Billets

Les étranges aventures d’H. S. Thompson et Robin 43000

Notre ami dessinateur KRST – que nous saluons chaleureusement au passage – nous a concocté et envoyé une petite bande dessinée, en deux planches et drôlement bizarre. Dans le message accompagnant ses dessins, il nous dit juste : « Je me suis bien amusé, c’est très con et ça n'a aucun sens, c’est juste un trip », sans autre explication… Mais nous ne sommes pas dupes : en croquant ce qu’il a vraisemblablement vu dans un de ses rêves les plus déjantés, il est certain que le bougre ne nous a pas loupés. Non mais, tu nous fais passer pour qui, KRST ? Sérieux… (Hé ! Hé ! ndlr). Bref, on ne vous fait pas patienter plus longtemps, voici notre première gonzo-bande dessinée. Et on espère qu’il y en aura d’autres, parce qu’on s’est quand même bien fendu la margoulette ; n’est-ce pas, KRST ?

Quand l’extrême-droite commémore l’histoire de Lille

Les identitaires flamands se présentent souvent comme de simples passionnés d’histoire. Des amoureux du folklore régional, de la moule et de la frite, et rien de plus. Leur « combat », selon eux, ne relèverait que de la défense du patrimoine et de la tradition. Ou la défense de l’histoire du peuple flamand contre les menaces extérieures que la mondialisation et l’« islamisation de la société » feraient peser sur elle. Du coup, ils n’hésitent pas à célébrer le passé ou les figures qui l’ont marqué dans la région. Le problème c’est que, par ignorance ou par un révisionnisme maladroit, ils malmènent l’histoire qu’ils prétendent – paradoxalement – défendre. Le dernier exemple en date, concernant l’appel du groupuscule Opstaan à commémorer Jeanne Maillotte le 29 janvier, mérite d’y revenir. Pour ne pas laisser l’extrême-droite manipuler l’histoire de Lille.

Lille cartographiée à la sauce néogonzo

Nous avons l’honneur de vous annoncer l’ouverture d’une nouvelle section de l’École Néogonzo de Lille (ENL) consacrée à la cartographie et au coloriage. L’objectif est de former de véritables spécialistes de l’espace et de la règle trace-formes, capables de produire des croquis (presque) géographiques, dans tous les états d’ébriété possibles et imaginables. Et nous ne manquons pas d’ambition, puisque nous espérons bien, un jour ou l’autre, réaliser notre propre manuel de géographie « première et terminale » afin de le proposer au ministère de l’Education nationale. Ouais, ouais ! Lectrices et lecteurs, voici en exclusivité les premiers croquis garantis « sous influence de bière » et faits 100 % à l’arrache. Y’en aura d’autres.

Le World Forum de Lille ou le boniment dit "responsable"

Le 23 octobre 2007, Martine Aubry – « socialiste » – prononçait avec « un plaisir immense » son discours d’ouverture du premier « Forum Mondial de l’Economie Responsable ». Depuis, chaque année, Lille accueille cette fête patronale et fichtrement décomplexée. Trois jours pendant lesquels des patrons convaincus parlent à d’autres patrons convaincus pour se convaincre mutuellement de leurs vertus, le tout sur un air de rock. Or, à les entendre, il faudrait faire la différence entre le « capitalisme financier » qui est le mal et le « capitalisme responsable » – le leur – qui est le bien. Le premier serait la cause de tous les maux, le second, leur remède. Voyons de plus près ce boniment qui, en dépit d’une intense communication, peine à convaincre.

Ne l’appelez plus Martine Aubry, mais « Lille »

Je ne vous dissimulerai pas, bien aimés lectrices et lecteurs, la sincère joie de vivre qui m’a envahi à la lecture du dernier numéro de Lille Magazine. Car cela faisait bien longtemps que je n’avais parcouru si puissante propagande. Au fil d’une quarantaine de pages ô combien délicieuses, l’on est bien forcé d’admettre que Madame Martine Aubry n’est pas simplement maire de Lille, ni reine, ni même déesse… non, Madame Martine Aubry est Lille. Métamorphosée – incroyable mais vrai – en « femme-ville ».

