à conserver son lectorat, ça sera déjà une victoire.

Ça faisait un moment qu’il menaçait… et c’est finalement arrivé cette semaine : le maire de Norrent-Fontes, Bernard Cocq, a décidé de couper l’eau aux migrants installés dans sa bourgade. Cela a duré une journée, avant que protestations diverses et médiatisation ne viennent mettre fin à ça. Ce n'est pas la première fois que Norrent-Fontes fait parler sur ce sujet... D’après Terre d’errance, l’édile aurait demandé aux associatifs « de moins aider ces personnes sous prétexte que l'aide apportée attirait les exilés ».  En toute logique, il les aide à moins aider, en menaçant de ne plus mettre à disposition un garage qui sert actuellement de lieux de stockage et de tri des vivres pour les migrants. Il faut dire que le maire est soucieux : les migrants seraient trop voyants et leur présence pourrait gêner l’arrivée prochaine des chasseurs. Et entre chasseurs, on se comprend plus facilement.

« Le tour du monde en un jour ! » C’était le slogan publicitaire de l’exposition coloniale de Vincennes en 1931, censée marquer le prestige de la « Grande France ». Quelques décennies plus tard, la décolonisation est passée par là, mais pas par tous les esprits. Ainsi, la 70ème foire-expo de Douai vient d’ouvrir ses portes avec en tête d’affiche une exposition intitulée « Trésors et secrets d’Amazonie ». Tout cela agrémenté de la présence du chef « indigène » et chaman Kisibi, sorte de VRP de la tribu des Desama, avec carte de visite et site internet, ce qui semble surprendre le gratte-papier de La Voix qui écrit, non sans un certain « humour » à la Michel Leeb : « Vu d’ici, pour certains, un chef indien d’Amazonie devrait ressembler à une espèce de sauvage, un peu brut de décoffrage et admiratif des bienfaits de notre civilisation. » Kisibi occupera son temps à témoigner des problèmes de sa tribu, comme la déforestation en cours au Brésil. Heureusement, ce dernier ne sera pas obligé, comme les colonisés de l’époque, d’être parqué dans un zoo. On imagine déjà que Daeninckx  et son Cannibale résonneront un peu dans sa tête au moment où il retrouvera les siens : « Non, je leur invente un conte, je leur dis que c’est beau, que c’est le pays des merveilles, pour ne pas briser leurs rêves… Mais très tard dans la nuit, alors qu’ils dorment dans les bras de leurs mères, quand les cendres étouffent les derniers brandons, je raconte, à voix basse, pour les anciens qui ont vu arriver les missionnaires sur la Grande-Terre. Je leur explique qu’on nous obligeait, hommes et femmes, à danser nus, la taille et les reins recouverts d’un simple manou. Que nous n’avions pas le droit de parler entre nous, seulement de grogner comme des bêtes, pour provoquer les rires des gens, derrière les grilles… »

À l'heure où Le Canard enchaîné vient d'afficher une grosse baisse annuelle de ses ventes pour 2013 (16%), l’avenir de la presse d'opinion est en question. C'est le sujet auquel le Club de la presse consacre ce soir son « mardi de l’info ». D'un côté, vous trouverez Liberté Hebdo, journal communiste en redressement judiciaire, et de l'autre, Témoignage chrétien et Croix du Nord. Si les deux premiers cités ont dans leur histoire des traces de résistance, on peut s’interroger sur la présence du troisième qui n’a pour opinion que d’être chrétien. En même temps, réduire la croyance à une opinion, c’est toujours ça de gagné.

Vingt ans après avoir chassé les bagnoles de la Grand-Place de Roubaix, la nouvelle mairie UMP de l’ancienne capitale du textile a décidé de faire marche arrière : aujourd’hui même, un beau, un joli, un tout neuf parking de 35 places sera inauguré. Annoncé gratuit la première heure, il ne le sera finalement pas. L’aménagement est censé ramener les consommateurs vers les commerçants du centre. A l’heure du déficit écologique et alors que l’humanité vient de consommer la totalité du budget écologique annuel de la Terre dès le mardi 19 août, le maire Guillaume Delbar apparaît comme un sacré visionnaire.

Une lycéenne de 15 ans agressée physiquement pour son soutien aux exilés, une manif’ aux relents xénophobes, un président de la CCI qui réclame la présence permanente de la police, des migrants qui manifestent contre les violences policières, un sous-préfet qui explique que « les policiers sont là pour remettre de l’ordre à un trouble dont le fait générateur est le comportement des migrants », un ministre de l’Intérieur et une sénatrice-maire qui s’entendent pour renforcer la surveillance militaire des frontières (Frontex) et lancer une opération « zéro squat ». C’était une semaine presque comme les autres à Calais.

Joystick, haute résolution, pivot à 360° : Nicolas Lemaître, agent municipal et responsable d’un de ces jouets, est comme un gamin : « Ça n’a rien à voir ». Quel euphémisme quand on parle des nouvelles caméras de vidéosurveillance installées au Touquet, pour la modique somme de 200 000 euros. Pour étrenner ce nouveau dispositif, la ville a choisi « La nuit touquettoise », opération festive avec DJ’s et tout et tout. Décidément, fête et surveillance n’ont jamais été autant à la mode.

Lors de son historique discours à l’ouverture d’une expo sur la Libération et l’Occupation, le maire d’Hesdin, 2200 habitants, n’a pas fait que citer Hitler. Comparant sa victoire aux dernières municipales à la Libération, il a du faire avaler leur dernière salive aux résistants présents, s’il y en avait… C’est que l’afficionado de Sarkozy, comme son idole, connaît son histoire et sait bien que la Libération a vite laissé place à une épuration sauvage. Est-ce ce précédent historique qui le guide, aujourd’hui, à demander le départ de trois bénévoles des Restos du cœur ? Pas vraiment… Ces personnes, époux d’anciens adjoints municipaux et épouse du maire sortant, oseraient mener campagne contre lui, ce qui, avouons-le, n’est pas très démocratique. Courroucé, l'homme brandit la menace de retirer le local prêté par la mairie, comme ça, quelques semaines avant l'hiver. A ce rythme, nous n’avons pas fini de vous parler de Stéphane Sieczkowski-Samier. 

Il n’est pas peu fier le major Didier Bécart, de la direction zonale des CRS. C’est que les caméras de vidéosurveillance « spéciale braderie » viennent d’être installées. Et attention ! C’est de la bonne came, HD à 360 degrés siouplé : « On peut zoomer pour identifier une personne ou une plaque d’immatriculation à 150 mètres ». Génial ! Et les citoyens qui n’ont rien à se reprocher n’ont pas de bile à se faire, ces caméras n’étant pas à finalité répressive : « Le but est de s’assurer que les axes rouges sont dégagés afin de faciliter l’accès des véhicules de secours ». Circulez, la vie est belle.

Nous l’avions quitté il y a quelques mois tout juste auréolé du titre de plus jeune maire de France à 22 ans. Un jeune homme à la tête d’une toute petite commune : Hesdin, plus ou moins 2200 âmes. Un jeune loup qui ne se privait pas de crier son admiration pour son idole, Nicolas Sarkozy. Un jeune Américain qui avait mené une campagne américaine, avec ballons tee-shirts et poney. Un jeune dans l’air du temps qui annonçait même des coupes franches dans le budget culture tout en rêvant à de scintillantes caméras de vidéosurveillance. Un étudiant de droit qui a sûrement oublié de ne pas sécher ses cours d’histoire : alors qu’il discourait à l’ouverture d’une exposition sur la Libération et l’Occupation, notre jeune premier a réussi le grandissime exploit de citer Adolf Hitler en personne : « Ce ne sont ni les mous, ni les neutres qui font l’Histoire mais les hommes qui s’engagent dans la lutte. » Pari de post-adolescent entre potes ? Troubles de la pensée ? Conséquences d’un apéro trop arrosé ? Au fond, on ne saura jamais vraiment ce qui pousse Stéphane Sieczkowski-Samier à repousser les limites de la connerie.

Il fut un temps, quand l’Europe n’était encore que chrétienté, où les pécheurs pouvaient racheter leurs fautes à coups d’espèces trébuchantes. Aujourd’hui, à l’heure mondialisée, on dirait que rien n’a changé dans la seigneurie Auchan. Empêtré dans la catastrophe du Rana Plaza au Bangladesh, qui avait coûté la vie à 1138 personnes, la direction du groupe a profité de l'été pour annoncer « une dotation qui s'établira à 1,5 million de dollars », soit 1,2 million d'euros. Mazette ! On ne s'amusera pas à calculer le rapport de cette somme avec le chiffre d'affaires du groupe au premier semestre 2014 (31,2 milliards). C'est plutôt la com' de l'enseigne « roubaisienne » qui fait rigoler : hors de question de « se lancer dans une procédure d'indemnisation qui aurait constitué une reconnaissance de responsabilité » tout en acceptant « de participer au fonds de solidarité ». Décidément, l'autoproclamé « discounter responsable » la joue faute à moitié avouée, à moitié pardonnée. On se demande bien ce qu'en pensent les Bengalis, où le salaire horaire est de 0,32 dollars.

Valls qui se fait ovationner par un MEDEF aux anges. Macron pour qui « l'entreprise, c'est pas seulement le grand capital. C'est un collectif humain qui se bat ensemble. Ce n'est pas un lieu de conflit ». C’est dit ! Martine Aubry ne se laissera devancer ni par le Premier ministre ni par celui de l’Économie : « J’aime l’entreprise, quand elle fait de l’entreprise, quand elle fait de l’économie, quand elle crée des richesses, quand elle investit sur l’avenir, quand elle fait de la recherche, quand elle forme ses salariés. J’aime l’entreprise sous toutes ses composantes ». Et dire que la même femme se revendiquait en 2008 du combat ouvrier ou encore d’avoir « des valeurs communes avec l’extrême gauche ». En fait, être socialiste, c’est simple : il suffit d’aimer tout et son contraire

« C'est quoi ce bordel ? C'est la rentrée scolaire demain et pas une brève sur l'Éducation Nationale ? » C'est, en résumé, le mail reçu hier par les élèves de la part du Directeur de l'ENL, actuellement en cavale. Rendons-lui grâce de cet éclair de lucidité. Dans les écoles primaires du Nord, ce sont 50 postes supplémentaires (pour 724 élèves en plus) dont peut se targuer l'inspecteur d’académie. Si on compare ce chiffre aux suppressions massives des années Sarkozy-Chatel, et qu'on met cela en miroir avec le slogan "Priorité à la jeunesse" du président actuel, on peut tousser fortement. C'est le cas du SNUipp-FSU, syndicat des professeurs des écoles, qui établit ce constat sévère : il estime qu'il manque 2180 profs des écoles pour que les 10 000 classes du Nord « fonctionnent normalement ». Concernant les remplaçants, le sous-effectif se chiffrerait à 213 postes. La réponse ne devrait pas tarder, arguant de la crise et du manque de liquidités. Une réponse à laquelle le SE-UNSA a déjà trouvé la parade en rappelant que « plus de onze milliards d'euros sont donnés par les collectivités territoriales et l'Etat aux écoles privées. » Dis comme ça, c'est plus clair.

Pendant que des centaines de milliers de migrants légaux vont arpenter les rues lilloises lors du prochain week-end, quelques nostalgiques du IIIè Reich ont annoncé la tenue d'une manifestation contre l'immigration à Calais. C'est prévu pour le 7 septembre. Rappelons que leur dernière tentative avait été interdite par la préfecture. Tout cela n’empêche pas la solidarité de s’organiser dans le Calaisis... et par delà la frontière, comme une femme en témoignait la semaine dernière : « On est un gros groupe d'amis venus d'un peu partout en France. On fait la cuisine en dehors de Calais, on est venu avec de la nourriture, des légumes et on a profité de l’aide d’Emmaüs [...]. On s'est installé près de Coxyde, là-bas il y a peu de gens qui passent et on distribuait dans la rue. On a discuté. On a bu beaucoup beaucoup de café, avec beaucoup beaucoup de sucre. On a passé un peu de temps dans la jungle des Soudanais, derrière Leader Price, et aidé à construire un abri. [...] C'est une goutte d'eau et ça fait chier de partir. C'est juste une semaine. Mais on reviendra, c'est sûr. Ce que je retiens c'est une certaine forme de solidarité entre tous les gens qui sont ici, même pendant la distribution des repas. » Solidarité, un mot absent du vocabulaire du ministère de l’Intérieur qui a refusé la proposition, pour le moins étonnante, de la maire de Calais visant à créer un centre d’accueil de 400 personnes.

 « Il y aura deux points essentiels de vigilance : la lutte contre l'alcoolisation excessive et le respect des axes rouges réservés aux secours. » Jean-François Cordet, nouveau préfet du Nord, fait dans la continuité (et nous aussi) de ses prédécesseurs : la braderie de Lille ne sera pas l'occasion pour les alcooliques anonymes de gâcher la fête ! Et en temps de guerre, il faut bien utiliser des méthodes radicales : 1900 policiers et gendarmes, des flics internationaux, des douanes... Un vrai défilé ! Comme s'il n'y en avait pas assez, neuf caméras "temporaires" traqueront le badaud à la démarche incertaine. Si vous êtes bourrés vers minuit pendant la braderie, évitez donc les boulevards Lebas et Liberté, Masséna-Solférino, Grand-Place, Lille-Flandres, rue du Molinel, de Tournai et rue Nationale. Bref : restez chez vous.

Des CRS en plus (une habitude), une information (comprenez un décomptage) de l’OFFI (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration) et un sursis pour quelques « camps-squats-jungles », voilà résumée la conférence de presse du préfet Denis Robin. L’homme qui avait interdit la manifestation de « Sauvons Calais » (collectif xénophobe par ailleurs) en avril dernier, joue donc au plus pressé, et continue de bricoler. Depuis les différentes expulsions de squats et l’éloignement des migrants du centre-ville, la situation empire de semaine en semaine. Entre une mairie très à droite et des entreprises qui se plaignent de la proximité des migrants, ce sont donc ces derniers qui feront une nouvelle fois les frais de l’Europe de Schengen.

Algérie - Allemagne, coupe du monde, juillet 2014. "Le Berkeley", bar du quartier Vauban. Au milieu d’un chant, un salut nazi. Publié sur le compte Vine d’Aurélien Verhassel, chef des Identitaires lillois, le geste scandalise. Depuis, le bar est l’objet de tracts et de tags antifascistes, ce qui nuit évidemment à son image et ce qui inquiète son patron. Si l’évidence aurait voulu qu’un patron s’inquiète avant tout que son bar soit squatté par des crânes aux cheveux aussi courts que leurs idées, c’est La Voix qui vient en rescousse au pauvre homme en publiant un article à la Magritte : « Mon bar n'est pas un repère de néo nazis ». Pour apporter un argument massue à cette thèse, le petit entrepreneur n’hésite pas et annonce carrément que la rentrée sera celle des soirées apolitiques « plutôt bobos ». Nous voilà pleinement rassurés.

Le petit canard rouge l’annonce sur sa couverture cette semaine : ce lundi 4 août, le journal communiste fondé il y a 70 ans passe devant le tribunal de commerce. Et les prévisions sont mauvaises, la faute à un manque d’argent on s’en serait bien douté. Annoncée depuis des mois, la fin du journal enlèverait encore un peu plus de diversité dans le paysage déjà atone de la presse papier dans le Nord. À lire l'édition de vendredi, il reste néanmoins quelques effluves d'optimisme : « Quoiqu’il advienne de Liberté-Hebdo demain, il n’est pas dit, si l’on en croit les idées que lancent déjà les membres de l’équipe actuelle et des amis du journal, que la voix du petit canard rouge doive se taire à jamais. »

Il est 6h du matin en ce dimanche 10 juin 2007. Aliou fait une crise d’épilepsie. Cris, convulsions, baves, raidissements… Dans une vie normale, le SAMU serait intervenu et basta. Mais la scène ne se passe pas dans une vie normale, elle se déroule en prison, à Loos. Aliou peut juste compter sur son co-prisonnier, qui crie et frappe contre la porte de toutes ses forces. Trente minutes, pas dix, pas cinq, trente minutes plus tard, les gardiens se pointent et ne jugent pas nécessaire d’appeler le SAMU. Vers 7h, même scène, même crise. Planqué derrière l’œilleton, les gardiens sont formels : Aliou sera examiné à l’arrivée du service médical (UCSA), à 8h. Et puis l’info est mal transmise entre équipe de jour et de nuit : « le signalement auquel il a été procédé par l'administration pénitentiaire ne faisait pas état des pertes de connaissance, et de convulsion », reconnaît le ministre de la Justice dans son mémoire en défense. Voilà pourquoi Aliou n’est emmené en consultation qu’à 9h20. Engourdi, sans mémoire précise (fréquent dans ce cas), il fait une nouvelle crise vers 9h40. Cette fois, le SAMU est appelé. Mais pas disponible. Ce seront les pompiers qui constateront son décès, aux alentours de 10h30. Aliou laisse derrière lui la mère de ses deux enfants, auxquels l’État vient d’être condamné, par le Tribunal administratif, à verser 34 000 euros.

Steeve Briois avait pourtant tenu sa promesse de campagne en prenant un arrêté interdisant la mendicité dans la ville d’Hénin-Beaumont. C’était sans compter sur la Ligue des Droits de l’Homme qui a saisi le tribunal administratif. Résultat : suspension dudit arrêté. L’argument frontiste de « mendicité agressive » (visant les Roms) a été jugé infondé. Cerise sur le gâteau, la ville devra verser 1000 euros à la LDH. Pas suffisant néanmoins pour retrouver un local dont la nouvelle mairie l’a privée.

« Je veux faire en sorte que nos prisons soient adaptées à leur objectif de réinsertion. Et pour cela, nous devons avant tout retrouver des lieux d'enfermement dignes de notre pays. » En mai 2012, le candidat Hollande répondait à l’Observatoire International des Prisons (OIP). Deux ans plus tard, cette phrase doit laisser songeurs les 1197 prisonniers qui passent chacune de leurs nuits à même le sol dans les prisons françaises. Fin juillet, les geôles hexagonales détiennent encore 68295 personnes, avec un taux d’occupation en maison d’arrêt de 137%. De quoi entrevoir sereinement la réinsertion.

Pour la quatrième fois de son histoire, Lille43000.com – « Le site de l’École Néogonzo de Lille » – s’est échappé des antres du numérique pour se transformer, le temps d’un été, en Lille 43000 – « Le journal de l’École Néogonzo de Lille ». Ouais, carrément. 24 pages maquettées à l’arrache entre deux nuits blanches – format A4, reliure à l’agrafe, N&B bien sûr –, et imprimées avec la photocop’ du directeur de l’école… dans le plus pur style néogonzo, quoi. Mais, vous l’aurez sans doute compris, ce Lille 43000 n°4 n’est pas qu’un journal – même s’il en a la gueule –, c’est aussi un objet rare. Un truc bizarre qu’on se refile de mains en mains, la nuit, dans un rade glauque de Wazemmes ou d’ailleurs. Aussi, pour le trouver, croyez-nous, vous allez galérer. Seule solution : rencontrer un ou une élève de l’école, ce qui pourra vous arriver ces prochaines semaines dans une zone s’étendant des Pyrénées-Orientales à Bruxelles. Bon courage.

Le préfet de la région Dominique Bur se casse en retraite. Il l’a annoncé hier, jour de la fête nationale. Tout un symbole pour ce Haut fonctionnaire zélé, nommé en 2011, qui obéit à l’union sacrée : « Ce métier, je l’ai choisi... j’ai eu la chance d’avoir la confiance des gouvernements successifs quelque soit [sic] les alternances ». En tout cas avec les Roms et les sans-papiers, c’est en effet la même politique qu’il a fait appliquer, élaborée tant sous Sarkozy que sous Hollande et que son successeur exécutera aussi sans sourciller… à savoir une politique de droite.

Le 3 juillet dernier, au moins 1000 chasseurs se sont rassemblés et ont tapé la grillade devant le Conseil régional à Lille. Ils protestaient contre le Schéma régional de cohérence écologique (SRCE) pour lequel, selon eux, les élus – et surtout les écolos – ne les ont pas consultés. Le président de la Fédération régionale des chasseurs de prévenir : « Si [le SRCE] est voté, on reviendra et on sera moins gentils qu’aujourd’hui. Et on sera 10 ou 15 000. L’écologie régionale, c’est nous. Personne ne viendra nous donner des leçons dans nos campagnes ». Ouais, le truc avec les chasseurs, c’est qu’ils sont armés.

Les habitants du Vieux-Lille viennent de recevoir une lettre datée du 26 juin et signée « Des riverains ». Ces derniers s’expriment « à propos des nazis dans le quartier ». En effet, précise le courrier, « depuis quelques mois, vous avez peut-être remarqué comme nous la présence d’abord répétée puis quotidienne dans le quartier du Vieux-Lille d’une dizaine de jeunes hommes agressifs aux crânes rasés ». Tatouages et insignes nazis, saluts hitlériens, autocollants islamophobes, graffiti « WRB », sigle SS… « Évidemment, les provocations, les altercations et les agressions se multiplient sans que personne n’ose vraiment répondre à ces manœuvres d’intimidation (un jeune homme du quartier a été blessé par cette bande armée de matraques le week-end dernier) ». Et la lettre de pointer les bars qui accueillent ces néo-nazis, « eux et leurs amis » : ils « ne rendent pas service au quartier » et « sont en partie responsables de leur présence régulière dans nos rues en leur offrant des lieux de sociabilité qu’ils utilisent pour s’organiser et nuire ». Ça fait froid dans le dos mais, conclut l’alerte, « jusqu’à présent, nous pouvions dire que nous ne savions pas. Ce n’est plus le cas ».

Lundi 30 juin, 20h15, parking Sébastopol à Lille, quelques minutes après la victoire de l'équipe de France. « Tu veux que je te foute un coup de boule, tu veux que je te foute un coup de boule ! » Maillot bleu et maquillage tricolore, un supporter attrape par le col un Rrom d'une quarantaine d'années en train de faire le placeur pour les bagnoles. Les pieds de ce dernier décollent du sol. À côté, une fille accompagne l'agresseur. Elle crie et tente d'arrêter son connard de copain. Mais il pète complètement un câble. Enragé et fou, il se met à gueuler : « Sale Roumain, rentre dans ton pays, pouilleux ! » Le Rrom tente de répondre mais il se prend encore plus fort dans la tronche : « Ouais, je suis raciste et je t'emmerde, vive la France, sale Roumain ! » Autour, personne ne réagit. Déjà tous bourrés, les clients du Mac Ewan’s s’en foutent totalement. Une fois le connard de facho parti, on s'approche du Rrom qui explose en sanglots dans nos bras. Il a eu, comme nous, très peur. Cette France doit crever.

Jeudi, rue du Ballon, à l’entrée du dernier conseil de Lille métropole communauté urbaine (LMCU), la CGT a manifesté contre les « hausses importantes et continues » des tarifs des transports en commun : « En 2013, LMCU a imposé aux usagers une hausse moyenne de + 7% succédant à celle de 2012 de + 4,8% ». Y’a pas de petits profits, même avec un service public, délégué « à des entreprises privées (Véolia ou Kéolis) dont le but principal est la rentabilité financière avec un reversement de dividendes très coûteux aux actionnaires ». La direction de Transpole, œuvrant justement pour ces actionnaires, ne dira pas le contraire. Sauf que sa préoccupation, à elle, n’est pas de rendre le métro plus accessible en baissant le prix du ticket. Non, ce qui « n’en finit pas de préoccuper la direction de Transpole », c’est la fraude, autrement dit « un manque à gagner de près de 14 millions d'euros ». Et moins de fraude c’est plus de dividendes, quitte à prendre le fric des plus pauvres pour le redonner aux plus riches.

En Belgique, selon le rapport annuel de la Fédération des brasseurs belges, la consommation de bière dans les bars et restaurants a baissé de 4,42% entre 2012 et 2013. En 2007, les Belges picolaient environ 4,6 millions d’hectolitres de binches contre 3,6 aujourd’hui. En même temps, un habitant boit toujours en moyenne 72 litres par an. D’après nos calculs, ça fait 288 pressions… ce qui équivaut peu ou prou à ce que s’enfilent les élèves de l’École Néogonzo de Lille. Rien d’alarmant, donc.

