Reportages

Bal tragique à Lille : un policier égratigné, 53 interpellations

La soirée du vendredi 14 janvier organisée au Centre Culturel Libertaire (CCL) en soutien au journal La Brique a rassemblé beaucoup de monde. Des habitués, des militants, mais aussi et surtout de nombreuses personnes étrangères à ce milieu, uniquement présentes pour le concert Hip Hop. A la fin de la soirée, la police a littéralement pris d’assaut les lieux et interpellé brutalement les 53 personnes qui s’y trouvaient encore. Pour plusieurs raisons, nous ne reviendrons que sur les agissements des policiers, depuis le moment où ils nous enfermaient dans le CCL comme des rats jusqu’à notre libération du commissariat. Voici ce que nous avons vu de nos propres yeux et entendu de nos propres oreilles, tant de la part de nos compagnons de cellule que des « fonctionnaires de l'Etat », véritable police idéologique et punitive.

Panique sur la vie nocturne

On le sait depuis quelques temps. Ville et préfecture ont décidé de réprimer la « vie nocturne » lilloise, invoquant les « nuisances » perpétrées par la jeunesse avinée et le saint « Ordre public ». Une fois de temps en temps, des bandes de policiers sont lâchées dans le secteur formé par la rue Masséna et la rue Solférino, aux heures les plus chaudes de la nuit. Un dispositif tellement impressionnant que le quartier des bars prend alors des allures de citadelle assiégée. Avant-hier soir, complètement pété que j’étais, je me suis retrouvé au milieu de ce vaste étau policier. Parano, paniqué, voyant des milices partout, je l’avoue, j’en ai vomi mon plat de pâtes.

Des milliers de pauvres formidables...

Je la sentais mal et comme d'habitude j'ai eu du flair. Quand mon tuteur scolaire, alias Jack de L'Error, m'a refilé le sujet sur la rénovation de l'îlot Vanhoenacker à Lille-Moulins, en me disant « Oué c'est super vas-y là mercredi, à la salle Courmont, tu vas nous ramener de la bonne info ! », j'y croyais déjà pas trop. En ressortant de cette heure et demi de « réunion de concertation », j'hésite encore entre déchirer ma carte d'étudiant néogonzo ou à me déchirer tout court. Récit d'un débutant.

Une équipée sauvage au cœur de la nuit lilloise

Autant vous l’avouer d’emblée : j’ai merdé. Oh ! oui, j’ai merdé et en ai payé le prix fort. Car se retrouver, comme il m’est arrivé, face à un videur professionnel de la rue Masséna et souffrir un « j’vais t’envoyer deux d’mes gars complètement défoncés au crack », tout cela à cause d’une veste dégueulasse en peau de fesse de chèvre albinos, oh !, il n’existe guère de plus terrible punition. Je ne me souviens que d’une moitié des évènements – et laquelle ? – mais, pour vous, lectrices absentes, lecteurs absents – mais malgré tout attachants –, je vais de ce mot m’employer à reconstituer soigneusement l’histoire. En dégager les tenants et aboutissants. Au passé pas si simple.

Sur les traces du journalisme gonzo

Esteban, le guérillero de l’École Néogonzo de Lille (ENL), rentre tout juste d’un reportage sauvage dans le « rêve » européen. Lors de son passage à Prague, notre journaliste de terrain est tombé par hasard sur Scott, un professeur américain. Ce dernier, fin connaisseur du journalisme gonzo, ayant lui-même rencontré son précurseur Hunter S. Thompson, a accepté de livrer son idée sur ce journalisme qui devient « partie de l’histoire ». Malgré l’heure avancée, l’alcoolisation massive d’Esteban et la présence de sa caméra, Scott est parvenu à mettre des mots sur ce qui inspire parfois les élèves de l’ENL. Exclusif.

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