« Ne plus voir sa gueule »

Cent vingt jours... Hein ! Impossible ! Tout le monde s'est endormi ou quoi ?! Mais... mais... on devait le prendre à la gorge le Francis Hollande, lui faire sa fête, les millions de manifestants de naguère devaient réclamer leur dû, prendre la rue, les boulevards et les rond-points. Rien de tout ça n'est advenu. Rien à signaler. Silence radio.


 « Ils ont imaginé une bohème de lâches, je vais leur en montrer une de désespérés et de menaçants ! » Jules Vallès, L'insurgé, 1886.

Note de la rédaction :

Lille, 16 octobre 2012.

Chers lecteurs, chères lectrices. Dès les premiers mots de ce texte pamphlétaire, vous en constaterez par vous-même la péremption. Nous nous en excusons auprès de vous. Simon de Bavoir était absorbé par Jules Vallès et son Insurgé. Quant à Jack de L'Error, responsable technique et éditorial de Lille43000, ses activités au sein d'une structure éducative néo-communarde ne lui ont laissé que peu de répit ces derniers temps. Néanmoins, une actualisation exhaustive a été réalisée. Elle se trouve en bas de page, ceci afin de ne pas alourdir l'énumération de mesures scandaleuses lancées par Francis Hollande et son troupeau depuis leur accession au pouvoir. Veuillez croire chers ami-es, en notre sincère dévouement. Car là est l'essentiel.

***

Ma visite chez le chef de l'École Néogonzo de Lille (ENL) fut ce jour-là des plus déprimantes. Mon coup de tronche énergétique sur l'apathie ambiante sembla comme avalé par la léthargie audiovisuelle à laquelle Jack de L'Error avait succombé. Las, je l'imitais, triste, résigné, outré. Devant un énième sous-reportage de BFM TV, alors que je pestais encore sur le nouveau visage du pouvoir, notre cher sous-commandante me soupirait : « Quand même, déconne pas, Bavoir, ça fait trop du bien de plus voir sa gueule... » Ça soulage, c'est certain. Le symbole d'un renouveau de la droite réactionnaire, raciste et débile a disparu des écrans. Jack n'avait pas tort. Mais...

Mais ça me fout en rogne. Pendant ce temps, tous ces neuneus socialo sont en train de nous endormir à l'aise Blaise. Sur BFM toujours — source d'inspiration ancestrale de notre chef bien-aimé — toutes ces tronches plastifiées déjà prêtes pour le musée Grévin défilaient pour mentir au peuple. Lebranchu par-ci, Belkacem par-là, un coup de Francis, Montebourg ou Mosco. Mais ça ne pouvait pas se passer comme ça, sans réaction ?! Merde, une désertion à ce point c'est incompréhensible !

On nous avait pourtant annoncé la lune. Il suffisait de voter pour un PS mou, et derrière tout le peuple déboulerait sur le pavé pour un 1936 qui irait jusqu'au bout. Balivernes ! Spéculations infantiles ! Tout le monde s'en carre, rien à faire. À l'image de la motivation de l'ENL : perdue au fond des chaussettes. Pourtant le changement c'était programmé pour aujourd'hui, certains y croyaient, un peu, ou faisaient semblant. Et vlan ! La coquille s'est ouverte sur le néant « socialiste ». Le quotidien en milieu capitaliste allait se poursuivre de plus belle : guerres, exploitation, racisme, sexisme, pendaisons, immolations.

Alors nom d'un chien ! j'allais imiter notre leader de L'Error ? Comater devant télé-achat, du shit dans une main, un demi-litre de café dans l'autre ? Non, il était temps d'agir. Sortir les griffes, commencer à grogner, utiliser l'audience internationale de l'ENL pour envoyer la sauce. Tout s'éclairait soudainement, mon hypothèse paraissait éclatante de réalité : la guerre sociale ne connaît pas la pause ! Et oui : Hollande ou Sarkozy, ce fut un peu comme choisir entre Schröder et Blair, sauf que désormais tout le monde ferme sa gueule. Ce constat limpide et sans équivoque me chauffait le sang. Je décidai de réunir mes armes, mes neurones en l'occurrence, pour dégainer sur le bilan infâme de Francis Hollande et ses sbires depuis leur prise du pouvoir, il y a 120 jours.

