Reportages

Aux boues de la lutte

Les élèves de l'école néogonzo (ENL) étaient de sortie pour un stage pratique à la manifestation de réoccupation de Notre-Dame-des-Landes, le 17 novembre dernier. Ce petit coin de bocage nantais est devenu l'enjeu d'un bras de fer politique : Jean-Marc Ayrault d'une part (qui a porté le projet en tant qu'ancien maire de Nantes), des paysans et des activistes de diverses obédiences d'autre part. Objectif pédagogique : observer la lutte autogestionnaire de cette Zone À Défendre.

Conversation jusqu'au bout de la ZAD

Ça devait être un mercredi tranquille, le genre de journée qui vous amène doucement vers la fin de semaine. Mon programme était tout trouvé : soupe, gâteau, bain hebdomadaire puis Tom et Jerry pour mon fils de 4 ans. J'avais juste pris le temps d'envoyer un petit mail à un copain nantais, histoire de prendre des nouvelles, de loin. Vers 15 heures, mon portable sonna : « Yo, Bruegel, bien ? T'es chez toi ? J'arrive dans dix minutes ! » Plus rapide qu'un avion, mon pote revenait directement de Nantes, et plus précisément de Notre-Dame-des-Landes.

Sous les ors du Palais

Si je n’avais pas connu Abel en fac de droit, il y a 15 ans, je n’aurais rien compris à ma première journée dans la peau d’une chroniqueuse judiciaire. Je me dis ça à chaque fois que je commence un nouveau boulot dans la justice. Il était évidemment beau gosse et tout le monde le cherchait des yeux en battant des cils. Le hic, c’est qu’il était étudiant en droit, et passionnément : impossible de le croiser ailleurs qu’en cours. J’assistais donc tout aussi passionnément que lui au cours de droit pénal, à une distance étudiée avec soin. Mon approche a duré tellement longtemps que j’ai eu tous mes examens avec mention, grâce au droit pénal. Mon avenir ne tint donc à rien : vu l’ambiance qui régnait dans les amphis et les cafet’ de la fac de droit, j’aurais arrêté mes études dès la première semaine si Abel n’avait pas joué les pots de miel pendant tant d’années.

Tu seras un homme fiston

Après le marathon des présidentielles et le rallye Lille-Tournai-Lille, il me fallait un break, une descente, du sommeil, des oiseaux et des plantes... Des trucs sains quoi, histoire de me refaire. C'était en substance ce que Jack me fit remarquer en réu-apéro débriefing. Ne jurant plus que par les cures, il m'a dit : « Y a une conférence sur le féminisme, l'histoire des rapports homme-femme, un truc comme ça..., vas-y ! Direction le Middle West ! »

La faune et la flore

J'avais envie d'une semaine dans un coin tranquille. On m'avait dit : « Va à Stockholm ! Tu vas voir c'est gé-nial ! C'est vert ! Et la ville, découpée en îlots avec ses bras de mer ! » Pour moi la Suède, c'était juste encore un de ces pays « neutres » pendant la deuxième guerre mondiale, la route de Louis Ferdinand Céline pour fuir la Libération... Mais bon, c'est aussi ABBA et Stig Dagerman. Le conseil me semblait improbable, donc pas inintéressant. Et lors d'une nuit d'insomnie, j'ai cédé devant les billets à 40 euros.

Lille-Tournai-Lille. À la recherche de l'EPO perdue

Dimanche 1er juillet. 23 heures. Alors que le Capitaine cuve la raclée infligée aux Italiens en finale de l'Euro de football, nous cherchons un remontant efficace à sa déception. Malgré les hectolitres de bière proposés, celui-ci reste coi, sans vie, comme K.O. Il lui faut quelque chose de plus fort qu'une Trois-Monts. C'est alors qu'Esteban, dans un élan qu'on ne lui connaissait plus guère, a une illumination : « Mais attends ! Demain, le Tour de France s'arrête à Tournai ! C'est là-bas qu'il faut aller ! On trouvera sûrement de quoi rebooster ton moral ! »

Torino Libero (3/3)

Rappel des faits :

Nos trois héros, quelques centaines de kilomètres de ferroviaires tribulations plus loin, sont arrivés sains et saufs chez leurs hôtes de la superbe maison collective autogérée, l'El Tango.

Panique sur le vote

Quand Jack de L'Error m'a envoyé couvrir le meeting du candidat socialiste, je ne me doutais pas que je mettais le pied dans un engrenage infernal, où m'attendaient la joie et la détresse, la crainte et le dégoût. Tout commence il y a un mois et demi quand je reçois un coup de fil paniqué : « Allô, Brueg' ? C'est Jack ! Je rentre des Bahamas. Les choses sérieuses reprennent mon gars. Putain mais t'aurais pu me prévenir que Hollande se pointait à Lille ! Je t'attends dans deux heures devant le Grand Palais ! »

El camino de la percepcion

 Lundi 27 février, 19 heures passées, sueurs et tremblements dans une petite rue de Lille : alors que nous buvons un verre pour la parution du numéro 31 du journal La Brique avec nos confrères autogestionnaires, Jack de L’Error franchit la porte. Le visage pâle, les traits tirés, il nous apparaît comme terrorisé, transi, visiblement épuisé. À bout de souffle, il se fraie un chemin au travers du petit monde déjà un tantinet éméché avant de s’écrouler sur un fauteuil. Dans un soupir, il balbutie : « Ils… Ils ont trouvé un vaccin… Un vaccin… »

Le Front de Gauche, entre vents et marées

Je suis bloqué sur le périphérique lillois et j'ai la pression. Jack de L'Error, en cure aux Bahamas depuis cinq mois, m'a donné une mission : être au rendez-vous fixé par le Front de Gauche et son candidat. Pas question que je loupe le début, va y avoir du monde. La preuve ? Le grand raout, prévu initialement au Zénith, a été délocalisé au Grand Palais en prévoyance d'une affluence de fou.

La Pape est mort, à bas le Pape !

Sa Sainteté le Pape Benoit XVI, alias Joseph Ratzinger, alias l'ex-Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (autrement dit le chef de l'Inquisition), n'aura pas tardé à renvoyer l'ascenseur au plus haut des cieux, directement à l'envoyeur : sa prédécesseuse incarnation de Dieu sur Terre, j'ai nommé Karol Wojtyla, alias Mgr. l'Archevêque de Cracovie, le plus anti-communiste de l'Histoire, alias le Pape Jean-Paul II.