Dans son numéro de juin, le magazine patronal Éco121 s’époumone au sujet de Lillenium, futur centre commercial pesant 140 millions d’euros, qui « avance à grands pas » à Lille-Sud. Le « chantier colossal », nous dit-on, commencera en septembre et durera deux ans et demi. Aucun doute pour Éco121 : « Lille-Sud, c’est parti ! », rien de tel qu’une bonne grosse dose du capitalisme le plus abject pour lancer le « développement local » de ce quartier populaire. Un temple de l’hyperconsommation, « ambitieux projet tertiaire », « positionné haut de gamme », avec hôtel 3 étoiles, juste en face du gigantesque commissariat central… idéal. En attendant, l’ancienne grande surface du quartier, située à quelques mètres du futur Lillenium, ferme ses portes. C’est ce qu’ont appris ses 25 salariés début juin. 25 personnes que la direction assure vouloir reclasser – disons plutôt déclasser – quelque part entre… la Pologne et le Portugal. Un grand projet inutile comme Lillenium prend de la place, mais de cela, Éco121 ne s’en fait pas l’écho.

Le 40e numéro du journal La Brique vient tout juste de débouler chez les marchands de journaux de la métropole lilloise. 40 numéros, bordel, ça commence à faire un sacré paquet de critique sociale ! Cette fois le canard lillois s’attaque à l’extrême droitisation, qui ne se cache pas toujours derrière celles et ceux que l’on croit. Du FN aux politiques « républicaines », en passant par la lutte antifasciste et ses ennemis, ce sont 24 pages d’infos et d’enquêtes acérées et autant d’outils pour combattre la droite et ses extrêmes. Et comme La Brique sait choyer ses lectrices et lecteurs, son collectif de rédaction donne rendez-vous le 4 juillet 2014 à partir de 19h30 « Aux Haricots » (242, rue Gambetta à Lille) pour présenter ce numéro d’été. Certes la discussion ne sera pas la plus réjouissante qui soit, mais vous inquiétez pas, car elle sera suivie d’un petit concert qui aura de quoi remonter le moral de tout le monde. En plus il se pourrait bien que certains élèves de l’ENL y traînent leurs guêtres…

Les surveillants de prison ne sont pas contents, selon La Voix (21/06). En cause, l’application prochaine à Sequedin de l’article 29 de la loi pénitentiaire de 2009 stipulant que les détenus doivent être consultés « par l’administration pénitentiaire sur les activités qui leur sont proposées ». Inadmissible pour les syndicats de surveillants qui craignent de voir se former en face d’eux des « syndicats de détenus ». Un délégué UFAP-UNSA-Justice de réagir : « On a l’impression que la population pénale est plus écoutée que nous ! » Bah bien sûr. C’est d’ailleurs parce qu’ils sont « plus écoutés » que 65 prisonniers de Sequedin ont refusé de réintégrer leurs cellules il y a à peine deux mois. Ils voulaient… « la baisse du prix des cantines et, apparemment, un menu halal ». C’est aussi pour ça que la famille d’un détenu qui s’est pendu en 2006 à Loos, a dû se battre pendant huit ans « pour faire reconnaitre une succession de fautes de l'administration pénitentiaire dans sa prise en charge ». Ou qu’une sœur de prisonnier, en « quatre ans de bataille judiciaire », « n'a cessé de pointer les dysfonctionnements dans la prise en charge de son frère, profondément dépressif, décédé le 27 août 2010 à l'hôpital de Maubeuge après une ultime tentative de suicide ».

Aujourd’hui à Hénin-Beaumont, pour la fête de la musique, un chanteur du pays reprend Renaud. On se demande quelle sera la réaction du nouveau maire FN quand il entendra « Hexagone » : « J'me souviens surtout d'ces moutons, effrayés par la liberté, s'en allant voter par millions pour l'ordre et la sécurité ». Ou au moment d’« Elle est facho » : « Elle a surtout la nostalgie du sabre et du goupillon. De la nation, de la patrie, débarrassée d'l'immigration. Dit qu'l'ancien temps était béni, comme disent la plupart des cons. Regrette le temps des colonies, la peine de mort légalisée, de l'avortement interdit, et maudit les jeunes filles voilées. Et elle lit National hebdo. Elle est facho. » De quoi lui faire ravaler son petit sourire, à ce nouveau maire FN.

En 2013, le « chiffre d’affaires hors taxes consolidé du Groupe Auchan » s’élève à 48,1 milliards d’euros contre 46,9 en 2012, et progresse donc de 3,4% (Autrement dit, 19/03). Mais ça n’explique qu’en partie le pognon de la famille Mulliez, qui se retrouve « au premier rang des fortunes professionnelles en France » avec 26 milliards d’euros (La Brique n°39). En vrai, il faut aussi rappeler, comme le fait un collectif qui réclame « l’austérité pour les Mulliez », que « de nombreux membres [de la Galaxie Mulliez] habitent en Belgique pour des raisons fiscales et plusieurs à Néchin ». Cette ville que ledit collectif a voulu visiter le 17 mai dernier lors d’une marche réunissant 200 personnes au départ de Roubaix, siège de l’Association familiale Mulliez. Or, après un parcours de 8km, les marcheurs ont été stoppés à l’entrée de Néchin par la police belge. Y’a pas à dire, la Belgique sait y faire avec les riches.

Scène matinale mardi 7 mai. Roubaix, devant la mairie, sur la Grand'Place. Un homme s’acharne pendant vingt minutes avec un karcher pour nettoyer une dalle souillée. Vingt longues minutes de karcher pour une dalle. Faut que ça brille ! Faut que ça luise ! À quelques rues de là, des déchets traînent. Des maisons délabrées n’en finissent plus de cracher une certaine misère. Mais peu importe, les touristes ne viendront pas fourrer leur nez dans les alentours.

48 millions d’euros sont investis pour rénover le centre commercial Euralille. Pas très loin, c’est la Chambre de commerce et d’industrie Grand Lille qui, avec 10 millions d’’euros, s’offre « un nouvel écrin royal pour le palais de la Bourse ». Euralille va quasiment doubler de surface quand, au pied du palais de la Bourse, la Poste va laisser sa place à des boutiques de luxe. Le centre de Lille est de plus en plus indécent.

À Lens, pour les dernières élections, le candidat socialiste dissident Arnaud Sanchez s’est vanté d’avoir fait une campagne « à l’ancienne » privilégiant « la proximité ». Concrètement, son « travail de sensibilisation » (Autrement dit, 19/03) aurait consisté à frapper à plus de 10 000 portes, et donc à emmerder plus de 10 000 personnes avec son programme pendant deux mois. Résultat, au premier tour, sa liste a obtenu près de 2 300 voix pour 23 600 inscrits. Peu rentable, finalement. Aussi, comme il n’a pas eu le temps de taper à 10 000 nouvelles portes durant la semaine de l’entre-deux-tours, Sanchez est allé trouver des voix ailleurs en s’alliant avec la candidate UMP. 10 000 portes frappées de la main droite… « à l’ancienne », en effet.

Le soir du 23 mars, un journaliste de Wéo, envoyé à Hénin-Beaumont dans les locaux du FN, couvre les municipales en direct. Soudain, ne pouvant plus se retenir, il se transforme en journaliste sportif enflammé – façon Gérard Holtz : « Steeve Briois est élu au premier tour, c'est désormais sûr, officiel, je vous l'annonce. Il est élu dès le premier tour le candidat Front National, c'est une énorme surprise évidemment ici. Alors, je peux peut-être [il feint de chercher quelqu'un]... Madame, tenez, venez, bah venez me voir madame, on est en direct sur Wéo, madame. Vous êtes militante Front National, vous êtes ici, alors comment vous réagissez, Steeve Briois vient d'être élu au premier tour ? [Question suivante :] Vous vous attendiez à ce qu'il passe dès le premier tour ? C'est quand même une énorme surprise ! […] Merci, madame, je vous dis pas que vous allez passer une bonne soirée, parce que c'est déjà le cas, hein ? » Eh ouais, ce sont bien les conseils général et régional qui financent ce genre de délires journalistiques.

Hesdin, département du Pas-de-Calais, environ 2200 habitants. Vous ne l'avez sans doute pas loupé : le nouveau maire de cette commune est aussi le plus jeune maire de France. À 22 piges, Stéphane Sieczkowski-Samier veut ainsi suivre les pas de son idole qui n'est autre que Nicolas Sarkozy. D'ailleurs, pour gagner les élections, dit-il à 20 minutes, il a mené une « campagne à l'américaine, comme lui, avec des ballons, des tee-shirts et même un poney ». Oui, à Hesdin, 2200 âmes... Attendez, ce n'est pas tout, le jeune homme a aussi des projets politiques... comme son maître à penser : « Nous allons gérer les finances autrement, en supprimant par exemple 40.000 euros à la culture pour des spectacles qui n'intéressent que 15 personnes ». Du fric qui servira sans doute à l'installation de la vidéosurveillance que Monsieur le Maire veut dans sa ville. Oui, à Hesdin, 2200 habitants, et bientôt quelques caméras.

Dans son petit « billet » mensuel (Éco121, mars 2014), Bruno Bonduelle condamne l'organisation de référendums locaux concernant le devenir des collectivités territoriales : « La démocratie s'arrête là où commence la démagogie ». Pour étayer son propos, le « gouverneur du Nord » cite le cas de la communauté urbaine de Lille : « Ne fût-elle [sic] pas imposée par la loi en 1967 ? Si l'on avait interrogé ses habitant [sic], ils l'auraient rejetée à 80% ! » Pas faux, et peut-être même qu'aujourd'hui, près d'un demi-siècle plus tard, ils la refuseraient à 90%. Voire à 100%.

Le 22 février dernier, l'UMPiste Guillaume Delbar – nouveau maire de Roubaixa adressé ses condoléances et celles de « l'ensemble de l'équipe d'un Avenir pour Roubaix » à son ami défunt Bernard Dewaele. L'homme nous est présenté comme un « fidèle serviteur de Roubaix et des victimes roubaisiennes pendant plus de 30 ans ». Or il est aussi connu pour avoir fondé « Les Chevaliers de Roubaix », il y a plus de 30 ans justement. Au départ c'est une sorte de groupuscule qui veut combattre la délinquance en faisant le coup de poing, voire la ratonnade selon certaines personnes qui ont connu cette époque. Puis « Les Chevaliers de Roubaix » deviennent une association qui promeut l'idéologie sécuritaire dans la ville, notamment pour l'installation de caméras de vidéosurveillance. Par la suite, Dewaele, qui aurait participé « aux réflexions » concernant la création des brigades anti-criminalité, devient l'expert en sécurité de la droite roubaisienne, et devait logiquement figurer sur la liste de Delbar. Ceci dit, son décès n'empêchera pas le maire de poursuivre son action, par exemple en doublant le nombre de caméras et en créant la « vidéo-verbalisation ». L'Avenir de Roubaix passe sous surveillance.

C'est donc le député UMP Gérarld Darmanin qui est le nouveau maire de Tourcoing, ville socialiste depuis 25 ans. Pour gagner, nous dit La Voix, ce jeune sarkozyste pur jus a conduit une « Blitzkrieg » pendant la campagne. C'est qu'il a été bien formé. À Sciences Po d'abord. Puis aux côtés de Christian Vanneste — qui, rappelons-le, a déclaré : « l'homosexualité est une menace pour la survie de l'humanité » —, dont il a été le directeur de campagne. Enfin avec Mister David Douillet — qui, rappelons-le, a déclaré : « On dit que je suis misogyne. Mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes ! » —, dont il a été le directeur de cabinet. Ainsi n'est-il pas étonnant que Darmanin ait mené sa « Blitzkrieg » à coups de tracts sur la PMA, la GPA, ou dénonçant la théorie du genre. Le nouveau maire de Tourcoing, c'est Christian Vanneste, en plus jeune et doté des attributs virils d'un judoka de 130 kilos.

Sur le plateau de France 3 NPDC, lors de la soirée électorale du premier tour des municipales, Éric Quiquet (EELV) semble fatigué, et un peu « véner ». La journaliste lui demande s'il trouve surprenants les résultats qui viennent de tomber. Quiquet répond : « L'abstention des électeurs de gauche et principalement l'abstention des électeurs socialistes n'est pas une surprise. On a depuis mai 2012 un gouvernement élu par une large majorité de gauche qui passe son temps à faire une politique de droite. Faut pas s'étonner ». Bah oui, c'est la faute du gouvernement, pas celle de la mairie de Lille, ni de la communauté urbaine, voyons ! Pour autant, pas sûr que cette certitude ne convienne aux électeurs de Lille-Sud qui n'ont pas manqué de signaler, lors des scrutins, ce qu'ils pensaient de la « politique de gauche » menée dans leur quartier par la municipalité. Et si la liste de Lise Daleux et Éric Quiquet « Lille en mieux » avait vraiment été une liste de gauche, elle n'aurait peut-être pas enregistré son plus mauvais score dans ce quartier populaire (6,2% des voix).

Dans sa profession de foi de second tour que les électeurs lillois ont reçue la semaine dernière, l'UMP Jean-René Lecerf fustige la combinaison « PS – VERTS – FRONT DE GAUCHE » : « En 24 heures, ils fusionnent leurs listes pour se distribuer les places au détriment de l'intérêt général ». Manque de bol, quand il a rédigé cette profession, Lecerf ne se doutait pas que Martine Aubry tournerait le dos au Front de Gauche. Ni que ce dernier déclarerait : « Nous laissons chacun libre de son choix pour ce 2nd tour, y compris celui de l’abstention ou du vote blanc ». Bref, c'était le dernier brame de Lecerf... ciao l'artiste !

Guillaume Delbar, nouveau maire UMP de Roubaix, a été élu avec seulement 6949 voix sur 46 593 inscrits et pour une population officielle de 94 186 habitants qui dépasse en réalité les 120 000. Il bat donc le record du « Maire le plus illégitime » (MPI) détenu par René Vandierendonck qui, en 2008, avait péniblement dépassé les 10 000 voix.

Lors du débat d'entre-deux-tours organisé par la télé Wéo avec les candidats à la mairie de Roubaix, la tête de liste FN a vraiment dit n'importe quoi. Par exemple, quand un journaliste lui demande si l'abstention lui a profité, le frontiste répond : « C'est effectivement une abstention qui peut nous profiter, c'est la raison pour laquelle on travaille là-dessus cette deuxième semaine de campagne, en espérant que les gens se déplacent un peu plus ». Ce genre de crétineries peut faire marrer mais, au regard du nombre de personnes qui ont voté pour ce type (plus de 3000), on a plutôt envie de pleurer.

Mail reçu ce matin dans la boîte du directeur de l'ENL, envoyé par un élève-rédacteur : « Désolé pour l'agonie du site mais j'ai vraiment pas le temps... ni l'envie... les déclarations des municipales, affichages pour la grande majorité, j'ai pas envie de les relayer... » Au-delà de son ton désinvolte frisant l'insolence, ce message a le mérite d'expliquer, en partie, pourquoi Lille43000.com sommeille quelque peu ces derniers temps : toute l'équipe est atterrée, voire carrément écœurée par l'ensemble des crétineries que l'on peut entendre à longueur de journée pendant cette funeste campagne. Malgré ça, on n'a pas encore dit notre dernier mot.

Lors de son meeting de campagne à Lille-Sud le 6 mars dernier, Martine Aubry a déclaré : « Pour moi la République, c'est trois choses : l'armée, la police et la justice ». La République qui fait la guerre, réprime et emprisonne... Voilà qu'Aubry nous fait flipper.

« Les raisons pour lesquelles je suis venu au comité de soutien j’ai l’impression de les partager avec tant de gens… On a envie de dire qu’il y a un résultat, quelque chose lié à Martine Aubry qu’on aime parce qu’on l’aime elle. J’ai dit ça en m’amusant parce que je sais qu’il y a quelque chose d’apaisant dans sa présence… Au-delà d’un combat, […] pour nous ça représente une ouverture à une époque où tant de gens affirment leur points de vue en se refermant, se repliant, en créant de l’adversité d’un camp contre l’autre… Or tout ce qui a été créé pour la culture, pour l’art, pour le théâtre, pour la danse pour les secteurs qui me touchent plus personnellement  [Jacques Bonnaffé joint alors les mains en signe de prière] a été fait dans un sens d’ouverture dans le Nord et ce n’est pas la peine de faire une démonstration pour dire que Lille a une réputation nouvelle, très forte sur le plan des arts et de la culture, c’est une belle réussite. Parce qu’ici il y a une âme, à Lille, [Jacques Bonnaffé montre le sol mère de la divine municipalité] qui vient du fait que les choses se côtoient toujours dans un esprit d’évolution, d’avancée et de progrès mais qu’on garde aussi les anciennes choses et qu’elles se côtoient entre elles, ça c’est très intéressant. » C’était une minute et quarante-et-une secondes de propagande par l'artiste, nouveau concept de marketing culturel de la Toute Puissante Mairie de Lille en campagne électorale.

Selon le magazine patronal Éco121 de février, l’article le plus lu en janvier sur son site eco121.fr concerne « l’immobilier de luxe en panne ». Ce secteur – où « les annonces fleurissent mais les acquéreurs ne courent pas les rues » – aurait à souffrir de « la disparition d’une certaine catégorie d’acheteurs » qui partent « pour la Belgique et ses avantages fiscaux » : « beaucoup de chefs d’entreprises préfèrent faire la route et s’installer à Tournai, Courtrai voire Bruxelles ». Et du coup, les « tarifs baissent facilement de 20% ». Bonne nouvelle pour l’École Néogonzo de Lille (ENL) qui, pour seulement 1,2 million d’euros, compte bien en profiter pour délocaliser ses locaux dans une grande maison de maître. Vous inquiétez pas, on invitera tout le monde.

Le 21 janvier dernier, plusieurs incendies se sont déclarés à la prison de Sequedin dans le quartier disciplinaire. Les deux hommes accusés expliquent leur raz-le-bol du mitard. Réponse : quatre mois ferme. Affaire pliée. Rappelons qu’au 1er février  2014, le nombre de personnes sous écrou est de  78 737  dont 67 820 sont détenues. Le nombre de places opérationnelles en détention est de 57 490, ce qui donne une surpopulation apparente de 10 330. Si on prend en compte le nombre de places inoccupées, à savoir 3 006 (427 en maisons d’arrêt et 2 579 en établissements pour peine), le nombre de détenus en surnombre atteint 10 330 + 3 006 = 13 336. Mais peu importe : pour celles et ceux qui croient encore au changement, arrêtez de lire. Le nombre moyen de détenus en surnombre était en 2010 de 9 280, en 2011 de 10 640, en 2012 de 12 340 et en 2013 de 12 910. Une hausse inexorable que nous viendrons clore par ce dernier constat : en France, ce sont 1076 détenu-es qui dorment sur un matelas posé à même le sol : nouveau record.

L’UMP est en ordre de marche. Jean-François Copé himself s’est déplacé à Lomme pour soutenir Jordi Zuniga et rencontrer ses fidèles. La bonne parole s’est abattue dans la Maison des enfants (sic) de Lomme : destruction des tours, vidéosurveillance, renforcement de la police municipale et de l’armée. Il le promet : « Si l’UMP est gagnante aux municipales, je demanderai au gouvernement de prendre ses responsabilités. » La solution inverse est-elle envisageable ?

À Saint-Saulve, un bled paumé du Nord, aux confins de Valenciennes, le Syndicat intercommunal pour l’enseignement supérieur a entériné le SCOT (Schéma de Cohésion Territoriale) du Valenciennois tout en approuvant un amendement qui vire le projet d’installation du groupe Auchan. Plus de zone commerciale. Victoire pour les petits artisans et commerçants. Le bon vieux temps des « Trente glorieuses » est bel et bien en train de mourir, et ce ne serait pas une mauvaise nouvelle.

Jean-René Lecerf peine à exister dans le débat des prochaines élections municipales. À la décharge du candidat UMP-UDI, parler de campagne électorale est un bien grand mot. Alors, l’homme qui veut armer les policiers municipaux s’attaque à des sujets qui font parler… la presse. Sur la vie nocturne, Lecerf prend la défense de la civilisation contre les hordes de barbares : « Contrecarrer ces bandes qui arrivent vers 2h du matin pour détrousser les étudiants ivres ». La solution ? Plus de police municipale, plus de police nationale mais surtout la future déportation des bars et des fêtards « le long des rives de la Deûle, près du port fluvial. » Agrémenté d’un nouveau commissariat, un secteur festif émergerait, « un peu à la manière des docks de Lisbonne », précise le co-listier Thierry Pauchet. Rappelons que la reconquête urbaine des docks de Lisbonne s’est opérée dans le cadre de l’exposition internationale de 1998 : « La gentrification de l’espace a entièrement modifié l’ancien quartier industriel en un quartier résidentiel où fleurissent les boutiques branchées, les bars, les boîtes et boutiques "bobos". Ce quartier est l’archétype du phénomène de gentrification» Dit comme ça, c’est plus clair.

Dimanche 23 février. Marché de Wazemmes. Le soleil étonne encore les gens qui se demandent si l’hiver est venu ou à venir. De 8 heures à 10 heures, les policiers de l’air et des frontières contrôlent les étals. Au final, une personne est embarquée : direction le Centre de Rétention de Lesquin. Ça s’est passé comme ça, rapidité, efficacité. À dimanche prochain.

Il s’appelait Fabien. 21 ans. Mort pendu le 16 novembre 2006 dans sa cellule du quartier disciplinaire (QD) de Maubeuge. Le 5 février dernier, le Tribunal administratif de Lille a condamné le centre hospitalier de Sambre-Avesnois à verser 15 500 euros à sa famille. 15 jours au placard pour des menaces contestées sur un maton. Condamné à un an ferme plus du sursis. « État d’anxiété du détenu […] relevé dès son arrivée » et « existence d’un risque suicidaire dès le 28 décembre 2005 ». Un récidiviste du suicide en détention. Casier connu. Lourd traitement avec substitutifs aux opiacés et de benzodiazépine. Augmentation constante des doses. « Escalade thérapeutique » d’après un médecin. Malade, sans ajustement de traitement, Fabien se plaignait de ses conditions d'emprisonnement. Cumul qui a conduit la justice administrative à considérer que « le manque de surveillance médicale de l’administration des traitements et de leur efficacité doit être regardé comme ayant contribué au passage à l’acte du détenu et constitue une faute de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier de Sambre-Avesnois ». 15 500 euros le prix de la vie de Fabien. 14 000 pour celle de Jean (28 ans) suicidé au centre pénitentiaire de Maubeuge, encore une fois, en 2008. Ça fait entre 500 et 800 euros l’année, selon l'âge, et c'est toujours moins coûteux que de faire vivre un prisonnier.

Jeudi 20 février, la MRES (Maison régionale de l'environnement et des solidarités) accueillait un débat entre certains candidats aux élections municipales lilloises. C'est là, soudainement, que L'Église de la Très Sainte Consommation et son « Fils du Capital » candidat au Graal lillois – le messie, quoi –, sont descendus du ciel pour annoncer la bonne parole. Mais les organisateurs – sans doute d’atroces gauchistes – n’ont pas voulu de ce dernier qui a découvert, avec « stupeur », « un parti pris de la MRES de ne pas laisser la parole et l'expression libre » : « Tous les candidats n'ont pas le droit au même temps de parole, et à la parole tout court ! » Le Sauveur du Pèze contre les défenseurs de la plèbe a quand même eu le temps de prophétiser en annonçant sa volonté de raser Fives pour y implanter un golf 18 trous, ou d’offrir Lille aux voitures. Avant d’abandonner Audrey Linkenheld, représentant Martine Aubry, Lise Daleux (EELV), Thierry Pauchet, pour Jean-René Lecerf et Hugo Vandamme (PCF) à ce débat portant sur le développement durable, le Fils s’en est allé comme un prince : « Je suis attendu au Casino Barrière, j’ai autre chose à faire que des débats participatifs "démocratiques". Donc je vais laisser la place à quatre fidèles représentants, fidèles petits moutons de la Très Sainte Consommation, de la croissance, du productivisme à tout-va. » Enfin un peu d’action dans cette morne campagne électorale… amen !

Il y a ce petit quelque chose dans le slogan de CQFD qui résume bien son dernier dossier consacré à la technologie : « Rage contre la machine ». François Jarrige, historien et auteur de Technocritiques, Du refus des machines à la contestation des technosciences, explique son essai « de décrire comment des acteurs sociaux, paysans ou ouvriers, et des intellectuels ont protesté contre des trajectoires techniques, parce qu'ils y voyaient d'abord des formes d'exploitation, d'inégalités, de remises en cause de leur mode de vie, de dangers pour l'environnement. » Plus loin, un article revient sur le FIC – comprenez Forum International de la Cybersécurité – qui a réuni le mois dernier à Lille « VRP de l'industrie numérique, militaires et jeunes hackers mais des "hackers éthiques» aux côtés d’« Orange ou la Gendarmerie, EADS ou IBM. Même Bull a son stand, la boîte qui a vendu des logiciels espions à Khadafi et en procès pour complicités d'actes de torture. » Dans tous les bons kiosques !