Il devait bien y avoir quelques mesurettes à manger pour se retrouver dans une telle léthargie de l'histoire. Pour qu'on entende des réflexions telles que « on verra bien la suite » ou « c'est déjà pas mal, ça change de Sarko, nan ? » Une recherche fine, qualitative, acharnée et méticuleuse fut donc mise en œuvre durant des nuits, sans relâche, avec une volonté farouche de mettre à jour l'imposture socialiste.

Les premières trouvailles furent surprenantes. Au grand jour, sans pincettes et sans cagoules, les socialos se comportaient comme des ennemis du peuple. Ainsi comment qualifier la nomination de Manuel Valls à l'Intérieur ? C'est comme nommer Thatcher au ministère des Finances ou Pasqua à la Coopération. C'est comme un joli doigt d'honneur aux sans-papiers, aux quartiers pauvres ou aux familles de victimes d'assassinats policiers. Impensable d'imaginer qu'il suivrait autre chose que la politique raciste et répressive de son prédécesseur. C'est pourquoi les expulsions d'étrangers, de camps de Roms ou de squats se poursuivent, c'est pourquoi la présence policière et son caractère arbitraire, agressif et raciste va perdurer. Si le PS pourrait être qualifié de force politique de centre droit (quoiqu'on les mettrait parfois en plein centre de l'UMP), alors Valls est à la porte du FN (quoiqu'on l'imagine bien franchir le paillasson). Aucune surenchère ici — contraire à la déontologie néogonzo — puisqu'il a été récemment comparé à Guéant par le très sérieux Monde diplomatique.

C'est lui en tant que ministre de l'Intérieur qui dirige la politique d'immigration, comme sous Sarkozy, assimilant l'immigration à une grande opération de police. Autant assumer le racisme d'État. Sans surprise, le quota de régularisations n'a pas bougé, comme le « cas par cas », laissant libre cours à la machine à expulser. Quant aux expulsions de terrains squattés par les Roms, elles se sont enchaînées tout l'été, pour un total avoisinant les 3000 familles « déplacées », un peu plus loin des regards et un peu plus près de la misère totale. Et si certains refusent l'ordre républicain, sa police et tout le reste, Valls y répondra dès la première rébellion urbaine en août dans les quartiers nord d'Amiens, félicitant la police pour la répression menée. Sans oublier la demande de doublement du nombre de centres éducatifs fermés, qu'Hollande a d'ailleurs promis pendant sa campagne... Taubira fait semblant de s'opposer, mais veut 6000 places supplémentaires dans les prisons françaises pour atteindre les 63000, réalisant un nouveau cap historique d'enfermement massif d'humains.

Le reste du gouvernement est tout aussi pitoyable ou ridicule. Il ferait vomir sa fiole de whisky à Brougguel en plein reportage. Des vieux technocrates, de jeunes loups, des arrivistes. La vieille gauche sociale-démocrate passée à droite. Mais les réformes sociales alors, rien de chez rien ? Pas la moindre. Pas de réduction du temps de travail, de semaine de congés supplémentaire, de régularisation massive, de nationalisations, d'extension des services publics, pas de hausse significative des salaires. Rien dans le programme, rien de prévu ni d'annoncé depuis. L'imposture est sans appel. Ce gouvernement est un ramassis de vendus qu'on aimerait lyncher en public — mais c'est interdit par le règlement intérieur de notre école. Flûte.

Néanmoins amis lecteurs, amies lectrices (et vous êtes des milliers), la déontologie objectiviste néogonzo (sauce lilloise) m'impose malgré moi de vous narrer quelques amuse-gueules qu'on fait bouffer au peuple.

