Mémoire de crocodile

Le 7 juin dernier, Jean-Pierre Chevènement réagissait sur son site à la disparition de l’éléphant-roi : « C’est avec une profonde peine que j’apprends le décès de Pierre Mauroy ». Et de remuer sa plume : « Nous n’étions pas toujours d’accord […]. Mais cela n’a jamais empêché ni l’amitié ni même l’affection. » Ah ! L’amitié… mieux, l’amour : « L’homme dégageait un charme puissant. Je me remémore avec émotion tant de moments uniques, sa voix persuasive, les arabesques qu’il dessinait dans l’espace avec ses longues mains fines pour apporter à ses arguments le sceau de l’évidence. » Hé ! Hé ! Dommage que, parmi les « moments uniques » qu’il se « remémore », Chevènement n’ait pas rappelé ce beau jour de 1990, où il décrivit le « charme puissant » de Mauroy à Claude Allègre : « On ne s’en méfie jamais assez de ce type. C’est le bœuf dans la plaine. Quand il a l’air con et l’œil glauque, c’est toujours qu’il cherche à te baiser. » Jamais un éléphant n’aura fait pleurer autant de crocodiles.

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