En mars 1969 ouvrait le centre commercial d’Englos, complexe d’un nouveau genre qui préfigurait le modèle de consommation de masse qui fera la réussite du clan Mulliez. Réussite dont La Voix du Nord, sous perfusion publicitaire, se fait l'écho. Le maire de l’époque, Philippe Descamps, 91 ans au compteur, se rappelle que l’affaire s’était conclue facilement, relation oblige : « Il faut dire que Gérard Mulliez était un ami d’enfance. On était allé à l’école ensemble. C’est un hasard si j’étais le maire de la commune où il allait ouvrir son premier grand centre commercial ». Le hasard faisant bien les choses, une famille noble désargentée profitait de l’occasion pour revendre ses propriétés au fondateur d’Auchan. Et puis, entre amis d’enfance, le bon maire s’est fait VRP : « Vous savez, à l’époque, on ne parlait pas de plan d’occupation des sols ni de choses comme ça. Les permis de construire, c’est nous les maires qui les accordions. Gérard Mulliez m’a demandé d’aller convaincre mes collègues maires d’Ennetières et de Sequedin, ce que j’ai fait. » Le hasard n’étant que la main aveugle de Dieu, la manne financière apportée par le supertanker commercial est bien retombée dans la puissance publique, mais pas là où on pourrait l’imaginer : « Qu’est-ce qu’on a fait de tout cet argent ? Eh bien, je dois vous dire que ça nous a permis d’entretenir et de restaurer notre belle église du XIIe siècle ». Relations d’enfance, noblesse, religion et servage moderne, qui a dit que le Moyen-Âge était fini ?

Jeudi dernier, dans la salle Montebello de Wazemmes, Martine Aubry a prévenu ses électeurs – qui en pincent pour sa fermeté : « Il y aura des fermetures administratives de bars dans les jours qui viennent, notamment à Wazemmes ». Non satisfaite d’avoir endormi la vie nocturne dans ce quartier, elle tient à présent à l’éliminer. Et le plus triste ici, c’est qu’on doit la prendre au sérieux.

Vous êtes au chomdu, vous désespérez de trouver un taf et l’idée de passer votre journée derrière un écran pour mater des images provenant de caméras de surveillance ne vous rebute pas… nous avons LA solution : l’entreprise suédoise Securitas Direct, « spécialisée dans la télésurveillance », a choisi le parc scientifique de la Haute-Borne à Villeneuve d’Ascq pour « pour gonfler son portefeuille clients » et compte recruter 260 salariés (Autrement dit, 24/01). Vous serez chargé d’offrir des « prestations pour protéger les personnes, les biens et les savoir-faire des entreprises […] 24h sur 24, 7 jours sur 7 ». Et découvrirez ce petit Big Browser qui sommeille en vous.

« Je me sens très proche du Front de gauche et le fait qu’il ait choisi d’être autonome à Lille, de ne pas faire de liste avec le Parti socialiste, m’a déterminé. Je pense qu’il faudra se passer du Parti socialiste, définitivement. » Vous ne rêvez pas, ces bonnes paroles, extraites de Liberté Hebdo, sont à mettre au crédit de Gilles Balbastre, journaliste, documentariste et auteur des excellents Fortunes et infortunes des familles du Nord  (2008) ou plus récemment Les nouveaux chiens de garde (2012). L’ancien aventurier des regrettés PLPL et Plan B franchit le pas et se présente à Lille sur la liste du Front de gauche, selon lui le « parti qui peut s’adresser à des classes sociales qui n’ont plus de représentation. » Ça, ça reste à voir, mais ce militant de l’information progressiste n’en oublie pas ses premières amours et en profite pour présenter son plan de lutte : « On lutte contre la malbouffe, on pourrait peut-être lutter contre la mal-info. Et il est grand temps de réclamer, comme la bouffe bio, de l’info bio, fabriquée par des journalistes élevés en plein air, entièrement nourris à l’investigation, sans trace de libéralisme, de conservateurs, voire de conservatismes, et de publicité. » En prenant exemple des AMAP (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne), Balbastre lance l’idée : « Pourquoi, dans des Amip, associations de maintien de l’information progressiste, on ne produirait pas deux ou trois paniers dans l’année, avec un DVD, un journal un livre, produits en reprenant les fondamentaux de notre métier de journaliste, c’est à dire le temps de travail, qui nous est de plus en plus enlevé par l’info-industrie ? » Une idée pour sauver le petit canard rouge ?

C’est officiel et c’est un coup dur pour la diffusion des idées : la librairie L’Harmattan de Lille, après sept ans d’existence, va fermer le 8 mars prochain. Pas assez rentable, ce lieu avait pourtant réussi à se faire une place, à travers des ouvrages bien choisis, des poésies et des bizarreries mais aussi des débats qu'on ne voit que trop peu ailleurs. Sept années d’un lieu qui a su conjuguer indépendance et sens critique, rigueur intellectuelle et accueil avisé : c’est sûr, nos libraires vont (nous) manquer ! Quand il n’y aura plus que la FNAC et le Furet du Nord pour guider nos désirs littéraires, nous n’aurons plus que nos yeux pour pleurer. Mais rassurez-vous, les libraires le disent eux-mêmes : « Tout n'est pas complètement perdu, après notre fermeture il y aura des nouveautés dans la librairie lilloise ces prochains mois, soyez attentifs, certains préparent de jolis projets. » Message reçu.

Mohamed Bourchak et Patrick Kantsa ont été arrêtés mercredi 12 février au cours de la manifestation hebdomadaire des sans-papiers. Accusés – à tort  d’avoir dégradé le volet de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) de Lille, ils ont été libérés (samedi pour le premier, mercredi pour le second) respectivement par le Tribunal administratif et le Jude des Libertés après avoir séjourné au Centre de Rétention de Lesquin. L’affaire est symptomatique : d’une part, les deux sans-papiers en question ont participé à la grève de la faim de novembre 2012 et étaient donc régularisables. Plus étrange, la dégradation n’était pas visible du tout, une vidéo tournée par un-e militant venant le prouver. Enfin, plus grave, la plainte du Directeur de l’OFII a été déposée après l’interpellation des deux hommes, conduits ensuite au CRA de Lesquin avec une OQTF (Obligation de quitter le territoire français). Mais au moment de passer devant le juge, ils ne sont plus soupçonnés de dégradations : le parquet de Lille a classé la plainte sans suite. Selon le CSP59 et Olivier Cardon, avocat d’un des deux prévenus, le dépôt de plainte « semble téléguidé » et l’interpellation « étrange ». En pleine campagne électorale, le Parti socialiste, via la préfecture, essaye-t-il de lancer un message à ses électeurs de… droite ? En tout cas, après la mobilisation d’élus de gauche (enfin, on veut dire EELV et PCF, qui n’hésitent pas à s’allier par ailleurs avec le PS aux municipales), les deux hommes, comme nombre de leurs camarades de galère, peuvent donc circuler librement.

Sébastien Leprêtre, maire de La Madeleine, est content : il a enfin réussi à surveiller les prostituées et leurs clients. Trois caméras pour surveiller deux parkings et l’installation de panneaux avec l’indication : « Clients de prostituées ici vous êtes filmés ». Les images enregistrées seront susceptibles d’être utilisées par la police en cas de dépôt de plainte. Le hic, et Sébastien Leprêtre ne l’ignore pas, c’est que la loi sur la pénalisation des clients n’a pas encore été votée et promulguée. Leprêtre est-il donc avant-gardiste ? On attend avec impatience que la classe politique en prenne exemple et décide, sans attendre la loi sur le non-cumul des mandats, de mettre fin aux cumuls !

Françoise Polnecq, vice-présidente socialiste du conseil général du Nord, n’est pas en charge de la culture pour rien. Alors qu’elle visitait le village d’Englos la semaine dernière, elle glisse au maire de Lomme : « Je ne savais pas qu’Englos, c’était autre chose qu’Auchan. » En même temps, nous ne savions pas qui était Françoise Polnecq. Balle au centre.

Dans le fil de ses « Actualités Développement Durable », on apprend que « le Groupe Bonduelle a rédigé une charte éthique inspirée de son histoire, de ses valeurs. Destinée à l’interne, cette charte  reflète la volonté du groupe de s’impliquer dans une démarche de progrès permanent [et] souligne l’ensemble des points qui font de Bonduelle une entreprise citoyenne et responsable, une entreprise équitable, une entreprise intègre. » Un comité d’éthique dirigé par Philippe Vasseur (tour à tour capitaliste, journaliste, député, ministre, patron, président de la chambre de commerce, du World Forum Lille, du Comité Grand Lille, officier de la légion d’honneur, etc. etc.) doit donc veiller au respect des valeurs de cette « entreprise équitable » telles que le « souci de l’homme », l’« ouverture » ou encore la « confiance ». Hélas ces valeurs sont encore peu reconnues par certains salariés. Par exemple ceux de l’usine Bonduelle Traiteur de Rosporden, Bretagne, qui,  quelques jours après la constitution du comité, ont débrayé. Les causes ? Des négociations salariales inacceptables, des horaires imposés, du stress au travail, une direction qui met la pression, etc. Faut dire que, depuis dix ans dans cette usine, Bonduelle l’« entreprise intègre » a réduit le nombre de salariés de 402 à 271 tout en exigeant une augmentation de la production. Belle éthique !

Samedi 22 février 2014, le journal La Brique organise la projection du film Art Security Service de Bernard Mulliez. Les thématiques soulevées par ce documentaire font écho aux deux derniers numéros du journal lillois, consacrés au logement et à la culture. Ça sera donc l’occasion d’en discuter avec son réalisateur et l’équipe de rédaction du canard. Rendez-vous au cinéma L’Univers à 19 heures.

Le PCF de Boulogne-sur-Mer figurera encore sur la liste de Frédéric Cuvillier pour les municipales. Une liste joyeusement capitaliste qui mélange un peu de tout, du centre-droit à la gauche-gauche. Aujourd’hui, nous le savions, communiste ne veut pas vraiment dire communiste mais plutôt capitaliste se disant communiste… Seulement là, il n’est pas improbable que les communistes boulonnais aient été, aussi et surtout, séduits par le nom de la liste du ministre des Transports : « J’aime Boulogne-sur-Mer ». Quand on aime on ne pense pas, et la fidélité du PCF lui vaudra sans doute un siège de plus au conseil municipal. Alors que demande le peuple ? Peut-être pas, en tout cas, les « projets immobiliers pharaoniques de Frédéric Cuvillier » dénoncés par l’Association Front de Gauche du Boulonnais qui présentera une liste dissidente aux élections. Il y aurait donc encore des communistes pas capitalistes.

Trouvée sur Leboncoin.fr : « Bel appartement, dans le secteur Vieux Lille, Place du Concert. Appartement de type 5 au troisième étage d'une résidence de standing. » Loyer : 1469 euros. Or il se trouve que c’est SIA Habitat, un bailleur « social », qui met de telles annonces en ligne. En fait, de « social », cet appart’ n’en a que le nom. Il fait partie des logements PLS, les plus chers du parc locatif social. Qui ne trouvent de ce fait que peu d’acquéreurs à Lille. Le logement social marche sur la tête.

En se lançant « à la poursuite » d'un marchand de sommeil, le dernier numéro d'Article 11 nous offre une plongée aussi froide que surréaliste dans le monde des montages financiers. Vous n’en sortirez pas indemne, ou juste avec assez de colère pour apprendre qu’à Toulouse, Saint-Denis ou Ivry, quelques « fous » se sont mis en tête de construire ici et maintenant des possibilités utopiques, que d’aucuns appellent des centres sociaux autogérés. Si la patience est mère de toutes les vertus, Article 11 est décidément un journal qu’il faut se procurer avec impatience.

Le mois de janvier a permis aux différents maires de présenter leurs vœux à leurs administrés, avec plus ou moins de succès. Marc-Philippe Daubresse a l’air de goûter à l’exercice puisqu’il n’a pas hésité à répéter l’opération 25 fois ! Avec en prime des sorties de haute intensité philosophique comme, la semaine dernière à Saint-André : « Dans un monde où tout le monde a peur, quoi de mieux que le maire, qui a une relation de proximité comme aucun autre élu ? » Pour un homme qui surfe sur l’insécurité et qui installe des caméras de vidéosurveillance à tout va dans sa commune, on n'en attendait pas moins.

Martine Aubry, comme toute candidate 2.0 qui se respecte, fait campagne sur le net via un site qui répond au slogan rêveur de son plan com’ : « Pour Lille pour vous ». Le 14 janvier, donc, ses administrateurs ont acheté les noms de domaine pourlille-pourvous.fr et pourlillepourvous.fr. Or, dix jours plus tard, des petits malins ont quelque peu détourné l’élan socialiste en achetant le nom de domaine pourlillepourvous.com. Une adresse qui nous conduit non pas vers Aubry, mais vers une page Facebook on ne peut plus subversive : « Stop. Mobilisation Contre Hollande ». Terrible. La bataille d’Internet ne fait que commencer. D'après Facebook, 35 000 personnes aiment Martine Aubry, 17 000 la page anti-Hollande. Résultat : 52 000 personnes s'emmerdent grave pendant la campagne électorale.

La presse indépendante, comme son nom l’indique, ne vit que de ses lecteurs et lectrices. C’est souvent – malheureusement – insuffisant. Voilà pourquoi l’équipe de La Brique organise une soirée de soutien (qu’elle avait annulée au dernier moment le mois dernier sans qu’on comprenne trop pourquoi). Maintenant, on sait. Exit le Centre Culturel Libertaire, c’est au Resto Soleil que vous pourrez, ce jeudi, venir soutenir le journal en chauffant le dancefloor de la rue Henri Kolb. Une bonne nouvelle et surtout : n’oubliez pas d’acheter le journal !

Dans le programme de Martine Aubry, on peut lire que « la culture à Lille est devenue partagée et accessible à tous ! » À cet égard, on peut prendre l’exemple de la nouvelle grande salle installée à Lille-Sud, le « Grand Sud », censée profiter aux habitants. Quand on y regarde de plus près, on voit qu’après la soirée techno à 31 euros la place, la soirée Top Chef va se charger de réconcilier le peuple et la culture. 250 personnes sont conviées aujourd’hui pour un repas select. Marie-Laure Fréchet, journaliste culinaire et présidente de l'association "Mange, Lille !", rassure les grognons : « Cela a été très vite complet, mais pour autant, on ne veut surtout pas que les événements Mange, Lille ! soient élitistes. C’est tout sauf cela. C’est pour cela qu’on a choisi une grande salle comme le Grand Sud. » C’est sûr qu’à 72 euros l’entrée, les élites auront du mal à trouver place, les pauvres. L’info nous vient de « lille.culture.com », un nouveau venu qui s’est fixé pour but de compiler des ressources pour critiquer la culture institutionnalisée. Si ce genre de propagande municipale vous donne mal au bide, vous pouvez toujours choisir d’aller partager votre congestion stomacale ce soir "Aux haricots" (rue Gambetta). Le journal La Brique y discutera de son dernier numéro consacré aux politiques culturelles lilloises.

Martine Aubry est une rassembleuse. Elle croule sous les candidatures... Un peu à gauche, un peu au centre. C’est comme cela que le MoDem, par l’intermédiaire de Jacques Richir, s’est tapé l’incruste dans l’équipe municipale en 2008. Samedi dernier, alors que la maire présentait son équipe de campagne, plusieurs personnalités se sont étonnées de voir le logo du MoDem apposé sur un tract de campagne. C’est le cas de François Bayrou qui a même parlé d’« usurpation », soulignant que le MoDem soutenait Jean-René Lecerf dans la course aux strapontins municipaux. On a du mal à s’y retrouver. Entrisme ou pragmatisme ? C’est ça qui est sympa avec le MoDem, c’est qu’à force de bouffer à tous les râteliers, il est toujours plus ou moins assuré de faire partie d’une équipe gagnante. Le MoDem : un parti win-win.

Si on peine à voir le « changement » annoncé par François Hollande, que dire de la politique migratoire française ? Mercredi après-midi, une trentaine de sans-papiers ont occupé les locaux d’Air France, situés rue Nationale à Lille, pour protester contre les récentes arrestations d’anciens grévistes de la faim et pour réclamer le droit d’être reçus en préfecture. L’histoire remonte à novembre 2012 quand une grosse centaine de sans-papiers avaient entamé une grève de la faim pour plus ou moins les mêmes raisons. Une grève terminée un 13 janvier avec la promesse d'assouplissement du préfet. Depuis ? Rien. Les occupants, en majorité des femmes et des enfants, sont ressortis sans que la police n’intervienne : c'était donc ça, l'assouplissement promis par le préfet.

Vous avez été très nombreux à vous intéresser aux contrôles policiers dans les nuits lilloises sur notre vénérable site. Question de culture quelque part. Ça tombe bien pour vous qui aimez la discussion, le journal La Brique pose un apéro pour discuter autour de son dernier numéro consacré, en majeure partie, à la politique culturelle lilloise. Pour entrer, les mots de passe sont : « Didier Fusillier », « lille3000 », « Foutage de gueule », « À Lille ça bouge » ou encore « Lille la nuit, c'est fini ? » Vous y arriverez, nous en sommes sûrs ! Ça se passera "Aux haricots", un café de la rue Gambetta (n°242), mardi 4 février à partir de 19h30.

L’étau se resserre toujours plus autour du maire de Wasquehal, Gérard Vignoble. En décembre, il a été condamné par le tribunal correctionnel, ainsi que sa compagne, pour détournements de fonds publics (une broutille : environ 75 000 euros). Pire, trois ans d’inéligibilité venaient carrément menacer sa prochaine campagne municipale. Mais comme il a fait appel, il est redevenu simple prévenu. Il y a une dizaine de jours, c’est cette fois au conseil municipal que des comptes lui ont été demandés. 12 000 euros par an en frais de représentation, dont 24 440 euros sans justificatif en 2009. Quand on lui a demandé des explications, le maire a répondu qu’« il n’avait même pas à répondre. » Droit dans ses bottes, comme dirait l’autre. On parle quand même d’un homme qui va se présenter avec une peine d’inéligibilité dans son chapeau et qui refuse d’expliquer ce qu’il fait de l’argent public. Gérard Vignoble : plus qu'un programme, c'est une certaine idée de la démocratie.

Vendredi dernier avait lieu le match Lille-Rennes au stade Pierre Mauroy. La belle occasion pour les syndicats de La Redoute de se faire entendre : le club rennais appartient en effet à François Pinault qui y trouve là un passe-temps pour dépenser son argent de poche. Mieux, l’opération banderole contre Pinault devenait encore plus jouable dès lors que, ont expliqué les syndicats, « Martine Aubry nous a accordé une cinquantaine de places ». C’était sans compter sur la panique qui a envahi subitement les socialistes devant la possibilité d’une banderole hargneuse contre l’homme qui met des centaines de familles à la rue. « Nous ne souhaitons pas que ça dégénère et nous n’avons pas eu les garanties suffisantes », clame le premier adjoint Pierre de Saintignon, qui était une semaine auparavant, en tant que vice-président socialiste du Conseil régional, à la fête du MEDEF à Marcq-en-Barœul en train de rigoler avec Gérard Mulliez. Pierre de Saintignon est décidément le plus grand équilibriste du Nord-Pas-de-Calais.

Couverture médiatique, visite du ministre de l’Intérieur, financement public (350 000 euros de la Région cette année)... le FIC, comprenez Forum International de la Cybersécurité, a attiré toutes les attentions la semaine dernière à Lille Grand Palais. Inventé en 2007 par le Général – quelle surprise – Marc Watin-Augouard, le forum 2014 était axé sur la confiance. D’où le fait, par exemple, que son appellation soit passée, l’an dernier, de « cybercriminalité » à « cybersécurité ». Bah tiens. Les gens seraient-ils sceptiques après les révélations d’Éric Snowden ?  Pour notre général, l’important est la quête de l’équilibre : « Il faut trouver un juste milieu entre libertaire et sécuritaire », répond-il aux opposants à tout flicage. « Un juste milieu », soit dit en passant, que l’on a bien du mal à trouver dans la politique de notre belle métropole (des caméras en veux-tu en voilà, des policiers en plus, des cartes Pass Pass qui finissent de classer les déplacements en « données »). En tout cas, c’est peut-être cette quête impossible « du juste milieu » qui a poussé un certain Commando Gallinacé Terroriste à recouvrir d’œufs et de peinture la façade de l’entreprise Thales la semaine dernière. Les services de police n’ont pas encore déterminé si les armes employées étaient oui ou non génétiquement modifiées. Mais peu importe : Thales, faut-il le rappeler, est une entreprise qui fait la guerre par correspondance, de Lambersart à l’Afghanistan. D’où le fameux « juste milieu » du général : « Quand on est confronté au terrorisme, on peut comprendre que certains Etats aient pris des mesures pour mieux maîtriser la menace. » Bah oui, c’est pas la faute aux armées occidentales si des groupes terroristes s’énervent tout seuls dans leur bled. On n’y peut rien, M’dame. Pour avoir la sécurité ici, il faut bien accepter l’insécurité ailleurs, cqfd.

« On a eu tellement de candidatures, on aurait pu faire cinq ou six listes », a expliqué, selon La Voix, Martine Aubry en lançant sa campagne électorale pour les municipales. Ceci dit, ce « tellement de candidatures » ne devait pas suffire car elle est allée chercher deux colistières en région parisienne. Charlotte Brun et Estelle Rodes qui ont, toutes les deux, échoué aux législatives de 2012 ‒ la première dans le Val d'Oise et la seconde dans les Yvelines. Comme Aubry il y a vingt ans, comme Audrey Linkenheld il y a treize ans, elles pourront donc découvrir les joies du parachutage dans une ville qu'elles ne connaissent pas. Et au moins, contrairement à de nombreux Lillois contraints d'aller voir ailleurs, elles n'ont pas dû galérer pour trouver un logement. Merci Tata Martine !

En 2010, treize caméras de vidéosurveillance étaient installées à Lambersart. L’époque où les deux anciens amis de trente ans, Yvon Cousin et Marc-Philippe Daubresse, se parlaient encore. À la veille des prochaines municipales, la prolifération accélère : 29 caméras seront construites en février, sur les 76 que comptera la ville. Rien que ça ! Un budget global de 950 000 euros (aides ministérielles comprises) claqués dans la surveillance… On a le sens des priorités à Lambersart ! Notez que sur les 76 caméras, quatre seront mobiles et changées selon les zones jugées prioritaires. Ceci sans avertir les habitants, cela va sans dire.

C’était le 1er janvier 1994. Il y a tout juste vingt ans. Surgissaient alors des montagnes du Sud-Est mexicain des milliers de cagoules paysannes au moment même où le Mexique rejoignait le club des (très) riches aux côtés des Etats-Unis et du Canada (ALENA). Dans son numéro de janvier, le mensuel CQFD revient sur l’histoire de cette insurrection indienne qui aura marqué, entre l’effondrement d’un mur à Berlin et celui de tours à New-York, la reprise des réjouissances sociales. Le Chien Rouge ne s’arrête pas là puisqu’il dresse un retour sur « le premier soulèvement zapatiste » en chroniquant l’ouvrage de Guiomar Rovira, Femmes de maïs. Un bon reportage sur les luttes menées par les Nasas depuis les montagnes du Sud-Ouest colombien plus tard, et vous n’avez plus à attendre pour filer dans votre kiosque le plus proche.

Dans La Voix du Nord du 17 janvier, on trouve une double page consacrée à la gloire des patrons du Nord-Pas de Calais. Rien d’inhabituel, nous direz-vous, et on ne peut qu’être d’accord. Seulement, cette fois, le quotidien-lointainement-issu-de-la-résistance a voulu marquer le coup en invitant dans ses locaux une vingtaine de patrons de « la nouvelle garde » pour vous souhaiter « une bonne année » : « Pour la première fois, nous avons tenu à les réunir avec Bruno Bonduelle, leur parrain symbolique, sans doute le plus grand agitateur de réseaux des précédentes générations. » En pleine page, une photo immortalise ce moment ‒ « regardez-les bien, observez leurs visages ». Comme pour une classe autour de son maître, ici Bonduelle qui, rappelons-le, est l’« ami » de celui qui se trouve sans doute derrière cette mascarade. Nous parlons bien de Yannick Boucher, chef des pages « économie » de La Voix et grand adepte de l’auto-interview. Mais qu’on se rassure ! Ce professionnel de l’information n’a pas poussé le vice jusqu’à poser aux côtés de son poteau patron. Rester dans l’ombre, tel est le sort de l’hagiographe.

