4h30 d'agonie

Il est 6h du matin en ce dimanche 10 juin 2007. Aliou fait une crise d’épilepsie. Cris, convulsions, baves, raidissements… Dans une vie normale, le SAMU serait intervenu et basta. Mais la scène ne se passe pas dans une vie normale, elle se déroule en prison, à Loos. Aliou peut juste compter sur son co-prisonnier, qui crie et frappe contre la porte de toutes ses forces. Trente minutes, pas dix, pas cinq, trente minutes plus tard, les gardiens se pointent et ne jugent pas nécessaire d’appeler le SAMU. Vers 7h, même scène, même crise. Planqué derrière l’œilleton, les gardiens sont formels : Aliou sera examiné à l’arrivée du service médical (UCSA), à 8h. Et puis l’info est mal transmise entre équipe de jour et de nuit : « le signalement auquel il a été procédé par l'administration pénitentiaire ne faisait pas état des pertes de connaissance, et de convulsion », reconnaît le ministre de la Justice dans son mémoire en défense. Voilà pourquoi Aliou n’est emmené en consultation qu’à 9h20. Engourdi, sans mémoire précise (fréquent dans ce cas), il fait une nouvelle crise vers 9h40. Cette fois, le SAMU est appelé. Mais pas disponible. Ce seront les pompiers qui constateront son décès, aux alentours de 10h30. Aliou laisse derrière lui la mère de ses deux enfants, auxquels l’État vient d’être condamné, par le Tribunal administratif, à verser 34 000 euros.

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