Une poignée d'euros supplémentaires aux parents pour la rentrée des classes, qui sera utilisée pour payer la note de gaz. Six euros et quelques centimes de coup de pouce au salaire minimum d'exploitation, deux ou trois centimes de moins sur le litre de gasoil. Voici qu'à peine commencé on touche le ridicule. À se demander si ces encravatés font ça par pitié ou si c'est un sujet de plaisanterie entre eux : « T'imagines le prolo qui croyait toucher 100 balles de plus, ah la gueule qu'il a dû tirer le con, ouahahahah !! »

Ensuite viendra le mariage gay, pour éviter de finir par se faire traiter d'homophobes par les gauchos. Une taxe sur les très riches qui le seront à peine moins, une baisse des salaires de quelques gros patrons du secteur public, à qui il restera toujours un gros salaire de patron. On peut attendre un léger nettoyage fiscal, non pour redistribuer les richesses, mais pour payer les intérêts de la dette de l'État, afin que les socialos aient l'air crédibles. Ajoutons un petit amendement à la « réforme des retraites », pour mieux la faire passer, et mieux nous faire bosser jusqu'à 70 ans. Pour rappel, l'exploitation a été réduite à 35 heures par semaine, mais depuis 20 ans elle augmente de plusieurs années en même temps que le PIB augmente. Alors si on pense à ceux ou celles qui ont trimé toute leur vie pour crever avant l'âge de la retraite... Sans conteste, là on s'est bien fait avoir comme c'est pas permis.

On a eu droit à quelques coups de Trafalgar aussi. Comme un décret interdisant la présence d'enfants en Centre de Rétention Administratif (CRA), mais excluant certains départements colonisés hors métropole. À l'instar de Mayotte, qui comptait la moitié des expulsions réalisées par l'État français, et qui voit transiter 5389 gamins dans ses geôles de sans-papiers en 2011. C'est comme faire une gueule de catho innocent, et faire le gros salaud par derrière. C'est tromper le peuple. Faut-il ajouter qu'un bébé de deux mois est décédé à la mi-août, dans un CRA de ce « département français » ?

On peut continuer, dans un style différent avec l'opposition aux forages de Shell, suivie par une volte-face, le licenciement de la ministre réfractaire et le feu vert donné au pétrolier après que celui-ci ait posé quelques millions d'euros sur la table pour le « développement durable » de la Guyane. Rien de moins qu'une forme de corruption écologique et démocratique.

Le PS français sait faire beaucoup mieux. Comme ce 3 juillet, où Ayrault salive son discours de politique générale devant les députés, avec un accent très « social » — il suffit de prononcer ce mot toutes les 43 secondes. En simultané, les « eurodéputés » PS votaient pour un nouvel accord à Strasbourg, consolidant encore la libéralisation du rail en Europe. Au menu, lever « la surveillance réglementaire et les obstacles à la concurrence ». Dur de faire mieux dans la duperie... Alors quand le PS parle d'encadrer les loyers et qu'il se borne à conserver le niveau des loyers actuels en freinant leur augmentation, on est vraiment pris pour des cons.

Allez, plus franco encore. Ainsi de la décision de Huchon, patron de la région Île-de-France, qui choisit un sous-traitant marocain pour assurer la hot line du réseau de transport. L'exploitation capitaliste est en effet mieux à l'aise en environnement dictatorial et néo-colonial. Le gugusse affirme n'avoir eu d'autre choix, en suivant expressément la réglementation en vigueur sur les appels d'offre publique, laquelle fait la part belle au plus féroce des exploiteurs. Hollande soutient Huchon, et Montebourg aboie pour sauver la face. Pendant ce temps les licenciements massifs et les fermetures d'usine sont annoncés à la queue leu-leu. Montebourg chante à tue-tête, pour gagner du temps, et l'offensive patronale s'accomplit sans obstacle. Elle y est même parfois encouragée. Pendant qu'une multinationale privée de l'automobile licencie des milliers de gens, l'État annonce un plan de soutien... à l'automobile ! À mourir de rire ! Heu... je veux dire c'est révoltant !

