Abdel Hafed Benotman : « Le véritable enfermement est la soumission, à l'intérieur et l'extérieur des murs »

Samedi dernier, dans un bistrot de Moulins, j'attendais sagement que l'heure passe... Comme dans beaucoup de cafés, La Voix du Nord traînait sur le zinc. La bonne occasion pour dégoter une ou deux brèves vite fait histoire d'alimenter notre nouveau site. Mais voilà que je tombais sur un fait divers carcéral qui trouvait un drôle d'écho dans ma mémoire. Un homme venait de se prendre 18 mois fermes et supplémentaires pour violences contre gardien. Piqûre de rappel carcérale pour me rappeler cette rencontre publique, il y a environ deux mois, avec Abdel Hafed Benotman à la librairie L'Harmattan, dans le Vieux Lille. Militant anti-carcéral, écrivain, on ne présente plus l'auteur des Forcenés et d'Éboueur sur échafaud. Ou si, parce que comme moi peut-être, quand tu lis ce nom, tu te dis que tu l'as déjà entendu mais que tu ne remets plus qui c'est.


 Abdel Benotman renferme à lui seul plusieurs destins. Français musulman d'Algérie (né en 1960), sans-papiers, athée revendiqué, braqueur désarmé, entre romancier noir et noir nouvelliste, écrivain tout court et grande gueule joyeuse oscillant entre autodérision et fierté bien sentie.

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En ce début de mois de mai, la rencontre annonce une discussion « pirates, prison, écriture, récidive, évasion, romans noirs. » J'arrive à l'heure et la petite librairie-couloir de la rue Basse est déjà bondée. On se retrouve une bonne vingtaine, et pas que des amateurs de littérature. L'auteur est accompagné de son amie Gwénola Ricordeau, sociologue, militante anti-carcérale. Benotman, à l'habitude, se présente. « À l'occasion j'écris des bouquins, des scénarios de temps en temps... À d'autres époques, j'ai beaucoup écrit... des lettres anonymes, des lettres de rançon... Je fais partie de ces gens qui ont le goût de l'écriture. Sinon j'ai fait 17 ans de prison, en trois fois. »

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Juste le temps pour une personne de l'assistance de demander quelques informations sur Coco, son dernier bouquin illustré par son amie Laurence Biberfeld. La réponse tient en trois minutes : « J'ai écrit un livre de pirates. C'est un manuscrit que j'ai testé en prison, en promenade. Toute l'histoire est racontée par un perroquet pour qui ça commence bizarrement : l'œuf tombe dans un trou qui s'avère être les latrines des pirates. Ce petit perroquet naît donc, comme beaucoup d'entre nous, dans la merde. Il devient alors le perroquet du pirate, puis tout s'enchaîne avec une planque pour le trésor, choisie de façon aléatoire... Et le seul qui connaisse le parcours, c'est le perroquet qui, entre-temps, s'en va avec une mainate, dont il est tombé amoureux. »

 

« Je n'ai pas été un détenu, j'étais un prisonnier ! »

Benotman, comme il le dit, écrit très peu sur la prison. Soit. Mais il en parle beaucoup. L'écrivain appuie sur quelque chose qui me touche : les mots. Les mots, toujours les mots. Ces amas de lettres qui nous servent à désigner, expliquer, ici à attaquer, là à se défendre. Il refuse de faire des témoignages :« Ce sont des coups médiatiques. Sur les plateaux télés, on essaye souvent de me faire livrer des témoignages. Je ne réponds pas, vous avez invité des spécialistes qui donnent une opinion et moi vous me demandez un témoignage ? Je vais vous donner mon opinion. »

Une opinion qui résonne comme une lutte permanente pour mettre les mots… sur les choses : « Un présentateur m'a qualifié une fois d'ex-détenu. Je lui ai dit que non, j'étais un prisonnier. Pourquoi ? C'est simple : on détient un objet, pas une personne. Laissons à l'État et à l'administration leur vocabulaire ! »

