À bout de souffle

Parfois, on enchaîne les brèves comme un nageur enchaîne les bouffées d'oxygène pour mieux replonger. Telle ou telle info, il faut la relayer. Et puis, parfois, l'air vient à manquer, les coulées sont plus difficiles, le corps et l'âme plus lourds que de raison. Le bassin du nageur se fait plus grand, l'air se fait plus rare. Et puis on apprend que le maire UMP de La Madeleine a pris un arrêté anti-prostitution « considérant que le fait de circuler dans une tenue indécente constitue un risque d'atteinte à la tranquillité publique ». Et puis c'est au tour de Marine Le Pen et de ses partisans les plus extrémistes de venir défiler à Calais. Calais justement, que le ministre de l'Intérieur veut sécuriser : « Les Calaisiens ont droit à la tranquillité. Ma première préoccupation est d'assurer leur sécurité. Nous mettons donc le maximum de moyens. 350 policiers sont déjà mobilisés [...]. J'ai décidé de renforcer encore ces effectifs [...] par l'envoi de 100 policiers et gendarmes supplémentaires, dont 70 en permanence 24h/24 pour sécuriser le port, et 30 autres pour sécuriser le centre-ville ». Ce qui fait 450 policiers et gendarmes mobilisés pour 37 000 personnes (soit un « policier » pour 80 personnes). Et puis ce samedi, c'est en marge d'un concert antifasciste que des échauffourées éclatent. Interpellations, liens pas clairs entre police et certains fachos notoires. Et puis ce dimanche, voilà Rémi Fraisse, 21 ans, qui perd la vie au cours d’affrontements avec la police au Testet. Cette brève est à la fois trop courte et trop longue. Trop courte comme la vie de Rémi. Trop longue comme l’inspiration qu’il nous faut prendre en ce lundi de merde. L’air manque, et il est de plus en plus malsain. L'air manque et il nous faudra bientôt choisir entre continuer à patauger ou sortir la tête de l’eau.

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