Cages

Stéradian publié initialement le 25 juillet 2012

Olivier Masset-Depasse

A. Coesens / S. Stévenin / M. Goethals / A. Bencherif / N. Zerkoune

Sacrément hurlant, comme silence. Ève, une infirmière amoureuse, se retrouve muette après un accident, dont les lésions ne sont pourtant pas la cause : c'est le choc, qui la fait se taire, ne plus réussir à dire, à répondre, à se défendre, à désirer. Son mec Damien est, au bout d'un an, en train de se tricoter sa porte de sortie auprès de Léa, un poil plus jeune, et loquace. Et bien sûr, c'est le drame. Rivalité, amour perdu, mots sur les choses qui ne peuvent que se passer des mots, justement, pour fleurir de ces silences, de ces mystères, de ces mensonges, en secret. Au-delà de la fiction, la très criante question de la prise de parole, au sein du « couple », entre les amants, est ici amenée comme feutrée, par les actes, malgré l’extrémité de la situation (l'accident bien gore), et de sa réaction sans chaîne (la folie amoureuse). Les plans sont serrés, comme les corps, mais les mots, parfois à peine prononcés, se rengorgent, re-capitulent, devant la vérité, devant le cauchemar, et surtout, devant, ou dessous, la voix de l'autre. Un concours des cris animaliers pour des bègues d'origine psychologique et autres logopèdes du cru... pourquoi pas. Mais pourquoi en montagne, ch'tie qui plus est ? (ah, on y est : c'est du belge.) De très bonnes idées, donc, parsèment répliques et plans, parmi lesquels un cas (plus rare dans la vie ou au cinéma ?) de viol féminin, et c'est bien là, toute la question. La possessivité, ou l'amour (« Toujours, tu doutes de moi, hein ? C'est pour ça, que t'as jamais pu m'aider »). Ah... les massages cardiaques... ah, le cinéma. Tu parles... il est comme dans la vie. À chier. Et c'est pour ça qu'on l'aime, lui.

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