Mulliez, ces bienfaiteurs

En mars 1969 ouvrait le centre commercial d’Englos, complexe d’un nouveau genre qui préfigurait le modèle de consommation de masse qui fera la réussite du clan Mulliez. Réussite dont La Voix du Nord, sous perfusion publicitaire, se fait l'écho. Le maire de l’époque, Philippe Descamps, 91 ans au compteur, se rappelle que l’affaire s’était conclue facilement, relation oblige : « Il faut dire que Gérard Mulliez était un ami d’enfance. On était allé à l’école ensemble. C’est un hasard si j’étais le maire de la commune où il allait ouvrir son premier grand centre commercial ». Le hasard faisant bien les choses, une famille noble désargentée profitait de l’occasion pour revendre ses propriétés au fondateur d’Auchan. Et puis, entre amis d’enfance, le bon maire s’est fait VRP : « Vous savez, à l’époque, on ne parlait pas de plan d’occupation des sols ni de choses comme ça. Les permis de construire, c’est nous les maires qui les accordions. Gérard Mulliez m’a demandé d’aller convaincre mes collègues maires d’Ennetières et de Sequedin, ce que j’ai fait. » Le hasard n’étant que la main aveugle de Dieu, la manne financière apportée par le supertanker commercial est bien retombée dans la puissance publique, mais pas là où on pourrait l’imaginer : « Qu’est-ce qu’on a fait de tout cet argent ? Eh bien, je dois vous dire que ça nous a permis d’entretenir et de restaurer notre belle église du XIIe siècle ». Relations d’enfance, noblesse, religion et servage moderne, qui a dit que le Moyen-Âge était fini ?

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