Avant de conclure cette étude, parcellaire tant l'infamie « socialiste » déborde d'énergie, un petit détour par les sbires embauchés par les ministres. Directeurs de cabinet, conseillers divers et variés, voici une multitude de clébards passés par l'ENA et assimilés, qui bouffent à tous les râteliers : privé, public, public, privé, banque, ministère, assurance, ministère, grande distribution, consulting... De vrais mercenaires de la bureaucratie capitaliste et étatique. À gauche comme à droite, on les recrute pour remplir les ministères. Le ministre de l'agriculture a bien choisi par exemple. Il a topé Antoine Boulay. Ce type était grand chef de Vae Solis avant de se convertir au « socialisme » d'État. Sa dernière grande mission, au sein de ce cabinet de conseil ? Torpiller un élu « Front de gauche » de l'Essonne, partisan de la gestion publique de l'eau, pour le bonheur des actionnaires de la Lyonnaise des eaux. Il y a 40 ans, ce traître n'aurait-il pas été se faire voir chez Axa, Dassault ou Auchan ? Mais on parle ici du socialisme du XXIème siècle, un peu de sérieux... Qui Delphine Batho, nouvelle ministre pro-nucléaire de l'écologie, nomme-t-elle comme directeur de cabinet ? Pierre Cunéo, qui a servi sous Sarkozy, et qui est grand chef de l'Aspen France, un obscur institut garni de gros patrons, partenaire de Total notamment. Sûr que le Pierrot aura à cœur de convaincre la ministre, s'il le fallait, de l'importance et des juteuses retombées des gisements de gaz de schiste.

Nous pensions en avoir fini ici, mais c'était sans compter la politique de caniveau de Francis Hollande. Nous ne pouvions en effet esquiver le penchant néo-colonial du PS. Depuis son élection, Francis n'a pas fait semblant : il a reçu une belle brochette de dictateurs africains « amis » de la France : Issoufou, Ali Bongo, Alassane Ouattara et Blaise Compaoré. Pour continuer cette tournée, Francis fera le déplacement en octobre au sommet de la Francophonie à Kinshasa. Dans ce beau pays, la démocratie par les armes coule des jours heureux. Ce n'est pas la petite remontrance de Francis sur les droits de l'homme qui changera la donne car c'est entendu, c'est cosmétique. L'important, comme le dit l'association experte en Françafrique, Survie, c'est « de voir une nouvelle fois un chef de l’État français s’afficher aux côtés d’un parterre de chefs d’État supposés unis par une langue en partage, quand le terreau commun d’un bon nombre d’entre eux est la corruption et l’oppression, dans le cadre d’un Sommet de l’organisation porte-étendard de l’influence française qu’est la Francophonie ».

L'imposture est flagrante, sans appel. Tout à chacun peut aisément en conclure, comme le répète souvent le vieux Jack, que « seule la révolution prolétarienne mondialisée ira à bout des exploiteurs et de la dictature capitaliste ! » Ainsi donc, les masques sont tombés ; les socialos n'ont pas mis plus de quatre mois à se dévoiler. Ils n'ont pas changé, ce sont toujours des escrocs. Ils ont depuis longtemps choisi leur camp, celui des montres de marque et des conseils d'administration. Ils sont en relation privilégiée, parfois intime, avec les grands exploiteurs du pays, quand ils ne font pas partie eux-mêmes du patronat[1].

Les socialos se sont même endurcis, avec un bon coup de barre à droite. Ainsi au Parti Socialiste une sénatrice marseillaise (Samia Ghali) peut proposer en septembre un service militaire pour les jeunes des cités et le recours aux bidasses pour réprimer les quartiers populaires, et se faire complimenter par la porte-parole du gouvernement Hollande, laquelle affirmant que « ses propositions doivent être écoutées ». Et Montebourg peut même balancer le torchon d'alliance avec les Verts, et proclamer joyeusement : « la filière nucléaire est une filière d'avenir ! » Quant à Valls – encore lui —, il peut continuer à pousser le bouchon un peu plus loin, en lançant la création de « ZSP », Zones de Sécurité Prioritaire, avec l'embauche de centaines de condés supplémentaires pour renforcer l'État policier dans les quartiers.