« L’organe coupable »*. Ce que le procès Brigitte Mauroy/Charlie Hebdo ne dit pas

En février 2009 s’est tenu à Lille un procès intenté par Brigitte Mauroy contre Charlie Hebdo et son journaliste Antonio Fischetti. L’urologue poursuivait ce dernier pour diffamation à la suite d’un papier publié un an auparavant, dans lequel il affirmait qu’elle se rendait « complice de mutilation sexuelle ». En cause un article de la scientifique, intitulé « Vulve », paru en 2004 et comportant une phrase sur le prépuce du clitoris particulièrement ambigüe. Au final la justice avait tranché en prononçant une relaxe complète. Mais le 25 mai dernier, le procès en appel s’est soldé par une condamnation de Charlie, coupable cette fois d’attenter à « l’honneur et la réputation de la plaignante ». Le plus inquiétant, dans cette histoire, c’est qu’on en oublierait presque le fond du problème : les mutilations sexuelles féminines.

Libérez-les ! Solidarité avec les interné-es !

Alors que la politique actuelle d'enfermement suit son cours, que de plus en plus nombreux et nombreuses, adultes comme enfants, ils sont enfermé-es dans des camps, parqué-es dans des cellules...

Voir la ville en Rose...

Depuis quelques mois, la mairie a entamé de repeindre en rose les courées lilloises. Des lampes à basse consommation, recouvertes d'un filtre rose font leur apparition dans les cités, cours et courées  wazemmiotes, moulinoises, fivoises et même à Lille-Sud. Ceux qui les habitent n'ont pourtant pas connu souvent la vie en rose. Contrairement à notre élite locale. Pourquoi ce rose ?

Le capitalisme (dé)raisonnable de la communauté urbaine de Lille

Il y a un peu plus d’un an, Pierre de Saintignon – « L’Homme qui valait trois salaires » – dénonçait le « capitalisme financier scandaleux » et espérait de tout son être la venue du messie : le « capitalisme raisonnable ». C’était la « crise » et aujourd’hui c’est toujours la « crise ». Mais les élus de Lille Métropole Communauté Urbaine ne connaissent pas pour autant le mot « raisonnable ». En attestent dernièrement les 21 millions d’euros offerts gracieusement à Parkeon, une société spécialisée dans la « mobilité urbaine » et siphonnée à distance par quelques financiers peu scrupuleux.

Le métro de Monsieur Quiquet et le nôtre

Métro en panne. Pendant dix, trente, soixante minutes… Situation classique pour les usagers de Transpole, pour ne pas dire coutumière. Avant-hier, l’interruption devait durer une demi-heure ; il y en a eu pour une heure. Hélas, j’y étais. Vous vous doutez donc, lectrices et lecteurs bien aimés, que lorsque je suis rentré chez moi, après une marche éreintante sous une pluie glaciale, je ne pouvais qu’avoir – je le dis – les « boules ». Mais il a fallu encore que je tombe sur le texte d’un élu Vert – par ailleurs cycliste émérite – s’appuyant sur André Gorz pour justifier la marchandisation de ce métro « tout pourri ». J’oscille entre stupéfaction et hilarité…

Le manifeste du droit à la ville

Un spectre hante le Monde : le spectre du « droit à la ville ». Toutes les puissances capitalistes se sont unies en une Sainte-Gouvernance pour traquer ce spectre : les promoteurs et les municipalités, le patronat et ses flics, Aubry et Bonduelle, les bourgeois londoniens et les militaires de Shanghai. Partout la gentrification expulse du centre les classes populaires. Mais cette offensive court à sa propre perte : bientôt assiégés par leurs périphéries, bourgeois et petits bourgeois verront leurs hyper-centres assaillis de toute part. « Et on dansera sur les ruines de ces belles vitrines et, à notre passage, tu pourras compter les victimes. Barricades, barrages partout sur Paris, partout sur la ville que de la barbarie. » Et bim !