Lille3000, Didier Fusillier, gare Saint-Sauveur, Lille-Sud et la « culture du mépris », les nuits sous contrôle, c’est par le menu que le nouveau numéro de La Brique décortique la machine à gouverner qu’est devenue l’entreprise culturelle municipale lilloise. Après la question du logement, le « journal lillois de critique sociale » fournit les armes pour comprendre le rôle de la culture dans le gouvernement municipal, sans oublier ici et là quelques îlots de résistances qui poussent sur et derrière les murs gris de la ville. Indispensable pour comprendre Lille et son maquillage culturel. Alors, n'hésitez pas une seconde : achetez La Brique ! Lisez-la ! Partagez-la ! C’est ça aussi, la culture…

À Lille, comme le démontre un excellent article à lire absolument, « la fabrique de l’embourgeoisement » est le résultat du « dessein inavoué » de la mairie. À savoir « rendre invisible les classes populaires au profit de nouvelles classes moyennes dites "créatives" ou "urbaines" ». Bien sûr ces dernières, il faut les choyer. C’est en tout cas ce qu’a dû se dire Walid Hanna, troisième adjoint, en se rendant au « Carré Orchestra » ‒ résidence construite récemment dans le cadre du projet de rénovation urbaine du quartier populaire de Lille Sud. Les médecins et cadres qui peuplent en partie la centaine de logements avaient un problème de… porte. Et quoi de plus logique, après tout, pour une résidence sécurisée par tout un système de barrières et de portails, qui la protège des habitants d’en face ‒ ceux qui ont moins de pognon. Alors Walid Hanna, l’homme qui murmurait à l’oreille des journalistes, déboule et se présente, sur le ton de la connivence : « Vous savez, moi aussi je suis médecin ». Situation grotesque, note un habitant du quartier qui a eu vent de cette anecdote : « Quand on est devant des habitants de Lille Sud de toujours, on les prend pour de la merde. Et quand ce sont des personnes assez aisées, on se présente en disant "ah moi aussi je suis médecin". C’est du foutage de gueule ». Ou juste une grosse dose de mépris ?

Le tribunal administratif de Lille a condamné l’Etat à verser 14000 euros à la famille d’un détenu qui s’était suicidé en 2008 dans la prison de Maubeuge. En cause : « la négligence fautive des services pénitenciers », selon l’OIP (Observatoire International des Prisons). En effet, son suicide a eu lieu dans le quartier disciplinaire, où il croupissait depuis trois jours. Alors qu’il avait protesté en entamant une grève de la faim, s’infligeant même des mutilations, deux médecins et un psychiatre n’avaient rien trouvé à redire quant à son isolement total. Le prisonnier avait même simulé par deux fois des tentatives de pendaison. Sans effet. Les services pénitenciers lui laissant à disposition ses draps en tissu. Glauque. Rappelons qu’au 1er décembre 2013, le nombre de détenus en surnombre était de 13 145 personnes, dont 1 047 dormant sur un matelas posé à même le sol.

Depuis qu’Yvon Cousin, fidèle premier adjoint de Marc-Philippe Daubresse à Lambersart, a décidé de se présenter aux prochaines élections municipales, la guerre est ouverte entre les deux "amis de trente ans". On ne retracera pas l’ensemble des débats entre ces hérauts de la droite tant c’est rébarbatif. Une petite anecdote néanmoins : début décembre, Daubresse avait prévenu le « traître » Cousin qu’il ne descendrait « pas dans le caniveau où vous vous exprimez ce soir ». En effet, trois semaines plus tard, Daubresse a choisi un passage beaucoup plus rapide pour atteindre les égouts : au détour d’un tract, son équipe de com’ a simplement effacé le vilain Cousin de la photographie pour le remplacer par un socialiste qui vient de rejoindre son escouade. Daubresse, à découvert, a soi-disant « engueulé les auteurs » tout en affirmant qu’ « il n’y a pas travestissement de la vérité ». Staline n'aurait pas dit mieux. Un point "goulag" pour Marco.

Déjà pourvus d’un bâton de défense, d’une bombe lacrymo et d’un gilet pare-balles, trois policiers municipaux calaisiens veulent plus. Sous couvert d’anonymat, leurs paroles sont relayées par La Voix : il leur faut des armes de quatrième catégorie. Et le journal de relayer l'appel du pied à « Natacha Bouchart, très engagée sur les questions de sécurité ». Après les appels à dénonciation, la censure municipale, les programmes de vidéosurveillance, les CRS en cadeau de Noël, l’idéologie sécuritaire n’en finit plus de déverser sa bile dans la cité calaisienne. 

Jean-René Lecerf, le candidat solitaire de la droite aux municipales lilloises, l’homme d’ « Un autre Lille est possible », a enfin mis des mots sur ses brames successifs. Le sénateur UMP-UDI (on ne sait plus bien à force) s’est adressé aux lillois pour expliquer la « rupture » qu’il compte mettre en œuvre s’il était élu (ce qui n’arrivera pas). Parmi ses dix propositions, on n’en retiendra qu’une : « la sécurité pour tous ». Pour cela, l’homme qui voudrait par ailleurs « que la culture à Lille soit plus ouverte sur les populations défavorisées », compte tout simplement « doubler le nombre de policiers municipaux […] et les armer. » Comme ça, les fonctionnaires municipaux armés pourront "accompagner" les pauvres dans les musées de la ville. Elle est pas belle la vie ?

Calais, son port, ses bourgeois, ses caméras de vidéosurveillance. Calais, terminal de l’Europe forteresse. Calais et ses étrangers, qui hantent Natacha Bouchart. La maire de la ville a été entendue par Manuel Valls : le 26 décembre, Denis Robin, Chevalier de la Légion d’Honneur et préfet du Pas-de-Calais, s’est rendu dans la cité sécuritaire afin d’annoncer des renforts de CRS. « Des compagnies de 75 fonctionnaires vont se relayer toutes les quatre semaines », annonce La Voix. Présents « sept jours sur sept », le but étant de « rassurer » commerçants et Calaisiens. État d'urgence, vigipirate ou simple occupation policière permanente : à Calais, c'est la guerre.

« La racialisation du système juridique américain a été, de bien des manières, une réponse au mouvement pour les droits civiques et au mouvement Black Power. Mais cela participe aussi de la transformation structurelle du capitalisme, dans la mesure où une portion de la population devient inutile au capital. […] Un jeune homme noir en Californie a aujourd’hui quatre ou cinq fois plus de risques de finir en prison plutôt qu’avec un diplôme universitaire. » Ces paroles qui remettent les choses à leur place sont celles de Marcus Rediker, historien américain qui vient de sortir son dernier livre À bord du négrier – Une histoire atlantique de la traite. Vous pourrez lire son interview dans le n°117 de CQFD, actuellement en kiosque. Vous y trouverez également un démontage en règle de l’opération culturelle et marketing " Marseille 2013 " et un « Bref aperçu des activités agricoles sur la ZAD ». Le « mensuel de critique et d’expérimentation sociales » lance son « Opération abonne un-e ami-e ! » et comme l’heure est aux cadeaux, n’hésitez pas !

À Auchan, un rayon " filles " et un autre " garçons " sont apparus dans l'espace jouets de Noël ! Qu'à cela ne tienne, un groupe d'une bonne vingtaine d'individu-es composé principalement de femmes et " dangereusement anti-sexistes " a déboulé mercredi 18 décembre à "V2" (le centre commercial de Villeneuve d’Ascq) pour chambouler l'organisation des rayonnages... Du coup, on a vu du rose dans le bleu et inversement. Visuellement, c'était très joli, mais pas du tout du goût des responsables et vigiles du magasin. Au coup de sifflet à 19h00, un jeu de pacman géant a alors débuté, les uns mélangeant les couleurs et les autres, uniformément reconnaissables, s'évertuant à séparer les genres et à poursuivre les récalcitrant-es au bon classement des teintes. Bref, une action d'une telle violence dans son caractère pacifiste que même les grandes oreilles étaient présentes et qui s'est finie encadrée direction la sortie. Mais tenace comme une plante bio au milieu d'un champ d'OGM, là encore les activistes tentaient de convaincre la masse rouge et masculine que composaient les vigiles et le représentant des RG... Concernant les consommateurs, rien ! Ils étaient là simplement pour faire leurs courses habituelles et semblaient assez hermétiques aux revendications. C'est ça la vie chez Auchan...

Auchan, Martine Aubry, Sevelnord, Rémi Pauvros, Eurotunnel, 23 « grands élus belges et français » et Ascometal sont fiers de vous annoncer leur union pour soutenir la construction du Canal Seine-Nord, vaste serpent de mer du XXème siècle triomphant. Ces derniers ont écrit la semaine dernière à François Hollande pour lui demander « d’officialiser le lancement opérationnel du projet », suite au rapport de Pauvros, le député-maire de Maubeuge. Les arguments sont connus : de l’économique, et des emplois. Certains vont même jusqu’à invoquer l'écologie et les transports doux. C’est ça le développement durable : on détruit la nature pour la préserver. Vous nous suivez toujours ?

Ça y est ! Enfin presque, la phase d’étude pour installer des caméras de vidéosurveillance dans les rues principales du quartier Calais-Nord touche à sa fin : la mairie n’attend plus que le cahier des charges, l’appel d’offres et la mise en place, prévue pour la fin du premier semestre 2014. On vous l'a déjà dit, mais il ne manquera plus bientôt qu’un passeport biométrique pour rentrer dans la ville pour qu’enfin, Natacha Bouchart et ses électeurs se sentent en sécurité.

Seconde date cette semaine, l’équipe du journal La Brique se remue, et ça le fait ! Cette fois, ça se passe au CCL (rue Colmar à Lille) samedi 21 décembre à partir de 15 heures. L’après-midi sera consacré à la projection d’un documentaire sur la lutte historique de l’Alma-Gare suivie d’une discussion sur les moyens de se réapproprier ce qui, « peut-être plus qu’autre chose, […] illustre notre expérience quotidienne de la dépossession » : le logement. Puis il sera l’heure de manger et de guincher ! En bonus, l’Atelier Sabordage montrera les rudiments de la sérigraphie sur textile et, si vous ramenez un t-shirt, vous aurez votre propre t-shirt « La Brique » ! Une bonne idée de cadeau pour la fin d’année 2013.

L'ESJ (École Supérieure de Journalisme) va proposer de nouvelles licences à partir de la rentrée 2014. Les étudiants admis au parcours, après deux années post-bac validées par un diplôme d'établissement ESJ, pourront « soit entrer en licence pro "journalisme de proximité", soit en licence pro "journalisme sportif", soit poursuivre une simple licence pour préparer les concours aux écoles de journalisme reconnues par la profession », nous apprend La Voix. Le fait divers ou la rubrique sport, voilà à quoi en est réduit la profession journalistique. Un journaliste de La Voix nous glissait il y a peu son désarroi devant la place du fait divers dans le journal, « les seules infos importantes » qu’on leur demande de collecter. Au moins, les fait-diversiers auront désormais un diplôme et une formation en bonne et due forme. Le gage d’un journalisme de qualité tout à fait objectif.

Deux ans après l'achat de la « lettre des serins » de Maximilien de Robespierre (pour 12 500 euros), la ville d'Arras vient de lâcher 17 000 euros pour acquérir une lettre de « Max le terrible », datée du 4 mars 1790 et adressée à Antoine-Joseph Buissart, partisan de ses idées et ami arrageois. C'est le sixième autographe que la mairie arrache. Cette fois-ci, la pièce est issue d'une partie des collections de Dominique de Villepin, celui-là même qui avait essuyé la colère d’une bonne partie de la population au cours de l’année 2006. Depuis, sa traversée du désert doit sûrement l’obliger à disposer de cash… c’est toujours plus facile quand on dispose d’une collection privée.

« Nous sommes en 1667, les troupes de Louis XIV assiègent Lille ». Voilà comment débute le petit film concocté pour accompagner l’exposition sur la Gare Saint-Sauveur intitulée « Raconte-moi la gare Saint-Sauveur », produit par la SPL Euralille, société d’aménagement. Une douce voix, un aspect ludique pour retracer l’épopée lilloise, son agrandissement, « l’effervescence de la révolution industrielle », ou encore la « tertiarisation ». Tout cela est instructif, et vous pouvez vous rendre au « bistrot Saint-So » et notamment au joliment dénommé « Bar des mémoires ». Le hic, qui n’est pas qu’un détail, c’est que lorsqu’on s’essaye à l’exercice historique, on évite d’avoir la mémoire qui flanche. Ainsi, dans le film, rien n’est dit des florissants cafés qui entouraient la gare, véritables mémoires ouvrières. Plus grave, rien n’est dit sur la gare Saint-Sauveur pendant l’Occupation, lieu de transit vers Fives et Malines puis Auschwitz pour les soixante-dix juifs de Lens, raflés le 11 septembre 1942. À cette occasion, « cent cinq agents français ont aidé à quadriller le quartier à Lille », rappelait l'historien Yves Le Maner (qui soulignait aussi l’aide des cheminots de Fives pour que les enfants, essentiellement, puissent s’échapper). Peut-être que les concepteurs de cette vidéo ont jugé que ce n’était pas assez ludique. Ce qui est sûr, c’est qu’effacer une partie de l’histoire quand on prétend justement la raconter, cela s’appelle, au pire, du négationnisme, au mieux, de l'incompétence.

Vous connaissez Philippe Vlerick ? Nous non plus. Du moins jusqu’à ce qu'il ait été élu, début octobre, comme président du Forum de l’Eurométropole Lille-Courtrai-Tournai. Le Forum, c’est un « machin », comme dirait De Gaulle, « représentant les mondes socio-économique, culturel et associatif du territoire transfrontalier », nous dit le « journal des habitants de Lille Métropole ». Proche du pouvoir royal, baron depuis 2008, PDG de UCO, une multinationale textile, président du Transforum, une assemblée consultative de la société civile flamande, Philippe Vlerick souhaite « renforcer les contacts avec les plus hauts niveaux politiques dans l’Eurométropole, travailler à une transformation intelligente de l’industrie eurométropolitaine ». Un ami de Jeremy Rifkin. Mais aussi un homme qui a des idées, depuis dix ans au moins : « Environ 3 000 ouvriers français travaillent dans la région de Courtrai. Je pense également que nos ouvriers ne gagnent peut-être pas assez mais coûtent trop cher à cause des charges sociales. Dans le textile, les coûts salariaux en Belgique sont 10% plus élevés qu'aux Pays-Bas et en Allemagne et 20% plus élevés qu'en France. » Avec ce genre d’idées, on comprend peut-être mieux ce qu’il entend par « transformation intelligente de l’industrie ».

La fine équipe du journal La Brique invite ses lecteurs – au-delà tous les êtres humains qui peuplent la planète – à une rencontre « Aux Haricots », un petit bistrot de la rue Gambetta à Lille. Nos intrépides journalistes de la « critique sociale locale » présenteront leur dernier numéro entièrement consacré au logement ou, surtout, à la fabrique de l’embourgeoisement. L’endroit est sympa, l’ambiance y sera détendue et – ça c’est imparable – ça se passe à l’heure de l’apéro. Rendez-vous mardi 17 décembre à partir de 18 heures au 242 rue Gambetta. En attendant ou si vous ne pouvez pas venir, vous pouvez toujours écouter cette émission de Radio Campus dans laquelle les rédacteurs reviennent sur leurs enquêtes.

Roger Vicot, l’ex-monsieur sécurité de Lille et Lomme, maintenant maire de cette dernière, se présentera aux prochaines municipales. En 2012, il succédait à l’historique Yves Durand (22 ans de mandat !) et aujourd'hui, La Voix dresse un portrait plutôt élogieux de l’ancien shérif, toujours « convaincu de l’inefficacité [de la vidéosurveillance] dans les lieux publics. » En 2010, il déclarait même au JDD : « Nous sommes pour la vidéosurveillance là où ça fonctionne, dans les lieux fermés comme le métro ou les parkings. Nous ne sommes pas pour cette méthode dans l'espace public pour des raisons évidentes d'atteintes aux libertés. » Mais comme il n’y a que les abrutis qui ne changent pas d’avis (« Il faut tenter l’expérience », ajoute le maire), Vicot ne résiste pas à l'installation, votée par le conseil communal, de caméras autour d'équipements municipaux... Budget : 30 000 euros. Comme quoi, au PS, les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

Vincent Ledoux et Jacques Rémory, maires de Roncq et de Linselles, sont furax : « Nous assistons à un abandon de commissariat, les hommes n’y prennent plus leurs armes, il n’y a plus de gardes à vue, la présence 24h sur 24 h est terminée [… ] ». Après avoir respectivement mis 320 000 et 80 000 euros dans l’affaire, ils flippent de la disparition de la police dans leurs belles communes, d’autant plus qu’un nouveau commico doit sortir de terre à Tourcoing à côté. Espérons que l’information atterrisse dans l’oreille de ceux qui n’ont pas de logement. Quoi de plus beau qu’un commissariat recyclé ?

Toujours dans ces publireportages estampillés Voix du Nord, on apprend l'existence du site web « Les p'tites ventes », dont les affaires sont exclusivement dédiées aux femmes : « c'est elles qui choisissent et valident les achats en couple [...]. Souvent monsieur va suivre les conseils de madame. [...] S'adresser presque exclusivement aux femmes permet de toucher toute la famille. » Bref, les rôles bien définis font les choses bien gardées. Mais la stratégie de la PME ne s'arrête pas là : « Le choix des produits et les coloris sont destinés à la femme. Nous avons pensé une mise en forme glamour avec des couleurs très pastel. Le rouge n'est pas agressif, avec des tons de gris et de rose. C'est référencé extrêmement féminin », ajoute Philippe Lokbani, du groupe belge Evolution communication (« expert en communication globale ») qui a lancé le site. « La » femme « globale », douce et glamour, devrait apprécier cette expertise de haut vol.

L'association Marcq Tiers Monde organisait un dépôt vente à la fin du mois dernier pour récolter des fonds. L’asso a participé à la fondation d'une ferme-école à Madagascar ou, entre autres, d’un foyer à Rufisque au Sénégal. À cet égard, Christian Courtois, bénévole responsable de la communication, souligne que « nous apprenons aux gens à s'en sortir par eux-mêmes ». En voilà une bien belle conception humanitaire. C'est un peu comme quand François Hollande reçoit une quarantaine de chefs d'État africains et déclare que « l'Afrique doit assurer elle-même sa sécurité. » Aide-toi, le ciel t'aidera. On ne sera pas surpris d'apprendre que l'action de Marcq Tiers Monde est relayée par des congrégations religieuses...

Ça y est ! Europe Écologie Les Verts a lancé sa campagne de com’ pour l’élection municipale lilloise. Après un brief’ d’agence rondement mené, nos publicitaires écolos ont élaboré un plan marketing susceptible de faire le buzz : « L’écologie, la ville en mieux ». C’est chaud, ça va loin, le tout est augmenté d’une nouvelle charte graphique moderne style BD. Et, bien sûr, agrémenté de punchlines on ne peut plus percutantes dont seuls les Verts ont le secret : « Nous avons, ensemble, la possibilité d’agir pour vivre mieux ! » ; « S’il est une période qui appelle à réinventer le sens du mot progrès, c’est bien la nôtre » ; « En tant qu’écologistes, nous avons des idées, des propositions et de l’envie »… Et si une « ville en mieux » était une ville débarrassée de ce genre de publicités ?

Dans son dernier numéro (12/13), le magazine Capital nous présente « les 30 qui secouent le business local » à Lille et, surtout, « les bonnes tables où se retrouve le gratin du business » comme le restaurant La Laiterie de Lambersart ‒ « l’adresse étoilée des notables gourmands » ‒ qui appartient à « l’hyperactif promoteur immobilier Pascal Boulanger ». Par souci de clarté, le magazine publie une reconstitution dessinée de sa « grande salle à la déco contemporaine » en indiquant les tables respectives des « notables gourmands » qui y mangent régulièrement. Jean-Pierre Guillon, patron du Medef régional, Marc-Philippe Daubresse, député-maire de Lambersart, Vianney Mulliez, président du conseil de surveillance d’Auchan, Pierre Dubois, maire de Roubaix, Christophe Bonduelle, PDG de Bonduelle, Régis Cauche, maire de Croix, Michel Seydoux, président du LOSC, et même DSK qui « avait ici ses habitudes lors de ses escapades lilloises coquines ». Pire, selon une rumeur malveillante, même le directeur de l’École Néogonzo de Lille (ENL) serait un habitué de la lotte marinée sauce soja à 42 euros ou encore la crème brûlée vanille-réglisse à 14 euros. En tout cas, c’est ce que dit la rumeur.

Jeudi dernier, le maire de Wasquehal Gérard Vignoble était dans la merde. Le tribunal correctionnel de Lille venait de le condamner, et sa compagne aussi, à une amende et de la prison avec sursis pour détournements de fonds publics. Du genre 75 000 euros de dépenses non justifiées de 2006 à 2009. Mais c’est pas ça le plus grave : le tribunal l’avait aussi frappé d’une peine de trois ans d’inéligibilité ! Pas très cool, pour un mec qui compte bien en 2014 devenir maire pour la 7e fois de sa vie. Ceci dit, Vignoble s’en tape, Vignoble fait appel, et n’est donc qu’un simple prévenu jusqu’à nouvel ordre. Si ses collègues de droite ne le poussent pas à la retraite, les citoyens s’en chargeraient-ils ?

La « une », une double page en entrée de journal. La journaliste de La Voix envoyée au Sri Lanka pendant une semaine pour suivre les 33 candidates au titre de Miss France, n’a pas perdu son temps. Invitée, comme 13 autres confrères et consœurs, par la société de ce « concours de beauté », cette professionnelle de l’information en a profité pour faire un peu de tourisme : « Ayubowan : (se prononce les mains jointes, tête inclinée). Bonjour en cinghalais, parlé par les trois quarts des 20 millions d’habitants » (02/12). La diffusion de La Voix est en chute, ses recettes publicitaires ont baissé de 10%, ses conditions de travail se dégradent, ses papiers sont de plus en plus abrutissants… Mais c’est pas notre journaliste « en immersion » qui s’en plaindra.

En Belgique, le taux d’impôt des sociétés est de 33,99%. En théorie, car dans les faits, grâce à diverses magouilles fiscales, les 1000 sociétés qui font le plus de profit s’en sortent avec un taux qui se situe entre à peine 4 et 6%. Et c’est pas tout : les 50 entreprises qui paient le moins d’impôts ne lâchent que 792 millions d’euros à l’État pour un bénéfice global de… 30 milliards. Résultat : 8 milliards d’euros sont perdus, ou sont gagnés ‒ c’est selon. Le paradis – des riches, mais c’est un pléonasme ‒ n’est qu’à quelques kilomètres d’ici.

C’est ce que nous dit La Voix (26/11) dans un article sur l’entreprise Thales implantée à Lambersart, qui « depuis dix ans […] reste au cœur du dispositif de l’OTAN en Afghanistan ». Très tranquillement, on nous apprend qu’au « plus fort des combats », une centaine d’ingénieurs peuvent être mobilisés pour la communication ou la sécurisation des systèmes. Une vraie machine de guerre, dont l’« offre » consiste à – voir le site de Thales ‒ accompagner les « forces armées et de sécurité […] pour accroître leur efficacité opérationnelle ». Ou encore contribuer « à la supériorité décisionnelle des forces ». Autrement dit faire la guerre, une guerre qui dure depuis 12 ans et qui a fait des milliers de victimes. Mais « bien entendu », rassure notre gentil journaliste en visite chez Thales, « les salariés du groupe n’ont pas d’armes entre les mains ». Et des morts, ils n’en voient pas non plus.

Aujourd’hui, le Stade Pierre Mauroy ne risque pas d’avoir besoin de chauffage pour assurer l’ambiance. En effet, le LOSC, deuxième au classement, reçoit Marseille, quatrième. Le match s’annonce d’autant plus chaud que cet été le club phocéen a réussi à convaincre un jeune joueur lillois, Thauvin, de signer alors que ce dernier n’avait pas encore joué un seul match avec le club de Michel Seydoux. Après une grève homérique et victorieuse, le joueur avait enfin eu gain de cause. Ce qui lui vaut une haine tenace de la part de certains supporters lillois. L’accueil à l’aéroport de Lesquin, hier, a été l’occasion pour ces crétins d’occuper leur lundi soir, comme le prouve cette vidéo, et de travailler leur vocabulaire sportif. Pierre Mauroy, qui n’aimait pas le foot rappelons-le, doit se retourner dans sa tombe. Quant à Martine Aubry, qui a fait du foot un des éléments de sa communication, elle ne pourra pas dire lors d'un prochain colloque autopromotionnel que ce genre de choses fait partie de la culture lilloise.