Alors le pire, c'est qu'ils n'avouent pas leur politique et leur vision bourgeoise, sécuritaire, en usant d'une langue de bois faramineuse. C'est dingue comment les socialos peuvent être fortiches à ce jeu-là. Tous et toutes défilent grassement sur les ondes télé et radio pour mentir. Ou c'est comme tel : esquiver, dégorger des phrases à rallonge qui tournent autour du schmilblick. Milladiou, ces cons-là sont intelligents, ils savent mentir. Mais cet art du mensonge est grandement facilité par les serpillières qui leur tendent le micro. Ce serait pourtant si simple et si journalistique d'agir autrement...

Ce matin, alors que je termine cet article, j'allume la radio de mon poste pourri, qui capte peu d'ondes dans ma rase campagne, et je sursaute aux premiers mots qui en sortent : « Allons Monsieur le ministre, vous tournez lamentablement autour du pot, soyez honnête et veuillez avoir du respect pour nos auditeurs et auditrices : concrètement, voulez-vous faire quelque chose oui ou non contre les 8000 licenciements du plan social annoncé par ce trust capitaliste, qui se gave de millions de bénéfices depuis dix ans sur le dos des prolétaires qu'il exploite et de l'environnement qu'il pollue comme un malpropre ? »

J'imagine la mine affable et moite dudit ministre, qui reste silencieux. L’animateur enchaîne après quelques secondes de flottement : « Eh bien voyez-vous monsieur le ministre-qui-a-perdu-sa-langue, j'ai devant les yeux d'innombrables réactions d’auditeurs sur notre forum qui témoignent et euh…, disons que leurs réactions sont plutôt virulentes… Ainsi nous avons Jean Mouline, de Lille, qui nous dit : "Franchement y'en a marre, ce ministre à la con est un gros baratineur qui prend les gens simples pour des débiles". Merci donc à Jean pour cette réaction plutôt directe. Nous avons également Artémise, toujours de Lille qui proclame : "Ces traîtres du PS sont des salauds, ça fait au moins cinquante ans qu'ils trompent le peuple", ou encore Bertoni, qui se dit apatride lillois : "L'anti-France rentre en guerre contre ces valets du capital, des bouffons sans cerveau à qui on va botter le cul !" Euh... Monsieur le ministre, comment réagissez-vous à cela ? Euh… Monsieur ? ... Vous m'entendez ? ... Monsieur ? .... Allo ? Vous êtes toujours parmi nous ? … Hé ! Hé ! Hé ! Le monsieur a raccroché, on lui a fermé sa tronche ! Chers auditeurs, c'est Captain Cœur-de-Bœuf qui tient le mic', votre animateur habituel est enfermé dans les chiottes, je lui ai piqué son interview et j'ai mis le ministre à l'amende ! C'était de la tuerie ! Tac-tac, pouf-pouf, il est en train de chialer sur son bureau acajou à dix mille balles ! In your face baltringue ! ... Mais avant que la police radiophonique n'intervienne, j'ai un ultime message à déclamer : Vive l'École Néogonzo de Lille, vive les zones libres, vive les luttes contre l'occupation capitaliste ! Souvenez-vous, chaque jour que vous vivez, de l'appel du 8 septembre 2012 lancé par Jack de L'Error depuis La Paz : "Réveillons-nous ! Oui ! Oui nous ne voulons plus voir la gueule de Francis Hollande ! Oui ! Oui nous croyons à la révolution internationale ! Oui, oui c'est l'essentiel !... Oui ! Oui…" Ah ! Mais ! éééheuu ! … Ils sont là, je vais devoir lâcher l'ante… Mais... Mais lâchez-moi ! ... Bande de nazes ! Bande de tocards ! Aïe ! Aïe-Aïe ! Je vous aurez ! Mentir au peuple comme vous le faites ! Liberté ! Liberté ! Lib... ...aïe ! ...Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip............ »

