Reportages

Trouille à Sciences Po Lille : les antinucléaires n’ont pas le droit de contredire la dame d’Areva

Comme c’est souvent le cas, le reportage commence dans un bistrot lillois bourré d’ivrognes dépravés. Une horloge accrochée au mur indique qu’il est deux heures et demie. Le journaliste est assis au comptoir, près des tireuses, et ne semble pas faire attention à la folie grandissante qui saisit les gens autour de lui. Lunettes noires au nez, même s’il fait nuit, c’est à tous les coups une astuce pour dissimuler son véritable état de sobriété. De la main gauche il tient un verre de bière belge, de la droite il gratte quelques notes illisibles sur son carnet. Un exemplaire de Métro trempe dans une flaque de pastis à côté de lui : « Inquiétude à Fukushima », peut-on lire, « il faudra plusieurs mois avant de stopper les fuites radioactives ». Voilà comment a commencé ce reportage, pour finir le lendemain en queue de poisson devant l’IEP, censuré par la police.

Peut-on être de gauche et mondain à la fois ?

Marie est schizophrène. Un peu comme le monde qui l'entoure. Si ses proches la connaissent sous les traits de Marie Douceur, la révolutionnaire "vénère" qui sommeille en elle l'amène parfois à parler comme une illuminée. « Marie Colère existe, aussi fais bien attention ». Ultra subjective. Autant dire que lorsqu'elle rencontre Jack de L'Error et sa clique, ça fait des confettis. Pour sa première, Marie a clairement le cul entre deux chaises. On la sent tiraillée. Étudier à l'IEP et vomir l'IEP n'est pas une chose facile. Heureusement Pierre Mathiot surgit parfois pour remettre les points sur les « i ».

Rome – Bari – Corfou – Venise – Rome

Circulez, y a tout à voir.

Les Grecs, comme les Romains, les Villiers-le-bellois et le monde entier, n'ont pas inventé le feu, mais ont appris à le maîtriser, cramant coup pour coup les restes de ce vieux monde qui les a mis dans la merde. Après avoir goûté un instant les mondanités romaines du Roma Independant Film Festival (Riff), nos trois héros, dont la micro-caméra embarquée de votre serviteur, le désormais célèbre aventurier Samuel S. ("Huntingtown") Bertoni font équipe vers L'île aux mille couleurs, Corfou. Histoire de voir si le paradis, ressuscité de ses cendres, aura encore de la gueule. Journal de bord.

Divagations d’un citadin en rase campagne

Les péripéties de la vie vous entraînent parfois dans des contrées obscures, faites de mystères, de peur, mais aussi de découvertes. Souvent, pas la peine d’aller très loin. Le quartier d’à côté, s’il est bien arpenté et vous en forme, peut très bien vous dépayser plus qu’un coin de Bahamas. Mais là, ni tier-quar d’en face, ni île flottante. Plutôt : la diagonale du vide ! Celle qui traverse la France de Verdun à Dax et qui concentre les régions où on croise le moins de monde au mètre carré. Vous imaginez ? Des champs à perte de vue, des montagnes, des paysans crasseux qui ne savent pas parler correctement, les ploucs*, les vaches, l’odeur de merde et des souleries de bar qui finissent en castagne...

Entre les grands murs blancs et les manguiers centenaires, la honte ne les épargne pas

DAKAR — Découvrir Toubab* Land nous a laissés amers, Expat’ Land nous a laissés sur les rotules. On en ressort blasés, retournés, torturés, détroussés, phagocytés. On en parle en prenant de grandes bouffées d’air. On reste silencieux, pantois, perdus dans de sombres pensées. Honteux d’y avoir foutu les pieds, honteux d’en être partis sans foutre le feu.

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