La liberté de la presse est un fondement de notre démocratie. Inscrite dans l’article XI de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (1789), celle-ci ne saurait être remise en cause. Et peu importe si les grands groupes de presse appartiennent à des fortunes diverses qui n’ont que peu d’intérêts à ce que la parole puisse être libre et critique. C’est ce que nous disait un journaliste de La Voix (qui appartient à un de ces grands groupes) au détour d’une manifestation : « Aujourd'hui, on ne nous donne plus les moyens d’enquêter, on n’a pas le temps disponible. » Au-delà de cette question, il conviendrait aussi de s’interroger sur la possibilité matérielle de la liberté de la presse pour... ses lecteurs. Prenons l’exemple de Fives, quartier populaire lillois. Il y avait, en son sein (autour du métro, rue de Lannoy et rue Pierre Legrand), il n’y a pas cinq ans, encore trois kiosques qui distribuaient toute sorte de presse : de la consensuelle, de l’alternative, de la droitière. Aujourd’hui, ces trois lieux qui avaient pignon sur rue ont fermé. Les seuls dépôts-ventes que vous trouverez se situent dans les centres commerciaux Carrefour et Leclerc... et encore, pas sûr qu’on y trouve tout l’éventail de ce que fait la presse aujourd’hui. En revanche, le très chic Vieux-Lille dispose de plusieurs kiosques individuels, sans compter les mégastores culturels de la Grand Place. Existerait-il deux libertés de la presse, une pour les riches et une pour les pauvres ? En tout cas, la liberté de la presse ne s'use que quand on ne la trouve pas !

Le 25 novembre 2013 s’est produit un évènement exceptionnel : deux élus de la communauté urbaine ont pris le métro ! Si, si, des photos le prouvent. D’abord Éric Quiquet, cycliste émérite, puis Marc-Philippe Daubresse, probablement plus habitué à l’intérieur cuir d’une tire briquée avec minutie. Ainsi, après avoir imposé une billettique « sans contact » alors qu’aucun usager n’en ressentait le besoin, il était temps pour nos élus de se confronter à la réalité. Et, nous dit La Voix, Quiquet et Daubresse se sont quittés « sur un constat commun » : « Oui, à 8h30, un lundi matin, toutes les lignes sont saturées ». Hélas, faudra prendre son mal en patience, car le doublement de la ligne 1 ne sera effectif qu’en… 2018. Pas besoin de puces RFID dans vos titres de transport, mais les élus en rêvent : vous avez des puces RFID. Besoin d’un métro dans lequel vous avez l’impression d’être des humains et non des poules élevées en batterie : attendez que les élus en rêvent !

Ça peut vraiment être compliqué d’obtenir un logement social. Enfin… pour certaines personnes. Et pour d’autres, c’est plus facile. En vrai, ce qui compte se passe dans les commissions d’attribution des logements (CAL). Simplement personne ne sait vraiment ce qui se passe réellement dans une CAL, à part celles et ceux qui y participent. Ainsi de Gérard Caudron, premier vice-président en charge du logement dans la communauté urbaine de Lille, qui explique au magazine Nordway ‒ très gentiment ‒ que, dans une CAL, la transparence n’est pas recommandée : « Je suis contre l’ouverture des commissions d’attribution de logements à la presse. Cela reviendrait à organiser une fausse réunion de trois minutes et à faire la vraie ensuite, quand les journalistes seraient partis. […] Il y a de petits arrangements qu’il faut laisser à leur juste mesure. » Pas étonnant que ce zig, qui fait démonter des toits hébergeant des familles, se soit retrouvé à la barre du « faux procès » du dernier numéro de La Brique. Pour les pauvres, c’est le système D. Pour les politicards comme lui, ce sont de petits arrangements… Et si on allait dormir chez lui ?

« Quand une personne travaille pendant douze jours d'affilée, qu'elle porte des charges lourdes et qu'elle commence à demander des congés, on lui dit : "Tu te plains beaucoup." On pousse les gens à la démission. C'est limite si on ne vient pas nous chercher en pause. J'ai déjà entendu un chef dire à un collègue : "Tu transpires" ». Ceci est le témoignage d'un salarié d'Auchan City à Tourcoing qu'on pouvait lire récemment dans Liberté Hebdo. Pas géniales les conditions de travail dans la "vie Auchan" : « Quand je suis venu avec ma radio [qui montrait un décalage du bassin de 16 mm] un chef a dit : "Il n'a rien, c'est un comédien" ». De la comédie, les victimes du Rana Plaza au Bangladesh ne peuvent pas en faire. Et pourtant, ils attendent toujours leurs indemnisations suite à l'effondrement d'un bâtiment (1133 morts et des centaines de blessés) en avril 2013. Auchan a toujours démenti tout lien direct : « Ils n’ont peut-être jamais fait de commande directe, mais c’est au travers des pressions qu’ils mettent sur les prix et les sous-traitants que ce genre d’accidents arrive », souligne Juliette Renaud des Amis de la Terre. C'est donc en cet honneur que le fleuron de l'empire Mulliez a reçu un des prix Pinocchio : « Mains sales, poches pleines ». Exploiteur local, exploiteur par procuration, Auchan c'est l'exploitation sans frontières.

Nicolas Reynès. Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais ce jeune homme était candidat aux législatives de 2012 dans le Nord-Pas-de-Calais. Enfin, pas très longtemps, car il s’était vu retirer son investiture après que Nord Éclair eut révélé qu’il publiait sur sa page Facebook des photos de femmes nues trouvées sur un site estampillé IIIème Reich. Une opération « mains propres » dans la lignée de la propagande frontiste qui cherche une respectabilité qu'on espère impossible. Depuis, Reynès avait pourtant rejoint à Béziers l’équipe de campagne de Robert Ménard, soutenu par Marine Le Pen… En communiquant professionnel, le fondateur de Reporters sans frontières s’est rendu compte – un peu tard – de la bourde et a annoncé la rupture. C’est pas grave, Nicolas Reynès pourra toujours continuer à former les nouvelles générations : en effet, il est secrétaire départemental du Front national de la jeunesse de l’Hérault. Soyons compréhensif avec la tactique de Marine Le Pen : si elle virait tous les racistes de son parti, il n’y aurait plus personne.

« Il est inacceptable que notre fac devienne ou soit perçue comme la fac des fachos ». Michel M'Bala est en colère et il n'est pas tout seul. Après les propos sexistes et racistes d'étudiants de Sciences-Po Lille, après la distrib’ de tracts de groupes identitaires devant l'université de Lille 2, v'là'ti pas que Stephan Zielatkiewicz, investi au niveau du Fac bar de Lille 2, et ancien président de l'association "Gégène" (sic), selon lui « une association d’épicuriens » (re-sic), souhaite se présenter à Armentières sous l'étiquette du parti d'extrême droite. Une pétition a été lancée et adressée au doyen de la fac. Louable initiative, même si l'on sait tous que les idées de ces gens ne se combattent pas à coups de pétition…

À Erquinghem-le-Sec, Éric Pauron, maire de son état, lance à partir du 1er décembre le dispositif « Voisins vigilants ». Ainsi a-t-il signé une convention de « participation citoyenne » avec la gendarmerie. 40 habitants sur 600 se sont déjà portés volontaires. Et pour La Voix, c’est un franc succès. Pourtant si on sort la calculatrice, c'est 6,6 % des habitants qui s'y retrouvent ! Soit un succès qui tient de la minorité.

Mercredi dernier, des habitants de Saint-André recevaient dans leurs boîtes aux lettres un tract anonyme contre l'installation des Roms à l'hôpital Ulysse-Trélat. En bas de la feuille, l'adresse électronique du maire Olivier Henno. Ce dernier n’est pas l’auteur, mais ça tombe bien pour lui. En effet, l'apôtre de la vidéosurveillance en profite pour préciser à la presse qu’il s’est déjà opposé à la venue des Roms « par anticipation ». Le syndicat SUD réagit en critiquant son « double discours » jouant « la concurrence entre pauvres français et pauvres d'Europe de l'Est ». Un double discours « à visée strictement électorale »… bah oui, les municipales.

L’Autrement dit, un des journaux de patrons et de « décideurs » de la région, rapporte que « certains élus de gauche du bassin minier en viennent à envisager une "mandature de purge" » devant la possibilité de victoires du FN aux municipales. L’un d’eux aurait ainsi confié : « Laissons le [le FN] là où on ne pourra l’empêcher et préparons, très vite, notre retour de manière durable ! » Tocards ! Y’a pas d’autre mot.

L'association des Chalets de Calais a tenu son AG annuelle et, dans le droit sillage de la mairie, en profite pour se plaindre des migrants qui squattent ces cases. L'association demande une surveillance accrue, et c’est OK pour la mairie qui propose de mettre en place une société de gardiennage de 22 heures à 4 heures du matin. Un jour prochain, à Calais, vous ne pourrez plus rentrer sans passer par les barrières de barbelés, les contrôles policiers et les caméras des sociétés privées.

Le 7 juin dernier, Jean-Pierre Chevènement réagissait sur son site à la disparition de l’éléphant-roi : « C’est avec une profonde peine que j’apprends le décès de Pierre Mauroy ». Et de remuer sa plume : « Nous n’étions pas toujours d’accord […]. Mais cela n’a jamais empêché ni l’amitié ni même l’affection. » Ah ! L’amitié… mieux, l’amour : « L’homme dégageait un charme puissant. Je me remémore avec émotion tant de moments uniques, sa voix persuasive, les arabesques qu’il dessinait dans l’espace avec ses longues mains fines pour apporter à ses arguments le sceau de l’évidence. » Hé ! Hé ! Dommage que, parmi les « moments uniques » qu’il se « remémore », Chevènement n’ait pas rappelé ce beau jour de 1990, où il décrivit le « charme puissant » de Mauroy à Claude Allègre : « On ne s’en méfie jamais assez de ce type. C’est le bœuf dans la plaine. Quand il a l’air con et l’œil glauque, c’est toujours qu’il cherche à te baiser. » Jamais un éléphant n’aura fait pleurer autant de crocodiles.

Moins anecdotique cette fois-ci, et toujours dans Le 23, magazine de la MRES, on apprend l’adhésion d’une nouvelle association, Koan, qui « utilise les outils du multimédia pour accompagner la parole à propos de la ville ». Plutôt pas mal, pourrait-on penser. Sauf qu’à la lecture de l’article, la descente n’en est que plus rude. De un, son « directeur de production » n’est autre que l’ancien chef de projet de la politique de la ville sur Moulins. De deux, si le but était en 2007 de « fédérer pour travailler en direction des publics éloignés de l’offre culturelle, dans les quartiers en zone urbaine sensible », la suite est un poil différente : faire participer les citoyens aux futurs aménagements, ce qui a été fait ces deux dernières années à travers « un atelier d’urbanisme qui permet aux habitants "d’appréhender de manière active le futur quartier émergent." ». Bref, à travers l’art, comment préparer les habitants à l’inéluctable. De trois, l’association « mène aussi des actions de recherche en matière de nouvelles technologies. Dans le projet Bèlvédère 21, des chercheurs et techniciens ont mis au point un système de caméra pilotable à distance par une tablette tactile. » Un grand pas pour l’humanité, certes, mais on se demande bien ce que vient faire cette asso dans un lieu qui veut promouvoir le respect de l'environnement et les solidarités. L’article remet en cause rapidement la forte valeur non-environnementale de l’association mais s’écrase devant « le potentiel d’"innovation sociale" portée par les hackers et l’usage de logiciels libres ». Qui peut nous expliquer le sens de l’adhésion de cette asso ? La MRES aurait-elle des problèmes de thunes ?

« J'y suis ! J'y reste ! Le vin c'est trop bon ! » Voici l'étrange texto que nous avons reçu sur le portable de l'École Néogonzo de Lille (ENL). Vérification faite, c'est Erwan Letartier qui nous envoyait ses vœux en direct du salon des vins des vignerons indépendants. Exilé actuellement dans le Middle West, celui-ci nous a fait parvenir son analyse politique du salon dyonisiaque : « Comme à l'accoutumée, le deuxième ou troisième week-end de novembre, les Vignerons Indépendants tenaient salon à Lille Grand Palais. Plus de 400 exposants représentant toutes les régions viticoles "françaises", des producteurs à la biodynamie parfois chérosse (vu 115 € la boutanche de Bourgogne), d'autres au cépage moins prestigieux mais tout aussi bon (autour de 8 €), et toujours un bagou inépuisable à nous enivrer de cette passion ancestrale et my(s)thique de la vinification, un événement culturel à la théâtralité one-man-showiesque à ne pas manquer ! Du bon pinard, donc, mais aussi du public, du vieux, du jeune, du gauchiste, du droitiste, tous présents à fêter et déguster le sang de la terre. Dans ces moments, je me fais beauf à mon tour car, et c'est la coutume patriotique en ce lieu, il faut apparemment savoir mettre de côté ses exigences idéologiques... En 2014, votez Pied de Vigne ! » Si vous croisez dans une manif obscure un photographe culinaire complètement aviné, dites lui de rentrer immédiatement à l'École Néogonzo de Lille.

Le 23, magazine de la MRES (Maison Régionale de l’Environnement et des Solidarités, basée à Lille) fait peau neuve en cet automne 2013. Pour sa douzième année, l’association Roule ta plume a réuni un groupe de onze volontaires pour redessiner « un comité de rédaction élargi » tout en attirant « de nouvelles énergies, reflet de la vitalité du réseau ». L’équipe est prête à accueillir ceux ou celles qui voudraient participer. Le résultat est plutôt bien foutu, avec une mise en page aérée. Reste les sujets d’articles. Dans un petit texte intitulé « Barbouiller n’est pas déboulonner », un homme livre son expérience du collectif des Déboulonneurs lillois, qui lutte contre l’invasion des panneaux publicitaires et pour leur réglementation plus drastique (à savoir des panneaux plus petits par exemple).  On ne débattra pas ici sur le contenu, même si un esclave n’a pas à négocier le poids de ses chaînes, mais plutôt sur la motivation de l’auteur : « Je les ai rejoints en 2008. Pousser à l’achat, alors que notre mode de vie est exagérément matérialiste, me semble relever du crime contre l’humanité présente et future. » On espère juste que cet homme ne finira pas comme juge ou procureur, car les sentences risquent de dépoter.

La fille de Daniel Percheron, de son prénom Elvire, a été nommée Directrice Générale Adjointe de la mission « Attractivité et Solidarités », rattachée au pôle culturel de la Région dont son papa est président. Ce n’est pas la première fois que ce genre d’affaire de népotisme revient sur le devant de la scène. À l'époque, le site DailyNord était déjà sur le coup. Alors pour se prémunir, papa a tout prévu : un salaire inférieur (4500 balles quand même, au lieu de 7000). Et surtout un CDD car « Le Président a souhaité que son contrat ne coure que jusqu’à la fin du mandat, le 15 mars 2015 », d’après François Delagrange, directeur de cabinet. Le favoritisme en toute transparence, c’est quand même plus classe.

Ce dimanche 24 novembre aura lieu une cérémonie du souvenir pas comme les autres à l’église Saint-André de Lille ? Vous vous dites : encore ces fichues commémorations de 14-18 ! Détrompez-vous ! Cette fois-ci, c’est la très honorable association nationale PRÉSENCE-FIDÉLITÉ-GAULLISME qui bat le rappel pour « assister à la Grand’Messe solennelle traditionnelle » organisée en l’honneur du « 123ème anniversaire de la naissance (22 novembre 1890) et le 43ème anniversaire de la mort (9 novembre 1970) du Général de Gaulle. » L’office sera suivi d’un « cortège » pour se rendre à la maison natale du fils prodigue, rue Princesse. On n'imagine même pas ce qu'ils sont capables de faire pour le 18 juin 2040... Mais en même temps, ils seront tous morts.

La rupture entre socialistes et communistes à Lille ou Roubaix ne fait pas que des heureux. Ainsi à Marquillies, fief du sénateur-maire communiste Éric Bocquet, hors de question de remettre en question l’alliance politique. Ce n'est pas une surprise, et ce n’est pas Joël Mailly, son adjoint socialiste, qui le contredira : « Nous sommes dans une petite commune. Ici, on laisse nos étiquettes à la porte de la mairie. » Pourtant, si on a bien compris, c’est cela (et l’abandon des idées qui va avec) qui pousse certains communistes à partir seuls aux prochaines élections municipales.

« Je voudrais que la culture à Lille soit plus ouverte sur les populations défavorisées… Si c’est déjà le cas, tant mieux. » Jean-René Lecerf, l’UMPiste qui prétend pouvoir devenir maire de Lille, ne sait pas dire si la culture, dans cette ville, est ouverte ou non « sur les populations défavorisées » (Nordway, 11/13). En fait, la dernière fois qu’il a vécu à Lille, il était étudiant… dans les années 1970. « Il y a aussi des choses que je vais découvrir en arrivant à Lille… » C’est le moins qu’on puisse dire. En revanche, on ne saurait pas dire si, un jour ou l’autre, lui et son brame finiront par vraiment arriver à Lille.

L’UMPiste Jean-René Lecerf, selon lui-même « le meilleur candidat » pour Lille, veut tenter « une pédagogie » avec les éventuels électeurs du FN pour leur montrer que « ce vote mène à une impasse totale » : « Les ressorts [de ce parti] restent la haine des uns vis-à-vis des autres, le bouc émissaire qui un jour est l’immigré, un jour le Rom, un jour le patron » (Nordway, 11/13). Des « ressorts », en vrai, qui ont bel et bien conduit son collègue UMPiste maire de Croix, Régis Cauche, à déclarer : « Si un Croisien commet l’irréparable [contre des Roms], je le soutiendrais ». Explication… ruminante : « Il a dit une connerie », explique Lecerf, « et il a eu l’honnêteté et la franchise de le reconnaître ». Et d’insister – lourdement : « Mais tout le monde peut dire des conneries… » Pour Lecerf, donc, à l’instar du FN ou de Cauche, tout le monde peut dire des conneries xénophobes. Si avec ça, sa « pédagogie » n’attire pas les électeurs du FN…

Wesh les ami-es ! Après avoir manifesté samedi dernier pour la défense des cafés concerts, certains bars continuent de faire vivre la musique chez eux. Pour le festival bar-bars à Lille, ce jeudi 21, c’est DJ Osiris Soulquest qui sera aux platines au Café Jean : « Un mix qui navigue entre raretés et classiques Hip Hop des 90′s, leurs inspirations Soul, entremêlées de grosses lignes de basse funk et l’afrobeat le plus déjanté… » De 21 heures à minuit, yeah !

Les prostituées sortent un peu du Vieux-Lille et certaines ont fait leur apparition dans le quartier du Pré-Catelan, à la Madeleine. Ça ne plaît pas du tout au maire, Sébastien Leprêtre, qui se définissait en 2005 comme « un vieux gaulliste et un jeune UMP ». C’est pourquoi, selon La Voix, il veut installer des caméras tout en demandant « à la police municipale d’effectuer des rondes plus systématiques et même de stationner régulièrement à proximité du rond-point du Pré-Catelan ». À quelques mois des municipales, il ne fallait pas attendre plus de cet édile adepte du harcèlement anti-pauvres pour des raisons sécuritaires : en 2011, il avait déjà pris la décision d’un arrêté anti-mendicité à destination des Roms, tout en lançant une interdiction de fouiller les poubelles. Un homme de classe... Cette fois-ci, pour se justifier, le bonhomme n’a pas hésité en affirmant que « les premières victimes, ce sont les riverains ». En croisade contre toute forme de pauvreté ou de signe extérieur de domination, le jeune loup nous rappelle que la première victime de toute guerre, c’est la vérité. Et d'oublier un peu vite et trop facilement que « La prostitution, si elle n’a pas toujours eu cette forme clandestine et secrète, a toujours reposé sur une domination économique et masculine»

« Des petites maisons pré-industrielles […], il ne reste presque plus trace […]. Le quartier [de Moulins] a été soigneusement défiguré par les promoteurs et leurs immeubles froidement fonctionnels de trois ou quatre étages – résidences étudiantes comprises. La palme du mauvais goût revient au supermarché Match installé par Pierre Mauroy lui-même en lieu et place de l’Union coopérative de Lille, pourtant créée par la SFIO vers 1892. Dans cet espace de 3000 m2, on trouvait au siècle dernier une mercerie, une épicerie, un café de 200 places, une salle des fêtes et un théâtre à l’italienne avec double balcon. C’est en 1988 que Mauroy enterrait cette histoire sociale dans le sous-sol d’une galerie commerciale, parachevant ainsi son ralliement sans gloire au social-libéralisme. » Voilà ce qu’on peut lire dans le numéro 14 d’Article11, fraîchement sorti. Le canard sauvage se paye une escapade pour interroger les peintures murales de Cyop & Kaf à Naples avant de démonter l’épicerie ambulante d’Alain Soral. Un retour nécessaire sur ce que représentent les drones, des récits de luttes, du Morvan au Pays basque, des chroniques et des illustrations qui déchirent… tout ça pour trois petits euros, ça vaut bien une brève amicale !

Le 11 novembre est un jour spécial pour la mairie de Marcq-en-Baroeul. Jusqu’ici, la coutume (vieille de cinq ans) était d’organiser un défilé des élèves de Préparation militaire marine de Dunkerque et la remise du fanion pour la promotion en cours. Cette année, centenaire oblige, Denis Tonnel, adjoint au protocole à la mairie (sic), a vu les choses en plus grand : une vraie cérémonie, avec la montée des couleurs comme lors d’une prise d’armes. Tout cela devant un parterre de « scouts tout admiratifs », nous dit La Voix, tout juste sortis de leur recueillement à l’église Saint-Vincent. Du marine, du drapeau et des catho, c’est pas pour dire mais le centenaire de la Grande Boucherie commence à virer à l’obscène !

Gilles Pargneaux, premier secrétaire de la fédération du Parti socialiste du Nord (entre autres choses), n’y comprend plus rien : certaines sections communistes ont décidé de se présenter aux prochaines municipales sans les socialistes, rompant ainsi une idylle vieille de 40 ans. Cela sera le cas à Lille, Jeumont, Maubeuge ou encore Roubaix. Pargneaux condamne cette « erreur politique » : « Au niveau national, Pierre Laurent souhaite des partenariats avec le PS. Pourquoi, dans le Nord, y-a-t-il une autre attitude ? » Peut-être que pour un communiste, s’allier avec un socialiste est un mariage de raison, mais quand il s’agit d’une alliance libertine avec le Modem ou un certain Jacques Richir (à Lille), ça en devient dégueulasse.

À Noyelles-lez-Seclin, Alain Dusausoy avait honorablement laissé sa place de maire après… 25 ans de mandat (!), pour devenir « simple » conseiller municipal. Six ans plus tard, explique La Voix, « poussé par des habitants », il repart en campagne à 70 ans : « Ces six années m’ont redonné une jeunesse extraordinaire ! » Qu'on se le dise, les vieux briscards n’ont aucune limite.

Il a 72 ans, il est maire de Roubaix, une ville de quasiment 100 000 habitants, et il va se présenter aux prochaines municipales. On pourrait s’étonner de tant de vitalité et d’énergie. Mais le socialiste roubaisien n’est apparemment pas assez occupé : il vient de faire son entrée au CESER (Conseil économique, social et environnemental régional) en tant que spécialiste du logement. Une assemblée que le gouvernement veut rajeunir et féminiser. Du cumul, du vieux, de l’homme : décidément, les voies du Parti socialiste sont impénétrables.

Ça y est ! Le journal La Brique signe son retour d’un « L » qui veut dire logement ! En effet, le « journal local de critique sociale » s’attaque à l’épineuse question de l’habitat dans la ville de Lille, renommée « La fabrique de l’embourgeoisement ». Mettant fin au passage à l’idée – ou plutôt au « slogan »  de « mixité sociale », le message est clair : « Les deux derniers mandats d’Aubry ont largement intensifié l’embourgeoisement de la ville de Lille. Dans l’opacité des techniques d’aménagement, les politiques urbaines cherchent à attirer les classes moyennes supérieures, à faciliter le travail des promoteurs et propriétaires privés et à réduire l’offre de logement à bon marché. » En guise de décryptage, des enquêtes et des témoignages au Bois Habité, à Wazemmes ou encore dans la tour Marcel Bertrand. À acheter et à lire sans attendre.

S’adapter est une des règles du capitalisme, tout le monde le sait (les salariés de La Redoute à leurs dépens). Le week-end dernier, Lille Grand Palais accueillait le 53e anniversaire d’Alcooliques Anonymes France. Mais bon, comme il faut bien vivre, cette semaine : changement de cap ! Ainsi, après avoir accueilli ce mercredi le lancement des bières de noël, Lille Grand Palais accueillera ce week-end le Salon des Vins des Vignerons Indépendants. Deux évènements où l’on peut boire à volonté (ou presque) dans le plus facile anonymat.

