Reportages

Le Front de Gauche, entre vents et marées

Je suis bloqué sur le périphérique lillois et j'ai la pression. Jack de L'Error, en cure aux Bahamas depuis cinq mois, m'a donné une mission : être au rendez-vous fixé par le Front de Gauche et son candidat. Pas question que je loupe le début, va y avoir du monde. La preuve ? Le grand raout, prévu initialement au Zénith, a été délocalisé au Grand Palais en prévoyance d'une affluence de fou.

La Pape est mort, à bas le Pape !

Sa Sainteté le Pape Benoit XVI, alias Joseph Ratzinger, alias l'ex-Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (autrement dit le chef de l'Inquisition), n'aura pas tardé à renvoyer l'ascenseur au plus haut des cieux, directement à l'envoyeur : sa prédécesseuse incarnation de Dieu sur Terre, j'ai nommé Karol Wojtyla, alias Mgr. l'Archevêque de Cracovie, le plus anti-communiste de l'Histoire, alias le Pape Jean-Paul II.

Ce qu’il s’est passé au CCL dans la nuit du 14 au 15 janvier 2011

Le 25 mai s’est tenu le procès des deux personnes inculpées à la suite des 53 arrestations du Centre Culturel Libertaire de Lille (CCL) en janvier dernier. Nous avons pris suffisamment de temps pour publier notre compte-rendu dans le but de vérifier tout ce que nous souhaitons y verser, et de pouvoir soulever les lacunes du procès le plus honnêtement possible. Les débats, qui ont conduit à une relaxe et une condamnation à quatre mois de prison ferme, nous ont apporté assez d’éléments pour que nous puissions établir notre propre version des faits. Autant dire que nous démentons « formellement » la version des policiers.

Martine Aubry et le Peuple qui souffre

Le soleil était déjà haut dans le ciel de Wazemmes quand la sonnerie de mon téléphone me réveilla. Personne ici ne sera surpris d’apprendre que ce réveil fut des plus chaotiques : derrière mes paupières compressées les unes contre les autres, le sang stagnait depuis des heures comme s’il s’agissait d’un cloaque infesté ; de ma bouche s’échappaient des effluves écœurantes qui me rappelèrent en un éclair la dernière chose que j’avais ingurgitée avant l’extinction des lumières – deux ou trois gorgées de Grant’s au goulot, whisky dégueulasse, certes, mais franchement bon marché ; mes cheveux emmêlés formaient une boule compacte dressée sur ma tête, coupés Jackson Five mais sans le déhanché qui va avec ; encore tout habillé, mon tee-shirt blanc était souillé de rouge – un Côtes du Roussillon Villages, d’après mes souvenirs – et le sucre de la vinasse en cause m’arrachait le peu de poils qu’arbore ma poitrine ; bref, je n’avais vraiment pas de quoi fanfaronner et je n’eus même pas la force de rabrouer violemment mon interlocuteur. « Bon sang lèves-toi, Jack ! me fait ce salaud. T’as une demi-heure pour ramener ton cul à Saint-Sauveur ! » Quoi ?! « Aubry, sa candidature, tu te souviens ? » Merde, c’est vrai.

A la recherche des droits de l’homme en baronnie socialiste

« C’est un problème qu’on peut régler vite ? » Jacques Mutez, conseiller municipal délégué aux marchés de plein air, tenait un « point-presse » dans les halles de Wazemmes. Le dimanche était radieux, l’alcool n’avait pas coulé la veille, et moi j’étais là, devant lui. Je ne savais pas si on pouvait régler le « problème » vite, car je ne voyais pas vraiment, au fond, quel était le « problème ». « Bah un problème… » dis-je, « c’était surtout pour avoir votre avis ». Pour tout dire, ce matin – allez savoir pourquoi –, je n’avais qu’une idée en tête : trouver ces foutus droits de l’homme. J’ai donc cherché, fouillé minutieusement du marché à la place de la République, en passant par la Zone de l’Union à l’autre bout de la métropole… Hélas, hormis une discrète inscription gravée dans la pierre, paraphée solennellement par Martine Aubry, j’en suis revenu absolument bredouille.

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