Reportages

Chroniques paranoïaques

Un mardi comme les autres, une salle au Palais, une audience correctionnelle des plus banales, un public qui attend, une juge qui a retroussé ses manches, un dossier plus mince que les autres, un vol à l’arraché, un prévenu qui comparaît libre mais qui vient de se taper plusieurs mois au frais dans une prison sous les tropiques.

Abdel Hafed Benotman : « Le véritable enfermement est la soumission, à l'intérieur et l'extérieur des murs »

Samedi dernier, dans un bistrot de Moulins, j'attendais sagement que l'heure passe... Comme dans beaucoup de cafés, La Voix du Nord traînait sur le zinc. La bonne occasion pour dégoter une ou deux brèves vite fait histoire d'alimenter notre nouveau site. Mais voilà que je tombais sur un fait divers carcéral qui trouvait un drôle d'écho dans ma mémoire. Un homme venait de se prendre 18 mois fermes et supplémentaires pour violences contre gardien. Piqûre de rappel carcérale pour me rappeler cette rencontre publique, il y a environ deux mois, avec Abdel Hafed Benotman à la librairie L'Harmattan, dans le Vieux Lille. Militant anti-carcéral, écrivain, on ne présente plus l'auteur des Forcenés et d'Éboueur sur échafaud. Ou si, parce que comme moi peut-être, quand tu lis ce nom, tu te dis que tu l'as déjà entendu mais que tu ne remets plus qui c'est.

Le festival d'Aurillac est crade et dépravé !

« Les hippies, c’est pire que les collabos ! » C'est avec cette phrase que je m’étais endormi, mais c’est quand je me suis réveillé que les soucis ont vraiment commencé. Je ne sentais plus mon corps, à peine mon âme. J'étais tel un tronc d'arbre desséché. Ne pouvant relever la tête trop rapidement, comme coincé à mon matelas de fortune transpercé par la dureté d'un vieux parquet, je commençais par scruter attentivement mes mains étrangement scarifiées. Des légères griffures un peu boursoufflées dévalaient le long de mes bras. Mais bordel, qu'est-ce que j'avais bien pu faire ?

Le samedi de Bouvines

Il existe un bled de 750 âmes en périphérie de Lille, répondant au nom de Bouvines, où, selon toute apparence, la Grande Histoire de France s’est jouée un certain dimanche 27 juillet 1214. 797 années, 10 mois et 23 jours plus tard, la morne vie de reporter néogonzo en manque de sujets que je menais depuis quelques temps, m’y a conduit.

Didier Fusillier est un type branché

À Lille les mauvaises langues l’affublent de tous les noms et insistent sur sa prétendue ringardise. Pire, les collégiens, dont on sait la cruauté, se moquent de lui et de sa coupe de cheveux démodée quand il traverse la ville. Bref, les blagues pullulent sur son compte, et ce n’est pas du tout cool. Car au fond, je vous le demande, que sait-on vraiment de « Dédé » ? Que connaît-on de cet homme dont la simple évocation soulève les rires par centaines ? Pas grand-chose.

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