« Mon ami Yannick Boucher ». Voici comment Bruno Bonduelle, ancien chef de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lille, parle du chef du service économique de La Voix du Nord (Éco121, 11/13). Amitié scandaleuse, crieront les mauvaises langues qui dénonceront une complicité entre un patron et un journaliste – le second, bien sûr, étant régulièrement amené à écrire sur le premier. Mais au-delà de ce qui leur semblera atteindre le degré 0 de la déontologie journalistique, elles ne pourront nier un point : quoi de plus logique qu’une histoire d’amitié entre un type qui se fait interviewer par le journal auquel il livre une chronique mensuelle, et un autre qui a la fâcheuse habitude de s’auto-interviewer ?

L’hypermarché Auchan de Faches-Thumesnil a récemment accueilli dans sa galerie marchande l’association Bomber’z art, afin de tenir un atelier d’initiation au « street art » où les artistes « ont réalisé plus de deux cents œuvres. »  Et qu’on ne s’y trompe pas, s’emballe La Voix« le street art, ce n’est pas une question de générations. On peut pratiquer à tous les âges. Seule la fibre artistique parle ! À condition bien sûr de peindre dans les endroits autorisés ! » « À condition », donc, que le « street art » ne soit plus l'art de la rue, mais l'art des galeries marchandes.

Le ministre de l’Intérieur devait se rendre jeudi 7 novembre à Calais. Une venue réclamée depuis des lustres par Natacha Bouchart, cette élue envahie par les étrangers et obnubilée par son classement en zone de sécurité prioritaire (ZSP). Pas de chance, le ministre était retenu par le lancement des commémorations de la Première guerre mondiale. Il n’empêche, deux adjoints UMP de la maire se sont fait un plaisir d’apporter leur « soutien » à une quarantaine de Calaisiens venus gerber, dans le calme, leur bile anti-immigrée.  Affichant des banderoles pour dire « stop aux squats et à l’insécurité », autrement dit les thèmes favoris de Bouchart, on se demande bien ce que Valls leur racontera quand, comme il l’a dit, il viendra à Calais. Un « Tous les Calaisiens ne sont pas intégrables » serait du meilleur goût.

Le FN n’est donc plus le seul à utiliser Facebook pour livrer des propos racistes. C’est ainsi qu’on a vu apparaître sur la page du Bureau des Étudiants de Sciences Po Lille des pensées aussi débiles qu’affligeantes. Une jeune d’origine arabe assimilée « à une trafiquante de drogue ou à un loukoum », un étudiant au nom asiatique invité « à manger des nems, le dos courbé sous le soleil des rizières… » Le directeur, Pierre Mathiot, a condamné samedi dernier les propos et « s’interroge sur le niveau de conscience des auteurs », selon La Voix. Oui, enfin, bon, nous ne sommes pas ici en face de collégiens à moitié abrutis et gavés de télé (encore que). Bourrés ou pas, leur niveau de conscience penche à droite, très à droite. Une des jeunes femmes visées hallucine que cela puisse se passer « dans cette école réputée pour former des élites ». Voilà le vrai problème, c’est de croire que « élite » rime avec « humanisme » ou « tolérance », alors que ces dernières ont déjà une large responsabilité dans la circulation des clichés. Gérard Noiriel, historien de l’immigration, le rappelait il y a quelques temps : « Aujourd’hui, c’est le discours politique qui véhicule la plupart des stéréotypes sur l’immigration ». Des lectures qu’on ne saurait que trop conseiller à ces futures élites.

Samedi soir, dans un café lillois, deux élèves de l’École Néogonzo de Lille (ENL) commencent leur soirée en discutant du traitement médiatique des Roms actuellement hébergés à la bourse du travail de Lille. Aussi sobres qu’honnêtes, nos deux comparses relèvent que La Voix et Nord Éclair font, jusqu’ici, bien leur taf, et que ça faisait un moment que ce n’était pas arrivé. « Quoi ? » interrompt un syndicaliste de l’extrême qui a commencé son apéro bien plus tôt. « Tu rigoles ? Y a que des gauchistes à La Voix ! Moi je te le dis : La Voix, c’est un journal antifasciste ! » Devant ce point de vue éminemment subjectif, nos deux élèves en sont restés bouche-bée, avant de noyer leur désarroi dans la Chimay bleue.

Éric Durand, maire UMP de Mouvaux, a décidé de faire installer 44 caméras en plus de renforcer la police municipale : un poste de police municipale tout neuf, des tonfas et des gilets pare-balles et coups de couteaux, deux VTT, deux voitures et une centrale de l’image ! Si avec ça il n’est pas réélu…

Rappelez-vous, c'était fin 2007 – début 2008, la Mairie de Lille s’enorgueillissait de la venue de « l’exposition "Passage du Temps" grâce aux œuvres de la collection François Pinault Fondation. Une première en France. » Aujourd'hui, et c'est pas une première, ce même François Pinault brade non pas sa collection d’œuvres d'art, mais des centaines de salarié-es de La Redoute. Une question de choix…

Olivier Henno (UDI), probable candidat à sa propre succession à Saint-André, expliquait récemment qu’il était « contre » l’installation – votée par son conseil municipal l'année dernière – d’une vingtaine de caméras de vidéosurveillance dans sa ville (pour 200 000 euros). Mais, avant d’ajouter que « la population ne réclamait pas spécialement de caméras », il a « rencontré des policiers, des sociétés de surveillance… et aucun, absolument aucun de ces spécialistes ne m’a dit "c’est inutile". Au contraire, ils ont répondu que c’est un outil parmi d’autres, dont on n’a pas le droit de se passer. » Ce dont Monsieur Henno pouvait donc se passer, c’était de demander son avis à la population.

Le 24 octobre, Direct-Matin-Lille-Plus – quotidien gratuit du Groupe Voix du Nord – titre en Une : « Changer le monde : et si la révolution venait des patrons ? » Changer un monde dominé par des patrons en un monde dominé par des patrons… bon sang, cette révolution serait  terrible.

Rififi dans le petit monde du football professionnel : depuis que le gouvernement a annoncé son projet de taxer les clubs à hauteur de 75% sur les plus hautes rémunérations, les clubs français ont décidé à l’unanimité de se mettre en grève le dernier week-end de novembre. L’un des plus réfractaires à cette taxation n’est autre que le président du LOSC, Michel Seydoux. Remarquez que ce dernier avait dû subir une grève victorieuse en début de saison, à savoir celle d’un joueur qui avait refusé de s’entraîner pour quitter le club. Alors, la grève, Michel Seydoux s’y résigne sans enthousiasme : « Je ne connais pas de grève populaire. Quand les aiguilleurs du ciel ou les cheminots font de même, ça ne fait pas plaisir », déclarait-il hier à Nord Éclair. Oui, enfin, quand des travailleurs font grève pour améliorer leurs conditions de travail ou sauver leurs retraites, leur action est sans doute plus populaire (dans tous les sens du terme) que celle de patrons pleins aux as qui se plaignent qu’on leur sabote leur hobby.

Après avoir interdit un festival de soutien aux migrants, la maire de Calais vient une nouvelle fois de franchir le mur du çon, cette fois-ci en utilisant sa page Facebook pour appeler les Calaisiens à prévenir par mail « […] lorsque vous voyez des No Border ou des migrants s’implanter illégalement dans une maison. […] La police pourra intervenir, en utilisant une procédure spécifiquement valable dans un délai de 48 heures à partir du constat d’intrusion, afin d’évacuer les lieux. » Dans le but également de « nettoyer ce qui est possible et de condamner le bâtiment. » N’en jetez plus ! Alors si tu es noir, arabe ou encore asiatique (bref, si tu n’es pas blanc ou blanche), et que tu habites sur Calais, et que tu as la mauvaise idée de faire un repas de famille ou de recevoir des amis assimilables à des étrangers, méfie-toi. Par contre, au lieu de revenir aux bonnes vieilles méthodes de délation citoyenne, l’École Néogonzo de Lille (ENL), naïvement optimiste dans la dignité humaine, propose aux Calaisiens d’envoyer un mail pour dénoncer tout acte de violence policière sur les migrants.

Selon l’écologiste Alfred Leclercq, il y aurait un risque de pollution des nappes phréatiques sous le stade Pierre Mauroy. La faute aux coulis employés pour combler les vides des carrières souterraines, notamment des coulis à base de cendres où on trouve des éléments radioactifs (polonium 210, uranium 234…) et divers métaux (antimoine, sélénium…). La réponse de Stéphane Dandoy, directeur d’Eiffage TP, est sans équivoque : « Les éléments radioactifs sont bien là mais sans danger. Nous avons dépassé les seuils, notamment sur le sélénium, c’est vrai, mais seulement au moment du coulis. Il n’y a plus de trace aujourd’hui. » Circulez, y a rien à voir. 

Pneus et palettes ont brûlé mercredi devant la maison d’arrêt de Béthune, bloquée par des agents pénitentiaires pour dénoncer leurs conditions de travail et réclamer du personnel. Enfin, peut-être qu’avant de réclamer du personnel, il faudrait s'interroger sur la source des problèmes : l'enfermement à tout-va. À Béthune, avec « 470 détenus pour 180 places », la prison n’a jamais autant rimé avec punition.

Ce vendredi soir, la très honorable Association de la Cause Freudienne propose la projection de « Virgin suicides », suivie d’une conférence sur le trauma à partir du film. Initiative louable, d’autant plus que cela se passe à L’Univers, un lieu de diffusion cinématographique ouvert et abordable. Mais bon, comme vous le savez, pour qu’une psychanalyse marche bien, il faut payer, et pas seulement de sa personne. Voilà pourquoi la soirée est proposée au tarif de… 10 euros, dans un lieu qui généralement offre ses projections à prix libre. La psychanalyse pour les pauvres, ce n’est pas encore pour aujourd’hui.

Lille s’est dotée, après Paris et Lyon, d’une charte hôtelière. L’objectif ? Fabriquer l’image d’une « ville d’affaires et de congrès » en facilitant « l’organisation et l’accueil de congrès de grande envergure », autrement dit de mettre à disposition 2500 chambres. Pour l’Office de tourisme et des congrès de Lille, « cette démarche donne un argument supplémentaire pour vendre Lille comme destination. » Vendre Lille, ils n’ont décidément que ça en tête.

Malgré l’interdiction du gaz de schiste récemment répétée par le Conseil constitutionnel, les industriels ne désarment pas. Ils peuvent compter pour les soutenir sur des élus, comme le socialiste Christian Bataille, député du Nord, qui a trouvé un allié en la personne de Jean-Claude Lenoir, sénateur UMP, pour constituer un rapport sur le gaz dans quelques semaines. Leurs ennemis ? Ces foutus écolos, et même ceux censés légiférer sur les impacts écologiques : « Le ministère de l'Ecologie dérape, que ce soit avec Delphine Batho et maintenant avec Philippe Martin. Les deux ministres ont interdit tour à tour des permis de recherche. » Prenant l’argument de la création d’emploi (« des dizaines de milliers en France »), ce fervent supporter du nucléaire, qui voulait il y a peu « remettre les écologistes à leur place », n’en a donc pas fini avec sa croisade pour farfouiller le sous-sol français. Son dernier rapport datant de juin 2013 montre toute l’objectivité du bonhomme : « Sur les 75 personnalités entendues par les élus, seules deux représentaient une association de défense de la nature (Greenpeace et France Nature Environnement). Soit 2,7 % des orateurs invités. Les autres intervenants travaillent pour des compagnies pétrolières, gazières, sont chercheurs ou responsables administratifs. »

Quoi ? Nous sommes le 22 octobre et vous n’avez pas encore en votre possession le CQFD de ce mois-ci ?! Rassurez-vous, votre erreur est aisément réparable, d’autant que le déplacement dans votre kiosque préféré vaudra assurément le détour. Au programme : un large retour – qui fait du bien, surtout en ce moment – sur l’histoire des luttes de l’immigration et des banlieues des trente dernières années, avec un focus sur la Marche pour l’égalité en 1983. Deux pages sur « Une police et une justice communautaires » (au Mexique) interrogent des pratiques qui peuvent nous sembler bien lointaines, complétées par un autre article directement en ligne. Vous savez ce qu'il vous reste à faire.

François Fillon s’est déplacé la semaine dernière à Lille afin de soutenir Jean-René Lecerf. En effet, ce nom ne vous dit peut-être rien mais cet homme est tout simplement le candidat de la droite à Lille. Autant dire un homme qui a la foi, ce qui ne l’empêche pas de connaître le doute, d’où son soulagement avec la venue de l’ex-premier Ministre : « C’est important de savoir qu’on n’est pas seul. » Entre grands esseulés, nos deux hommes avaient sûrement besoin de se réconforter.

À Condé-sur-l’Escaut, un bled de la région, le maire Daniel Bois ne se représentera pas à sa succession, s’arrêtant au cinquième mandat. La faute à la fatigue, mais surtout, « parce que certaines valeurs […] se sont perdues », rapporte La Voix. Par contre, certaines traditions se perpétuent, et c’est ainsi que le 10 octobre, Joël Bois, son fils-adjoint, s’est présenté à l’investiture socialiste, où il était le seul candidat. À Condé-sur-l’Escaut, la valeur famille reste donc une valeur sûre.

Bruno Noël, du syndicat de police Alliance, se plaignait récemment dans La Voix du manque de moyens et d’effectifs... et puis de justice : « La politique du gouvernement est de vider les prisons, ça ne nous satisfait pas. » Cela, certains membres du collectif de solidarité avec les Roms installés sur le campus de Lille 1, l'ont bien compris en ce jeudi 17 octobre. Aux abords du métro 4 Cantons, plusieurs cars de gendarmerie et des fourgons de police débarquent pour contrôler la centaine de personnes sur le camp. Un des membres du collectif a l’outrecuidance de demander les raisons de ce déploiement de force. Deux policiers en civils décident de contrôler son identité et, quand il s'enquiert de la leur, le plaquent contre une caravane. Une vitre se brise sous la violence du choc. S'ensuit une garde à vue de six heures : l'homme est accusé de rébellion, de possession d’arme (pour un petit couteau) et d’outrage. Pendant ce temps, une de ses camarades du collectif, souhaitant connaître son sort, est violemment jetée contre un véhicule et emmenée à son tour. Vous aurez donc compris que faute d’une justice droite dans ses bottes, la police se transforme en justicière, la police devient la loi.

Les catholiques de la région ne sont pas encore descendus de leur trip brésilien ! Cette fois, ce sont les cathos cambrésiens qui organisent ce samedi soir, de 20h30 à minuit (faut pas déconner non plus) une christothèque ! Une soirée de musique électronique catholique importée tout droit… du Brésil. L’École Néogonzo de Lille (ENL), experte en danse Liturgique Sacrément Décalée, leur propose de s’exercer à la danse de l’avion : tous et toutes en rang, les bras en croix, les participants doivent balancer leurs corpus christi d’avant en arrière sans jamais ô grand jamais se toucher. Delirium tremens garanti !

Jean-Paul Delevoye, maire UMP de Bapaume depuis 1982, lâche enfin l'affaire et laisse la place pour les prochaines municipales. En bon roi, il choisit  son dauphin en « désignant » Jean-Jacques Cottel. Problème : ce dernier est le député socialiste de la circonscription. Pour Delevoye, il faut « sortir de cet État marqué par l'appartenance politique ». Pas sûr que Jean-Jacques Cottel puisse partir en campagne avec le slogan « Le changement, c’est maintenant ! »

Le premier ministre Jean-Marc Ayrault est venu à Lille la semaine dernière devant la convention des Départements de France qui se tenait à Lille Grand Palais. Paris-Lille, Lille-Paris, quoi de mieux que de prendre l’avion ? Même si le TGV est moins coûteux et plus rapide, le bras droit du président normal voulait sûrement rappeler à tous l’inutilité de certains transports aériens, histoire de donner du grain à moudre aux zadistes de Notre-Dame-des-Landes.

Alors qu'une grande partie de la presse nationale, prise dans un élan compulsif depuis la disparition tragique d’une grosse centaine de migrants en Méditerranée, relaye l’expulsion honteuse de Léonarda, les situations d’arrestation et d’expulsion ne cessent de s’accumuler. Plusieurs lycéens parisiens se sont révoltés aujourd’hui. À Lille, comme ailleurs, les sans-papiers doivent faire avec l’enfermement et la peur. Dans la nuit de vendredi à samedi, une jeune mère a passé 12 heures au Centre de Rétention de Lesquin, arrêtée alors qu’elle se rendait à un rendez-vous avec une assistante sociale. Ayant récupéré son nourrisson de 17 mois, les agents de la PAF auraient, selon l'Ordre de Malte, placé le bébé en foyer pour pouvoir enfermer la jeune femme. Une fois cette dernière relâchée, ils étaient incapables de lui dire où était le nourrisson. Alertée, c’est la Préfecture qui a organisé la prise en charge de la famille. Manuel Valls pourra-t-il encore justifier l’action policière de se faire dans « le respect du droit et le respect des personnes » ?

Alors que de plus en plus de Français doutent de la capacité (ou de la volonté) des socialistes à mener une politique de gauche, certains parlementaires communistes de la région continuent à croire à l’utilité de listes communes PS/Front de Gauche aux municipales. Par exemple les frères Bocquet qui, l’un après l’autre, ont déclaré (La Voix, 16/10/13) : « Ne nous privons pas de tous les points d’appui qui peuvent nous faire gagner avec le PS » (Éric) et « Dans la ligne générale, nous sommes pour le rassemblement, au-delà des forces traditionnelles de la gauche » (Alain). Hé, faut bien avoir en tête que ce qui importe pour ces gars-là (comme pour la majorité de la population active), c’est avant tout d’avoir un job.

À Avesnes-sur-Helpe, on boit trop. Et trop bruyamment. En tout cas, c’est l’avis du maire, Alain Poyart, apôtre de la vidéo-surveillance, et de son conseil municipal. Le 2 octobre dernier, les quartiers Peltrisot, Verdun et l'Alsacienne ont été ciblés par un arrêté anti-alcool. Boire en zone sobre à Avesnes aura donc un coût : une quarantaine d'euros. Et 150 euros (avec la cellule de dégrisement) pour ivresse publique manifeste. Avesnois, Avesnoises, s’il vous fallait un dernier argument pour quitter votre bled, vous l’avez trouvé !

À Calais, du 14 au 20 octobre devait se tenir le festival « À l’uni son, united people festival », organisé par des bénévoles engagés auprès des migrants, en partenariat avec la Maison pour Tous de Calais. C’était sans compter sur Natacha Bouchart, la maire ultra-UMPiste de la ville, qui a notifié son « refus absolu de la tenue du festival ». Prétextant la souffrance des Calaisiens suite à la présence des migrants, celle qui fait cause commune avec un ancien du Front National juge comme une « maladresse à la limite de la provocation de faire un festival ayant pour projet le soutien à la cause des migrants ». Accusant les bénévoles « d’attiser la tension », l’édile finit son dégueuli journalier en jugeant que le festival ne respecte pas la convention signée, à savoir proposer des « activités récréatives et éducatives variées, physiques, intellectuelles, artistiques, sportives, civiques, sociales, etc. » En effet, le méchant programme du festival prévoyait « une exposition de 6 artistes […], un "Cabaret du peuple" concernant les migrations dans le Nord Pas de Calais, ainsi que deux soirées de concerts avec plus de 10 groupes de musique. » Natacha Bouchart voit le mal partout, surtout chez les migrants. Opposer les peuples plutôt que dialoguer, rendre les étrangers boucs émissaires, une philosophie qui résume toute son action politique.

« Que ce soit clair. Nous, on ne cherche pas de militants actifs. On veut juste des noms. Le plus important, ce sont les huit ou dix premiers, mais les autres, leur seule utilité est de nous permettre de constituer la liste et de nous présenter. » Piégée par La Voix, Françoise Coolzaet, candidate du parti d’extrême droite à Roubaix, est en galère de noms. Tout ce qu’on lui souhaite, c’est qu’elle le reste.

La semaine dernière, 50 étudiants en BTS vente d'un lycée d'Armentières ont eu pour mission de stage de démarcher les abonnés de La Voix du Nord. Leur objectif : « fidéliser les lecteurs », un exercice s’inscrivant dans le module « négociation et relation clients » (sic). Tout cela avec un enseignement approprié concocté par leur prof : « Accroche argumentaire et force de conviction ». L’histoire ne dit pas quelle force de conviction et quel argumentaire ce prof a utilisé pour les pousser à accepter ce travail gratuit.

Vendredi dernier, pour son émission diffusée en direct sur Wéo (télé Voix du Nord), le Comité Grand Lille (club des patrons lillois) a invité des patrons belges dont l’administrateur délégué du Groupe Rossel (propriétaire du Groupe Voix du Nord). Ces derniers, explique La Voix le lendemain, déplorent que les Français n’apprennent pas le néerlandais. Il n’en faut pas plus pour convaincre le quotidien qui, ce même jour et trois pages plus loin, publie un article intitulé « Le néerlandais, un atout pour réussir sa vie professionnelle chez nos voisins ». Avoir une télé et un journal pour diffuser ses idées de patron, c’est quand même pas de trop.

Lille.sous-surveillance.net est né ! Le principe ? « Une cartographie participative, collaborative et accessible au plus grand nombre », permettant de « rendre visible la prolifération des caméras tout en collectant un maximum d’informations les concernant ». Dès maintenant, et comme c’est le cas dans d’autres villes, les caméras de surveillance lilloises sont mises sous surveillance. Faites y un tour, une petite centaine d’entre elles sont déjà répertoriées.

Noursoultan Abichevitch Nazarbayev a été élu président du Kazakhstan avec 95,5% des suffrages. Gurbanguly Berdimuhamedow est devenu le président du Turkménistan avec 97,14%. Bachar el-Assad, en Syrie, avec 97,6%. Ismaïl Omar Guelleh, lui, président de Djibouti avec 100%. Et, « sans surprise », nous dit La Voix, « Martine Aubry a été plébiscitée à 97,20% des voix » à l’issue des primaires socialistes organisées pour désigner les têtes de listes des municipales. Plouf… étant donné qu’Aubry était la seule candidate à sa propre succession, son 97,20% est petit. Très petit.

Dominique Baert, député-maire de Wattrelos, a récemment déclaré : « J’ai été élu pour gérer le bien-être et le bien vivre de mes concitoyens ; les Roms n’en font pas partie, c’est une évidence. » On ne s'étonnera pas que ce dernier, grand défenseur de Cahuzac, soit un fervent supporter de Valls, dont il vient de signer une pétition de soutien. Or, lundi 1er octobre, sa maison est cambriolée. Des empreintes sont relevées et conduisent plus rapidement qu'il ne le faut pour l'écrire à l’arrestation de « trois membres de la communauté rom ». Trois jours plus tard, l’une des trois est condamnée à 18 mois de prison. L'avocat a beau dénoncé une enquête précipitée, rien n'y change. En revanche, on ne doute pas que la justice prendra le temps qu’il faut pour examiner la plainte déposée par le MRAP à l’encontre de Valls pour « provocation à la violence, la haine et la discrimination raciste ». Ou pour la classer sans suite.

À Verlinghem, la construction d'une salle polyvalente suscite l'opposition de nombre de riverains. Devant l'impassibilité de Jacques Houssin, le maire de droite de la commune, des habitants ont d'abord lancé une pétition avant de se mettre à coller des tracts, y compris, ô sacrilège, sur les panneaux municipaux. C'en est - presque - trop pour l'ancien suppléant de Daubresse à l'Assemblée, qui menace de « porter plainte » si les opposants venaient à « utiliser des règles qui ne sont plus légales. » Non mais franchement, c'est quoi ces gens qui viennent se mêler des aménagements décidés par les pouvoirs publics ? 

« Je m'étonne que la Commission européenne confonde le droit de circuler en Europe pour tous les Européens avec je ne sais quel droit de s'installer partout sans respect du droit et des règles des pays visités. » Gérard Caudron, le maire de Villeneuve d'Ascq, ne parle pas de Mittal ou d'un autre capitaliste sans vergogne. Il fait juste comme les autres et déclare son hostilité aux Roms. Nous nous étonnons aussi : comment un homme qui se dit de gauche peut-il encore confondre la liberté d'expression et la liberté de dire n'importe quoi ?

Après la droite, après la gauche, c'est au tour des patrons de prendre le pli : une trentaine de chefs d'entreprises de Croix et de Wasquehal se sont fendus d'une lettre à leur ministre préféré, Manuel Valls, pour faire évacuer le campement rom situé à cheval sur les deux villes. On sait maintenant ce qui fait consensus chez les dirigeants.