Une opinion qui déborde largement les quatre murs carcéraux : « L’enfermement s’éclate sur l’extérieur. Un SDF, c’est un taulard, encore plus malheureux car il ne voit pas ce qui l'enferme. Quand on voit les juges, les flics, les barreaux, on sait l’ennemi, on sait contre qui on se bat. Dans la rue, dans un carton, comment voulez-vous vous battre ? Comment s’évader ? » Enfermement/évasion, évasion/enfermement, les deux mots ne cessent de résonner pendant les deux heures de parlotte. « L'enfermement extérieur m'intéresse. On peut s'enfermer par addiction. Par exemple, un couple qui reste ensemble peut s’enfermer sans qu’un des deux ne s’évade… Les murs, l’architecture pénitentiaire, c'est à mon sens la solution moins pire. Car on est au fond, on n’est plus dans le fantasme, et on peut lutter contre. D’où ce magnifique mot qu’on appelle l’évasion. »

 

Comment s'évader ?

Dans la librairie, tout le monde écoute sagement. Ça dure bien vingt secondes. Un peu trop au goût de l'écrivain : « J'ai encore plombé l'ambiance ! » Le silence continue, puis quelqu'un se lance. À une question sur l'évasion, la réponse est directe : « L’évasion, pardonnez-moi l'expression, faut juste remonter ses couilles et ses ovaires. Pas d’autre choix que de passer à l’acte. C’est un acte difficile car c’est prendre le risque de se faire tuer. Le risque n'est pas de la rater, car rater une évasion, c’est quand même réussir. Pendant ces périodes d’évasion, et même pendant leur préparation, on est en refus. »

Dire non, refuser, c'est lever la tête contre la soumission. Pour Abdel, ce fut aussi un moyen de mieux vivre son incarcération. DE RESTER DIGNE : « J’ai eu un non-retour de permission de 18 mois, et j’ai pris deux ans et demi en plus, non confusionable, c'est-à-dire des peines qui s'additionnent. Eh bien j’ai plutôt bien vécu cette double peine, car je n’ai pas eu le dressage de venir sonner à la porte. Il n'y a rien de plus terrible qu’on vous laisse sortir et qu’on vous demande de rentrer. C'est l'histoire du chien à qui on lance la baballe, qui la ramène, qu'on relance... et ainsi de suite. La plupart des mecs deviennent cinglés. Jean-Marc Rouillan s’est fait une vingtaine d’années en se battant. Et quand je l’ai rencontré, je me suis aperçu que ce qui lui a fait le plus de mal c’était la semi-liberté, tous les soirs venir sonner à la porte. »

Les mots. Toujours les mots. La discussion tourne toujours autour de l'évasion. Mais si, comme le dit Benotman, l'enfermement extérieur est aussi important : « Comment fait-on pour s'échapper d'une prison sans murs ? » demande un homme dans l'assemblée.

« Il n'y a qu’une possibilité, c’est l’évasion collective et ça s’appelle… comment déjà ? [Il apostrophe le public]... mais si... ah oui... ça s'appelle la révolution. Sinon on ne peut pas… » Pour étayer son propos, il se livre à une de ses petites anecdotes qu'il semble affectionner : « Il existe le sigle SDF : Sous Détention Ferme. Dans la rue l’analogie avec le SDF c’est pareil… Le SDF dans la rue il faudrait qu’il voit ces murs… Beaucoup de Sous Détention Ferme se retrouvent SDF et hop sont recyclés… La prison produit une richesse extraordinaire. Quelqu’un qui se prend un mois ou plusieurs jours, ça ne sert à rien sauf qu’il est radié des listes d’allocs, s'il a une petite chambre, son proprio est ravi de le virer… Il y a un côté économique quand on se débarrasse de quelqu’un… Et quand il sort de prison, il faut deux à trois mois avant de toucher un premier chèque… Comment bouffer sans famille ou amis ? Il tombe dans la récidive qui pour moi est un concept qui n’existe pas… C’est comme le mot détenu… Je ne connais pas. Je ne suis pas un multirécidiviste. Le problème est simple : une personne a un problème, et il passe à l’acte, ça se passe mal. Si la prison réglait ce problème, et qu’il recommence c’est un petit ingrat… mais la prison ne règle pas son problème, et donc ce problème grossit… Ce n’est pas la récidive, c’est une continuité. Mes combats sont aussi là-dessus : leur renvoyer leur vocabulaire, inventer le nôtre, ou reprendre des mots. »

