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Stéradian publié initialement le 3 novembre 2012

Jean-Pierre Améris / JPA-Philippe Blasband

B. Poelvoorde / I. Carré / Cool, y’a Jacques Boudet sans Guédiguian, et la vieille fille rigide qui me plaît tant, là, de son air de Mamie Nova, et qui doit être Lise Lamétrie

Ok. Ça commence comme aux alcoolos et sex-addicted : un tour de présentation de forts émotifs : pleurs, baise, syncopes, et hop. Vu la chanson du générique, on se demande déjà où se planque Amélie Poulain. Mais sachant que Poelvoorde n'est plus à son coup d'essai, quant à se refaire une santé dans des rôles où il nous fait un peu oublier son comique de facho de service, et pour quoi on l'a tant aimé, on est content de le revoir avec cette I. Carré à qui il fouta les chocottes dans ce psycho-thriller il y a peu. À entendre la ritournelle « j'ai confiance en moi » (on rappelle que l'école de psychologie dite d'autosuggestion fondée par la pensée du toubib Emile Coué fêtera d'ici une dizaine ses cent ans), nous vient d'avance comme une vague déprime, comme volontairement exorcisée par la première anonyme « je vais bien... » + sanglots et départ. Mais a-t-elle réussi à s'envoler ? Rira-t-on tant ? Méfiance & circonspection. Rectification : Poelvoorde est ce connard qu'on adore (et dont il abusa carrément voici peu sous les pitreries de Boon). Cool. Il est patron d'une chocolaterie genre usine à papa limite belge (la prod’ est franco-belge), elle candidate en chocolat. Angélique Delange, n'importe quoi (comme un ange, elle a pas de sexe, c'est ça ? ça m'étonnerait, car c'est justement parce qu'elle a celui-là qu'elle semble ici présente...). Fagotée ainsi comme une Adèle Blanc-Sec, on devine vraiment l'influence sépiamane d'un disciple de Genet. En tout cas, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il semble pas étranger aux émotions fortes, notre petit boss véner. Et il fait ça très bien : à son psy, on l'entend quand même répondre à « et vous, les femmes ? »par un très drôle « Je, n'ai pas de problème avec les femmes. Elles me terrorisent », sans sourciller un poil. Sûr que Carré, comme émotive, ça frappait un casting nettement plus fort qu'une sorte de planche muette style Laurent, ou ces grandes vamps Boopoïdes de (merde, celle qui a « tourné aux cotés de » Depp, là, ah oui :) Cotillard. Une question, au bout de la treizième scène : y aura-t-il des boiseries vernies et des dorures laquées aux lumières oranges et feutrées dans tous les plans du film ? (il s'avèrera que oui : ça fait plus « années folles » psycho-rococo-choco, sans doute, et permet de contraster d'autant, dans cet intérieur-écrin propice aux chaleurs amoureuses, avec le froid-monde des webcams, du dehors, ses hostilités). Ah, mes amis, on n'est pas rendus. Les dialogues sont très joliment joués, la folie « émotive » confine soit à l'éjaculation, en effet, soit à la farce, aussi incroyablement gauche que débile. Mais on se laisse prendre, attendris, car comme les amours et les chocolats, la timidité s'attendrit sous la chaleur montante. Et on va pas bouder notre plaisir en râlant sur le capitalisme paternaliste de l'artisanat : ça finit d'ailleurs sur une contre-publicité pour le mariage et les conventions sociales. Mignon, quoi, et encore aussi incroyable, qu'un amour qui roule.

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