Un autre suicide en prison condamné

Il s’appelait Fabien. 21 ans. Mort pendu le 16 novembre 2006 dans sa cellule du quartier disciplinaire (QD) de Maubeuge. Le 5 février dernier, le Tribunal administratif de Lille a condamné le centre hospitalier de Sambre-Avesnois à verser 15 500 euros à sa famille. 15 jours au placard pour des menaces contestées sur un maton. Condamné à un an ferme plus du sursis. « État d’anxiété du détenu […] relevé dès son arrivée » et « existence d’un risque suicidaire dès le 28 décembre 2005 ». Un récidiviste du suicide en détention. Casier connu. Lourd traitement avec substitutifs aux opiacés et de benzodiazépine. Augmentation constante des doses. « Escalade thérapeutique » d’après un médecin. Malade, sans ajustement de traitement, Fabien se plaignait de ses conditions d'emprisonnement. Cumul qui a conduit la justice administrative à considérer que « le manque de surveillance médicale de l’administration des traitements et de leur efficacité doit être regardé comme ayant contribué au passage à l’acte du détenu et constitue une faute de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier de Sambre-Avesnois ». 15 500 euros le prix de la vie de Fabien. 14 000 pour celle de Jean (28 ans) suicidé au centre pénitentiaire de Maubeuge, encore une fois, en 2008. Ça fait entre 500 et 800 euros l’année, selon l'âge, et c'est toujours moins coûteux que de faire vivre un prisonnier.

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Informations supplémentaires