Nous sommes début mai et cela ne fait pas un mois que l'évasion de Redoine Faïd a fait la une de tous les médias possibles. Pour l'auteur des Poteaux de torture, pas de doute : « Les évasions comme celle de Redoine arrangent l'État et l'AP, parce que ça donne une bouffée de respiration, de contentement et de joie à toute la population pénale. C'est une exaltation : il y en a un qui est parti c'est comme si tous étaient sortis. C'est un prétexte à casser l'humiliation à l'intérieur de la prison, il y a une grande euphorie. » Une respiration selon lui nécessaire au maintien de l'ordre en prison : « S'il n'y a pas cette petite bouffée d'oxygène, il y aura une morosité ambiante et donc des évasions collectives, et ça risque d'être saignant. Si vous regarder les grandes évasions, il n'y a pas un mort, juste des dégâts matériels. »

Toujours le silence et Abdel qui harangue : « Allez, un euro pour celui qui pose une question ?! » « Ça marche » : à la question d'une jeune femme qui demande si les évasions ne sont pas un bon prétexte pour renforcer les contrôles, les prise d'ADN, Benotman se montre plus circonspect : « L'ADN n'a jamais visé les criminels. Le public visé, c'est vous. Au début la question se posait sur les pédophiles, les Français étaient d'accord. Aujourd'hui, c'est tout le monde. On se sert de la prison pour tester des choses. Pourquoi on brûle les véhicules après un braquage ? La cible n'est pas le crime, ce sont les classes dangereuses. »

 

Écrire et publier pour résister : L'Envolée

Reprendre des mots, c'est un peu l'idée qui a abouti à la création du journal L'Envolée, qu'il a fondé avec d'autres camarades encristés après avoir animé une émission de radio du même nom : « Certains nous envoient des lettres de manière clandestine, d’autres assument et le font de manière régulière. Quand ils veulent être sûrs que ça arrive, il faut l’envoyer en accusé de réception. Et ceux qui écrivent sont blacklistés : ils ne peuvent espérer ni libération, ni conditionnelle, ni traitement de faveur… Et c’est pour ça que la plupart du temps ce sont des gens qui sont dans des culs de basse-fosse, et que l’administration ne leur fera aucun cadeau. Ce sont des gens qui se battent à l’intérieur et prennent ce risque de la liberté de dire non. Rien n’est censuré, on publie tout, en axant plus sur les opinions que sur les témoignages. »

Gwénola Ricordeau relance son ami sur la question de la censure et de sa lecture en prison : « Le journal est retenu : avec l’article de loi, la rétention de journaux non interdits à l’extérieur… On a inscrit ça dessus, sur la quatrième de couverture. Ce qui fait que le journal est retenu, pas censuré. Le prisonnier a reçu son journal, mais il est à la fouille (avec les affaires personnelles). Quelques cas d’espèce le reçoivent directement en cellule. Moi par exemple, ne pas me donner le journal, c’était s’assurer d’un foutage de merde dans la prison… »

Bricolage et démerde, donc, pour s'assurer d'être lu et diffusé. Il a donc fallu innover : « On envoyait L'Envolée dans une couverture de journal catholique, comme Le Pèlerin ou La Croix. Ça a duré une bonne année... Ce sont des petites techniques de guérilla sociale... en sachant qu'un journal reste un journal, ce n'est pas la lutte armée non plus. » Mais ce n'est pas non plus un gage de tranquillité : « On a été traîné en diffamation parce qu'un prisonnier avait écrit que sa prison était comme Guantanamo. Notre erreur est d'avoir oublié de mettre les guillemets, ce qui a motivé une plainte de l'administration pénitentiaire. Mais grosse erreur de leur part : notre directrice de publication habite à Beauvais, où a eu lieu le procès. Nous, on a voulu faire comparaître des témoins, et on leur a fait sortir quatre DPS [Détenu Particulièrement Surveillé], considérés comme très dangereux par l'AP, le ministère et l'État. Résultat, ils ont été dans l'obligation de cerner la ville. Les deux jours de procès ont coûté bonbon. Et comme ces types-là n'ont pas leur langue dans la poche, ils ont déclaré au tribunal : "Vous n'avez pas attaqué Libé, Le Monde, pourquoi L'Envolée ?" On a été condamné à 3 000 euros pour une dépense de 400 000 euros pour l'État, avec cette sentence : "Les faits sont avérés mais mal formulés." »

