Billets

La Dépêche au chevet de ses amis

Au nom de la démocratie, le grand quotidien du midi ne mâche pas ses mots. Ni pour défendre Cahuzac, un homme seul contre tous, qui souffre, mais qui reste debout et digne. Ni pour pleurer l'un des gros patrons du Sud, Pierre Fabre qui a bâti un empire à la sueur de son front et de ses milliers de salariés.

La Nuit de La Boucherie

Dans le huis-clos d'un institut médico-légal, des hommes s'affairent. C'est que le Ministre a été retrouvé découpé en rondelles. Il va falloir réparer ça, avant qu'il ne soit trop tard ! Le premier film du célèbre aventurier Samuele Salvatore Bertoni, non-présenté et hors-concours, lauréat d'aucun festival d'aucun métrage.

La bataille des corons

Hier — euh… avant-hier —, au Lieu autogéré de Liévin (LAG), lors d’une soirée animée par Politis 62 et La Brique, Capitaine Cœur-de-Bœuf, Bertoni — « the driver » — et d’autres, se sont enthousiasmés pour la bière à deux euros. Mais pas que : ils ont aussi assisté à un film d’une remarquable justesse, réalisé par deux amis francs-tireurs, sur la destruction des corons du bassin minier. Malgré le tapage médiatique de cette semaine sur l’inauguration en grande pompe du Louvre-Lens — France Culture, Inter, Nord, 2, 3, etc. —, une autre voix a pu être entendue. Celle des laissés-pour-compte (du développement économique, culturel et urbain). En exclusivité, 43000 relaye (sic) ce bel objet en construction de 28 minutes 08. Spéciale dédicace à Jean-Pierre Kucheida et à la Soginorpa.

La France brûle à cause d’un film

« C’était une mauvaise idée ! Une connerie qui va nous coûter cher ! » Voilà ce qu’un membre du cabinet du ministre de l’Intérieur nous a répondu au sujet du film Juste Police dont la diffusion, il y a deux jours en simultané dans plusieurs salles de quartiers qualifiés de « sensibles », a déclenché une trentaine d’émeutes sur le territoire. « Le film n’était pas mauvais en soi », a conclu notre source, « mais il n’était vraiment pas audible pour les délinquants qui peuplent ces zones urbaines. »

Téléramoche

Télérama n’est pas un journal de merde. Ce serait trop facile.

En France, on a de la chance, c’est bien connu. Par exemple, tout le monde peut voir de beaux films, surtout s’ils entendent, au loin, Le Cri de l’œil. Mais on a de la chance aussi parce que, sans qu’on n’ait rien demandé, un hebdomadaire sait faire, pour vous, la différence entre un Hitchcock et un navet, un Pialat et un navet, un Von Trier et un navet, un Despentes et un porno. Cet hebdomadaire, sans qui se cultiver n’aurait pas ce si bon goût français que le monde nous envie, sans qui on serait vraiment paumés dans nos vies de cons, c’est Télérama.

« Ne plus voir sa gueule »

Cent vingt jours... Hein ! Impossible ! Tout le monde s'est endormi ou quoi ?! Mais... mais... on devait le prendre à la gorge le Francis Hollande, lui faire sa fête, les millions de manifestants de naguère devaient réclamer leur dû, prendre la rue, les boulevards et les rond-points. Rien de tout ça n'est advenu. Rien à signaler. Silence radio.

Comment les Gaulois, foutre merde, sont-ils devenus des ivrognes ?

Il y a quelques billets de cela, je vous parlais de la façon dont Vercingétorix s’était pris une grosse raclée par ce salopard de César. Eh bien il se trouve que je n’en ai fini ni avec ces sauvages d’un autre temps, ni avec vous, bienheureuses lectrices, bienheureux lecteurs. La question que je me pose aujourd’hui vous ennuiera certainement, j’en conviens. Mais à vrai dire là n’est pas l’essentiel. Car un jour vous aussi vous vous réveillerez l’esprit occupé par ce terrible questionnement : « Bordel de dieu, comment ces connards de Gaulois ont-ils bien pu devenir alcooliques ? » Et quand ce jour viendra, vous chérirez ce fichu billet.

Ch'ti land et La Voix du Nord

 Ce mercredi 30 mai, La Voix du Nord pète un boulard. Car, merde, La Voix du Nord elle en a marre de voir les méchants médias parisiens se foutre de la gueule de ses lecteurs. Alors comme elle est pas contente, La Voix du Nord, elle titre en une « L'indélébile image caricaturale des Ch’tis ».

Contre l'architecture... et ses architectes

Recension de l'ouvrage de Franco La Cecla consacré aux stars de l'architecture mondiale. Entre constructions mégalomanes pour centres d'affaires, « disneylandisation » des quartiers et architecture de seconde zone, ce livre ne manquera pas d'éclairer les lecteurs lillois sur les transformations de leur « métropole ».

Les dix objets clés de la bourgeoisie

Éléments pour une sociologie "de poche"... comme un couteau d'assassin.

Après les échecs à fragmentation du communisme et du fascisme, l'idéologie bourgeoise reste, depuis 1789, l'idéologie dominante. Les lourds attraits des rois les ont conduits dans la tombe. Gageons que ces dix objets, loin d'être les gadgets qu'ils prétendent, ne coulent ce paquebot par le fond, et emportent avec eux ces deux siècles de trahisons. Pour la liberté, et la disparition de tout pouvoir.

Pourquoi, diable, ce con de Vercingétorix a-t-il perdu contre César ?

C’est une question, comme une autre d’ailleurs, qu’il est légitime de se poser. Et même si vous, tendres lectrices et lecteurs, qui lisez ce billet, vous vous en tapez comme de Cneius Domitius Ahenobarbus – ce que je peux comprendre – et que vous vous demandez ce que peut bien faire un tel texte sur le site de l’École Néogonzo de Lille (ENL), sachez tout de même que Vercingétorix a perdu la guerre contre César en l’an 52 avant le Christ Tout Puissant. Autrement dit il y a 2062 années de cela. Vous pouvez vous dire, et je ne le prendrais pas pour une moquerie, que c’était il y a bien trop longtemps pour susciter un quelconque intérêt chez une personne équilibrée ou normalement constituée. Certes, mais dans ce cas, gardez bien à l’esprit que les dinosaures ont régné sur la Terre pas moins de 160 millions d’années… et que, par conséquent, ces pauvres 2062 années qui nous séparent de Vercingétorix ne représentent rien, ou pas grand-chose, sur la ligne du temps qui passe. C’est un peu comme si c’était hier, quoi, enfin presque. Mais bref ! Je m’égare.