Reportages

Le samedi de Bouvines

Il existe un bled de 750 âmes en périphérie de Lille, répondant au nom de Bouvines, où, selon toute apparence, la Grande Histoire de France s’est jouée un certain dimanche 27 juillet 1214. 797 années, 10 mois et 23 jours plus tard, la morne vie de reporter néogonzo en manque de sujets que je menais depuis quelques temps, m’y a conduit.

Didier Fusillier est un type branché

À Lille les mauvaises langues l’affublent de tous les noms et insistent sur sa prétendue ringardise. Pire, les collégiens, dont on sait la cruauté, se moquent de lui et de sa coupe de cheveux démodée quand il traverse la ville. Bref, les blagues pullulent sur son compte, et ce n’est pas du tout cool. Car au fond, je vous le demande, que sait-on vraiment de « Dédé » ? Que connaît-on de cet homme dont la simple évocation soulève les rires par centaines ? Pas grand-chose.

Une huile à l’audience

C’était un plan béton, un dossier en or, une audience qui promettait la lune, le genre de rendez-vous judiciaire en prévision duquel on plante ses potes au bistrot la veille pour rentrer chez soi plus tôt et plus à jeun que d’habitude. Le tuyau venait d’un pote avocat, et comme j’en avais marre de mon stage en comparution immédiate et des salles d’audience où défile la misère, j’ai sauté dans mon plus beau tailleur pour assister à une audience de luxe. Rouge à lèvres et talons chics, j’envisageais même de me faire passer pour une scribouillarde de Libé, et ceux de l’école m’auraient enfin regardée de plus bas.

Aux boues de la lutte

Les élèves de l'école néogonzo (ENL) étaient de sortie pour un stage pratique à la manifestation de réoccupation de Notre-Dame-des-Landes, le 17 novembre dernier. Ce petit coin de bocage nantais est devenu l'enjeu d'un bras de fer politique : Jean-Marc Ayrault d'une part (qui a porté le projet en tant qu'ancien maire de Nantes), des paysans et des activistes de diverses obédiences d'autre part. Objectif pédagogique : observer la lutte autogestionnaire de cette Zone À Défendre.

Conversation jusqu'au bout de la ZAD

Ça devait être un mercredi tranquille, le genre de journée qui vous amène doucement vers la fin de semaine. Mon programme était tout trouvé : soupe, gâteau, bain hebdomadaire puis Tom et Jerry pour mon fils de 4 ans. J'avais juste pris le temps d'envoyer un petit mail à un copain nantais, histoire de prendre des nouvelles, de loin. Vers 15 heures, mon portable sonna : « Yo, Bruegel, bien ? T'es chez toi ? J'arrive dans dix minutes ! » Plus rapide qu'un avion, mon pote revenait directement de Nantes, et plus précisément de Notre-Dame-des-Landes.

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