Deux coups de poing, deux coups de boule

Dimanche 27 février vers quatre heures du matin. Trois jeunes femmes accompagnées de trois jeunes hommes, tous autant « raides decker » les uns que les autres, reviennent à pattes d’une soirée à Lille Sud. En mode « patrouille de France ». Sur le grand pont traversant le périphérique entre Porte des Postes et la rue du Faubourg des Postes, ils remarquent qu’une « meuf est en train de se faire embrouiller » par des types stationnant au milieu de la route. Passant à leur niveau, une jeune femme du groupe leur demande de la laisser tranquille. Une portière s’ouvre, un mec sort de la voiture et se dirige à grands pas vers celle qui veut s’interposer. Pas un mot, il lui balance une grosse balayette et la jeune femme trébuche « direct ». Voyant cela, un gars à lunettes se détache du groupe et se jette sur le faucheur, sans avoir conscience – le pauvre – du massacre qui l’attend. Ni une ni deux, il « mange un coup de boule » : du sang gicle brusquement de son nez. Un deuxième gars sort de la voiture et lui décoche « une grosse patate ». Ses lunettes s’envolent, il tombe par terre. Parallèlement, deux autres types sont sortis de la voiture. Là ils sont quatre à infliger droites, coups de boule et balayettes à tout ce qui bouge. C’est un fléau comme on n’a jamais vu. La dent d’une jeune femme se brise en mille morceaux, la lèvre d’un autre jeune homme complètement déchiré à la vodka explose littéralement. Ça tabasse dans tous les sens. Malgré les premiers coups, le fait qu’il ne voit plus rien à présent et qu’il titube d’autant plus, le type à lunettes se relève tant bien que mal et crie, la gueule et le nez ensanglantés, aux types de la voiture : « Mais vous êtes fous ! Vous frappez des meufs ! » Il n’en démord pas, ce mec, et va encore manger comme jamais. Quasiment en un éclair, il se jette comme une bête enragée sur le premier gars qui lui a écrasé le nez. Toujours en vain, le malheureux se remange un coup de tête et une patate, s’effondre à nouveau brutalement. Or, chose improbable, il parvient encore à se relever, chancelant, terriblement défoncé, « la gueule en sang ». Ça dégouline sur le sol et sa veste. « Du sang partout, mec ! » Son corps tangue et ses seules forces restantes lui permettent de dire aux types de la voiture : « Là… c’est bon, les gars, on arrête… j’ai mangé, c’est bon, on arrête… » Il a de la chance : ils acceptent le « deal », cessent le carnage mais tiennent à lui répondre avant de partir en le « traitant de fils de pute ». Enfin, remontant dans leur voiture, ils gueulent comme des cons : « Nous, on vient de Roubaix ! On est pas des pédés de Lillois ! »

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