La fête a échoué

« Lille 2004 nous a fait gagner dix ans. » C’est à partir de ces propos, prononcés par Martine Aubry en 2012, que des chercheurs lillois ont tenté de détricoter « la reconversion de l’agglomération lilloise » dont les louanges sont chantées par les élites économiques et politiques. À croire ces dernières, l’agglomération aurait été sauvée de la désindustrialisation par la « bifurcation tertiaire » propre à la métropolisation. Seulement, ce n’est pas exactement l’avis des universitaires qui, réunis en un Collectif Degeyter, viennent de publier leurs travaux dans une indispensable Sociologie de Lille (La Découverte, 10 balles) : « cinquante ans après ses prémices, et sans nier les dynamiques économiques et culturelles nouvelles, la "bifurcation tertiaire" est loin de tenir ses promesses. [Elle] a plutôt réactivé et approfondi la structure divisée et inégalitaire héritée de la ville industrielle. Parmi les agglomérations françaises de plus de 250 000 habitants, hors région parisienne, celle de Lille est aujourd’hui la plus ségrégée. […] Les politiques publiques ont été au mieux impuissantes, au pire complices de ces évolutions ». La fête est finie, Madame Aubry.

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