Pas de « Billet » de Bruno Bonduelle dans le dernier numéro d’Éco121, organe de propagande de son camp. Mais que les fans se rassurent, le super patron (« éternel agitateur d’idées », qui à 80 balais « n’a rien perdu de sa verve ») a, cette fois, son « grand angle ». Interview de deux pages, séance photo dans le canapé de son séjour, en petit pull à col roulé Burberry, détendu. Sinon, des infos ? Oui : « LMCU, dit-il, est un déni de démocratie ». Bon, d’accord, ça on le savait déjà.

La maire de Calais Natacha Bouchart avait invité Manuel Valls pour mettre tout le monde d’accord sur la politique sécuritaire. Mais elle l’attend toujours. Alors, impatiente, elle a trouvé le remplaçant idéal. Jeudi prochain, à la place de Mister le Ministeur de l’Intérieur, Calais aura Guillaume Peltier. Vice-président de l’UMP, ancien du FN, fondateur de la Droite Forte, souhaitant supprimer l’Aide Médicale de l’État (AME) pour les étrangers, imposer des journalistes de droite dans les médias et/ou supprimer le droit de grève des enseignants… mais pourquoi Bouchart n’a pas pensé à lui plus tôt pour mettre tout le monde d’accord sur la politique sécuritaire ?

Alors que la Fédération des Conseils de Parents d’Élèves (FCPE) organisait la semaine dernière des pesées de cartables pour dénoncer leur surcharge, le groupe scolaire catholique Saint-Vincent de Loos a trouvé une solution : bénir les cartables des enfants de la main d’un vrai prêtre. Et dans cinquante ans, quand ils seront vieux, ils iront à Lourdes pour soigner leur mal de dos. Dieu a vraiment tout prévu.

« "Liberté Hebdo" est en péril ». Dans son dernier numéro le journal communiste de la région explique que « son avenir n’est pas assuré », au regard de ses « difficultés financières [qui] se sont aggravées ces dernières semaines ». C’est peut-être bientôt la fin, voire très prochainement. Ceci dit, selon une rumeur indécrottable, il ne serait pas impensable que le Groupe Voix du Nord, soutenu par le Groupe Partouche, crée un journal communiste dans l’unique but de vendre un peu plus d’espaces publicitaires à ses annonceurs. Pas d’inquiétude alors. Enfin presque.

Vous ne connaissez peut-être pas Mister Luc Doublet, mais le magazine Nordway lui consacre six pages dans son dernier numéro. Vous vous dites, six pages, y’a qu’un patron pour avoir six pages dans une publication du Groupe Voix du Nord… et vous avez raison. Il s’agit d’un capitaliste qui vend la région à l’étranger (voir La Brique n°36) et qui a, vraisemblablement à cause de son « cerveau global » — « quand vous avez un cerveau global, vous voyez très vite la solution à un problème » —, rebaptisé le Nord-Pas de Calais — « c’est invendable » — en « Lille Région » que « tout le monde comprend ! » Or Doublet explique au journaliste, à une « vitesse cosmique » : « nous avons un discours d’une précision diabolique qui vend "Lille Région" comme on vend une lessive. » Pour un patron, le Nord c’est pas plus con qu’une lessive.

Le groupe Partouche, et cela nous réjouit, connaît de grosses difficultés financières liées à des remboursements et des paiements de dettes. Première bonne nouvelle, l’accord avec le LOSC concernant le sponsoring maillot prendra fin cette année et ne devrait pas être reconduit. Ça évitera de voir des crétins se balader avec leurs publicités ambulantes sur le torse dans la ville. Mais faudrait pas déconner non plus. Partouche en difficulté, et c’est toute la ville de Saint-Amand-les-Eaux qui tremble. Alain Bocquet, le député-maire mondialement célèbre depuis son Marx, et ça repart !, décide donc de monter au créneau : « C’est l’un de nos premiers contributeurs. La taxe sur les jeux, c’est près de 5 millions d’euros ». Entre les valeurs et le pragmatisme, on peut toujours faire confiance aux communistes pour fermer les yeux et crier fort.

Mardi dernier, une cinquantaine de manifestants relayait en face de l’Hôtel de département la grève de l’Unité territoriale de prévention et d'action sociale (UTPAS) d'Haubourdin. Une grève pour protester contre une responsable et ses méthodes de gestion du personnel, que dénonce le syndicat SUD. Le lendemain, Patrick Kanner, président du Conseil général, se fend d’un communiqué et accuse SUD d’exploiter le malaise des agents « pour mettre en cause violemment la responsable. » Donc voilà, quand un dirigeant socialiste apprend qu’une responsable est mise en cause par un syndicat, il ferme les portes d’accès de l’Hôtel de département, parle franchement de manipulation, et traite ses propres agents de moutons à la solde du gauchisme international. Qui a dit que Monsieur Kanner était de gauche ?

Ils étaient une cinquantaine à manifester bloquant l'accès à un ferry à Calais mercredi dernier. Occupation pacifique, puis grève de la faim. Les actes et les mots sont forts : « En France, on dort dans les rues, aidez-nous à rejoindre l'Angleterre. » Certains osant même dire qu'ils vivent « comme des chiens ». On attend avec impatience la réaction du ministère de l'Intérieur qui hésite encore, selon les rumeurs, à les déclarer comme « inintégrables »  ou à accuser Damas et El-Assad d'être à l'origine de ce complot médiatique. Il ne se passe rien à Calais.

Les mairies d’Haubourdin et de Loos travaillent ensemble au bien-vivre de leurs administrés. En 2014, les deux villes installeront respectivement vingt-six et trente et une caméras de surveillance. Bernard Delaby (Divers Droite)  et Daniel Rondelaere (PS) ont donc réussi à surmonter leurs clivages politiques. Une union sur l’autel de la sécurité, histoire de bien préparer le centenaire de la Grande Guerre ?

Ce week-end, La Voix du Nord a fait fort. Le journal a décidé de relayer l’action Slutwalk à Lille qui consiste à dénoncer le viol. En Une du journal apparaît ce bandeau : « Elles n’ont pas fait le choix d’être violées ». Sous-entendu, des femmes feraient le choix d’être violées. De plus, l'article est confié à un journaliste à l'humour mal placé ou très ironique. Dès le début de son article, il annonce le ton : « Du soleil, une cohorte de jolies filles. L’essentiel est ailleurs ». On ne veut même pas savoir ce que ressentait cette nouvelle victime de l’essentialisme.

La Voix du Nord consacre une page au « visage de l’actualité », à savoir Jordan, 22 ans, « un des Ch’tis à Hollywood » (01/10). Interview de haute volée dans laquelle ce héros de télé réalité évoque « sa philosophie de la drague ». Le journaleux : « Quelle est votre meilleure technique de drague ? » Jordan : « Je fais pas le crevard, je me jette pas sur la nana ». Le journaleux : « Est-ce que vous dragueriez la femme de votre meilleur ami ? » Jordan : « Non, jamais je ne me permettrais. Je ne vais pas draguer une meuf comme un chien […]. Pour moi, une fille, c’est une fille ». Enfin, le journaleux : « Qu’est-ce qui vous fait craquer chez une fille ? » Jordan : « Ça peut être une bombe sexuelle, si elle n’a rien dans le citron, ça va rien me faire ». Oui, c’est bel et bien un journal d’informations qui livre ces crétineries à plus d’un million de personnes, chaque jour.

Dans la Zone de Sécurité Prioritaire Roubaix-Wattrelos-Tourcoing, selon un capitaine de police interrogé par La Voix (01/10), il « s’agit surtout pour nous d’être présents, de montrer qu’il n’y a pas de zone de non-droit, que la police peut aller partout ». Lundi, une opération de police a conduit à une saisie de « projectiles sur les toits des immeubles de l’Alma », « prêts » – notre reporter de guerre n’en doute pas – « à être jetés sur les pompiers ou les forces de l’ordre ». C’est donc la guérilla urbaine à Roubaix, où les bâtiments de l’Alma sont « propices » – oui, propices – « aux guets-apens ». Cette fois, en plus de cinquante flics, « un avion de la police aux frontières a survolé le secteur » pour anticiper « tout mouvement hostile ». Non mais on est où,  ?

« J’ai mal vécu cette période pour Pierre Mauroy ». Devant la caméra de Grand Lille TV, Aubry revient sur les critiques visant l’attribution du nom d’un éléphant mort au Grand Stade : « Salir ce beau geste que nous avons pris tous ensemble pour raconter des contre-vérités, volontaires ou non je n’en sais rien mais de toute façon sans intérêt, euh c’est pas bien. Moi ça me faisait de la peine pour Pierre Mauroy ». Le pauvre, d’où il se trouve, doit être dégoûté qu’on le bafoue à coups de « contre-vérités sans intérêt » : « Quelques millions d’euros perdus pour la communauté », se dit-il peut-être en sirotant un Lagavulin 16 ans d’âge, confortablement installé sur un lit de nuages immaculés, aux côtés de Stéphane Hessel et Martin Luther King, « y’a pas de quoi fouetter un chat, quand même, les gars ! Ils nous emmerdent à la fin ! Toujours en train de râler parce qu’on prend leur fric pour construire des trucs chouettes comme ce gros machin en béton… Pffff ! J’vous jure, les gars ! De toute façon, ils iront se faire foutre car Martine a trouvé de la thune ailleurs : une banque, une grande surface et un promoteur, et bim ! » Qu’est-ce qu’on s’emmerde au paradis.

Jacques Mutez, candidat à la mairie de Lille, a annoncé ses premières propositions, explique La Voix, samedi dans l’Hôtel des Tours : « Nous serons dans la radicalité ou dans le radicalisme », a-t-il dit, « mais ce qui est sûr c’est que je garde des valeurs radicales ». En effet, on peut difficilement faire plus radical que ce partisan du vote automobile qui souhaite améliorer la « brigade verte », augmenter le nombre de places de parking ou encore « renforcer la police ». Les foules en tremblent d’avance.

Au début du mois, à Marcq-en-Barœul, l’ancien président de l’Association familiale Mulliez, André Leclercq, a été adoubé Chevalier de l’Ordre national du mérite pour sa « fondation de bienfaisance » AnBer. Créée avec sa femme Bernadette Mulliez (qui, soit dit en passant, n’a pas eu droit à une médaille), la fondation s’inscrit dans la droite ligne du « catholicisme social des industriels d’entre deux guerres ». Autrement dit charité chrétienne, paternalisme patronal ou, pour La Voix du Nord : « solidarité », « repère humaniste », « bâton de pèlerin ». Qu’on se rassure, cette prose élogieuse a été composée par un homme qui s’auto-interviewe à la télé (oui, vous avez bien compris). À ne surtout pas prendre au sérieux.

Le Centre Spirituel du Hautmont (Mouvaux) organise un jour de réflexion sur le thème du travail pour le « réenchanter ». Des prières sont prévues bien sûr,  mais aussi des conférences animées par des prêtres et… des patrons. Moment fort en ouverture des festivités, le 4 octobre, Vianney Mulliez (président du groupe Auchan) et Bertrand Révillion (journaliste et expert auprès de l'Association pour le Progrès du Management) bavarderont autour de la question « Le travail a-t-il encore un sens ? » Pour eux : aucun doute. Pour les travailleurs ?

Des puces RFID, des capteurs intégrés aux accoudoirs, un bracelet permettant de « tracer » le patient, ces innovations arriveront dès octobre à l'hôpital Claude Huriez. Le CHRU surfe sur la modernité technologique pour suivre les malades... c'est autant d'entourage humain en moins.

Mauroy n'en finit pas d'être mort. Après la mairie et la métropole, cumul des casquettes oblige, c'est au tour du Conseil régional du Nord-Pas de Calais de rendre hommage au Géant des Flandres dans son organe de propagande Mon Nord-Pas de Calais. Bon sang, combien de fois ce mec peut-il mourir ?

Afin d’aider les jeunes à bien choisir leur orientation post-BAC, et donc soutenir l’Effort National, Grand Lille TV donne la parole à un général de l’Armée de Terre : « Nous continuons toujours à recruter, en permanence, et nous recruterons toujours, parce que nous avons besoin d’une armée jeune ». Et en termes de campagne de recrutement, finalement, rien de plus efficace qu’une bonne vieille guerre comme avant : « On peut dire qu’aux mois de janvier-février, on a senti plus de gens venir… il peut y avoir un peu plus de crainte de la part des parents… on voit bien, une maman aura plutôt tendance à peut-être freiner les ardeurs de ses enfants. Inversement il est indéniable qu’une campagne comme le Mali a plutôt eu des effets positifs en matière de recrutement. » Inverser la courbe du chômage, qu’on nous dit.

À Lille – c’est des scientifiques qui le disent –, on se fait péter la cervelle bien plus qu’ailleurs. Par exemple, à Lille, on sniffe dix fois plus de cocaïne que la moyenne française, on consomme 407 mg de méthadone par jour pour 1000 habitants et on fume cinq fois plus d’herbe qu’à Amsterdam. Ça explique beaucoup de choses.

Bruno Motte est catégorique. Éco121 est un journal qui déchire parce qu'il « met à l'honneur ces dirigeants – héros des temps modernes encore trop mal connus – qui risquent leur propre argent, affrontent les tempêtes. » Dur dur d’être un héritier, issu d’une grande et fortunée famille de patrons dont les premiers business remontent au XIXe siècle voire celui d’avant, comme celle des Motte-Bossut.

En décidant de baptiser le Grand Stade de la métropole lilloise du nom d’un éléphant mort, déclare Éric Quiquet, « on a tout mélangé, émotion, hommage, politique. On a fait n'importe quoi ». Hélas c’est pas la première, et ce n’est pas la dernière fois que vous ferez n’importe quoi.

Dans les magasins Match, on sait soigner sa clientèle et son personnel. Particulièrement les femmes, objets de multiples attentions. Ainsi, les caissières arboraient il y a peu un magnifique badge « Schtroumpfette, je suis là vous aider. » Par ailleurs, à Ronchin, le parking du Match, comme beaucoup d’autres enseignes commerciales, a dédié deux places de parking pour les femmes avec enfants. Et histoire que tout le monde comprenne bien à qui sont réservés ces emplacements, ils ont été coloriés en rose, avec une silhouette de femme et une d’enfant. Avec Match, pas de doute, chacun(e) est à sa place

Ça y est ! Ou presque. Les petits panneaux triangulaires installés sous les feux tricolores vont permettre aux cyclistes lillois de faire en toute légalité ce qu’ils faisaient déjà en toute impunité, à savoir passer les feux rouges tout droit ou vers la droite. Comme quoi, désobéir peut donner de bonnes idées. 

Régis Cauche, le maire UMP de Croix – une des villes les plus riches du pays –, n'en peut plus des Roms et veut que tout le monde le sache. Ce week-end, sûrement exalté par les Journées du patrimoine, l'édile se lâche dans La Voix : « Les Roms n’ont rien à faire à Croix. Oui, s’il y a un dérapage, j’apporterai mon soutien. La population en a assez. » Depuis, Cauche est revenu sur ses propos, mais peu importe. Le 15 septembre, il proposait déjà une autre solution : « On devrait mobiliser les Casques bleus pour ramener les Roms chez eux et les garder sur un territoire qui serait le leur. » Le cowboy pensait-il au modèle américain et à ses réserves d'Indiens ? Ou à toute autre déportation ? Non, ça lui est venu comme ça, et c’est précisément le plus flippant.

Et oui, on ne va bientôt plus compter les années, tellement l’équipe de CQFD semble réglée comme une montre suisse. C’est donc avec l'impatience d'un junky que nous avons découvert en kiosque ce week-end le numéro 114 de CQFD, le mensuel de critique et d’expérimentations sociales. Outre les rubriques habituelles, le journal s’attarde longuement sur la came et offre un regard intéressant, de Marseille au Mexique, sur cette guerre perdue contre la drogue. Avec sa volonté chronique de pérenniser le journal, l’équipe n’en oublie pas de lancer un nouvel appel : « Nous cherchons des lieux singuliers, hors des kiosques, pour distribuer CQFD : locaux associatifs, librairies, médiathèques, cafés, repaires de réfractaires, souks, phares bretons, etc. Envoyez-nous vos meilleures adresses. » L’info est passée, à vous de faire tourner…

L’Express a publié son palmarès des cumulards la semaine dernière. Résultat des courses : Michel Delebarre Ier, maire de Dunkerque, président de la Communauté Urbaine et sénateur du Nord, facture 23 fonctions ou présidences de divers conseils, agences ou syndicats mixtes. Cela n’a pas l’air de gêner le lauréat qui s’est fendu d’un communiqué au titre évocateur : « Le cumul, utile au Dunkerquois ». On passera sur ses indemnités d’élus (8872 euros mensuels), auquel il faut rajouter une retraite de préfet (sans jamais exercer les fonctions) et « quelques jetons de présence en tant que représentant des collectivités territoriales au conseil d’orientation et de surveillance de la Caisse d’épargne Nord France Europe. » Ah oui, si vous ne le savez pas encore, notre homme est socialiste et François Hollande l’a nommé en mai dernier président de l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine. Le-changement-pour-maintenant, en fait, c’est pour plus tard. Sans rancune.

Comme Stéphane Hessel, Tony Parker a reçu la médaille de la Ville de Lille. Des mains de Martine Aubry. On ne sait pas trop ce que le basketteur, ni ce que l’Indigné ont apporté aux Lillois, et à vrai dire on s'en fout.

Les rives de la Haute-Deûle, autrement dit Euratechnologies, ont reçu cette semaine le label « Écoquartier ». L'occasion pour la socialiste Martine Aubry de jubiler et de définir sa vision de la vie urbaine : « Dans ces quartiers, il faut mêler les fonctions : dormir, travailler, s'amuser. Dans des quartiers comme Lille-Sud ou Moulins, nos efforts vont également dans ce sens. » Nous endormir, nous faire bosser et nous divertir, le grand capital tremble devant ce programme révolutionnaire !

À Roubaix, on voit les choses en grand. La mairie socialiste envisage de piétonniser le centre-ville, sur le modèle de la rue de Béthune à Lille. Hum. Surtout, un agent municipal a été recruté pour faire l'intermédiaire entre la mairie et les commerçants du centre. Le but ? Créer une ambiance shopping à Roubaix. Ça doit faire rêver les habitants de la grande ville la plus pauvre de France.

C'est fait, la femme qui suggère l'autocensure aux médias alternatifs, Violette Spillebout, s'engage sur la liste de Martine Aubry pour les prochaines municipales. Apparemment, La Voix attendait cela avec impatience : « Gageons que cela ne sera pas pour une position en fin de liste ». Violette Spillebout est décidément l'amie des médias.

C'est Quiquet qui le dit : « Nous serons loyaux mais pas gogo. » Le candidat malheureux à l'investiture verte aux municipales prévient donc les socialistes : pas question de soutenir aveuglément Martine Aubry. Et si celle-ci s'allie une nouvelle fois avec le Modem, ne doutons pas que les Verts sauront prendre les décisions qui s'imposent.

Très prolixe, l'homme de l'ultime espoir, Philippe Delannoy, décrit son expérience de « simple conseiller de quartier » à Roubaix : « J’ai vécu la fumisterie de la démocratie participative ! Au début, on était une centaine de personnes, une population diverse bien représentée. Maintenant vous avez plus de représentants de la mairie que de citoyens. » Il s’interroge, faussement naïf : « Pourquoi alors [que] nous étions une centaine au premier conseil de quartier, il n’y a plus que 10 à 20 personnes aujourd’hui ? » On vous laisse trouver la réponse.

 

Non, ce n'est pas une nouvelle opération culturelle ou le dernier film catastrophe (encore que), mais juste le nom d'une liste citoyenne pour les élections municipales de l'année prochaine. Une liste portée par Philippe Delannoy, et issue de « différents collectifs qui ont tenté de travailler avec l’équipe municipale pour améliorer l’image de la ville. » Devant « l’inertie rencontrée », Philippe Delannoy a rédigé un long état des lieux qui mérite lecture. Ses propositions révolutionnaires tournent autour de l'installation de caméras mobiles pour la propreté ou encore un couvre-feu pour les moins de 15 ans. Sans compter le refoulement de Roms, dont « la moindre implantation sauvage doit être refoulée au jour le jour » (oui, oui, les mots sont dans la même phrase...). L'ultime espoir pourrait bien être votre dernier cauchemar.

« Je prie pour la police car elle mérite notre attention et notre considération. Des policiers m'ont confié qu'ils avaient un peu honte quand ils procédaient à des expulsions. Je leur ai dit que j'étais triste pour eux, car leur travail remet en cause leurs qualités humaines. » Y avait-il de la drogue dans l'hostie ? De l'eau de vie dans le vin ? En tout cas, les experts scientifiques travaillent d'arrache-pied pour comprendre les propos du Père Arthur, très proche des Roms, dans La Voix du Nord de ce samedi. Si certains penchent pour un accès de délire bref et intense, d'autres émettent l'hypothèse d'un simple burn-out post-orgasme.

C'est peut-être un détail pour vous, mais pour eux ça veut dire beaucoup. Francis Hollande était mardi dernier à Denain pour célébrer la semaine des quatre jours et demi. Pas rancuniers les Denaisiens... Eux qui attendent le changement depuis plusieurs décennies se sont contentés de bains de foule, de serrages de main et de douces attentions pour les enfants. Et puis, on va pas cracher dans la soupe, la visite de Hollande aura au moins permis que les espaces verts soient nettoyés. Olé !

Hervé-Marie Morelle a enfin trouvé où se caser. Éjecté avant même le départ des municipales de Faches-Thumesnil, où il s'était lui-même annoncé, l'homme qui a fondé sa propre agence de presse est pressenti aujourd'hui à la tête d'une liste apolitique à Lezennes. Selon La Voix, « rien d'officiel » mais il aurait déjà fait de l'association « Citoyens de Lezennes » son marche-pied. En se baladant cinq minutes sur leur blog, on peut remarquer que la question d'un village de Roms occupe une grande partie de leurs inquiétudes. Ce mec n'a donc aucune limite. Hervé-Marie Morelle, où l'histoire d'un homme qui se voit en De Gaulle. Dommage pour lui, de la carrière de l'auteur de l'Appel du 18 juin, il ne connaîtra que la Traversée du désert !

Vous l'avez peut-être remarqué pendant la braderie, des policiers à cheval arpentaient les rues lilloises. De quoi donner des idées, dont La Voix se fait l'écho. Ainsi, selon l'inspecteur Michel Lison, de la police fédérale belge à cheval : « Les chevaux ont un effet sympathique sur les gens, ça renforce la côté police de proximité ». Bah oui, à force de voir des robocops partout, on en oublierait presque que derrière chaque policier se cache un animal.

Les restaurateurs se plaignent : la braderie a vu leurs chiffres d'affaires en nette baisse. La faute, selon eux et La Voix, à la crise et aux retards de salaires... Oué. Parce qu'un moule-frites à douze euros servi dans des barquettes en plastique, avec des frites surgelées même pas cuites, des moules d'élevage intensif sans goût et une montagne de poubelles qui puent devant vous, ça vous semble pas un peu abusé ?

 

Des militants UMP ont déroulé des affiches de Jean-René Lecerf à l'occasion du coup d'envoi du semi-marathon de la braderie donné par Martine Aubry. Pas peu fier de ce coup d'éclat (tant imprévisible qu’invisible), l'homme au slogan « Un autre Lille est possible » et, soit dit en passant, grand-père d’un surdoué de 18 mois, s'enorgueillit : « Elle ne m’apprécie guère ». Selon une rumeur persistante, Aubry, en lisant cela dans le journal, aurait demandé à sa dir’cab : « Mais c’est qui ce Lecerf ?! »

Natacha Bouchart, maire de Calais, se sent comme envahie. Avec l'ouverture d'un squat, rue des Quatre-Coins, et l'arrivée de Syriens dans la région cet été, elle en a appelé à Manuel Valls pour sauver sa ville et la nation au passage : « C’est un phénomène assez récent ces squats. Depuis août 2012, des No Borders, qui ne sont même pas français, se sont installés de façon pérenne, ils entrent par effraction dans des immeubles, des maisons, appartenant à des propriétaires privés ou à des collectivités ». Des propriétaires qui tardent à se manifester par ailleurs, et comme il vaut mieux un logement vide qu'un logement squatté par des étrangers, l'édile attend un coup de pouce de la justice et un classement en Zone de Sécurité Prioritaire, autrement dit plus de flics. « C’est un scandale, nous sommes dans un État de droit et ce sont des étrangers qui viennent perturber notre cité et la vie des citoyens calaisiens. » Si avec ça elle n'est pas réélue...

