La démocratie dite autrement

Alors que le projet de reconstruction d’une ligne à très haute tension (THT) entre Avelin et Gavrelle, en Pévèle, est contesté et que plusieurs médias y voient une nouvelle « zone à défendre », le journal patronal Autrement dit (14/11) s’insurge : « Il devient quasi impossible, aujourd’hui en France, de lancer un grand équipement public ou collectif sans rencontrer l’opposition de riverains ou d’associations […] dont le fonctionnement est, parfois, loin d’être démocratique ». Pourtant, pour le maire de Tourmignies, démocratiquement élu lui, dont la commune serait concernée par le tracé de la ligne THT, c’est le Réseau de transport et d’électricité qui essaye de « faire passer son projet en force ». Autrement dit un projet qui – comme beaucoup de « grands équipements » polluant, détruisant le paysage ou augmentant la consommation énergétique – semble se passer, largement, de démocratie.

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#1 Bruegel 26-11-2014 13:51
Copié collé d'Indymedia Lille, http://lille.indymedia.org/spip.php?article28864

La préfecture du Nord/Pas-de-Cal ais pratique le dialogue !

Hier, mardi 14 octobre, la préfecture avait organisé une réunion à propos du renforcement de la ligne THT entre Avelin et Gavrelle. Cela s’appelle ILC : Instance Locale de Concertation !

Concertation : il n’y en pas eu.

D’abord, pour arriver à la salle polyvalente de Moncheaux, il fallait marcher un peu à pied car il avait été prévu de protéger les interlocuteurs de la préfecture. Donc, on a amené des barrières pour empêcher le passage des voitures et véhicules, objets barbares. Cela n’a pas empêché au moins 400 personnes de venir devant la mairie de la commune nommée.

Par ailleurs, des tracteurs étaient aussi à la fête. Bien entendu, pour les escorter et les empêcher de faire n’importe quoi, il a fallu attendre l’accord de quelqu’un pour que les tracteurs se mettent en mouvement vers la mairie. Ils étaient au nombre de 16. Donc, rassemblement réussi par les organisateurs : RPEL, ADBM, ADEF, Leforest Environnement, CRANE, collectif anti-THT 59/62.

Avec beaucoup de convictions, avec beaucoup de bruits, les manifestants ont montré ce qu’ils pouvaient faire. Mais, bien sûr, il ne fallait pas déranger les « négociateurs » ; on a donc installé des barrières assez loin de la salle (environ 200 m) ; beaucoup plus loin que lors de la réunion précédente à Thumeries (fief du directeur de projet de RTE). Comme il faut ce qu’il faut, il y avait au moins 4 camionnettes de CRS ! Il faut bien protéger les « négociateurs ».

Cela avait bien commencé. Comme les barrières ont été poussées légèrement pas les participants, les CRS se sont crûs en danger de mort. Ils ont rapidement, sans sommation –bien entendu-, utilisé les gaz lacrymogènes. Cela a fait fuir les enfants qui étaient devant. On en a eu plein la bouche et les yeux (j’en ai été témoin). Une personne a perdu connaissance. Une ambulance a été du voyage … avec un certain
retard dû à …

Le capitaine de gendarmerie a osé dire par la suite que les CRS sont intervenus parce que des manifestants lançaient des barrières : quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage !

Des cris « CRS SS » ont été clamés. On a vu, dehors, ce que signifiait le dialogue !

Pendant ce temps, les « négociateurs » « travaillaient ». En réalité, c’était, comme prévu, un simulacre. Tout d’abord, la préfecture et RTE avaient refusé l’entrée à des personnes du monde associatif et à des personnalités compétentes dans le domaine des THT ; il faut aussi filtrer avant d’entrer dans le sanctuaire ! Ensuite, ce fut un monologue. RTE et la préfecture n’ont pas voulu entendre les personnes qui voulaient exprimer des positions opposées. Ce qui fait que la presque totalité des maires et toutes les associations (celles qui avaient l’agrément de RTE !!!) ont décidé, au bout d’une heure, de quitter cette concertation folklorique. Tous les maires sauf deux : celui d’Avelin et celle de … Moncheaux.

Le maire d’Avelin avait déjà annoncé la couleur en 2012 : il veut des subventions et ne plus être gêné par les ruptures de courant ! La maire de Moncheaux fait semblant dire qu’elle est pour le dialogue avec RTE mais elle a toujours déroulé le tapis rouge à cette entreprise. Ayant accepté que la réunion se passe dans sa commune, il était normal qu’elle reste jusqu’au bout : pour participer aux festivités de fin de réunion … et pour fermer la salle !

Voilà ce qu’on appelle donc une réunion de CONCERTATION.

Il faut rappeler que ce projet de renforcement est inutile, nuisible et imposé. Ce qui s’est passé le 14 octobre montre que les structures étatiques et privées ne vont pas se laisser dessaisir de leur volonté de faire n’importe quoi.
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