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Stéradian publié initialement le 15 juillet 2012

Iain Softley / Ehren Kruger. USA. 2005. K. Hudson / G. Rowlands / P. Sarsgaard / J. Hurt / J. Bryant

L'accompagnement à la mort, c'est déjà un sujet périlleux (qui, par exemple, se souvient de cette merde, mort-née grâce aux talents de Lalanne et Delon, Le Passage ? En revanche, qui peut oublier ces derniers instants des très palliatives Invasions barbares…). Mais plongez ça donc dans un bon vieux hoodoo, au cœur des floridiens bayous, avec ses noirs rituels bouillonnants, ces mélanges afro-caribéens de grigris z'et de zozos sur fond de revanche post-esclavagiste, dans de grandes maisons coloniales, chargées de souvenirs autant que baignées de marécages… Eh bien faites ça, plongez donc tout ça dans tout ça, et vous vous retrouvez devant un sacré défi culinaire. Comment s'en sortir sans trop nous étouffer des habituelles conneries blairwitchoïdes ? Ben faites peut être comme ce réalisateur, Softley, ou, en cuisine, son scénariste, Kruger. Tout d'abord, armez-vous d'une héroïne (les héros c'est ringard). Cette infirmière, donc, fabriquez-la aussi dévouée qu'empathique, faites-en cette véritable petite rationaliste opiniâtre, puis dotez-la d'un célibat et d'une curiosité d'aventurière. Trouvez-lui ensuite un petit boulot, digne de Teresa d'Avila qui aurait lu Lévi-Strauss et Darwin, occupez-la entre un vieux possédé en soins palliatifs et sa vieille, une rombière aussi louche que pas mal barge. Enfin, flanquez donc vite fait votre infirmière-maison d'un avocaillon aussi idiot que doucement inquiétant, d'une amie noire aussi maligne que jolie aussi, et vous obtiendrez, si vous êtes fort, ce palpitant petit morceau d'ethno-socio-anthropo floridienne d'aujourd'hui. Le titre à la JK Rowling avait pas l'air, comme ça. Mais on digèrera très bien cette bluette polaro-thrilleuse, assez loin, en somme, des bondieuseries ordinaires de nos grand frères les Ricains, depuis Poltergeist III, Amityville et toutes ces blairwitcheries, à faire joujou dans le caca des irrationalismes déguisés en Volk-lore… Depuis 30 ans, They are legion ! Ou alors ? À servir frais, frais comme une Kate Hudson, une belle et jeune qui n'en joue pas trop, campant ainsi son perso dans cette justesse des sentiments humains les plus rares, ceux de la noblesse dont on taille les bonnes histoires. Car, nom de diou, Que peut la force des « pouvoirs » (magiques) contre le pouvoir de la force (physique, celle, par exemple, de la jeunesse contre la vieillesse) ? Que peut la charlatanerie surnaturelle, tant qu'elle ne sert pas ces bas instincts, si humains, et eux seuls, qui l'arment et lui donnent vie ? Petit couac, néanmoins : la… conclusion. Je sais bien que les scènes finales, lors des polars, voire même lors des meilleurs, ont cette tendance à s'emballer, prioritaire sur celle d'embellir. Mais désolé : grimer l'infirmière rationaliste juste sur le dessous des paupières telle une vulgaire sorcière d'Eastwick ressuscitée par le maquilleur de Charmed n'est pas très cohérent, avec le message susdit, lors des délires finaux où l'on voit l'héroïne douter mais pratiquer quand même pour sa propre survie, entre les bougies, entre les doutes... On douterait donc, côté cuisine, des moyens de convaincre le spectateur égaré, sans ce trait « de caractère » ? Vu la fin du film, son message finalement conformiste et « fait à l'envers », on peut juste répondre : faut croire.

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