Toute l’ENL est prévenue : la braderie 2013 sera placée sous le signe de la sobriété. Au nom de la lutte contre l’alcoolisation excessive, c’est une vraie machine de guerre que lance la mairie lilloise avec l’opération « Prévention alcool Braderie » : pas de vente d’alcool après 22 heures, pas de bouteille en verre sur la voie publique et pas question d’y consommer de l’alcool. Bien sûr, pour ceux qui se voient déjà en Al Capone de la fête, les 134 agents de la police municipale se chargeront de jouer le rôle d’Elliot Ness. Plusieurs bars et discothèques participeront à l’orgie de sobriété avec l’affiche « La fête est belle. Ne la gâchez pas ! » Jacques Richir, le Monsieur Propre de la mairie, se réjouit déjà de cet « événement sûr et familial », à qui l’ENL envoie ses  sincères condoléances.

Pas loin d’Hénin-Beaumont, dans une petite ville répondant au nom de Leforest, les fachos sont de sortie. Dans la nuit de vendredi à samedi, nous dit La Voix, ils ont laissé leurs traces sur les murs. De la peinture comme une urine nauséabonde de chiens galeux pissant sur la mort de Clément Méric.

Selon un reportage de France 3 NPDC, « les stocks de sang diminuent et atteignent un seuil critique » dans la région. Une semaine de réserve, alors qu’il en faut deux. Comment y remédier ? Déjà, ne surtout pas compter sur la police municipale de Tourcoing dont le sang ne fait qu’un tour quand il s’agit de verbaliser : ce matin, une flopée de donneurs qui avaient garé leurs caisses devant un centre de don, l’ont bien compris. La police sait toujours récompenser les citoyens honnêtes.

« Du foutage de gueule ! » Voilà ce qui est sorti de la bouche du directeur de l’ENL à la lecture du dernier dépliant publicitaire de la mairie de Lille. Sorte de carte touristique, « Parcours Art Mural » aide à « dénicher les créations qui transforment les rues en véritables galeries d’art. » Une série de graffiti et de fresques réalisés pour la plupart dans le cadre de la très institutionnelle Biennale Internationale d’Art Mural. Petite exception, « les poissons de Lille » par un « artiste anonyme » : « Disséminés dans toute la ville, ils jalonneront ce parcours. Partez à leur recherche et ouvrez l’œil ! » Pauvres poissons ! Ils sont illégaux, leurs auteurs risquent l’interpellation et voilà que la mairie se les approprie tout en regrettant que « les œuvres de street art sont éphémères. Elles ne durent, pour certaines, que quelques années ». Tu m’étonnes, c’est cette même mairie qui met tous les ans un gros paquet de pognon sur la table pour les effacer, ces fameuses « œuvres de street art » ! Prochainement sur Lille43000, retrouvez notre – le seul, l’unique, le vrai ! – « Contre-Parcours Art Mural ».

En octobre, Lille3000 (l’asso ultra-subventionnée du mec le plus branché de la métropole voire de France) offrira le Tripostal au collectionneur d’art Emmanuel Perrotin pour fêter les 25 ans de sa galerie parisienne. Luxueuse, « cette exposition sera l’occasion de rendre compte de la vision d’un galeriste français ». Un galeriste qui déclare par ailleurs : « Faut pas se tromper : le milieu de l’art est au minimum celui de la middle class ! » L’entrée de son expo sera payante. On y verra autant d’œuvres imbuvables que crétines ou, la plupart du temps finalement, totalement incompréhensibles. Faut pas se tromper, donc, le « milieu de l’art » n’est pas celui des classes populaires. Et c’est peut-être pas plus mal.

Il est intéressant de parcourir les « subventions d’investissement des collectivités territoriales accordées au titre de la "réserve parlementaire" ». Autrement dit un bon paquet de fric, figurant dans le budget de l’État, dont les parlementaires disposent pour arroser les collectivités territoriales ou les associations de leur choix, au profit des projets qu’ils souhaitent défendre. Prenons l’exemple de Jean-René Lecerf – le « meilleur candidat » pour Lille. L’UMPiste a obtenu 10 000 euros pour la « restauration de la toiture du clocher de l'église » de Locquignol, 15 000 euros pour « la mise en sécurité de la chapelle d'Epinoy » à Clairfayts et 15 000 euros pour « la mise en place d'un système de vidéo-protection » à La Gorgue… Avec un tel maire, Lille aurait de belles églises et de chouettes caméras de flicage. Mais attendez… on a déjà tout ça !

Grand Lille TV rencontre une « jeune du diocèse de Lille » de retour des JMJ de Rio où elle a vécu « des expériences fortes en émotion » (06/08) : « Une fois on a fait un temps de prière le soir », raconte-t-elle. « On était devant la mer, j’étais en train de prier et donc je parlais au seigneur, et à un moment j’ai fait "bah si t’es là envoie-moi un signe, envoie-moi un oiseau" et à ce moment-là y’a un oiseau blanc qui est passé et c’était mon seul oiseau blanc de la soirée ». La vache, on n’a peut-être plus besoin de prendre de drogue pour décoller.

Le député PS du Nord, Christian Bataille, en a marre de ses alliés verts. C'est donc tout naturellement qu'il choisit Le Figaro pour régler ses comptes : « Il faut remettre les écologistes à leur juste place. Il est temps que le cercle de la raison reprenne l'ascendant sur les Torquemada de l'obscurantisme. » Ce fidèle partisan du nucléaire doit regretter le bon vieux temps où l'atome faisait l'unanimité dans le monde politique du Front National au Parti Communiste Français.

Entre mai et juin, la Belgique comptait 22 500 chômeurs de plus. Mais, dans le même temps, d’après une étude de la Banque nationale de Belgique, l’indice de confiance des entrepreneurs a augmenté. Il n’y a pas de hasard.

Pour août, La Voix du Nord a trouvé son feuilleton. Ce sera : « La saga des marques ». À seize reprises, ils vous enfumeront de pseudo réussite individuelle ou de mythe familial. Et justement, hier, c'était de ce dernier dont il était question. Nos journaleux en manque de sujet titraient pour leur deuxième épisode : « Auchan, une épopée familiale de la grande consommation. » Et de nous vanter « l'aventure » d'un Gérard Mulliez qui au départ « ne rêve pas d'une brillante carrière façonnée sur mesure », mais qui devient vite « l'inventeur » de la « galerie marchande ». En lisant cet article, on a en tête le dernier livre de Benoît Boussemart – Le groupe Mulliez, 2006-2011. Pour en finir avec le conte familial. L'ami nous raconte : « "Il était une fois..." La communication Mulliez pourrait à chaque publication commencer par ces mots... » Et d'aligner le blog de La Voix entièrement dédicacé à Gérard – « L'actualité de la Galaxie Mulliez » –, sur lequel vous pourrez retrouver l’article déjà cité. « Ouf ! écrit Boussemart. S’il ne s’agissait pas d[‘]articles quotidiens, on pourrait croire à une véritable hagiographie de la famille Mulliez. De plus, est-ce cela de l’information ? Une accumulation de petites nouvelles de bric et de broc, sans aucune hiérarchie et sans intérêt dans la majeure partie des cas, avec des titres aussi racoleurs que les contenus sont indigents. » Tout est dit.

I-Télé vient dans le Nord de temps en temps. Mais pour I-Télé, le Nord c’est Lille. Sur le site web de la chaîne d’information en continu, le reportage du 4 août consacré au festival des Nuits Secrètes à Aulnoye-Aymeries est intitulé « Les nuits secrètes à Lille ». Problème, vous l’aurez compris, le festival se trouve à Aulnoye-Aymeries, ville située à une bonne heure en caisse de Lille. De Paris, un Ch’ti reste un Ch’ti.

On l'avait lu dans CQFD, mais on n'y croyait pas. C'était pas possible que le « canard sauvage », ce foutu Article 11 qu'on aime tant, se fasse la malle, comme ça, au beau milieu de l'été. Alors on s'est empressé de l'acheter, de le lire, pour profiter une dernière fois de sa mise en page déglinguée, de cette encre bleue qui fait mal aux yeux, tout ça tout ça... Et là, la belle surprise, la bonne nouvelle : le journal continue ! Mais attention, il est toujours en précarité absolue, comme tant d'autres. La faute aux comptables, aux diffuseurs de presse, au culte de la rentabilité... mais de tout ça, pour l'instant, on s'en fout ! Alors, chers lecteurs, chères lectrices, courez donc dans le kiosque le plus proche pour profiter de l'instant. Et quand vous aurez fini de lire, repérez quelqu’un, offrez-lui la relique, dites-lui de l’acheter, dites-lui de s’abonner. Le reste de l'histoire ne vous appartiendra plus.

Alain Bocquet, député-cumulard du Nord depuis plus de trente ans et « communiste » quand ça lui chante – comme lorsqu’il a écrit le fameux Un Marx, et ça repart ! –, était présent à la cérémonie du 40e anniversaire du casino de sa ville de Saint-Amand-les-Eaux – le « Pasino ». À ses côtés, Isidor Partouche, fondateur du Groupe Partouche. Une grande fête du fric, donc, avec  tirage au sort pour un voyage à Las Vegas à gagner. Ce n’est pas la moindre des contradictions de l’époque : aujourd’hui les communistes sont capitalistes.

Le 9 juillet dans le quartier du Pile à Roubaix, la police n’est pas la bienvenue, un type met un coup de tête à un flic et lui pète le nez. Le 11 juillet dans le quartier des Trois-Ponts à Roubaix, la police est insultée et caillassée, elle sort le flash-ball. Le 12 juillet toujours aux Trois-Ponts, des cailloux volent, la police tire au flash-ball et lance une grenade lacrymogène. Le 16 juillet, dans ce même quartier, cailloux, flash-ball et lacrymogène. Le 18 juillet au quartier de la Lionderie à Hem, pierres et flash-ball. Un mois de juillet qui se solde par plusieurs interpellations, comparutions immédiates et au moins une condamnation à la prison ferme.

Nouveau slogan du PS ? Non – quoique… Simplement le « World Forum Lille 2013 », « Forum Mondial de l'Economie Responsable » qui se tiendra du 23 au 25 octobre 2013 à Lille pour voir « comment des entreprises réussissent, avec leurs parties prenantes, à initier un changement maîtrisé et à se projeter dans de nouveaux modèles qui répondent aux défis de notre temps. » Aïe ! Encore du Développement Durable (sic)... Vont-ils applaudir les milliers de licenciements que la région va connaître dans les prochaines années ? Le changement… vachement bien maîtrisé ! Comme dit la chanson : « Tout va très bien, Madame la Marquise... »

Vu dans La Voix : « Ce jeudi 1er août, c’est le retour du grand beau temps, d’après la météo, on ira donc faire un tour dans les poumons verts de la métropole ou à Lille-plage, qui propose à la fois sport et farniente... » Chouette ! Fainéants et pauvres de la Métropole qui n'avez pas les moyens d'aller voir ailleurs, vous avez le choix entre une plage artificielle, mais gratuite, ceinte par l'autoroute A25, le très carbonique rond-point des Postes, la dernière tour Marcel Bertrand, et surplombée par la ligne de métro aérienne ; ou, plus loin donc nécessitant l'utilisation de transports en commun pas encore gratuits, les jardins Mosaïc et les Prés du Hem... bien sûr l'entrée y est payante !

Lille Métropole, ou une forme radicale de démocratie athénienne. Tellement soucieuse de se faire entendre des citoyens, elle édite chaque mois un « journal des habitants », Lille Métropole Info. Miroir de cette instance hautement pluraliste, le canard renferme deux pages intitulées « Le débat », où les représentants des différents groupes affutent leurs arguments massues. Dans le numéro 103 du brûlot métropolitain, le combat idéologique qui s'y étale est sanglant. Le « Groupe Métropole Passions Communes » s'affronte sauvagement à son ennemi, le « Groupe Métropole Communes Unies ». Le combat politique y est tel qu'on n’y trouve aucun désaccord ! Jean Queverue (Actions et Projets pour la Métropole) s'oppose ainsi vertement à Michel Van Tichelen (Mouvement Démocrate Eurométropole) : quand le premier estime que « nous formons une métropole transfrontalière », le second s'écrie en rappelant que c'est « une ambition internationale que Lille Métropole doit écrire ». C'est terrible. Thérèse Jacquot, conseillère communiste, ose un assassin « présente dans de nombreuses instances et active avec différents partenaires, LMCU a fait des choix audacieux ». Brutal. Reste à voir comment Martine Aubry saura parer à ces violentes attaques.

Dans la zone de sécurité prioritaire de Lille, à Lille-Sud exactement, nous dit La Voix du 2 août, les « policiers vont au pied des immeubles. Pas de contrôles. Ils discutent avec une dizaine de jeunes. Ambiance décontractée, on blague, on se chambre. » C’est la drogue ou quoi ?

Le supplément du numéro 272 du magazine patronalo-réac Entreprendre est entièrement consacré à notre bonne vieille ville de Lille. Le directeur de la rédaction Bernard Pace s’est fendu d’entretiens avec le gratin des décideurs lillois. 64 pages, tout le monde y est passé : l’ultime soupir de Pierre Mauroy déguisé à l’occasion de sa « fin de vie » en capo dei capi métropolitain (« c’est ma ville, ce sont mes gens »), le prout verbal du futur ex-président de la Région Percheron, immédiatement pris à contre-pet par son meilleur dauphin Saintignon (« être fidèle, cela ne va pas dire ne pas être libre ! »), les envolées publicitaires d’Aubry (« j’ai envie de prolonger cette histoire collective »), les délires psychédéliques du « magicien » Fusillier (« être en fusion totale avec ce qui se passe dans la ville »), les photos de vacances de la famille Doublet, ou encore les commentaires sportifs de Mathiot (« nous sommes un club qui attire des joueurs de partout »). Le tout entrecoupé d’une vingtaine de publicités. La totalité de la promotion de l’ENL en a régurgité son café matinal. Dur.

Dans la faune des promoteurs immobiliers, IMM-NORD se révèle être une espèce malheureusement pas en voie de disparition. Spécialisée dans l’immobilier de bureau, l’agence pond une brochure publicitaire réunissant l’ensemble de ses offres commerciales. Dans son numéro 2 (juin 2013), la photographie en couverture montre l’œil d’une caméra à 360° rivé sur le lecteur. Pour un œil les deux yeux…

Christian Decocq, chef de l’opposition UMPiste au conseil municipal lillois – ô mon général ! –, a toujours des idées à proposer. Alors même qu’il a dû dépenser une énergie extraordinaire pour sortir  de son cerveau bouillonnant l’idée on ne peut plus originale de la vidéosurveillance, il ne relâche pas ses efforts et innove : il faut, déclare-t-il à La Voix, « une police municipale plus nombreuse, plus répressive […] et armée ». Et tant que la mairie ne sera pas transformée en caserne militaire et que la ville ne sera par survolée par des dizaines d’hélicoptères, le général continuera son combat.

Toujours dans Éco121 – feuille de chou des patrons de chez nous, juillet-août 2013 –, le « directeur général de l’EDHEC Business School », Sir Olivier Oger, livre lui aussi ses souvenirs du « tribun extraordinaire » qu’était Pierre Mauroy : « Pour lui, le Grand Stade ou le Campus de l’EDHEC étaient des grands projets […]. Ça m’avait fait plaisir. » Quand on sait que le Roi éléphant était en réalité hostile au Grand Stade d’Eiffage, on doute que ses propos sur l’EDHEC aient réellement fait plaisir à Sir Oger.

C’est Liberté Hebdo qui le dit, Hervé-Marie Morelle « vient de fonder une agence de communication ». Silence dans la rédaction de l’ENL. Rires. Fous rires. Puis soudain : « Ce mec n’a donc aucune limite ! Hé ! Hé ! Hé ! »

Dans son « billet » publié par Éco121 – le mensuel patronal de la région, juillet-août 2013 –, Bruno Bonduelle ne trouve pas plus original, après « le flot des dithyrambes nationaux ou lillois », que de rendre lui aussi son hommage au « Géant disparu » Pierre Mauroy. Et, bon dieu, on peut dire que c’est touchant de lire le « gouverneur du Nord » et ses « quelques pieux souvenirs » évoquant « Mauroy l’Européen ». Comme celui-ci, révélateur : « Nous sommes reçus  au Town Hall par le lord Mayor. Le Maire de Lille l’interroge sur les raisons du succès du partenariat public-privé qui a permis la rénovation du centre-ville. Réponse lapidaire du lord-maire : "In this country, profit is not a dirty word !" Jolie phrase proférée par un homme politique situé à l’aile gauche du Labour. » Le Roi éléphant, lui non plus, n’avait pas dû oublier cette « jolie phrase ».

 « On fait plus attention au bien-être des détenus qu'à la sécurité des surveillants ! » déclare Fabian Jacob, secrétaire de l'UFAP, syndicat à la base du mouvement des gardiens de prison contre la loi Taubira. Alors que cette semaine deux surveillants de Valenciennes ont été condamnés avec sursis et amendes pour violences sur détenu, rappelons qu'un prisonnier avait été retrouvé mort dans la même prison début juillet, pendu dans sa cellule de quartier disciplinaire. On comprend mieux ce que Mr Jacob entend par « bien-être des détenus ».

Le 20 juin dernier, cinq mairies de quartier lilloises, dont celle de Moulins, recevaient la certification Qualiville, délivrée par l'AFNOR. Ces lieux auraient une qualité de fonctionnement certifiée par 22 critères d'accueil du public, dont le traitement et le suivi des demandes. Justement, on apprenait hier les difficultés du bar L'imposture, à l'angle de la rue de Condé et de la rue d'Artois, pour se faire entendre. Ce lieu, qui accueille des concerts, a fait l'objet de plusieurs plaintes et de contrôles de police fréquents. Le tenancier ne comprend pas : « Pourtant, je suis parfaitement en règle et je respecte les heures pour les concerts. Pour essayer de sortir de l’impasse, j’ai demandé trois fois un rendez-vous à la mairie, en vain. […] Nous avons lancé une pétition qui a déjà été signée par une centaine d’habitants. » Dans cette affaire, c'est à se demander où est la véritable imposture ?

Dans son numéro d'été, le mensuel CQFD revient sur la journée du 6 juin 2013, qui avait vu les médias sur-occupés par les réactions à l'assassinat, survenu la veille, d'un jeune militant antifasciste, Clément Méric. Entre Manuel Valls qui rappelle que sa famille a fui le franquisme ou les propos indignés de la gauche au pouvoir, les médias ont à peine relevé qu'à Paris, le même jour, une rafle de sans-papiers « comme on n'en avait pas vu depuis des lustres » a été organisée à Barbès. Deux heures de barrages filtrants, contrôles au faciès jusque dans les bars pour plus de 80 interpellations. On était donc bien loin des déclarations de bonnes intentions du gouvernement. Pour la suite, rendez-vous en kiosque pour déguster ces 32 pages où se mêlent dessins qui déchirent tout, pirates somaliens, révolution égyptienne, Taksim et Rocé.

Dimanche, la police lilloise pensait bien avoir trouvé le repère de Mohamed Elhajjioui, récemment évadé de la prison de Sequedin. À 10 heures, une résidence HLM a donc vibré avec les coups de bélier donnés dans une porte. Les shérifs entrent en répétant : « Où il est ? Où il est ? » Ils ne le sauront pas, ayant trouvé le logement uniquement occupé par une famille. Oups. Pour la PJ, il n'y pas d'« erreur » et l'enquête continue. Attention, la prochaine fois, ils feront du porte à porte.

La Voix du Nord retraçait hier le fabuleux destin de la rue Gambetta et sa « diversité commerciale unique ». Apparemment sous l'emprise du soleil, le journaliste parle, au sujet du haut de la rue en face des Halles, « d'un pôle d'excellence des métiers de la bouche, unique à Lille et au-delà. » Devant tant d'attention admirative, François Évrard, boucher-traiteur, rêve en grand : « Pour moi, on peut devenir le Vieux-Lille de demain. » Après les bars lounge et les épiceries bio, voici donc les porcs, bœufs et autres canards à l'avant-garde de la gentrification !

Pour Éric Quiquet, la fin d'année est décidément un long chemin de croix. Après avoir échoué lamentablement à se faire élire en tête de liste écolo aux municipales de Lille en 2014, voici que le grand mur végétalisé qui devait parachever la Place Degeyter à Fives a été abandonné : « C’est un dossier que je n’aurai pas réussi à faire aboutir », déclare-t-il à Nord Éclair. La faute à un litige judiciaire avec un riverain et au manque de fric de la ville. Si les écolos ne peuvent même plus faire de simples opérations de greenwashing (à 160 000 euros tout de même), on se demande bien à quoi ils vont servir.

Un arrêté municipal oblige les commerces ayant pignon sur rue à fermer leurs terrasses à partir de 20h30. Ça se passe dans le quartier de l'Épeule, à Roubaix. Le but : éviter des rassemblements trop importants en période estivale ou encore de ramadan. Le soir du mercredi 17 juillet, les polices municipale et nationale ont effectué un « simple contrôle administratif » d'après le commissariat central de Roubaix. La photo de Nord Éclair montre deux policiers tenant leur flash-ball bien en évidence. Pour mieux tamponner les documents ?

Le 2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte renverse la Seconde République pour instaurer un pouvoir personnel et autoritaire. Dix jours plus tard, Edmond Casimir Mourmant, maire de Wazemmes – commune alors indépendante de Lille –, rédige une lettre au préfet pour affirmer son soutien indéfectible au coup d’État : « Mes antécédents, Monsieur le Préfet, doivent suffire sans qu’il soit besoin que je vous dise ici que vous pouvez compter sur tout mon concours. » En 1876, on donne le nom de ce courageux maire à une rue.

Samedi dernier, Martine Aubry est sortie de son Vieux-Lille pour pénétrer dans Lille-Sud. Si, si, vous ne rêvez pas. Peut-être pour se montrer un peu, ou montrer aux habitants de ce quartier qu’ils ont une maire qui veut le demeurer, en tout cas Aubry voulait discourir lors de l’inauguration d’une promenade urbaine intitulée sobrement « Sous les étoiles exactement ». On a donc bien nettoyé les rues et on s’est félicité entre élus. Jusqu’au moment où certaines personnes leur ont lancé pétards et jurons, à tel point qu’Aubry n’a pas pu faire son petit discours. Pas très grave pour elle, les 60% d'abstention dans le quartier ne l'empêcheront pas de se faire réélire.

Nostalgie de 1936 ou choix éditorial ? Il n'empêche que le journal lillois vient de commettre pour son 36ème numéro une enquête très fournie autour de la grande bourgeoisie nordiste, n'oubliant pas d'écorcher au passage une autre caste, celle des socialistes, remise en lumière après la mort de Saint Pierre Mauroy. En plus, dans le viseur du canard sauvage : le préfet Bur, l'impunité policière et la Françafrique. Et un reportage made in Tunis qui finit de convaincre l'ENL de lever tous ses verres. À lire en urgence (ou tranquillement pendant vos vacances) !

Arracheur de dents occasionnel, perdant récidiviste aux élections, catholique voire moins, droitiste voire plus, twitteur de métier, Hervé-Marie Morelle se ramasse une nouvelle fois. Le 19 juin, il déclarait (ou twittait) : « Je viens d'être investi candidat aux #municipales à Faches Thumesnil par le comité départemental de l' #ump du Nord ! » Réaction des « hautes instances régionales de l’UMP », nous dit La Voix (voir le joli portrait que le quotidien lui tire) : « Tu rêves, mon p’tit pote ! » Morelle est donc obligé de quitter Faches-Thumesnil où il s’est installé il y a quelques mois pour avoir sa mairie-rien-qu’à-lui. On ne connaît pas encore sa future destination, mais il est sûr qu’il continuera à errer tant qu’il n’aura pas ce qu’il veut. Ce qu’on espère.

À vendre : « Lille’s », marque territoriale de Lille Métropole Communauté Urbaine (85 communes, 1,1 million d’habitants, 61 000 hectares). Selon fabriquant : « Toujours en mouvement, [Lille’s] se décline en autant de Marques “Fille” que d'atouts : Lille's Solutions pour l'économie, Lille's vision pour l'innovation, Lille's Arts, Lille's Sports, Lille's Tourism, Lille's Nature... » Terrain attractif et propice au business, police efficace, pauvreté résiduelle en cœur de ville en cours d'expulsion, relief idéal pour la pratique du golf. Prix négociable. Si intéressé, contacter Martine Aubry ou Luc Doublet.

Ça ne pouvait plus durer, désolé Rico. L'annonce est tombée il y a déjà quelques semaines, mais on trinque encore la nouvelle. Éric Quiquet, le propulseur de parasites numériques fliquants et flippants, ne sera pas tête de liste écolo aux municipales de Lille en 2014. Et un gros kick pour Éric !

L'angle de la rue Brûle