On l'aura compris, L'Envolée est un acte de haute résistance. Un acte qui s'est inscrit, comme le rappelle Gwénola Ricordeau, « dans le contexte des années 2000, avec le collectif Pour en finir avec toutes les prisons, un moment où il y avait un mouvement assez fort, avec les prisonniers politiques, la FA, la CNT, "Ne laissons pas faire", le MIB… et tout un discours abolitionniste» De l'intérieur vers l'extérieur, et vice-versa. Une résistance à la soumission, une ode noire à la solidarité, autre ennemi de l'administration pénitentiaire.


 

Solidarité vs Soumission

Benotman y tient à cette histoire de solidarité. Rien n'est anodin en cage, car ces petits riens de solidarité sont autant de refus contre la servitude. Tête haute contre tête basse : « La prison n'est pas le pire, le pire c'est la soumission des gens, les gens ont la tête baissée, ils calculent leur peine : si je vais voir le psychologue, j'aurais autant de jours en moins, si je dénonce un gars pour un bout de shit, si je travaille, j'aurais un mois de remise de peine… » Les humiliations récurrentes, les chosifications permanentes sont un cycle infernal qui se prolonge en dehors des murs : « C'est ça qui fait violence quand ils sortent, car on va se venger des humiliations sur quelqu'un, et on se trompe de cible. Le véritable enfermement est donc la soumission, à l'intérieur et l'extérieur des murs. Ça fait 16 ans que je suis sans-papiers, et qu'il me suffirait d'aller à la préfecture, avec revues de presse et un collectif de soutien et je les aurai. Lors d'une réunion à la mairie du XIIIe arrondissement, le maire me dit :

– Mais Monsieur Benotman, donnez-moi votre dossier et je l'envoie directement au ministère, vous aurez vos papiers !

– C'est gentil, vous pouvez m'avoir mes papiers ? Demain je viens avec un car de Maliens...

– Ça va être compliqué. »

Ne pas penser qu'à soi quand tout, et surtout l'AP, fait en sorte que le prisonnier se forge un destin personnel : « Si des gens se font entendre, ils sont isolés. On sépare et on casse les rapports affinitaires. » D'où la surveillance de ceux qui parlent : « La dernière fois, à Fleury-Mérogis, je viens d’arriver et je n'ai encore rencontré personne. Le lendemain je suis transféré en [quartier] disciplinaire à Fresnes, avec les DPS. Le Directeur vient me voir, je suis derrière mes barreaux, il m'interroge : "Vous avez été transféré en disciplinaire… Comment ça se fait ?" Il pige pas que c’est de manière arbitraire. À Fleury, en promenade, on est entre 100 et 200 prisonniers et ils se sont dit "on peut pas laisser ce mec." C'est comme ça que je me suis retrouvé à Fresnes avec un mec du Monténégro qui ne parlait pas un mot de français. J’ai passé deux ans avec lui… Tout ça fait que je suis toujours sorti de prison en fin de peine. »

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Silence. Une nouvelle fois. Moi-même je reste silencieux, et ce n'est pas du désintérêt. Je crois que, comme tout le monde, personne ne se sent tout à fait légitime à poser des questions. Peur de dire un truc débile devant une assemblée anticarcérale ou juste de l'humilité face au parcours du bonhomme ? Hum, moi-même je ne sais pas. Alors que le public se mure dans le silence, Benotman provoque : « On a l'impression d'être en thérapie collective ! » La même jeune femme que tout à l'heure demande plus de précision sur la solidarité en prison : « Tout d'abord c'est la solidarité de la bouffe, le partage de ce que chacun a. C'est en ça que l'islamisation fonctionne un peu. On voit des "gaulois de souche" s'islamiser un peu car ce sont les seuls à faire du social, à donner du lait, des timbres, de la bouffe et du chocolat. Bon si tu veux des cigarettes, faut demander aux athées. Dans les prisons françaises, ils ont mis des grilles pour empêcher le yoyo, car si on a besoin de quelque chose, on fait du yoyo. Ils ont fait passer le yoyo comme du trafic, parce qu'à 17h30, vous avez un morceau de pain et le repas. À 23 heures, vous avez faim. Le yoyo, au niveau chorégraphique c'est magnifique. Neuf fois sur dix, c'est de la bouffe, et dès que les prisonniers partagent leur becquetance, ça ne plaît pas. »

