Communiqué du Koumité de soutien

Jack, cette fois tu as été trop loin. Vraiment trop loin.

• Passe encore que tu me tricardes publiquement pour mon article sur le festival de trompettes de Guca, que j'aurais soi-disant dû rendre il y a trois ans. C'est pas De Boeuf qui me contredira, un bon article ça prend du temps, et si c'est des années, c'est que le sujet est bon.

Passe aussi que tu m'accuses de haute trahison par voie de communiqué alors que tu sais bien que je t'aurais accueilli avec rasades de Cachacha si tu avais eu les tripes de tes accusations. Mais là, Jack ! Un incendie ! Devant chez moi ! Espèce de petite raclure de patron, c'est une déclaration de guerre que tu veux ? Lâchons le mot : c'est un attentat.

Jeudi 12 juin, vers 3h du matin. Alors que je bosse encore et encore sur mon article sur Guca, me disant que j'approchais enfin du but, des coups sourds venant de dehors me détournent de mon œuvre. Cinq pour être précis. Je m'approche de la fenêtre quand j'entends une vitre éclater avec fracas. Dans l'ombre, je distingue une forme qui s'agite près d'une voiture. Je distingue à peine le reflet de cheveux gominés et une chemise bleue qui a l'air de valoir beaucoup d'euros.

Là tout va très vite. L'homme enflamme un torchon et le jette dans la voiture. Une formidable flamme embrase la bagnole. L'homme paraît très nerveux, guettant frénétiquement de gauche à droite. L'imbécile ne sait pas que je ne manque pas une miette de la scène. Voyant le feu prendre, il s'enfuit le long des boîtes à roulettes garées. Alors qu'il passe sous un réverbère, un frisson me saisit : c'est Pat Riot ! La petite ordure ! Ce petit larbin sarkozyste, une vermine libérale, un des premiers élèves de l'École, qui a tristement fini assistant du stagiaire relations presse à l'UMP, devient incendiaire ? On pensait l'avoir définitivement coulé avec Bruegel en trafiquant les comptes de campagne de Sarkozy. Comment m'a-t-il retrouvé ? Trois ans que je me terre dans un maquis belge sans donner aucune nouvelle à personne et il est là, devant chez moi, s'enfuyant comme un junkie apeuré !

Avoir réussi dans le business, ça ne fait pas de vous un homme d'action. Et ça, Jack l'a oublié. Le misérable Pat Riot arrête soudain sa course, son visage s'affole. Il palpe fébrilement ses poches, et retourne fissa vers l'incendie qui grossit. « Meeerrrde ! Quel abrutiii ! » maugrée-t-il en déchirant la nuit. Visiblement incompétent en matière d'incendie volontaire, il s'accroupit sur les lieux de son forfait, furète du regard vers le sol, et repart un bidon d'essence entre les mains. L'imbécile ! Une flamme manque de lui enflammer sa chemise. « Putain de jean foutre ! Mon Hugo Boss ! » s'indigne-t-il.

J'interviens. « Pat ! Tu vas payer pour ta lâcheté ! Avorton du Capital, valet des nantis ! » Il se retourne. Me voit. Et me gratifie d'une quenelle avant de s'enfuir dans la nuit. Quelques instants après, une 306 rouge bestline, celle qu'on surnomme la baleine rouge et qui peut atteindre les 160 miles à l'heure, passe en trombe devant mon maquis. Un coup de Jack, c'est maintenant certain… Ce petit enfoiré embourgeoisé a oublié que je ne roulais qu'à vélo ! Il vient de mettre le feu à la caisse d'un voisin flic, fier comme un vrai homme de se payer une Audi A3 realman. Haha ! Coquin de sort !

Tout est clair maintenant, le dernier communiqué de la direction terminait par ces mots énigmatiques : L'été sera brûlant. C'était donc un avertissement... Le directeur use de sournoises intimidations pour faire rentrer ses élèves à l'enclos ? Il répond à la contestation de son autoritarisme et de sa république bananière par le feu ? Il perd le contrôle...

Camarades ! C'est le moment de reformer le Koumité de soutien... La précédente action n'a échoué que de peu ! Sortez stylos et cocktails molotov, c'est l'heure de pilonner !

Vive la commune de l'École Néogonzo libre !

Esteban

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