Reportages

Si la bière ne vient pas à moi, j'irai à la bière !

C'était en septembre 2013. Jack de L'Error et moi, Bruegel de Bois, avions décidé de faire un reportage sauvage au Festival International de la Bière Artisanale de Sainte-Marie Cappel. Réunis la veille autour d'un cubi de muscadet et de quelques bières, nous avions alors sombré lamentablement dans la nuit lilloise, usant nos godasses jusque dans une boîte très prisée des alcooliques noctambules, le Golden Wave... Le lendemain n'en fut que plus hardcore et notre reportage se solda par le pire échec qui soit : nous étions incapables d'avaler une nouvelle goutte de bière. Coquin de sort ! Nous aurions pu en finir sur cette défaite, avaler ce qui nous restait de fierté journalistique et trouver un autre sujet. Pourtant, foie de Bruegel, je me jurai de revenir un an plus tard sur les lieux du crime, et d'en finir avec ce reportage. C'est comme cela que j'ai brassé à vue entre « Amis de la Bière », « féminisme d'accroche » et brasseurs amateurs en quête de victoire.

Îlot Pépinière : en l’honneur des victimes des politiques urbaines

« Vous êtes sérieux ?! » Telle a été la réaction du gros bourgeois assis à côté de moi, sur une terrasse de la rue du Faubourg de Roubaix, quand je lui ai raconté ce qui allait débarquer dans son quartier aujourd’hui. Parisien, il avait « acheté » récemment dans le coin. « On ne peut plus sérieux. Je suis journaliste, je prends mes infos directement au commissariat, vous me suivez ? » C’était un dimanche matin, le ciel était bas, l’air humide, j’avais à peine dormi, je sentais le Gin Tonic à plein nez – si tant est que ce cocktail ait une odeur – et, va savoir pourquoi, j’avais envie d’entrer dans ce reportage façon Derby du Kentucky.

La bêtise règne sur les mobilités intelligentes en Nord-Pas-de-Calais

Jeudi 18 et vendredi 19 septembre, la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de Lille organisait les journées de la mobilité intelligente, une grand-messe pour ingénieurs et cadres d'entreprises "innovantes" qui rêvent de mobilités appareillées urbi et orbi au prétexte que « la mobilité, c'est la liberté ». Un merveilleux sujet pour notre stagiaire de passage.

Liège : reportage fleuve dans un bateau ivre

« Liège la frondeuse ». Je ne sais plus très bien où Esteban avait eu vent de cette expression. Mais il ne lui avait pas fallu longtemps pour me convaincre de l'accompagner à l'assaut de la « cité ardente ». C'était au mois de juin 2014, en pleine coupe du monde de foot, qu'on décida d'enfourcher nos vélos et d'attraper le canal de la Meuse comme on agrippe le guidon d'un jet-ski pour tracer le sillon. Soixante-dix bornes plus tard, nos mollets fatigués atterrissaient place de l'Yser, dans le quartier d'Outremeuse, au cœur de la vallée infernale.

« Baraki de kermesse ! »

Le baraki, tout le monde à Liège te le dira, c'est l'autre. C'est pas exactement le genre de personne avec qui tu ferais ta vie. Ni le matelot avec lequel tu voudrais naviguer. Pas même avec qui tu passerais ta soirée. Soyons clair, tu tomberas jamais en admiration devant un baraki. Tu seras plutôt désolé-e par tant de bassesse. En somme, le barakisme n'est pas le genre de médaille qu'on revendique, en bombant le torse, quoi. Même pour les barakis de kermesse, autrement dit les plus forts. Et pourtant, pourtant, ils existent. Dans l'imaginaire collectif au moins. Alors bordel, me direz-vous, c'est quoi un baraki ? Réponse radiophonique à l'Avide Centenaire, un festival de spectacle de rue sis à Chênée, banlieue ouvrière de la cité ardente.

500 colons sur la ligne de départ

Pays berbère, Tiznit, sud du Maroc. Dans ma fuite de l'École Néogonzo, j'étais venu accompagner un ami qui passe sa vie sur les routes africaines. Un fanfaron qui devise dans d'incompréhensibles palabres mais dont l'enthousiasme ouvre les portes. Comme ce jour-là, quand nous avons été invités à loger à l'Asrir, une auberge dans un riad au cœur de la médina. Ici, une obscure cérémonie était en préparation. En fait une pitoyable célébration pour néocolons qui s'ignorent...

La file d'attente à Transpole ou comment rappeler aux chômeur-ses que la télé est leur meilleure amie...

Depuis quelques mois, je participe, comme beaucoup d'autres, à grossir, doublement, les rangs des actif-ves en mal de travail. Oui, doublement, et je suis loin d'être le seul. Le travail, étymologiquement tripálĭus du latin tripálĭum (« instrument de torture à trois poutres »), rappelons-le en ces temps où la crise a bon dos alors que les entreprises du CAC 40 n'ont jamais fait autant de profits, entraîne des wagons de burn-out à force d'être pressés comme des citrons jusqu'au pépin. Et ça m'a viscéralement rendu malade.

Les nuits lilloises ou la politique du pilonnage

Si je voulais rigoler, je n’écrirais pas ce billet. En revanche c’est bien parce que je tenais à m’amuser, avec et comme d’autres, que je me suis pointé rue Henri Kolb dans la nuit du samedi 11 janvier. Hélas, ce qui semblait être une soirée foutrement festive a pris l’allure d’une confrontation directe avec les forces de l’ordre. Car nous n’avons plus le droit à nos nuits.

Au revoir LSD, bonjour Guarana : Fête de la vielle à roue à Anost !

Confortablement installé à oilpé dans une rivière des Cévennes à me faire dorer la pilule en sirotant mon troisième pastis de la matinée, le signal strident de mon oreillette bluetooth me sort d'un semi-sommeil éthylique. « Letartier ! Jack à l'appareil !! » Et merde, le Directeur ne prend pas de vacances !

Une journée sans frontières

Il est des histoires sur lesquelles on ne peut décemment écrire … puis partir. Il est de ce ces histoires qui transpercent le ciel pourri d’un mardi de pluie battante. Cette histoire, que je vous prolonge aujourd’hui, est toujours celle de ces 120 Roms installés à la bourse du travail de Lille.

À Lille, la mairie et l'État jouent au ping pong avec les Roms

Au début de cette histoire, c'est une simple et – malheureusement – banale évacuation d’un camp de Roms. Lundi matin, 250 personnes sont expulsées d’un parking avoisinant l’université scientifique à Villeneuve d’Ascq. Un collectif de soutien, présent depuis le début, a cherché des solutions, et via les réseaux syndicaux, 90 Roms atterrissent à la flambant neuve bourse du travail à Fives. Une délégation syndicale, appuyée par un rassemblement de soutien, était reçue ce mercredi à la mairie de Lille, la bonne occasion d’en savoir plus. Alors j’ai mis ma capuche, enfourché mon vélo, et m’y suis rendu dare-dare.