L'air de rien, Benotman a lâché un mot source d'un fantasme sans fond, que le film d'Audiard, Un Prophète, n'a pas aidé à déconstruire : l'islamisation. Pour lui, « l'Administration Pénitentiaire s'est fait baiser, car ils ont encouragé ce phénomène. » C'est ce qu'il s'évertue à expliquer depuis des années : « Dans les années 1990, au moment de la guerre du Golfe, il y a eu un genre de fierté arabo-maghrébine et musulmane touchant les personnes qui avaient vécu le plus grand nombre d’échecs, dont la prison était le dernier. Cette population carcérale immigrée a relevé la tête en se disant qu’elle avait en Saddam Hussein son champion, un peu comme aujourd’hui les Afro-Américains avec Barack Obama. Et l’administration pénitentiaire a favorisé l’islamisation parce qu’elle pacifiait la prison. Des imams autoproclamés qui étaient quand même de petits caïds ont commencé à expliquer aux plus jeunes que s’ils étaient en prison, c’est que Dieu l’avait voulu. On n’était plus sur le terrain social. Ce n’était pas parce que vous étiez au chômage ou que vous preniez de la drogue ! C’était Dieu. Une fois que les jeunes l’avaient intégré, ni le juge, ni le surveillant, ni le ministre de la Justice, ni l’État n’étaient plus des ennemis. En fait, l’administration pénitentiaire à fait jouer l’islamisation contre l’extrême gauche carcérale. J’ai été stigmatisé, ainsi que d’autres mecs, qui considéraient également la "case prison" comme une pure gestion de la misère sociale. Ça a été la révolte des gueux. Nous demandions des douches et des parloirs supplémentaires. Nous demandions de meilleures conditions de détentions. Nous étions minoritaires et de transferts en renvois en quartiers d’isolement, l’administration pénitentiaire nous a cassés. Elle a très largement favorisé l’islamisation. Elle s’est quand même fait avoir sur la durée. De jeunes prisonniers musulmans qui, derrière l’injonction à respecter les préceptes de Mahomet, avaient recouvré une certaine santé physique et mentale, ont commencé à ouvrir les yeux. »

C'est là qu'a commencé une nouvelle guerre contre les prisonniers islamisés avec « le fantasme sur l'islamisation terroriste en prison : c'est une connerie. D'abord, les gars qui s'islamisent le font par commodité, et il est évident que le gars qui sort ensuite retourne à ses vieilles habitudes et ses petites affaires. Deuxio, s'il y avait un djihad à l'intérieur, avec l'ennemi en face, pourquoi il ne se passe rien ? On aurait des attentats tous les jours, ce qui n'est pas le cas. On le voit dans les gros attentats qui sont faits en général avec une intelligentsia qui vient des universités. Le dealer de shit est tout sauf un martyr. »

 

Épilogue en fait divers

Martyr, c'est bien ce que je ne voudrais pas laisser penser avec l'exemple dont je voulais parler au début de ce texte. Samedi 30 juin, La Voix du Nord publiait cet entrefilet :

 

La question n'est pas de juger Michel H. Il l'a déjà été. La question est plutôt, à travers cette histoire, loin d’être isolée, de comprendre ce que Benotman entend quand il parle de cycle de l'enfermement, de chosification. Michel H. a été condamné à six mois de prison. Il doit maintenant en purger dix-huit de plus. Tout semble fait dans une logique de contrôle et de punition. Allumer plusieurs fois les lumières « pour voir si tout se passe bien », c'est un simple harcèlement punitif. Quand Me Lasson plaide que « les agents de l'administration ne sont pas là pour être agressés », on pourrait inverser la question et se demander si « la prison est-elle là pour agresser » ? Jeux de mots, direz-vous. Mais des jeux qui concernent aujourd'hui, au bas mot,  68 000 personnes en France. •

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