***

Addendum

Et là, je dois bien l'avouer, je suis emmerdé. J'ai promis une actualisation des derniers coups bas des socialos depuis l'écriture de cet article mais... Je n'en peux plus, je suffoque. D'autant qu'une de mes sources me soufflait il n'y a pas deux jours que ces pages noircies n'avaient que peu d'intérêt, qu'il fallait être idiot pour croire une seconde à la gauchitude de Francis Hollande : « Les coups de poignards de Mitterrand, ses retournements de veste à n'en plus finir, sa politique de droite et ses barbouzeries, il te faut quoi de plus ? Avant même d'accéder au pouvoir, Jospin l'a dit aussi clairement au micro : sa politique n'avait pas vocation à être socialiste ! Alors quelles illusions voulait-on nourrir avec ce Francis à la noix ? Quelles réformes sociales, quelle politique de "gauche" pouvait-on attendre d'un salaud de droite, technocrate et manipulateur ? »

Mais contrairement aux socialos, je tiendrai ici mes promesses. Car l'oligarchie au pouvoir continue de nous pourrir la vie, chaque jour qui passe. Elle expulse les camps de Roms quand elle ne laisse pas faire le boulot par des milices de fachos. Elle expulse des squats d'habitations ou des squats politiques comme ceux et celles du CREA toulousain, qui hébergent des familles à la rue. Elle expulse la centaine de résistants de Notre-Dame-des-Landes, et détruit leurs maisons pour y installer un monstre de béton aéroportuaire. Par sa vedette Manuel de Valls, elle revient sur ses promesses de droit de vote aux étrangers, ou de lutte contre le flicage au faciès avec la délivrance d'un récépissé. Pour clore le tout, et parce que Maastricht n'allait pas assez loin, elle grave dans le marbre la politique d'austérité, la promesse d'une gestion monétaire et budgétaire rigoureuse avec le dernier traité européen en date. Pour le plus grand bien des rentiers, des boursicoteurs et des actionnaires ; pour le plus grand bien du capitalisme. Jusque-là, l'Europe des bourgeois tient le bon bout. Mais c'était avant que Jack de L'Error ne renouvelle son appel depuis le maquis du Larzac le 15 octobre 2012, une semaine après son installation dans une étable abandonnée de Lapanouse-de-Cernon : « Oui ! Oui, camarades ! Oui ! Oui, réfugiez-vous dans les campagnes ! Oui ! Oui, nous nous organiserons et nous marcherons sur les villes ! Oui ! Oui, nous terrasserons toutes les armées européennes et ceux qu'ils protègent ! Oui ! Oui, l'exode urbain camarades ! Oui ! Oui c'est LA solution ! Ouuuiii ! En avant ! Et comme disait notre aïeul Thompson : un stylo dans la poche, une fleur au bout du fusil ! Ouuuiii ! »

« À tous ceux qui, victimes de l'injustice sociale, prirent les armes contre un monde mal fait et formèrent, sous le drapeau de la commune, la grande fédération des douleur ». Jules Vallès, Paris, 1885.



[1] Le Monde, le quotidien auto-référentiel, peut titrer sa Une le 29 août 2012 ainsi : « Le flirt discret de l’Élysée avec les patrons », et parler dans ses pages du fait que l’exécutif « tend sa main aux patrons ». D'autres faits sont plus parlants, comme la présence d'un éléphant socialo comme Védrine au conseil d'administration de LVMH, où il peut fumer le cigare avec Christophe Girard, qui cumule son job chez LVMH avec celui d’adjoint à la culture du maire de Paris, Bertrand Delanoë. Quant aux histoires de montres, elles sont nombreuses ces derniers temps : nous avons eu celles de Julien Dray (centaines de milliers d'euros), puis celles de Cahuzac, le sérieux ministre de la rigueur budgétaire (pour 100 000 euros). Mais la liste des porteurs de montres à plusieurs zéros comprendrait également Jospin, Moscovici, Lang, Fabius, et évidemment Strauss-Kahn.

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